Wakatipu.

Vous l’aurez peut-être deviné, nous sommes toujours en Nouvelle-Zélande ce 2 mars 2017, et Wakatipu est le nom, d’origine maorie, d’un immense lac de la chaîne des Alpes du Sud au bord duquel se trouve la petite ville de Queenstown où nous avons passé la nuit.
Je ne saurais pas dire pourquoi, les mots maoris me semblent toujours bien plus en harmonie que les autres avec ce qu’ils désignent.
Difficile choix pour cette petite journée ici, car les activités possibles sont innombrables. Après mûre réflexion, nous parcourrons d’abord la route du bord du lac jusqu’à son extrémité supérieure à Glenorchy.

Lacs et montagnes, une association toute en contrastes dont la réussite n’est plus à démontrer, et nous en trouvons ici un nouvel exemple.

En regardant vers le haut du lac, c’est-à-dire vers le Nord, on peut voir deux îlots (pig island et pigeon island, l’ile au cochon et l’île au pigeon) et aussi les hautes montagnes enneigées en arrière-plan, dont j’ai pu identifier celle qui semble la plus haute à droite comme étant le mont Earnslaw, de 2830m d’altitude, dont le nom maori est Pikirakatahi (et je confirme ma remarque précédente).

Même perspective, en zoomant sur Pikirakatahi et son glacier.

Nous voici arrivés à Glenorchy ! C’est ici que la Dart River se jette dans le lac, qu’elle alimente en eau. Du coup, la zone accumule sables et graviers descendus des montagnes, et l’endroit est idéal pour notre pique-nique.

Un ponton de bois, sans doute destiné à accueillir les bateaux de promenade, s’avance dans le lac non loin de nous.

On s’installe sur le sable pour pique-niquer, sous le regard intéressé d’une petite troupe de « black-billed gulls » ou mouettes de Buller, encore une espèce endémique de Nouvelle-Zélande, et qui possède le triste privilège d’être l’espèce de mouettes la plus menacée du monde.

Étrange regard, avec ces yeux blancs cerclés de noir.

Theo adore les oiseaux. Il les nourrit, leur parle, les gronde si nécessaire, car il faut bien reconnaître qu’ils ne sont pas toujours parfaitement sages.

Glenorchy, c’est juste quelques maisons entre le lac et les montagnes. Un endroit tranquille, certainement.
Mais il est maintenant temps de revenir à Queenstown pour la deuxième partie de notre programme.

En effet, il y a, tout près de la petite ville, un téléphérique qui permet d’accéder à une plate-forme dominant le lac de plus de 400m ! Nous y voilà.

Il y a assez de place pour nous 5 dans une cabine.

Depuis là-haut, la vue sur la ville et le lac est époustouflante : en face de nous…

… puis vers la droite…

… puis un peu plus à gauche avec en arrière-plan la chaîne des Remarkables et son point culminant le Double Cone, et des parapentistes en plein survol…

… et enfin complètement à gauche le plateau de Queenstown Hill qui domine la route qui mène à Arthurs Point, un quartier de Queenstown.

Tandis que nous redescendons tranquillement dans notre télécabine, je ne résiste pas à photographier l’abominable construction métallique ouverte à son extrémité depuis laquelle les zinzins fortunés payent pour se jeter dans le vide accrochés à un élastique, en espérant fermement qu’il ait été mesuré suffisamment court pour éviter le crash.
Allons, ne pensons plus à ces horreurs, il est temps de prendre la route pour rentrer à Dunedin.

 

Nestor notabilis.

Cette journée bien remplie du 1er mars n’est pas encore terminée ; en effet, après avoir voyagé par la route, l’eau, les airs, il nous reste encore un long trajet à parcourir pour rejoindre Queenstown. Pas de grande découverte en perspective, puisqu’il s’agit pour beaucoup de la route déjà parcourue le matin, et que la fin du trajet se fera de nuit, une journée aussi pleine étant forcément très longue. Nous reprenons donc en sens inverse la route du matin, mais voilà qu’à la sortie du tunnel de Homer une grande agitation s’empare d’Isaac : en passant près du parking où nous nous étions arrêtés à l’aller, il a aperçu, au sol, une petite troupe de kéas, au milieu des voitures stationnées.

Demi-tour dès que possible et retour sur les lieux : les kéas sont effectivement toujours sur place, ils se promènent entre les voitures et semblent curieux de tout, et nullement effrayés.

Les kéas, dont le nom savant est donc « Nestor notabilis », sont eux aussi des animaux natifs de Nouvelle-Zélande, de la famille des perroquets. Ils sont les seuls au monde à vivre exclusivement en montagne, et seulement dans cette île du Sud où nous nous trouvons. Il n’est pas bien difficile de les photographier, mais les conditions de lumière font que beaucoup des images obtenues sont floues, et qu’il n’a pas été possible de les prendre en vol, montrant le dessous orangé de leurs grandes ailes.

Malgré leur familiarité, ou plus probablement à cause de celle-ci, l’espèce est en danger d’extinction, ils ne sont plus que quelques milliers dans cette chaîne des Alpes du Sud. Opossums et rats participent à leur destruction, en pillant les nids  : les kéas nichent au sol, leurs œufs sont donc faciles à prendre.

Soudain, celui-ci vient se percher sur notre portière ouverte, et commence à déguster les joints ! Hou ! On avait été prévenus de la chose, qui s’avère exacte : les kéas aiment le caoutchouc, et peuvent aussi s’en prendre aux pneus. Mais pas seulement : curieux de tout, ils aiment tester les affaires des visiteurs de passage, comme par exemple goûter un peu la chaussette de Fanny. L’un d’eux aurait même subtilisé le passeport d’un touriste écossais… 🙂

Rien d’étonnant, avec ce caractère espiègle, que leur petit frère Maurice soit devenu le compagnon préféré de notre Gabriel

Salut, Gabriel et Maurice !

Et maintenant, en route pour Queenstown…

Et si on s’envoyait en l’air ?

Depuis un petit moment, Fanny regardait avec un visible intérêt passer dans le ciel les hélicoptères emmenant en vadrouille les amateurs de vue de dessus, quand une idée me vint soudain (mais oui, ça arrive, parfois !) Puisque nous ne lui avions toujours pas fourni son cadeau d’anniversaire, pourquoi ne pas lui offrir un petit tour dans le ciel de Milford Sound, qui compléterait les plaisirs de la balade en bateau…

Dépêchons-nous de nous rendre à l’aérodrome pour voir si ce sera encore possible. Nous sommes les seuls clients, et un vol emmène trois personnes, mais une rapide réflexion sur des anniversaires passés ou à venir nous permet de nous décider rapidement : nous irons à trois, tandis qu’Isaac et petit Theo resteront sagement sur le plancher des vaches, les pauvres !

Nous passons donc rapidement à l’exécution de ce supplément au programme. Une première, pour nous ! 🙂

Le décollage est bien sûr instantané. On commence par se diriger vers le fjord…

… et passer tout près de la grande cascade, dont les gouttelettes font apparaître des arcs-en-ciel.

A l’avant, le passager de droite ne serait-il pas légèrement crispé ? Nous passons très près des parois rocheuses…

… et il y a pas mal de nuages qui se baladent, sans que cela semble gêner notre pilote.

Mais nous, on n’est pas du coin, et donc rudement contents lorsque l’appareil sort du coton et que l’on retrouve une visibilité,ouf !

Nous voici à l’étage des glaciers, très présents à des altitudes relativement basses, si l’on compare à l’Europe.

Et de nouveau dans les nuages !

Survol d’une longue crevasse…

…et vue par la fenêtre sur les parois verticales.

Une vue partielle sur le front du glacier, complètement fracturé : la présence d’une paroi verticale l’empêche d’aller plus loin.

Deuxième partie du programme : on se pose tranquillement sur la partie horizontale d’un glacier…

…et on s’en va marcher sur la neige et poser pour la postérité 🙂

Le grand sommet le plus proche de nous est le mont Tutoko, 2723m.

Nous reprenons notre périple aérien et découvrons maintenant quelques lacs.

Puis nous revenons vers des parois impressionnantes…

…qui bordent des vallées très profondes,

avant de revenir à notre point de départ, tout près de la piste d’atterrissage dans l’axe du « Mitre Peak ».

Waouh ! Une expérience extraordinaire et… inoubliable ! Merci Fanny …

Milford Sound, entre soleil et nuages.

Au bout de la route, nous finissons par arriver à Milford Sound, tout au fond du fjord (appelé ici « Sound »). Et c’est beau, très beau même.

Extraordinaire, et il ne pleut même pas ! Cette montagne en face de nous que l’on voit sur toutes les photos d’ici, c’est « Mitre Peak », la plus haute des montagnes qui bordent le fjord (presque 1700m !) Bien enduits de répulsif pour tenir les « sandflies » à distance, nous nous dirigeons vers le départ des croisières.

Nous voilà enregistrés, il nous reste un peu de temps pour aller jusqu’au bout de la petite jetée qui protège l’embarcadère. Nous voyagerons sur le bateau blanc.

C’est le départ !

Très vite, à notre droite, (ou plutôt à tribord, devrais-je dire), la magnifique cascade « Lady Bowen » qui dévale de 160m de haut.

Et une autre de l’autre côté !

Nous retrouvons des otaries à fourrure sur les rochers au bord du fjord.

La proximité du bateau ne les dérange nullement.

Avec le soleil, l’eau prend une couleur étonnante. Et la végétation arrive à s’accrocher à des parois presque verticales.

Voilà qui tombe à pic, au sens propre dans ce cas.

Le fjord suit les méandres de l’ancienne vallée glaciaire.

Comme nous atteignons presque l’embouchure sur la mer de Tasman, une troupe de compagnons aquatiques se met à escorter notre bateau.

Nous voici près d’un nouveau spot à otaries.

Ici aussi, c’est l’heure de la sieste.

Lorsque le bateau reprend sa route, les dauphins reprennent leur escorte, jouant dans le sillage et autour du navire. Ils nous accompagneront presque jusqu’à la fin de la croisière, pour notre plus grand plaisir.

Les chutes de Stirling tombent directement dans les eaux du fjord, et le bateau s’en approche au plus près, douche garantie sur les ponts extérieurs.

On dit que lorsqu’il pleut se produisent des avalanches d’arbres ! Vu la configuration des lieux, cela semble possible.

Nous approchons maintenant de notre point de retour, encore un dernier saut comme pour dire : « au revoir, je me suis bien amusé ! »

Le bateau bleu, parti un peu avant nous, arrive presque en même temps, lui aussi accompagné par les dauphins, décidément très sociables. Il ne nous reste plus qu’à débarquer sur la terre ferme et à terminer notre visite. Mais… en avons-nous bien terminé ?

 

Te Anau et la route de Milford Sound.

De nouveau une petite carte pour montrer le trajet dont il va être question ici :

Pour aller de Dunedin à Milford Sound, il faut traverser (en largeur) toute l’île du Sud, puisque la première est sur la côte est alors que le second est du côté ouest sur la mer de Tasman. Il n’est pas bien difficile, sur la carte, de deviner le chemin que nous avons suivi. Départ le 28 février, et première étape le soir à Te Anau.

Te Anau, c’est une petite ville au bord du gigantesque lac qui porte son nom, nous voilà donc, après avoir pris nos quartiers à l’hôtel voisin, en train d’aller faire une promenade lacustre et familiale.

On découvre au passage un bouquet de « mountain beech », une espèce autochtone de hêtre. Tawhai Rauriki, c’est son nom maori…

Autre local de l’étape, le « paradise duck » ou tadorne de Paradis, une espèce où la femelle a la particularité, contrairement à un usage bien répandu chez les oiseaux, d’être plus voyante que le mâle, comme nous la voyons ici, avec la tête et le cou entièrement blancs.

Le lendemain matin, au petit déjeuner…

Dehors, la brume semble annoncer le beau temps, avec un pâle soleil que l’on aperçoit en train de commencer à percer.

Chez les canards, c’est l’heure de la toilette.

Et en route vers Milford Sound ! Le temps semble plutôt favorable, mais que trouverons-nous là-bas ???

Premier arrêt près de l’embarcadère de Te Anau Downs, après une trentaine de kilomètres. Nous sommes toujours au bord du même lac !

La végétation est dense au bord du lac !

Continuant la route, nous entrons dans la zone du parc national de Fiordland, et atteignons la superbe vallée glaciaire d’Eglinton, avec son fond complètement plat, entourée de montagnes.

Tout le monde s’arrête pour admirer le panorama, et faire quelques selfies.

Encore quelques kilomètres et ce sont les « mirror lakes » (lacs miroirs).

L’eau y a tout de même quelques petites rides…

Après la vallée, la route commence à monter et pénètre dans les montagnes. Il y a plus de nuages, que le soleil arrive encore à traverser par endroits.

On commence à s’inquiéter au sujet du temps à l’arrivée : éviterons-nous la pluie ?

Encore une belle vallée sur la droite de notre route ; au fond, la neige est encore bien présente, ce qui est surprenant vu les altitudes (tout est au-dessous de 2500 m par ici).

Nous voilà près de l’entrée du tunnel de Homer, on est vraiment en montagne ! J’aimais imaginer la présence d’un lac derrière le mur des cascades, mais je ne crois pas que ce soit le cas 😦

Dernier arrêt avant la destination, « the chasm » (le gouffre), où un petit chemin dans la forêt nous amène jusqu’à la rivière Cleddau.

J’adore les fougères arborescentes, peut-être pour leur don de symétrie naturelle.

Nous arrivons à la rivière. Vers l’amont, on remarque déjà les formes particulières des rochers.

Et au-dessous de la passerelle où nous nous trouvons, l’eau disparaît entre des fissures aux formes compliquées, nées du travail des fragments de roches particulièrement dures, portés et propulsés par la force de l’eau descendant des montagnes environnantes.

Autre souvenir de ce bel endroit, c’est là que nous avons fait connaissance avec les « sandflies », un genre de mini moustique tout petit mais extrêmement méchant, heureusement repoussé par les produits vendus pour cet usage. Animal natif ou pas ? Mais oui, bien sûr ! Piopiotahi, c’est son nom maori, mignon, n’est-ce-pas ?

Bien enduits de « repellent spray », nous pouvons maintenant achever notre route et rejoindre Milford Sound : ce sera notre prochaine étape !

 

 

 

Otago peninsula.

Péninsule d’Otago, devrais-je écrire, mais tout le monde aura compris facilement et ça fait plus couleur locale.

La péninsule d’Otago est cette langue de terre aux formes torturées qui forme la barrière sud d’Otago Harbour, l’espèce de fjord d’origine volcanique au fond duquel se trouve Dunedin. Plusieurs espèces spécifiques y ont trouvé un terrain favorable pour s’installer, en particulier l’albatros royal et le très timide manchot à œil jaune, une espèce strictement locale, fragile et très menacée.

Le lendemain 27 février, nous voilà donc sur les magnifiques et sinueuses petites routes de la péninsule d’Otago, avec pour premier objectif le Royal Albatros Centre, tout au bout de la langue de terre, près de l’ancien fort Taiaroa.

Temps splendide, panorama de même…

Par ici, les opossums, charmantes bestioles originaires d’Australie, autrefois importées par les colons, menacent la survie des espèces natives. N’ayant aucun prédateur, ils pullulent dans tout le pays et des mesures sont prises pour tenter de limiter leur population.

Au bout de la route, une vue complète de Cape Saunders, une presqu’île dans la péninsule ; on nous dit qu’otaries et lions de mer aiment se prélasser sur la belle plage en bas, mais nous n’avons pas le temps de nous y rendre. Il est temps de faire demi-tour pour retrouver la route littorale et rejoindre le domaine des albatros.

Après une rapide présentation de ces merveilleuses machines volantes, notre guide nous conduit jusqu’au poste d’observation aménagé un peu plus haut. De là, nous dominons l’entrée d’Otago Harbour, et nous pouvons apercevoir une réunion de jeunes de l’année en train de faire leurs exercices préalables à l’envol.

Au-dessous de nous, nous pouvons observer les bateaux qui entrent ou sortent d’Otago Harbour. Ici c’est la sortie d’un gazier.

Les oiseaux adultes, profitant de la brise, passent très près de nous. Pas faciles à photographier, malgré tout…

Lorsque nous retrouvons la voiture, il y a une mouette de Buller (black-billed gull) tranquillement posée sur l’une des voitures garées. Elle s’est même occupée de la décoration…

Quelques mètres plus loin dans les hautes herbes, une aigrette à face blanche cherche (et trouve !) sa nourriture.

Nous reprenons la voiture pour rejoindre la réserve de Penguin Place, toujours sur notre péninsule d’Otago. C’est là que l’on espère apercevoir quelques yellow-eyed penguins (ou manchots à œil jaune).

On commence par y admirer quelques belles fleurs d’agapanthes, pas spécialement néo-zélandaises, mais qui semblent bien se plaire ici.

Sur place, quelques oiseaux recueillis pour diverses raisons peuvent être observés de près. Celui-ci est un jeune, il n’a pas encore la bande de plumes jaunes au niveau de l’œil.

Après avoir parcouru des tranchées couvertes pour approcher les animaux sans les perturber, nous pouvons observer quelques individus près d’une petite mare. Celui-ci est en pleine mue, il est tout entouré de ses vieilles plumes tombées et semble très occupé à se débarrasser de son ancien costume.

Après avoir parcouru les tranchées en sens inverse, nous remontons le long d’un chemin dans la zone boisée qui domine la plage des pingouins, ou plus exactement des manchots, Pipikaretu beach. Nous nous trouvons alors au-dessus de la grève, qui se termine à l’autre extrémité par une pointe rocheuse couverte d’oiseaux marins.

Ceux-ci sont également nombreux au bord de l’eau.

Au-dessous de nous, nous observons une otarie à fourrure (fur seal) qui s’apprête à sortir du bain pour aller rejoindre ses collègues sur la terre ferme.

Une bonne sieste au soleil, c’est bien agréable !

Comme nous terminons notre visite, un énorme paquebot passe par là, comme pour rappeler qu’ici aussi l’emprise de l’homme est bien présente. Pour nous, il est temps de rentrer à Dunedin retrouver le reste de la troupe familiale.