L’archipel des Lavezzi (2).

Le moment arriva donc bien vite de revenir à la « Cala di l’Achiarina », autrement dit la plage où on nous avait débarqués, pour rejoindre le reste des visiteurs de la journée, reprendre le dernier bateau vers Bonifacio et rendre Lavezzo  à sa solitude et à sa tranquillité nocturne. Il nous reste le regret de n’avoir pas eu assez de temps pour rejoindre le phare, le deuxième cimetière, le débarcadère de l’autre côté de l’île, et explorer davantage les rochers et les plages tout autour. On reviendra, je l’espère …

cala di l'Achiarina

Nous voilà déjà embarqués, alors que les retardataires attendent encore sur la plage leur tour pour être transférés à bord. Le cimetière de la Sémillante se trouve à gauche de la troupe, on reconnaît les piliers de l’entrée.

le goéland perché

Tandis que le zodiac effectue les dernières rotations, j’ai bien le temps d’armer le gros zoom et d’ouvrir quelques plus petites fenêtres sur mon environnement. Les chaos granitiques offrent une grande diversité de formes et il n’y a que l’embarras du choix. Ici un goéland a adopté une position dominante.

le phare de Lavezzo

Là c’est le phare que nous n’avons pas réussi à rejoindre. Il y a même une autre bâtisse à côté.

un écueil en forme de baleine

Ce double rocher qui émerge me fait penser à une tête de baleine ; au loin, c’est la Sardaigne, et on voit aussi plusieurs balises destinées à aider les bateaux de passage à éviter de renouveler la triste aventure de la Sémillante.

la vigie

Une autre vigie à plumes surveille son secteur.

le cimetière

Gros plan sur les murs d’enceinte et l’entrée du cimetière, entouré de ses énormes rochers.

leroc et l'oiseau

Un goéland se cache dans cette photo…

le récif

Nous avons maintenant quitté l’île Lavezzo et nous dirigeons vers l’île Cavallo, la plus grande et la seule de l’archipel qui soit habitée, on l’appelle aussi « l’île des milliardaires », autant dire tout de suite que nous n’y débarquerons pas…

port de Carvallo

Nous faisons tout de même une petite halte au port, pour récupérer les deux marins qui se chargaient des transferts de passagers à l’aide du Zodiac, et remisent ici leur embarcation.

la marina de Cavallo

Un petit coup d’œil sur la marina des milliardaires, rien de bien extraordinaire en fait. Les vraies maisons de milliardaires doivent être mieux cachées !

le phare de Pertusato

Sur le chemin du retour, nous doublons de nouveau le cap de Pertusato, surmonté de son phare.

capo Pertusato

Le voilà encore, dans l’autre sens, avec à sa droite l’île Saint-Antoine qui fait penser à un sous-marin partiellement émergé.

le sémaphore

Nous longeons les falaises en direction de Bonifacio et passons maintenant près du sémaphore de Pertusato.

Bonifacio sur la falaise

Nous repassons au pied de Bonifacio, une vision toujours aussi sidérante.

le gouvernail et la Lune

Nous repassons aussi près du « gouvernail de la Corse », où Madame la Lune nous fait un petit coucou.

le phare de la Madonetta

Mais nous ne pénétrons pas tout de suite dans le goulet, nous avons encore droit à un petit tour au-delà du phare de la Madonetta, que voici.

le phare de la Madonetta 2

Le même, de plus près.

au pied des falaises

Nous longeons le pied des falaises et pénétrons même dans une grotte.

les remparts

Pour finir, il faut bien emprunter le goulet et repasser au-dessous des falaises et des remparts de la vieille ville.

kissing pigs

En arrivant dans le port, je ne résiste pas à re-photographier ce restaurant dont le nom m’enchante ; il faudra que j’aille manger là-bas un de ces jours ! Mais ce sera pour un autre voyage, car le moment du départ approche maintenant, demain il faudra faire la route jusqu’à Ajaccio et dire encore une fois au revoir à l’île de Beauté…

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L’archipel des Lavezzi.

Retour à Bonifacio le lendemain, pas très tôt pour quelque raison que j’ai oubliée, et c’est bien dommage car la balade du jour méritait un peu plus de durée. Après avoir potassé les guides, nous arrivons donc au port en début d’après-midi, sans grand espoir de succès vu la saison, mais après tout ce sont les vacances scolaires, on ne sait jamais. Et voilà que oui, youpi ! Il y a encore un départ pour les îles Lavezzi, pas de temps à perdre ! On se dépêche de se garer et de prendre nos billets (le parking est lié aux bateaux de promenade) et vite au port pour l’embarquement.

la bitte

Nous voici déjà à bord, les marins détachent le bateau de sa bitte, et vogue la galère ! (Cette expression n’est pas très adaptée, mais dans le contexte ça m’a paru mieux qu’ « en voiture Simone ! »)

le port et le bastion

Au-dessus de nous, c’est le Bastion de l’Étendard que nous avons visité la veille.

le yacht

Notre rafiot passe à côté d’un yacht impressionnant amarré là.

la grotte Napoléon

Pour rejoindre la mer, il faut d’abord suivre l’étroit goulet naturel qui offre une protection exceptionnelle au petit port de Bonifacio. Avant d’en sortir, nous passons devant la grotte Saint-Antoine, dite aussi grotte Napoléon (sans doute plus récemment) en raison de la forme de l’entrée qui rappelle celle du bicorne de l’empereur.

le gouvernail

Nous voilà maintenant sortis du goulet, dont on voit ici l’entrée, entre le phare de la Madonetta (en rouge) et le rocher adossé à la pointe de la falaise appelé Gouvernail de la Corse.

Bonifacio

Le bateau tourne un peu vers la gauche (vers bâbord, devrais-je dire), et passe au-dessous de la vieille ville de Bonifacio en équilibre en haut de ses falaises. On y voit nettement la balafre de l’escalier du roi d’Aragon que nous avons visité la veille.

Bonifacio au loin

On s’éloigne rapidement, en longeant les falaises du capo Pertusato.

monument à la Sémillante

Nous arrivons maintenant à l’île Lavezzo, qui donne son nom à l’archipel des Lavezzi, à moins que ce ne soit le contraire. Sur un îlot rocheux battu par les vagues, le monument à la mémoire des plus de 700 marins disparus en mer en février 1855 lors du terrible naufrage de « la Sémillante », dont Alphonse Daudet fit un récit dans les « Lettres de mon moulin ».

l'eau turquoise

Mais voilà que nous approchons maintenant doucement de la plage (la Cala di l’Achiarina) sur laquelle nous allons débarquer, en mettant un peu les pieds dans l’eau ! Le fond sableux confère à l’eau une couleur paradisiaque, qui s’allie aux formes douces des blocs de granit pour un paysage de toute beauté.

l'autre bateau

Un frère de notre bateau est déjà mouillé dans la baie, attendant l’heure de prendre sa cargaison de promeneurs pour le voyage de retour.

le cimetière de l'Acharino

Il s’ouvre sur la plage, c’est l’un des deux cimetières de l’île, dit de l’Acharino. Là furent inhumés, il y a 160 ans, les restes des victimes du terrible naufrage.

blocs de granit

Pas d’arbre dans ce cimetière, mais, tout autour, d’énormes blocs de granit sculptés par les intempéries.

la croix sur le rocher

Ici une croix de fer toute simple a été fixée dans une faille de la roche.

le marécage

Un passage entre deux amas de granit nous permet d’accéder, en arrière de la plage, à une zone plate et herbeuse où un petit étang subsiste encore, sans doute à cause des récentes pluies. Avec l’eau, la vie reprend le dessus, et ce sont des dizaines de moustiques voraces qui se jettent sur nous et essayent même de nous piquer à travers les vêtements !

le grand chaos

Magnifiques chaos granitiques, pourtant bien proches du plateau calcaire de Bonifacio.

sous les nuages

On pourrait croire à un vaste chantier, avec tous ces amas de pierres !

capuchon de moine

Il y a même des fleurs ! Des fleurs bizarres, je n’en avais jamais vu, mais j’ai lu qu’elles sont courantes dans toute la Corse, et même sur le pourtour de la Méditerranée. Capuchons de moine, c’est leur nom.

la bergerie

Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous malheureusement. On aimerait aller jusqu’au phare mais nous n’avons aucune carte, impossible de savoir la longueur du sentier qui nous y conduirait. Nous apercevons ici la bergerie, elle fut construite au XIXe siècle par des familles bonifaciennes qui emmenaient leurs troupeaux sur l’île 6 mois par an.

vers la Sardaigne

Une échappée nous permet de voir, vers le Sud, les côtes de la Sardaigne toute proche. Une balise signale sûrement un des nombreux récifs.

le rocher bossu

Un rocher bien bossu, parmi tant d’autre formes singulières.

réunion de blocs

Encore une réunion de personnages surréalistes, trouvée en rejoignant la plage du départ : pas vraiment envie de passer la nuit sur l’île, sans eau ni nourriture et donnés en pâture aux innombrables moustiques. Retour imminent…

Une journée à Bonifacio.

De retour dès le mercredi vers notre base de Sartène, il nous restait encore deux jours entiers à consacrer à du tourisme. Deux jours de beau temps, cette fois, chouette ! Vacances scolaires en cours (l’université, qui rentre plus tard, n’a qu’une semaine aux vacances de Toussaint), nous décidons de revenir à Bonifacio pour retenter notre chance à l’escalier du Roy d’Aragon, fermé lors de notre dernier passage.

cap Pertusato

Escalier ou pas, le site est toujours aussi sublime, on ne résiste pas à la contemplation du cap Pertusato avec ses falaises calcaires. En plus, bonne idée, pour l’escalier ! Il était en effet ouvert à la visite, sans qu’il y ait foule, conditions idéales donc. Allons-y donc pour une petite descente vers la mer, malgré des marches assez redoutables pour les genoux usagés, j’y vais prudemment.

l'escalier du roy d'Aragon

Cet escalier, dont la légende dit qu’il fut creusé dans la falaise en une nuit par les soldats du roi d’Aragon lors du siège de la ville en 1420, emprunte une faille naturelle dans la roche. Il fut plus probablement réalisé par les moines franciscains pour accéder à une source d’eau potable située dans une grotte au pied de la falaise.

au bas de l'escalier

Plongeon déconseillé…

effet miroir

Vers le Sud, au-delà de la mer qui brille, ce sont les côtes de la Sardaigne toute proche, derrière l’archipel des Lavezzi.

le sentier creusé

Depuis le bas de l’escalier, le sentier continue à plat, toujours creusé dans la roche calcaire.

la grotte

Il conduit jusqu’à une grotte au fond de laquelle une grille empêche l’accès à la nappe d’eau, et où les visiteurs ont disposé d’innombrables petits cairns.

l'escalier

Il n’y a plus qu’à remonter, maintenant ! En fait, pour moi, c’est plus facile que la descente, il suffit de prendre son temps et ça marche (c’est comme ça, les escaliers 🙂 )

le goéland

Lorsque nous parcourons le chemin qui nous mène jusqu’au Bastion de l’Étendard, dont nous allons aussi faire la visite (on a acheté un billet double), les gens sont déjà attablés et ce goéland posé sur une marquise semble bien intéressé par les assiettes. Serait-il de la famille de la mouette de Gaston ?

une rue de Bonifacio

Ici les tables attendent encore d’éventuels clients.

les aqueducs

Autour de l’église, ces arches reliant les bâtiments sont en fait des aqueducs destinés à amener les eaux de pluie jusqu’à une grande citerne, l’approvisionnement en eau est un très vieux problème ici.

la madonetta

Une rue près de l’église…

le port

Le Bastion domine le port, situé tout au fond d’un très long goulet qui constitue un abri naturel exceptionnel pour les bateaux.

la porte de Gênes

De l’autre côté, on est au-dessus de la porte de Gênes, le plus ancien (et longtemps unique) accès de la cité fortifiée.

dans le Bastion

L’intérieur du Bastion est un dédale de salles soutenues par d’énormes piliers, certaines sont immenses.

le chevalier

Un magnifique chevalier en armure garde les lieux.

le cap Pertusato

Encore de belles vues sur le cap Pertusato avec son sémaphore, cette fois on a le rocher appelé « le grain de sable » au premier plan, il est très célèbre ici.

une enseigne

Dans une rue de la vieille ville, une enseigne prudente.

Nos visites nous ont pris la plus grande partie de la journée, il est temps de rentrer vers Sartène. N’ayant pas pris le temps de manger, on décide de trouver une plage pour un pique-nique tardif.

Tonnara

Ce sera la plage de la Tonnara, il paraît que c’est un spot de surf et kite surf bien connu, mais nous n’avons vu personne. J’ai lu qu’elle devait son nom à la pêche au thon qui s’y pratiquait en tendant des filets entre la plage et les îlots.

les planches

Un peu en retrait, la paillote du loueur de planches est encore là, mais peut-être la journée est-elle trop avancée pour qu’il y ait encore une activité.

vers l'Est

Le soleil descend vite à cette saison, et il a même rendez-vous avec la Lune.

soleil couchant

Sur le chemin du retour, on s’arrête un moment sur le superbe site de Roccapina alors que le soleil va bientôt disparaître dans la mer, derrière la vieille tour génoise qui défie le temps du haut de ses rochers.

Expédition vers le nord-est.

20 octobre 2015, nous sommes mardi et demain nous quittons Corte, définitivement cette fois. Alors je me décide à partir pour la journée du côté de Bastia, dont l’aéroport est proche de la plus grande zone humide de l’île, c’est elle qui m’intéresse. Mon itinéraire me conduit d’abord vers le nord, pour rejoindre la vallée du Golo et la suivre ensuite jusqu’au bout, alors qu’elle s’en va vers l’est où le fleuve finit par se jeter dans la mer Tyrrhénienne. J’imagine d’ailleurs que ce sont en grande partie les alluvions du Golo qui ont contribué à former la vaste plaine qui borde la partie Est de l’île au sud de Bastia, et où se trouve l’aéroport de la ville.

Si on se rappelle les événements de début octobre, la pluie était revenue sur la Corse de façon très intense après plusieurs mois de sécheresse, et mon itinéraire le long du Golo en porte encore les stigmates

le Golo après la crue

On voit bien ici que le lit du fleuve était revenu à des dimensions bien plus imposantes, sans parler des nombreuses zones de travaux pour réparer les dégâts causés à la route à cette occasion.

Arrivée dans la plaine, j’abandonne la route de Bastia pour prendre la direction du littoral. Premier arrêt :

signalisation

Je me gare au bord de la route et prends à pied le chemin indiqué par le panneau. Pas besoin d’aller bien loin, quelques centaines de mètres à peine me séparent de l’édifice signalé.

San Parteo

Une étonnante église romane des 11e et 12e siècles en pierres de taille bien ajustées, de différentes couleurs, dotée d’une abside (la partie arrondie) décorée de colonnes qui supportent des chapiteaux sculptés reliés par des arcs.

la porte sud

Au-dessus de la porte sud, ce sont des lions paraît-il. Je me demande bien quelle idée un sculpteur du 11e siècle pouvait avoir de ces animaux, à ma connaissance il n’y en avait pas en Corse !

le laboureur

Un peu plus loin, un tracteur laboure la terre assouplie par les récentes pluies, escorté par un nuages d’oiseaux marins. Une image plutôt étonnante pour la Corse, on pourrait aussi bien se croire dans les plaines agricoles des pays de l’Adour !

Je reprends la voiture, mais pas pour bien longtemps : quelques centaines de mètres à peine, et nouvel arrêt

la canonica

De la même époque et de la même facture que San Parteo, c’est un peu la grande sœur de celle-ci : la Canonica, église-cathédrale des 11e et 12e siècles, même construction en pierres taillées polychromes, et dédiée à Santa Maria Assunta (ND de l’Assomption). Elle bénéficie d’un parking et de quelques panneaux didactiques, et sur sa droite se trouvent les restes mis à jour par des fouilles de la ville romaine de Mariana, ainsi que ceux d’une basilique paléo-chrétienne du 5e siècle.

détails des sculptures

Au-dessus de la porte principale, les pierres de l’arc sont sculptées d’animaux assez grossiers, alors que les entrelacs et les motifs du linteau sont beaucoup plus fins .

les poignées

Pas de visite en octobre, c’est bien fermé ! Un peu l’inconvénient du tourisme hors-saison…

sculptures mur sud

Sur le mur sud, je remarque trois dalles sculptées de motifs géométriques creusés dans la pierre. Après quelques recherches dans mes guides, j’ai fini par trouver l’explication suivante sur le site « corse-romane.eu » :

Il s’agit là d’un décor fréquent en Toscane, où des pâtes de couleurs variées remplissaient les alvéoles. On en trouve sur des murs, des devants d’autels, des ambons, etc.
Cependant à Mariana, l’emplacement de ce décor demeure énigmatique. Même s’il s’agissait, comme on l’a supposé, du chef d’œuvre d’un tailleur de pierres, pourquoi serait-il placé en cet endroit du mur?

Mais laissons là ce petit mystère et continuons vers mon vrai but du jour, l’étang de Biguglia. Premier arrêt au départ d’un chemin de terre qui s’enfonce dans l’étang entre deux rangées de roseaux.

asters tripolium

Il y a là de jolies fleurs mauves, ce sont des asters maritimes, de ces plantes dites « halophiles » qui aiment pousser dans les terres salées. J’ai lu qu’on les appelait aussi « oreille de cochon », et je me demande bien pourquoi.

la libellule

Une gentille libellule se laisse photographier. Quelles couleurs !

Mais ma piste mène à une presqu’île où tout est clôturé et interdit ! Je reprends donc la route jusqu’à la Marana, au nord de l’étang, où un parking  permet de laisser la voiture au départ du sentier aménagé.

l'étang et Biguglia

Le départ du sentier se trouve en face de l’ancien fort, aménagé en écomusée ces dernières années, et du village de Biguglia qui donne son nom à l’étang.

étang de Biguglia

Puis il suit l’étang au plus près en direction du sud, mais l’étendue d’eau est souvent dissimulée par les roseaux ou les arbres.

le lézard

Ce lézard a trouvé une bonne cachette dans un vieux pneu à moitié enterré. Comme il est noir, ça doit bien chauffer dedans avec le soleil.

les flamants

Youpi ! Il y a des flamants roses ! Ils sont loin, mais avec le zoom ça les rapproche quand même un peu. J’adore…

le papillon sur l'aster

Plus près de moi, un petit papillon butine un des fameux asters maritimes. Le nectar est-il sucré-salé ?

un trou de pic

Rien de tout à fait certain, mais ceci ressemble fort à un trou de pic, des as de la sculpture sur bois ! Ils utilisent leur talent pour se creuser un logement à l’intérieur d’un tronc.

cinq oiseaux

Quatre cormorans et une mouette : David, crois-tu qu’on pourrait en faire le nom d’un groupe ?

l'île d'Elbe

Ma balade terminée, je traverse la route et m’en vais jeter un œil côté mer avant de repartir. Au loin, la silhouette bleutée de l’île d’Elbe flotte sur l’horizon. Le spectacle d’une île dans le lointain me fait nettement ressentir l’envie qu’ont toujours eue les hommes d’aller plus loin voir ce qui se passe.

Pour le moment, il faut se contenter de rentrer à Corte…

Promenades du lundi.

19 octobre 2015 à Corte, il fait beau ce matin et je décide d’aller me promener en ville pour découvrir d’éventuelles nouveautés ou retrouver des endroits connus. Remontant le cours Paoli, cœur vivant de la vieille ville, je commence par bifurquer sur ma droite et monter jusqu’à la fontaine des quatre Canons, j’aime bien la petite place tranquille autour de cette belle fontaine, érigée pour les besoins des militaires sous Louis XVI avant de devenir accessible à la population.

la fontaine des quatre canons

Les canons sont ici bien sûr les quatre tuyaux qui crachent l’eau claire dans le bassin qui entoure la fontaine, il est vrai que l’origine militaire de la construction peut prêter à confusion.

l'eau qui coule

Je reste un moment à regarder l’eau qui coule, joliment éclairée par les rayons du soleil.

trois chats

Ce n’est pas bien loin de la placette que je trouve sur mon chemin ces trois chats qui se partagent le trottoir au soleil. Ces animaux ont un don pour occuper les meilleures places.

Paoli sur sa place

En haut du Cours, voici la place Paoli, entièrement rénovée en 2015, et bien plus aérée et agréable que par le passé. La statue du grand homme y a bien sûr été conservée.

la place Paoli et la statue

On voit ici qu’elle est érigée parfaitement dans l’axe du Cours Paoli.

tour de l'Annonciation

Grimpant la rampe en direction de la place Gaffori, je passe ensuite à côté de l’église de l’Annonciation avec son haut campanile.

le chat noir assis

Encore un chat sur mon chemin, celui-ci est à l’ombre, et comme il est tout noir on ne voit que ses deux yeux verts dans la silhouette sombre.

la statue dans le mur

Mes pas me conduisent jusqu’à l’atelier de poterie qui présente de jolies pièces, mais il ne faut pas se laisser tenter par un achat quand on voyage en avion. Mes bavardages avec la potière me font découvrir cette très ancienne statue de la fécondité enchâssée dans le mur, elle me dit qu’elle a été expertisée comme venant d’une très ancienne civilisation, datant de plusieurs millénaires si je me souviens bien. Elle est très belle, en tous cas.

anciens egouts

Elle me montre aussi sur les immeubles environnants les anciennes canalisations d’évacuation des eaux usées, pour lesquelles il y aurait un projet de rénovation.

Focicchia

L’après-midi, après avoir récupéré la voiture, je repars comme la dernière fois pour les petites routes du Bozio, puis du Gaggio (deux microrégions voisines, au Nord de la vallée du Tavignano), à la découverte des villages. Ici, c’est Focicchia, village bâti le long d’une crête, comme c’est très souvent le cas dans l’intérieur de l’île.

Focicchia et la forêt

Et voici encore le même village de Focicchia, mais vu sous un autre angle ; difficile de le reconnaître, car ici il semble tout petit et complètement perdu dans la forêt.

clocher d'Erbajolo

En fait, me voilà arrivée à Erbajolo, c’est d’ici que l’on voit Focicchia perdu dans la forêt. Je m’arrête pour parcourir ce charmant village, dont j’ai remarqué en passant le beau clocher en pierres noires.

la porte de l'église

Ce qu’il y a de plus étonnant dans l’église en dehors du campanile, c’est sa porte d’entrée avec une belle grille en fer forgé.

détail de la porte

J’aime bien…

place d'Erbajolo

Sur la petite place, les bancs sont déserts et les volets fermés, en octobre les villages corses ont perdu une grande partie de leur population estivale. Et peut-être est-ce l’heure de la sieste ?

la vieille porte

Les vieilles portes ont souvent des planches posées comme ici en biais, sur l’île.

chardon sec

De retour de ma petite virée, je fais encore un détour par le domaine St Jean, au cas où les champignons y montreraient le bout de leur chapeau, je me souviens que notre dernier séjour s’est achevé sous des trombes d’eau, il y a une quinzaine.

Mais vous ne saurez rien de plus, c’est vrai quoi, les champignons, ça ne se dit pas, surtout en Corse :).

Retour vers l’île de Beauté 2

Le temps file à toute allure, et les deux séquences d’enseignement étaient vraiment très rapprochées cette fois, ce fut donc bien vite le moment de revenir vers la Corse : un nouveau vol Toulouse Ajaccio le 18 octobre, beau temps à l’arrivée, et la chance de pouvoir se mettre près d’un hublot dans un avion pas très rempli :

arrivée à Ajaccio

Ajaccio nous apparaît au fond de son golfe bleu, pendant que l’avion longe le chaînon qui se termine par la pointe de la Parata et les îles Sanguinaires, au pied duquel la ville gagne de plus en plus de terrain. On aperçoit sur la gauche le cimetière marin où est enterré Tino Rossi !

le rocher des Gozzi

Le vent vient de la mer, et il faut se poser face à lui, nous effectuons un grand virage qui nous permet de passer en face du rocher des Gozzi, au nord de la ville.

massif du Monte d'Oro

Vers l’Est, c’est le massif du Monte d’Oro qui ferme le haut de la vallée.

à l'aéroport

Aéroport Napoléon Bonaparte, évidemment.

plage grand capo

Encore une fois, nous nous dirigeons vers la plage de Grand Capo et ses banquettes de posidonies, ces algues qui forment des prairies marines très importantes pour l’équilibre écologique. L’endroit est agréable pour pique-niquer.

les Sanguinaires à l'horizon

Les nuages arrivent, laissant tout de même passer quelques rayons de soleil, du côté des îles Sanguinaires.

une petite plage

Je décide de marcher un peu le long du sentier qui démarre à l’extrémité de la plage et suit le littoral jusqu’à Capo di Feno, à l’extrémité de la pointe. J’y découvre une première petite plage tranquille.

la plagede grand capo

En me retournant, je peux voir Grand Capo où on pourrait peut-être voir Daniel en train de bouquiner, si la résolution était suffisante.

une crique

Une deuxième charmante petite plage un peu plus loin encore.

fleurs de salsepareille

Une odeur douce, un peu miellée et vanillée, flotte dans l’air le long du sentier. Je finis par en identifier la source : ce sont les fleurs de salsepareille, cette plante réputée pour être la nourriture préférée des schtroumpfs. Mais pas de schtroumpfs à l’horizon…

près du cap

Je finis par franchir une clôture et accéder à une zone dénudée, je ne suis plus très loin de l’extrémité du cap et m’arrêterai là, car il est temps de revenir. Ici la végétation est différente, c’est vraiment la zone battue par les vents marins, avec des touffes d’immortelles et de plantes grasses.

plante en touffe

Celle-ci ressemble un peu à une euphorbe, mais rien de bien certain.

le sentier dans les pins

Je suis le même chemin au retour, parfois sous les pins, parfois dans le maquis odorant.

l'eau turquoise

Admirable couleur et transparence de l’eau…

les fruits des lentisques

Je ne suis pas très forte en plantes du maquis, mais là ce sont des fruits de lentisque.

la mer qui brille

Me revoilà sur la plage de Grand Capo, avec le soleil qui commence à descendre sur la mer. Il est temps de ramasser nos affaires et de prendre la voiture pour rejoindre Corte.

Préhistoire corse…

…et autres balades en Alta Rocca et dans le sartenais.
Laissons maintenant Sainte Lucie tranquille et reprenons la route en direction de Levie, mais avant d’y parvenir, bifurquons vers la gauche en direction des sites de Cucuruzzu et Capula. A notre arrivée, nous y découvrons que le site est fermé momentanément au public en raison de la météo qui prévoit l’arrivée de fortes intempéries 😦 , mais comme le temps est encore calme et pas du tout menaçant, nous franchissons malgré tout la vague barrière pour suivre le parcours forestier qui mène aux deux sites que nous voulons visiter. La punition, c’est que nous n’aurons pas d’audioguide pour nous renseigner sur ce que nous découvrons le long du chemin.
début du chemin

Le parcours est très bien tracé, dans un sous-bois dense parsemé de gros blocs granitiques et d’anciens murets de pierres recouverts de mousses.

station 3

Une série de numéros bien visibles nous indiquent la touche de l’audioguide à utiliser, mais…

cucuruzzu, entrée

C’est après plusieurs centaines de mètres que nous parvenons au premier des deux grands sites, celui du « casteddu » de Cucuruzzu, une forteresse datée de l’âge du bronze. L’entrée se fait par un escalier passant entre les deux parties d’un énorme bloc de granit éclaté, que nous voyons ici.

cucuruzzu

Depuis l’intérieur, on aperçoit le plateau environnant, ainsi que les montagnes un peu plus loin. On découvre aussi les aménagements faits en utilisant largement les blocs du chaos de granit, pour s’y appuyer ou pour servir d’abri.

entrée

Ici c’est l’entrée d’un abri aménagé dans les blocs, je ne saurais pas dire s’il s’agit vraiment d’un habitat.

près du casteddu

A l’extérieur, la cahute du gardien est bien intégrée dans le décor, avec ses gros blocs de pierre taillée !

les mousses

L’abondance des mousses est surprenante, car l’endroit parait très sec pour le moment, mais ça ne va pas durer…

capula

Nous voici parvenus au site de Capula ; il s’agit ici de ruines médiévales, sur un emplacement ayant été habité dès l’âge du bronze lui aussi. Site défensif, occupé au Moyen Age par le seigneur Biancolacci, il fut démantelé en 1249 par Giudice de la Cinarca.

statue-menhir

Une statue-menhir encastrée dans le roc au pied des murailles témoigne de l’occupation préhistorique du site.

clocher Levie

Notre visite achevée, nous poussons enfin jusqu’au village de Levie, notamment pour y découvrir une série de photos exposées dans les rues. L’Alta Rocca a pris le relais de Corte ! Voici au passage le campanile de l’église paroissiale au pied de laquelle nous étions stationnés. Visite rapide, car les premières gouttes de la perturbation pluvieuse largement annoncée commençaient à tomber.

le passager

Mais il y a des passagers qui ne craignent pas trop la pluie !

Pourtant, cette fois-ci, il y avait de quoi s’inquiéter. Après avoir entendu tomber l’eau toute la nuit, les infos du lendemain matin nous annonçaient que la route d’Ajaccio était coupée (gloups ! et notre avion ????) et qu’un chauffeur de taxi avait échappé de peu à la noyade en tentant de traverser le Rizzanese en crue tout près de Propriano.

plage Propriano

En fait, il y a du vrai dans ce que l’on nous racontait à l’école : dans le climat méditerranéen, l’eau monte vite et redescend de même ; pas de problème pour rejoindre Propriano quelques heures plus tard, le Rizzanese, encore gros, était déjà rentré dans son lit. Nous voilà partis au-delà du bourg jusqu’à l’embouchure de la rivière, au bout de la plage.

embouchure du Rizzanese

Ça coule sérieusement.

daniel

Et le temps n’est pas encore au beau fixe…

pont spin'a cavallu

En remontant le cours du Rizzanese jusqu’au pont génois, nous y trouvons un cours d’eau encore bien élargi

autour du pont

mais bien plus bas que ce qu’il a dû être pendant la nuit et le début de journée.

moulin à huile
Plus de route coupée, on en profite pour remonter jusqu’à Sainte Lucie de Tallano, où j’avais envie de visiter le vieux moulin à huile transformé en musée.

Sainte Lucie de Tallano

Nous sommes les derniers (et peut-être les seuls) visiteurs de la journée, et le gardien nous embauche pour le remonter jusque chez lui en voiture. De là, nous avons une très jolie vue sur le village.

les bains de Caldane

Nous voilà arrivés au samedi, et il se fait temps de quitter Sartène car notre vol part le dimanche matin de bonne heure d’Ajaccio. Le soleil est maintenant revenu et nous profitons encore de la matinée pour aller expérimenter une trempette de 20 minutes (c’est la dose prescrite) dans l’eau chaude naturelle des bains de Caldane, à 37°C c’est une expérience très agréable et très relaxante.

l'avion du départ

Et c’est encore par un temps calme que nous retrouvons notre avion du dimanche matin sur l’aéroport Napoléon Bonaparte.
décollage au-dessus du Ricanto

Et que nous pouvons profiter au décollage d’une superbe vue sur le cordon littoral et l’embouchure du Prunelli près de la tour de Capitello.