Vive la liberté !

Et oui, vive la liberté retrouvée d’aller et venir (presque) comme bon nous semble. Nous sommes fin mai début juin 2020, et la variante du moment comporte si je me souviens bien une limitation des déplacements à un rayon de 100 km du domicile que nous n’avons bien sûr jamais franchie pour circuler entre le Pays Basque et l’Ariège 😉 .

20 mai, ramassage du foin à Estours.

22 mai, de retour à Anglet où le « Lágrima de Cristo » nous gratifie cette année d’une floraison exceptionnelle.

On s’y active aussi à préparer les pré plantations de haricots à Estours, dans des petits pots en vieux journal.

On pensait aller au Brésil ce mois de juin, mais l’épidémie est mondiale et il n’y a plus moyen de voyager. Les affaires à emporter là-bas vont encore rester là pendant de bien longs mois…

Début juin, retour en Ariège. Les nigelles s’y ressèment toutes seules chaque année.

2020 est une année à fraises ! Les cueillettes sont quotidiennes, on se régale.

Temps variable avec passages nuageux…

… suivis de belles éclaircies.

Les restaurants rouvrent enfin ! Juste à la saison des anniversaires, quelle chance !

Et quelle surprise ! Un magnifique visiteur sauvage est venu jusque sur la terrasse pour lécher les sucs de viande sur notre plancha. Gonflé, quand même…

Déconfinons-nous !

(première version…)

Dimanche 10 mai 2020, enfin, ça y est ! En route pour Estours, après presque deux mois de prison, à faire les courses avec attestation auto-signée (on a quand même évité les bracelets électroniques), les promenades idem, et inutile de se plaindre quand on habite une maison près de la mer, ce qui n’est pas le cas le plus général, à vrai dire.

Bon, on a dû prendre un peu d’avance sur la libération officielle pour pouvoir récupérer nos petits toulousains, qui n’ont pas encore droit à l’école, et vont donc passer la semaine avec nous.

Fleurettes et bestioles, ce sont toujours les mêmes plaisirs naturels, dans notre vallée…

Les iris ne nous ont pas attendus pour fleurir, ils profitent de la pluie qui ne va guère nous lâcher durant cette première semaine.

Quand les iris finissent de fleurir, les œillets de poète commencent, ça ne rate jamais.

Et aussi les ancolies.

Pour les mésanges, c’est le moment de s’activer pour élever sa famille, sacré boulot !

Les bourdons sont toujours les champions du butinage, même par temps de pluie.

Parmi les bestioles peu appréciées (surtout du jardinier), la limace noire locale occupe une bonne place.

Le papillon, de plus en plus rare ces dernières années, a une bien meilleure cote, alors que la chenille qu’il était hier a pu être tout aussi vorace.

Les premiers coquelicots jaunes sont encore une fois au rendez-vous, le long du chemin.

Avec le temps qui passe et la raréfaction constatée, le papillon autrefois le plus commun devient un sujet d’intérêt.

Petites fleurs…

Tiens ! Un enfant qui se promène sous la pluie…
Coucou Jérémy !

Au temps du confinement

Puis vint le mois d’avril.
Sorties interdites, sauf pour une heure de promenade quotidienne dans un rayon d’un km, et les courses alimentaires.
On cherche du gel hydro alcoolique, on cherche des masques… mais tout cela est introuvable.
Je n’avais jamais vu autant de piétons dans le quartier. La circulation automobile est tombée à un niveau jamais atteint. Quelques cyclistes fous tournent en rond autour des pâtés de maisons.
On devient contemplatif, je ne crois pas avoir été la seule. Voici en quelques images ce que fut pour moi cette période particulière pour tous.

Retour au Pays Basque.

Voyager en période de confinement, pas simple … Après un retour un peu compliqué vers nos pénates angloyes, avec la découverte des premières attestations de déplacement auto-signées (difficile d’y croire dans un premier temps…), avec aussi l’indulgence d’un membre de la maréchaussée constatant avec réprobation que nous n’avions coché aucune case sur nos attestations,…

…nous revoilà à la maison où il est temps de procéder au bain des orchidées, alors qu’elles sont en pleine saison des fleurs. Pour ça, pas besoin d’attestation signée, ouf !

A Estours, les communications avec le reste du monde sont tellement ténues qu’il est bien difficile de prendre connaissance des consignes à respecter, et surtout de comprendre pourquoi il est interdit de s’éloigner plus d’une heure et à plus d’un kilomètre de son domicile alors que la personne la plus proche se trouve à des kilomètres de distance…
A Anglet, ce n’est bien sûr pas beaucoup plus facile de comprendre, mais pour connaître les consignes, ça va mieux, avec Internet par le câble. Nous avons donc un rayon autorisé d’un kilomètre pour notre heure autorisée de promenade quotidienne : pour nous, pas le droit de descendre jusqu’à la plage, mais aller jusqu’à l’esplanade au-dessus de l’ex VVF, oui ! Et nous y voilà !

De là, on peut faire des rêves d’Amérique en regardant vers l’horizon, en même temps que des rêves d’Orient en regardant vers la « love tower » de Tadashi Kawamata.

On peut aussi se laisser simplement bercer par le bruit du ressac, tout juste en-dessous.

A notre gauche, voilà le cap Saint-Martin où se dresse le phare.

De l’autre côté, ce sont les bâtiments rénovés de l’ancien VVF, actuellement « club Belambra », fermé pour cause de confinement.

Et voilà l’esplanade, juste au-dessus de l’Océan

Le printemps est là déjà, et les fleurettes se déconfinent, ces inconscientes !

En marchant, on découvre des détails que l’on n’avait jamais remarqués, comme ce bas-relief sculpté sur la villa « Christmas ».

Ou notre église Sainte-Marie qui se fait remarquer par sa blancheur sur fond de nuage menaçant.

Au jardin, les voisins à plumes profitent du calme ambiant : tourterelles turques…

…palombes citadines…

…ou grive musicienne (la bien nommée) qui ne peut s’empêcher de lancer ses trilles mélodieuses et retentissantes du point du jour à la nuit tombée (elle finit par s’arrêter la nuit, ouf !)

…et les premiers, maintenant.

Ça y est, nous voilà confinés ! Daniel est monté dans son arbre et menace de ne plus en descendre avant la disparition du virus. La faim aura rapidement raison de sa révolte.
Nous avons décidé de rester un peu plus à Estours où l’on ne se sent pas vraiment menacé. On en profite pour se balader et avancer dans les travaux agricoles. Et on profite aussi des chants des oiseaux amoureux, et des premières fleurettes de printemps, après les perce-neige.

Même les choux de 2019 se mettent à fleurir !

Sur le bord du chemin, les squelettes des buis morts tendent leurs branches couvertes de mousses que le soleil illumine. Avant les ravages commis par les chenilles de pyrale, ces endroits restaient toujours très sombres.

C’est un Morio, ce beau papillon venu chercher le révolté du confinement au pied de son arbre. Je n’en avais encore jamais vu ! Allez savoir, de quelle âme familière était-il le messager ailé ?

Les derniers jours…

Tout le monde, je suppose, au moins en France, se souvient de ce qu’il faisait les quelques jours qui ont précédé le 17 mars 2020.
Pour notre part, nous étions en Ariège, à bonne distance de la vague montante de covid, jusqu’à l’annonce présidentielle du confinement instauré à partir du 17. Pourtant, dans notre petite vallée pyrénéenne, la vie suivait paisiblement son cours habituel.

Le pêcher était déjà en fleurs, un peu plus tôt que cette année 2022.

Quelques boutons restaient à s’ouvrir.

En remontant dans le jardin, le nectarinier lui aussi était fleuri, même couleur que le pêcher mais avec des fleurs un peu plus grosses.

En redescendant sur la terrasse, on pouvait observer le grand orme fleuri, c’est le moment, à la mi-mars. Ce n’est pas très spectaculaire car les inflorescences, très nombreuses, sont petites et pas très voyantes.

Au poste de nourrissage, une mésange noire déjà, elles n’avaient pas toujours été présentes précédemment.

Au sol, profitant des graines tombées, une dame pinson aux couleurs assez ternes…

…alors que Monsieur est nettement plus voyant !

Autre couple amateur de graines, Madame et Monsieur bouvreuil. Légèrement casse-pieds, ils ont une forte tendance à faire de l’occupation.

On pouvait encore se balader sans attestation, et observer les petites fleurs de saison, comme ces jolis tussilages…

…ou les petites anémones hépatiques.

Au bord du ruisseau, les buis pleins de mousse avaient déjà été ravagés par les pyrales

On se promenait, mains dans le dos (sauf moi, qui m’encombre systématiquement de quelque appareil photo 😉 )

On profitait sans restriction de la beauté fraîche de notre ruisseau…

…et chut !
Les récoltes du mois d’avril ont quelquefois un peu d’avance, et c’était le cas en 2020

🙂

Le temps des fleurs.

Rien de bien différent en mars 2020 de l’actuel mois de mars, c’est le moment où chaque année les orchidées de la véranda se remettent à fleurir abondamment.

Et oui, c’est aussi le temps des amaryllis (dont le véritable nom est hippeastrum paraît-il, même les plantes utilisent des pseudonymes de nos jours…)

Je suis toujours impressionnée par ces fleurs géantes et tellement colorées !

Discrètement, dans son coin, le Saint Paulia fleurit lui aussi, mais en bien plus petit. L’agrandissement photographique lui permet de se comparer sans ce handicap à son énorme voisin 🙂

Quant aux orchidées, on peut passer des heures à admirer formes, dessins et couleurs, tout en raffinement. Et quand un rayon de soleil arrive sur l’une d’entre elles, c’est vraiment une merveille !

Saint-Pierre de Moissac

Outre ses ponts et son chasselas, Moissac est bien connue, au moins dans le Sud-Ouest, pour le magnifique tympan sculpté du porche de l’église Saint-Pierre, daté du début du XIIe siècle.

La voilà, l’église Saint-Pierre. C’est le porche sud, dont on aperçoit l’ouverture sur la droite, qui abrite le fameux tympan.

Voilà la vue d’ensemble du porche, dont des colonnes festonnées encadrent l’entrée. Si on grossit l’image…

…on voit mieux la richesse et la finesse des sculptures. C’est bien sûr le Christ qui occupe le centre du décor, accompagné des animaux symbolisant les quatre évangélistes, et des 24 vieillards de l’Apocalypse.

Sur la place, devant l’église, une sculpture nettement plus moderne. Autres temps…

Saint-Pierre n’est pas qu’une église, c’est une ancienne abbaye, fondée au VIIIe siècle. Le cloître est toujours là, accolé à l’église.

Les chapiteaux, de l’époque romane, furent réutilisés lorsque le cloître fut refait au XIIIe siècle, gothique.

Les sculptures en sont remarquables.

Scènes bibliques, animaux, végétaux, les sujets sont variés, et le travail de la pierre exceptionnel !

Datant du XIIIe siècle, les arcades sont en ogive.

L’ensemble est très harmonieux, apaisant.

Au niveau des angles et des milieux des côtés se trouvent des piliers carrés revêtus de plaques sculptées représentant des apôtres.

Vue sur le clocher…

Depuis le cloître on peut accéder à la salle haute du porche d’entrée, qui se trouve sous le clocher. 12 contreforts,12 ouvertures. On ne sait pas vraiment à quoi servait cette salle.

On accède aussi à l’église.

On peut y admirer l’orgue, avec son superbe buffet du XVIIe siècle.

Et même, en cherchant bien, dans un recoin sombre d’une petite chapelle, on peut découvrir un petit vitrail du grand Chagall. En regardant attentivement, on peut même y voir sa signature !

Les ponts de Moissac

Quand on travaille bien, on est récompensé. Enfin, pas toujours, mais ici c’est le cas.
C’est à Moissac que Gérard et Dany nous emmènent en visite touristique, le samedi après-midi.

Notre guide reste très concentré, pendant que les autres musardent le nez en l’air.

Moissac est bâtie au bord du Tarn, non loin du confluent avec la Garonne. Comme on peut voir, la rivière est très large à cet endroit, qui est longtemps resté sans pont. Les habitants prenaient le bac pour faire la traversée. C’est en 1824 que fut inauguré celui-ci, décidé par Napoléon, et qui porte désormais son nom.

Le Tarn est, avec le Lot, l’un des deux principaux affluents de la Garonne. Les eaux qu’il charrie proviennent du Massif Central, alors que la Garonne, en amont, collecte celles des Pyrénées centrales.

Un peu en amont du pont Napoléon, sur la rive droite du Tarn, l’ancien moulin (le plus grand du Sud-Ouest au XIXe siècle) est devenu un grand hôtel restaurant.

Juste à côté de l’hôtel, des installations qui doivent dater de l’époque où le moulin fonctionnait encore. Il y passe un courant assez impressionnant.

Après le pont Napoléon, on reprend la voiture et remonte encore un peu le long du Tarn pour arriver à un autre pont. A priori, il ressemble pas mal à son collègue Napoléon, en fait il y a une sacrée différence…

Car ce n’est pas une route ordinaire qui franchit ici le Tarn, c’est une route pour les bateaux, un canal ! Rien de moins que le canal latéral de la Garonne, qui relie Toulouse à Bordeaux en longeant la Garonne.

A l’entrée du pont le canal se rétrécit. Les péniches doivent se croiser à l’extérieur.

On peut passer à pied, d’un côté ou de l’autre. Évidemment, on ne peut pas changer de côté en cours de route !

Encore un peu plus en amont, un autre pont franchit lui aussi le Tarn : c’est celui du chemin de fer.

Vers le Sud, le cours d’eau s’en va rejoindre Toulouse et le canal du Midi.

Vers le Nord, l’écluse du Cacor est très proche du pont-canal, qui d’ailleurs porte le même nom.

Nous y voilà !

Sur la maison de l’éclusier, il y a le nom de l’écluse, celui des deux plus proches, ainsi que les distances qui les séparent.

Voilà les deux côtés de l’écluse : le niveau de l’eau est plus haut du côté du pont-canal, et plus bas en direction de Moissac.

Après l’écluse du Cacor, le canal tourne vers la gauche en direction de Moissac. Mais comme aucun bateau n’est prêt à nous y emmener, nous allons redescendre jusqu’à la voiture pour y retourner.

Le cochon, millésime 2020

Nous voilà maintenant début mars, et le temps est revenu de la pèle-porc, du côté de Montauban. L’animal a été tué le jeudi après-midi, et Popov est venu faire la découpe très tôt le vendredi matin. Mais cette fois, Jean-Pierre était là aussi, car il faudra bien assurer la relève, un de ces jours !

La viande pour la saucisse, une pleine bassine ! Heureusement, elle est désormais hachée à la machine électrique, plus besoin de tourner la manivelle.

Le mélange avec sel et poivre, c’est toujours à la main, œuvre de spécialiste.

Puis c’est la mise en boyaux, là il faut du doigté et de la surveillance, la machine est une espèce de grosse seringue qui s’actionne à la main.

Après ça, c’est au tour de la chair à pâté. On hache, on touille, puis on remplit les bocaux.

Les jambons sont prêts à être mis au sel, et les couennes à partir au congélateur en attendant d’aller se perdre dans les cassoulets de l’année.

Une partie de la chair sert aussi pour faire quelques terrines, que l’on va cuire au four.

Les voilà tout juste sorties du four, on va se régaler, je vous le dis !