La pluie, on s’en flysch…

Nous sommes le 30 avril 2017. C’est la date qui a été prévue pour la balade d’après-cidrerie, avec le projet d’aller traîner nos guêtres dans le massif du Jaizkibel en Espagne, à la recherche des paramoudras. Mais voilà, toutes les météos de France, de Navarre et d’ailleurs s’accordent à nous annoncer un temps pourri, avec juste quelques petites différences dans l’intensité des précipitations. Alors, il faut bien se résigner, pour avoir une chance de garder nos amis, à renoncer à la recherche des paramoudras perdus et trouver rapidement un plan B. Nous les amènerons donc jusqu’au site des flyschs, sur la côte espagnole entre Zumaia et Deba, dont j’ai déjà parlé ici (article intitulé Flysch), où une petite marche sur un bon chemin suffira pour leur faire découvrir un site géologique remarquable, avant d’aller s’attabler autour d’un bon « rodaballo » au restaurant Errota Berri.

Nous commençons un peu hors-sujet, mais il s’agit de se remettre dans l’ambiance de saison, avec cette photo de ma glycine prise quelques jours à peine avant ce 30 avril. Évidemment, pour le parfum, il faut un peu d’imagination…

Nous voilà partis vers Sakoneta, la plage des flyschs.

Premier « mirador » aménagé, donnant sur la côte en direction de Zumaia. Le temps pourri est bien au rendez-vous…

Les falaises en mille-feuilles se perdent dans les brumes de pluie.

Et dans notre dos, c’est le vert de terre 🙂

Bah ! Ce n’est quand même pas du temps à faire peur à Jean-Marie !

L’érosion de certaines couches forme dans les falaises des escaliers naturels assez surprenants. Mais peu praticables.

Les parties érodées qui se découvrent à marée basse ressemblent à des labours pétrifiés.

Regardez, il y a des nains au pied de la falaise !

Des différents usages du parapluie…

Cela semble à peine croyable, mais il y a des rouges vraiment partout, voyez-vous.

Les couches qui forment des escaliers dans la falaise s’érodent en dents de scie (géante) au niveau du sol.

Une immense vague pétrifiée semble prête à déferler sur nous.

Puisque la marée est basse, on peut dépasser la pointe et découvrir le bel amphithéâtre de falaises qui bordent l’anse de Sakoneta.

Mais pour aller jusque là, mieux vaut s’équiper d’un bâton quand on n’a pas les chevilles ou les genoux trop sûrs, le sol est très inégal et par endroits glissant…

…surtout aux endroits recouverts par ces jolies algues vertes.

La pluie n’est pas très intense, mais vu la couleur du ciel ça pourrait s’aggraver. Ne traînons pas davantage et reprenons le chemin vers Errota Berri.

Et regardez : sur le bord du chemin, une aubépine a fleuri. Les beaux jours reviendront !

 

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Herbier méditerranéen.

Les travaux avancent bien en ce beau mois d’avril, même sur le toit grâce à la modération de la tramontane. Lorsque les tâches d’intendance me laissent quelque répit, je peux me consacrer à la surveillance du village…

…que l’on n’est pas habitué à voir entouré d’autant de verdure.

De la verdure, il y en a autour de la maison aussi. Comme les conditions favorables ne durent pas bien longtemps par ici, toutes les plantes se dépêchent de fleurir avant de se ratatiner autour des réserves secrètes qui leur permettront de laisser passer la longue sécheresse de l’été et d’attendre les précipitations hivernales pour sortir de leur léthargie. C’est donc la meilleure époque pour réaliser un début d’inventaire floristique local. Voici ce que j’ai pu identifier :

Les lavandes papillon.

Les liserons de Provence.

Les griffes de sorcières, une des rares espèces introduites à s’être adaptée au climat.

Les cistes, avec leurs fleurs toutes chiffonnées.

L’urosperme de Daléchamps, quel drôle de nom !!!!!

La laitue vivace.

Les chardons laiteux.

Même les pins développent ce que je croyais être des fleurs mâles et qui sont en fait les cônes mâles. Car les pins sont des gymnospermes (!), et non pas des angiospermes (!!!!) et donc les pins n’ont pas de fleurs, qu’on se le dise ! Ce sont tout de même ces cônes mâles qui produisent le pollen dont la seule évocation suffit à faire rougir les yeux et couler le nez des vrais allergiques.

C’est le jour du départ, nous sommes le 22 avril, et les travaux prévus ont été terminés avec succès, ouf. Nous prenons cette fois la route du Sud pour aller rentrer en France par le col du Perthus, car nous devons passer par Le Boulou. Après Llançà, au bord de la route, se dresse un château qui, depuis quelques années, a fait l’objet de restaurations, on décide de s’y arrêter pour la première fois. Nous n’y verrons pas grand chose car il n’est pas ouvert à la visite, du moins à cette époque.

Mais on peut au moins y compléter notre petit herbier local en découvrant ce magnifique pied de pavots.

C’est la première fois que je rencontre cette fleur mythique dans cette région à l’état sauvage. Il s’agit là d’un authentique pied de pavot somnifère, la variété même avec laquelle on peut produire l’opium ! Les châtelains de Quermançó cultivaient-ils le pavot ? Ma flore affirme qu’il a été cultivé dès les temps anciens pour la fabrication de l’opium…

Quoi qu’il en soit, le promontoire rocheux sur lequel se dresse le château offre une vue saisissante sur la partie orientale de la chaîne des Pyrénées, et singulièrement sur le célèbre massif du Canigou, encore enneigé à cette saison. Profitons-en un peu, puis poursuivons notre chemin de retour.

Merveilleuse côte vermeille.

Après ces sympathiques agapes familiales, il nous restait encore un bout de chemin à faire pour rejoindre une nouvelle fois la Méditerranée, où une séquence bricolage préalable à la pose de nouvelles fenêtres était prévue.

Le temps est radieux et invite à la contemplation.

La situation s’y prête, il suffit d’installer sa chaise longue à l’ombre du pin et de se fondre dans le décor.
C’est la saison des fleurs, aussi, on peut donc attraper l’appareil photo pour enrichir l’herbier méditerranéen.

C’est le moment de l’année où les « griffes de sorcières » fleurissent le plus, mais je triche, car elles ne font pas partie de la flore locale native, même si elles se sont particulièrement bien adaptées au climat.

Mais pas question de passer son temps à buller en regardant les petites fleurs ou le paysage! Il y a des courses à faire, on est mardi et Leroy-Merlin est ouvert ! Bérenger et moi allons donc profiter du déplacement à Perpignan pour faire les touristes le long de la côte, en se faisant covoiturer par le bricolo.

Premier stop à Port-Vendres.

L’oiseau qui surveille avec nous les pêcheurs en train de trier leurs poissons nous regarde d’un mauvais œil, me semble-t-il. Passons notre chemin.

L’arrêt suivant, c’est Collioure, où nous aurons un peu plus de temps pendant que Daniel ira s’éclater dans les magasins de bricolage d’Argelès ou de Perpignan. Là, c’est la partie Sud du village, dominée par le fort Saint-Elme et un moulin restauré que je n’avais jamais remarqué. L’église que l’on aperçoit est celle de l’ancien couvent des dominicains, qui abrite désormais une cave coopérative vinicole.

Mais c’est par ici que nous allons nous diriger, en commençant par longer le pied du château royal, dont on voit sur la gauche les hautes murailles.

La vue la plus connue de Collioure, c’est celle de l’église Notre-Dame des Anges, la voilà.

La tour du château domine la scène.

On rentre pour jeter un coup d’œil dans l’église, qui possède plusieurs retables, dont celui-ci, du maître-autel, vraiment imposant !

On est surveillés !

Tout au bout, il y a encore une digue qui permet de rejoindre ce qui était autrefois une île, avec la petite chapelle Saint-Vincent, ancien ermitage.

Et après, il n’y a plus que la mer, qui nous gratifie aujourd’hui d’un bleu turquoise magnifique, et dont les nombreux moutons nous prouvent que la tramontane s’est bien levée, maintenant.
Il nous reste tout juste le temps d’aller boire une petite bière avant que notre chauffeur ne passe nous récupérer…

Pâques man.

C’est lui ! Le voilà, avec son aide de camp, en train d’inspecter les canons !

Évidemment, ce n’est qu’une plaisanterie ; il arrive qu’une photo très quelconque puisse suggérer tout autre chose que ce qu’elle montre en réalité.

Nous sommes toujours en avril 2017, et c’est le weekend de Pâques. Dom avait eu la bonne idée de nous proposer une réunion familiale dans leur base arrière près de la Montagne Noire ;  puis elle fut saisie d’une envie soudaine et irrépressible d’aller s’encanailler avec les ayatollahs, et c’est ainsi que François s’est retrouvé organisateur en chef de la congrégation pascale et familiale 2017.

Nous avons donc fait de fructueuses séances de méditation, autour d’une table souvent bien garnie (la photo est trompeuse !).

Consommé les produits du terroir ariégeois.

Bu avec une grande modération, comme il se doit.

Et aussi fait pas mal de promenades…

…toujours sous la houlette de notre Gentil Organisateur.

Décors soignés, avec la floraison de ces  compagnons rouges, sûrement à l’attention des éventuels sympathisants communistes.

Encore une promenade, au lac de Saint-Ferréol, cette fois. Un lac artificiel créé au XVIIe siècle, à l’initiative de Pierre-Paul Riquet, pour servir de réservoir d’eau pour l’alimentation du canal du Midi. Superbe plan d’eau de plus de 60 hectares !

Il est bien apprécié des oiseaux aquatiques…

…qui y font leurs promenades sentimentales la palme dans la palme.

Quant au château qui jouit d’une vue imprenable sur le lac, je viens de découvrir qu’il est actuellement en vente. Mais je ne suis pas certaine de me laisser tenter. On est bien, chez notre GO, et l’accueil d’Edith et Gérard est inégalable. Merci à tous !

 

Le printemps à Chiberta aussi.

Le printemps amène un peu partout son lot de nouveautés, et surtout bien sûr dans le domaine du végétal. La forêt de Chiberta toute proche n’échappe pas à la règle, allons donc y faire une petite promenade en ce mois d’avril 2017, avant de repartir vers de nouveaux horizons.

L’herbe qui borde les allées a pris une teinte bien de saison, ainsi que les habits verts des troncs de pins maritimes : même dans une forêt de résineux, les effets de l’arrivée du printemps sont bien visibles. Voyons quelques détails.

Des églantines… la plante a cherché et trouvé la lumière qui lui permet de s’épanouir !

Les vesces, qui apportent leur note de couleur vive dans les bas-côtés herbeux.

Et enfin mes préférées, les sérapias, ou plus exactement sérapias langue (on comprend pourquoi en les regardant), de la famille des orchidées, qui sont toujours des fleurs assez exceptionnelles. Avril n’est plus si loin maintenant, les retrouverons-nous cette année ? C’est ce que j’espère…

Biarritz sans l’Océan.

Moins connus que le célébrissime front de mer avec ses plages et ses bâtiments emblématiques, la commune de Biarritz recèle en son sein pas moins de trois lacs naturels : le lac Marion, où je vous ai déjà emmenés, le lac privé de Brindos où je ne suis pas sûre de vous emmener un jour, car le château de Brindos, propriété de Serge Blanco, et son restaurant gastronomique, n’est pas un lieu que je fréquente régulièrement, et enfin celui que nous allons visiter aujourd’hui, à savoir le lac Mouriscot. Remarque, on ne peut pas dire que je fréquente ce dernier régulièrement non plus, car depuis toutes ces années c’est en avril 2017 que se fait ma première visite ! Allons-y.

Nous abordons le site par le Nord-Est, où une belle moquette verte agrémentée d’akènes de pissenlit nous accueille, avec le soleil.

Pour s’approcher du lac, on passe sous le couvert des arbres, où quelques arums sauvages (arum maculatum, pour les botanistes) profitent de la situation à l’ombre pour s’épanouir. Une plante facétieuse, qui, d’après wikipédia, « diffuse des odeurs d’excréments pour attirer de petites mouches qui assurent la pollinisation ». Amusant, non ?

Nous atteignons ensuite le lac lui-même, et prenons un chemin qui suit la rive côté Nord, on va essayer de faire le tour.

Notre chemin traverse une zone humide où prospèrent ce que nous appelons faussement des arums, mais qui sont en fait des zantedeschias, c’est pourtant facile à retenir ! 😉

On longe la rive Nord pendant un bon moment. Il fait beau.

Puis, comme nous atteignons la zone marécageuse en bout de lac, la température chute brusquement, la brume cache le soleil et envahit tout : c’est le phénomène typiquement basque de l’arrivée du brouillarta, qui nous rappelle que nous sommes vraiment très près de l’Océan.

Nous poursuivons tout de même sous le couvert des arbres, et on traverse le petit ruisseau de la Moulie, déversoir du lac. Notons que ce petit ruisseau est en fait un fleuve, puisqu’il rejoint directement l’Océan 1500m plus loin !

L’endroit, pourtant sauvage, prend un petit côté jardin japonais lorsqu’on se retourne vers l’aval où le cours d’eau passe à travers des bambous.

Poursuivant notre chemin, nous rejoignons une petite route goudronnée qui nous ramènera sans problème, quoique de façon moins agréable, jusqu’à notre point de départ. Dans les bas-côtés, de jolies clochettes blanches que je ne reconnais pas. Renseignements pris, il s’agit d’ail triquêtre, une jolie fleur de printemps avec une curieuse tige triangulaire.

Pour finir, le vilain brouillarta se déchire un peu côté Océan pour laisser filtrer un rayon de soleil bienvenu, qui donne un joli coup de projecteur sur la berge Sud du lac que borde notre petite route.

Et puis le Couserans.

Revenons maintenant à l’ordre chronologique cher à mon esprit cartésien et partons donc, en cette fin du mois de mars 2017, vers la fraîcheur des montagnes du Couserans.

Là-bas, des écharpes de brume s’accrochent aux forêts du Mirabat.

Et lorsqu’un rayon de soleil paraît, il est capturé par la profusion de samares toutes neuves de l’orme.

A propos de profusion, l’arrivée du printemps s’accompagne cette année d’une véritable invasion de souris. A l’intérieur, à l’extérieur, elles sont partout et ont même perdu toute crainte. On les voit passer dans la maison, se courir après, c’est la foire aux souris. Autant dire que notre unique piège fonctionne à plein temps, Daniel a même fabriqué avec un tuyau métallique un centre de rétention destiné à les stocker avant d’aller les libérer loin de chez nous.

Les enfants s’y intéressent évidemment beaucoup. Ils aimeraient bien en ramener une à Toulouse, mais Maman n’est pas DU TOUT d’accord. A vrai dire, Maman a horreur des souris…

En tous cas, Jérémy nous en a fait un superbe dessin !

Et en plus, pour son anniversaire, Taty Fanny lui a envoyé un superbe onezee de dragon bleu qui le fait ressembler un peu à une grosse souris, à la couleur près. Il adooooore.

Dehors, le petit pêcher nous gratifie d’une superbe floraison, et réussira d’ailleurs à produire une dizaine de fruits. En septembre, il faut être patient !

Quant aux morilles, fin mars, elles sont plutôt en avance, la saison officielle étant le mois d’avril. Mais qui va s’en plaindre ? Il me semble qu’elles ont tenu compagnie à un rôti de veau, mais je n’en suis plus très certaine maintenant.

Les parents repartis à Toulouse, nous avons la visite de Maïthé et Lily, et on se promène en bande jusqu’à la centrale de Joël.

Avant de repartir, je vais jusqu’à un panneau tout neuf déposé là « à l’attention des randonneurs », et découvre une organisation toute nouvelle avec dépose hivernale des passerelles du bois du Pouech. Alors les amis, méfiez-vous si vous voulez randonner vers la cabane d’Aula avant le mois de juin, ça risque d’être un peu périlleux pour traverser les ruisseaux !