De la mer à l’Océan.

Voilà, c’est fini, nous quittons Portbou et la Méditerranée le 1er octobre.

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Dernier lever de soleil sur la mer

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et dernière photo du village au travers du cadre planté là récemment (on dirait que c’est à la mode !)

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Pas de disgression touristique cette fois, nous rallions directement le Haut-Couserans : au niveau du village d’Oust, on aperçoit, qui dépasse vers la droite, la forme caractéristique un peu aplatie du sommet du mont Valier, tandis que le creux de la vallée du Salat est barré par le massif de NOTRE pic de Fonta.

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Passage court et bien rempli d’activités agricoles : cela laisse peu de loisir pour les photos. Ici un silène…

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…là une branche d’une espèce de chardon que le soleil auréole…

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…et en route pour l’Atlantique !
Un peu plus loin que la Chambre d’amour, on va parfois se promener à la grande digue de Tarnos, la ville rouge (tous les maires élus de la ville depuis 1920 ont appartenu ou appartiennent au PCF).

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On aime bien marcher jusqu’au bout de la grande digue, qui protège l’entrée du port de Bayonne.

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C’est bien ça !

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Et à Bayonne, on peut maintenant traverser l’Adour avec un bac pour les piétons (et même peut-être les cyclistes) qui procure une belle vue sur les 7 arches du pont Saint-Esprit.

Le temps des travaux.

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Lever de Lune sur la mer le 23 septembre au soir. Et petit jeu de perspective.
Les visiteurs du weekend sont maintenant tous repartis. Et on va se mettre au boulot.

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Nous voilà lundi matin, et il fait beau, mais zut : la tramontane souffle bon train, d’ailleurs on peut le voir sur la photo : il y a plein de petits traits blancs dans le grand bleu. Voilà qui commence mal, pour les travaux en extérieur !

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Mais ça ne fait rien, l’équipe est reconstituée et se met rapidement au travail. On gratte, on enduit…

Le soir, les tricots rayés ont droit à leur séance de câlinothérapie.

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Le lendemain, aussitôt l’enduit achevé, on se met au bétonnage de la voirie, pas le temps de souffler.

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Ce n’est qu’en fin de journée que l’on a le droit de descendre au village. Les touristes ont déserté les lieux, et nos amis les sangliers ont bien labouré les massifs du front de mer.

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La plage est déserte, et le vent marin qui a commencé à souffler a fait monter la mer jusqu’aux murs.

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Changement de décor le matin suivant : le vent marin a forci. La houle qui s’est formée a remué du sable et les couleurs de la mer sont complètement différentes.

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La matinée s’est passée à la peinture, il est beau, le mur !

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Alors, youpi, on a droit à notre demi-journée ! Le figuier de Barbarie nous fait au revoir de la main. A bientôt !

Une quinquagénaire bien entourée.

Nous voilà maintenant le 22 septembre … 2018 !….
2018, c’est cinquante de plus que 1968. Et que s’est-il passé en 1968 ? Beaucoup de choses, c’est sûr, certains d’entre nous s’en souviennent encore, parfois avec émotion ; et aussi un petit événement dans un endroit que je connais bien et dans une famille qui n’était pas encore la mienne : la maison de vacances de ceux qui allaient devenir mes beaux-parents, bientôt baptisée « maison de la vigne » ou « casa de la vinya », venait d’être achevée.
Aussi, ce 22 septembre, nous étions un certain nombre d’amoureux de cet endroit unique encore tout imprégné des esprits d’Anita et Sauveur à nous y réunir pour célébrer son cinquantenaire.

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Champagne !…

… retrouvailles et discussions, alors que nous bénéficions d’une splendide journée d’automne (le 22 septembre…)

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On a aligné toutes les tables disponibles pour caser tout le monde, et on y est arrivé !

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Brie, Livarot, Bethmale,… pour le plateau de fromage, la France reste incontournable, et on ne l’a pas contournée !

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L’après-midi, beaucoup prennent la route de la plage, à pied pour la plupart. Mais qui a vu ce petit bout de nature sur le bord du chemin ?

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Les toulousains ont suivi le mouvement.

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Et Gabriel a bien voulu prendre la pose pour garder un souvenir d’une période spéciale dans la vie d’un enfant 🙂

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Pour notre part, nous remontons à pied jusqu’à la maison ; cela permet un choix d’angles différents pour ces beaux nuages lenticulaires.

A peine de retour, incroyable, voilà nos visiteurs de l’été qui s’invitent à leur tour à la fête ! Pas du tout effrayés par notre présence, d’ailleurs…
Franc succès auprès des invités, évidemment.

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Et la belle journée s’achève, dans la splendeur du soir qui vient.

Les visiteurs du soir.

Même si les photos ne sont pas terribles à cause du manque de lumière et de la mobilité des sujets, je ne résiste pas à vous montrer nos visiteurs inattendus de ce même soir du 19 juillet, passant tranquillement à quelques mètres de nous, tout près de la terrasse.

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Deux laies accompagnées de six marcassins ! Obélix, au secours !

 

Le retour.

Une fois atteint le redoutable sommet du Puig del Claper 🙂 , il nous reste encore à longer la crête avant de redescendre chez nous par la route.

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Et encore des antennes ! On doit pouvoir devenir riche en revendant à prix d’or aux télécommunicants des morceaux de crête balayés par la tramontane et où seuls les figuiers de Barbarie arrivent à prospérer.

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Ceux-ci sont magnifiques !

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Et les abeilles se régalent de bains de pollen au fond de leurs fleurs. Je me demande comment une plante aussi agressive peut développer des fleurs aussi fragiles et délicates…

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Difficiles à voir et surtout à photographier, les oiseaux sont tout de même bien présents, tel ce rouge-queue noir qui observe la situation depuis son perchoir.

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Les papillons ne manquent pas non plus. Cet amaryllis n’était pas trop farouche ! J’aime les deux points blancs dans le rond noir de l’aile, leur raison d’être me semble très mystérieuse.

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Ce n’est plus un sentier, mais une vraie piste, qui suit maintenant la crête. Grâce aux antennes, bien sûr !

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Malgré la sécheresse estivale, quelques plantes réussissent encore à développer des fleurs, et pas seulement les figuiers de Barbarie. Là c’est une clématite sauvage avec ses grappes blanches.

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Tout le trajet en crête nous permet encore de profiter de la vue vers la côte Sud, où Llançà étale ses maisons blanches qui escaladent la montagne. Les Pyrénées plongeant dans la mer…

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Une dernière antenne, encore bien chargée en engins de télécommunication. Une balade à déconseiller aux électrosensibles, absolument.

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On profite là-haut d’une vue d’ensemble de la gare internationale de Portbou, dont l’activité s’est considérablement réduite depuis que l’Espagne fait partie de l’Europe économique. C’est ce monstre incongru qui a fait la richesse du village, en son temps.

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Une nouvelle page pour la rubrique des choses qui piquent avec ce joli chardon vert où se promène une bête noire (enfin presque noire). Je ne sais pas si la bête pique, mais le chardon, oui, c’est sûr, j’ai vérifié.

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Encore un chardon ? N’ayant pas ma flore sous la main, je ne peux pas identifier cette sorte de plante-dinosaure rencontrée ce jour-là. Bizarre, non ?

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D’ici, on voit bien la différence entre les deux routes, la vieille et la nouvelle, la sinueuse et la rectiligne qui perce la montagne.

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Autre chardon, autre papillon. Satyre ou Mégère ? Tels sont les noms charmants qui lui ont été attribués, le premier pour le mâle et l’autre pour la femelle. Si j’ai bien compris le critère d’identification, je dirais qu’il s’agit ici d’un mâle, un Satyre par conséquent.

Promeneurs, soyez méfiants. Il y a des Satyres dans la garrigue catalane  ! J’en ai rencontré !

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C’est en rejoignant la route goudronnée (la vieille, donc) que nous trouvons ce panneau. J’imagine qu’il signale la fontière entre la commune de Portbou et celle de Colera… En regardant attentivement, on apercevra aussi en arrière-plan le coll dels Belitres, où se trouve la frontière entre la France et l’Espagne.

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Redescendons maintenant par la route. C’est un trajet agréable car presque plus personne ne passe par là en voiture, et les habitants du village en profitent pour venir s’y promener à pied. Si on coupe la partie gare, on a une jolie vue du village, avec au premier plan les terrasses agricoles réhabilitées récemment.

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Depuis le grand virage, on a une vue d’ensemble de « chez nous ». Les terrasses n’y sont pas passées au glyphosate, juste à la débroussailleuse 😉

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Le long du trajet, un promeneur facétieux a un peu transformé l’inscription « coto local » (réserve de chasse ou quelque chose comme ça) en « coito colocad » dont je vous laisse imaginer la signification…

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Nous passons finalement devant la propriété voisine de « can Tunicus », maintenant très entretenue.

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Le propiétaire se réserve désormais l’usage de l’eau que l’on pouvait autrefois aller puiser au fond de la grotte. Il a même replanté quelques pieds de vigne !

Notre petite boucle matinale s’achève là dans la chaleur de la journée. Vive les vacances !

Balade culturelle.

Avoir des visiteurs, c’est vraiment formidable, car ça oblige à s’extraire un peu du bricolage pour leur proposer des activités plus ciblées localement, sous peine de ne plus les revoir. Du coup, on découvre des lieux que l’on ne s’est jamais donné la peine d’aller voir. Merci donc à Nanou et Serge grâce à qui, le 13 mai, nous avons enfin découvert le charmant village médiéval de Castelló, avant de les emmener découvrir Sant Quirze, où nous n’étions pas revenus depuis quelques années.

Castelló, c’est la plaine de l’Ampurdán. Et à côté coule une rivière, la Muga. Elle doit pouvoir devenir vraiment énorme , en cas de fortes précipitations, car le Pont Vell (le pont vieux) possède pas moins de 7 arches, alors qu’en temps ordinaire la seule arche centrale suffit très largement à enjamber le petit cours d’eau. D’ailleurs les archives locales mentionnent divers remaniements apportés à cet ouvrage au fil du temps, pour réparer les dégâts causés par les inondations successives.

Regardez ce petit cours d’eau innocent capable de se muer pour quelques heures en fleuve redoutable.

Nous allons maintenant visiter le vieux village, dont la pièce maîtresse est sans nul doute l’église Santa Maria, deuxième de la province par sa taille après celle de Gérone. Sa construction a débuté au XIIIe siècle, sur l’emplacement de l’ancienne église romane.

Le tympan de son porche est vraiment admirable, malgré les dégradations subies au fil du temps.

De chaque côté, les statues des apôtres. Enfin, c’est ce que j’ai lu, ne croyez pas que je sois capable de les reconnaître.

A l’intérieur, c’est la hauteur qui impressionne. Et l’architecture aussi, bien sûr.

Filtrant à travers les vitraux, un rayon de soleil vient éclairer singulièrement ce que j’imagine être une statue de Saint Pierre, à cause de la clé qu’il a l’habitude de trimballer.

Impressionnants, ces fonts baptismaux taillés dans un seul bloc de roche !!!! J’ai lu qu’ils avaient été récupérés de l’ancienne église romane, ils ont donc largement plus d’un millier d’années sans doute.

Pfiou ! Tout ça est bien fatigant, les amis.

L’église est gothique, mais le clocher roman de l’édifice précédent a été conservé, et il est magnifique avec ses colonnes blanches.

Une petite place sympathique, en se promenant dans la vieille ville.

Après ça, en route pour Espolla où nous cherchons en vain le restau que l’on nous avait indiqué, pour finir par en adopter un autre, pas mal quand même.

On n’est plus très loin du monastère de Sant Quirze, désormais bien restauré. Sur la gauche, c’est la façade de l’église, avec son campanile cassé.

Vu dans l’autre sens, avec une tour défensive et les enceintes.

Tout près, la petite chapelle romane Santa Maria, comme sa grande sœur de Castelló. Superbe voûte !

De retour à la maison, et à l’esclavage domestique. Ils sont résignés…

Pendant ce temps, je peux aller traîner dehors et étudier les meilleurs angles pour capter la nature environnante.

Et réussir finalement à surprendre le chanteur que j’entendais depuis un moment sans réussir à le localiser.

Dernier matin, je me glisse dehors doucement pour surprendre le lever du soleil sur la mer, petit instant magique suspendu entre la nuit et le jour.

Retour vers l’Ampurdán.

Nous sommes maintenant au mois de mai, toujours 2017, et il est temps de repartir en direction de l’Est, car les travaux à la maison de Portbou ne sont pas encore achevés.
Bien sûr, le déplacement ne se fait que rarement sans un arrêt en Ariège, surtout à la belle saison, et celui-ci ne manque pas à la tradition.
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En fait de belle saison, le temps est plutôt à la pluie, comme on peut le constater, mais on peut quand même profiter de la floraison des iris tout près de la porte-fenêtre.
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Et même surveiller la poussée des lupins, pas faciles à préserver de la voracité des limaces et des campagnols, qui aiment bien leurs racines.
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Nous voici donc le soir même à Portbou. Pas de pluie ici ;  le petit monde de la garrigue a encore son allure printanière, avec les genêts fleuris maintenant.
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Surprise rare, au bout de la terrasse, une asperge géante est en train de commencer sa croissance : l’un des gros agaves va cette année fleurir, avant de mourir de sa belle mort. Un événement rare, qui nécessite plusieurs dizaines d’années de patience avant de se produire. On m’avait dit 100 ans, mais c’était un peu exagéré.
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Surprise le lendemain matin : les vents marins ont amené leur cortège de brumes, ce qui donne un spectacle assez inhabituel ; même le pigeon de service va voir ce qui se passe vers la mer.
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La première « plagette  » est déjà toute floue. Mais…
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…cela ne dure pas bien longtemps. Déjà, l’après-midi, le décor a repris son aspect usuel.
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On en profite pour rendre une petite visite amicale aux ancêtres de Daniel qui reposent ici au cimetière, et leur présenter nos invités du jour. Le mauvais chemin que nous voyons ci-dessus, creusé dans le rocher, était celui qu’empruntaient à une époque pas si lointaine les convois funéraires des « mécréants », dont le carré, disjoint par un mur continu de celui des bons chrétiens, n’était accessible que par une petite porte donnant sur la montagne, que rejoignait ce chemin.
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Nous rejoignons ensuite un autre endroit bien peu fréquenté, en suivant la mauvaise route qui serpente au fond de la vallée : c’est là que se trouve le barrage construit il y a quelques dizaines d’années et qui sert de réservoir d’eau pour le village. Ici, c’est son côté « lac de montagne », on s’y croirait, non ?
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Il y a le côté biodiversité, aussi…
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Et les visiteurs :
« Pas moyen d’être tranquilles, décidément ! »
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Quant au barrage lui-même, c’est un bel ouvrage en béton. Efficace, visiblement.
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Il ne nous reste qu’à repartir vers de nouvelles aventures. Salut, les piafs !

Herbier méditerranéen.

Les travaux avancent bien en ce beau mois d’avril, même sur le toit grâce à la modération de la tramontane. Lorsque les tâches d’intendance me laissent quelque répit, je peux me consacrer à la surveillance du village…

…que l’on n’est pas habitué à voir entouré d’autant de verdure.

De la verdure, il y en a autour de la maison aussi. Comme les conditions favorables ne durent pas bien longtemps par ici, toutes les plantes se dépêchent de fleurir avant de se ratatiner autour des réserves secrètes qui leur permettront de laisser passer la longue sécheresse de l’été et d’attendre les précipitations hivernales pour sortir de leur léthargie. C’est donc la meilleure époque pour réaliser un début d’inventaire floristique local. Voici ce que j’ai pu identifier :

Les lavandes papillon.

Les liserons de Provence.

Les griffes de sorcières, une des rares espèces introduites à s’être adaptée au climat.

Les cistes, avec leurs fleurs toutes chiffonnées.

L’urosperme de Daléchamps, quel drôle de nom !!!!!

La laitue vivace.

Les chardons laiteux.

Même les pins développent ce que je croyais être des fleurs mâles et qui sont en fait les cônes mâles. Car les pins sont des gymnospermes (!), et non pas des angiospermes (!!!!) et donc les pins n’ont pas de fleurs, qu’on se le dise ! Ce sont tout de même ces cônes mâles qui produisent le pollen dont la seule évocation suffit à faire rougir les yeux et couler le nez des vrais allergiques.

C’est le jour du départ, nous sommes le 22 avril, et les travaux prévus ont été terminés avec succès, ouf. Nous prenons cette fois la route du Sud pour aller rentrer en France par le col du Perthus, car nous devons passer par Le Boulou. Après Llançà, au bord de la route, se dresse un château qui, depuis quelques années, a fait l’objet de restaurations, on décide de s’y arrêter pour la première fois. Nous n’y verrons pas grand chose car il n’est pas ouvert à la visite, du moins à cette époque.

Mais on peut au moins y compléter notre petit herbier local en découvrant ce magnifique pied de pavots.

C’est la première fois que je rencontre cette fleur mythique dans cette région à l’état sauvage. Il s’agit là d’un authentique pied de pavot somnifère, la variété même avec laquelle on peut produire l’opium ! Les châtelains de Quermançó cultivaient-ils le pavot ? Ma flore affirme qu’il a été cultivé dès les temps anciens pour la fabrication de l’opium…

Quoi qu’il en soit, le promontoire rocheux sur lequel se dresse le château offre une vue saisissante sur la partie orientale de la chaîne des Pyrénées, et singulièrement sur le célèbre massif du Canigou, encore enneigé à cette saison. Profitons-en un peu, puis poursuivons notre chemin de retour.

La croix de les Eres.

19 octobre, encore une belle journée dans les pays de l’Orient pyrénéen!

Nous commençons par un passage à la maison de Portbou, où les divers travaux d’amélioration nécessitent quelques prises de mesures.

Surprise en arrivant !

Nous sommes bien le 19 octobre, et voilà que le poirier en bas du chemin est en fleurs ! Le malheureux ! La douceur et les pluies de l’automne lui ont fait croire que le printemps était là ! Hé bien, on peut déjà être sûr qu’il ne donnera pas de fruits en 2017, celui-ci.

Petite séquence observation et contemplation pour moi pendant la prise des mesures nécessaires par le responsable bricolage.

Et maintenant, en route pour aller marcher un peu sur le fil de la frontière, à la recherche d’une nouvelle croix – enfin, nouvelle pour nous – la 590 au Nord-Ouest du col de Banyuls.

La signalétique habituelle nous propose un choix de balades parmi lesquelles je n’ai encore jamais vu une borne ou une croix frontière, à l’exception peut-être du col des trois bornes au Pays Basque. Mais qu’à cela ne tienne, par ici la frontière suit plus ou moins la crête, et c’est vers la gauche que nous nous dirigerons, tout d’abord vers le petit refuge tout proche (0,1K, dit le panneau) où nous allons profiter des bancs maçonnés pour prendre notre casse-croûte avant d’attaquer la balade proprement dite.

Il y a même un portemanteau pour accrocher sa veste pendant le repas ! Quel confort !

L’endroit est propre et bien entretenu, il y a même de l’eau (à utiliser avec parcimonie, bien entendu). Je ne sais pas s’il est très fréquenté, c’est la deuxième fois que nous y venons et nous n’y avons vu personne, mais nous avons apprécié l’endroit.

Après s’être restaurés, nous attaquons la première montée, plutôt raide. En nous retournant, nous voyons le col de Banyuls en bas, et même au bord de la route la borne frontière 591, si l’on regarde bien.

En regardant vers l’Est, la crête de l’Albère qui continue jusqu’à la mer est dominée par le Querroig, derrière lequel se trouvent les villages de Cerbère et Portbou.

Nous suivons un sentier bien marqué, qui suit à peu près la crête.

Vers l’Est, c’est Banyuls. Nous longeons des plantations de cèdres.

Vers l’ouest, ce sont les vallonnements de l’Albère, et les sommets de Cerdagne au-delà.

Plus près de nous, vers le nord, c’est le massif du Sallfort (980m) dont j’ignore si nous voyons ici le sommet, ou seulement des contreforts.

Lorsque nous atteignons le Pla de les Eres, c’est le balcon de La Madeloc avec sa tour qui nous barre la vue vers l’est

alors que vers le sud nous apercevons au loin la belle courbe de la baie de Roses. Le chemin continue encore un peu, quand soudain…

la voilà ! Elle est bien peinte et bien visible, mais la rangée d’arbres qui borde ici le chemin nous en sépare.

Il faut donc revenir un peu en arrière pour la voir bien dégagée sur son rocher.

Dans l’ACTE FINAL de l’accord de limites entre l’Espagne et la France par les Pyrénées, signé à Bayonne le 11 juillet 1868 se trouve l’article suivant :

590. Serrat de Castel-Serradillou et Pla de las Erès, où la croix est verticale, regardant l’Ouest, et à 15 mètres à l’Orient du sentier.

Bientôt 150 ans depuis la signature à Bayonne, et la croix est toujours là, fidèle au poste.

Il nous en reste encore beaucoup à découvrir !

 

La Cova Foradada.

20 juillet 2016 : voici venu le jour idéal pour tenter une expédition vers l’ultime borne frontière, la croix 602 dans la Cova Foradada au-delà du cap Falcó que nous voyons depuis la maison, en direction de Cerbère. Le frêle esquif se comporte bien, le vent et la houle seront faibles d’après les prévisions, avec du beau temps, les conditions sont donc réunies.

Réveil de bonne heure, le village est encore endormi lorsque nous arrivons le long de la plage.

le frêle esquif près de la barque

On dépose notre embarcation près de l’ajuntament, puis Daniel s’en va garer la voiture avant de me rejoindre à pied, et c’est parti !

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Le capitaine ayant eu la géniale idée d’acheter une deuxième rame, me voilà obligée de pagayer aussi, au lieu de me laisser balader en faisant des photos. Je ne prends donc l’appareil qu’à l’approche du but de l’expédition, ce qui arrive plus vite que nous ne le pensions a priori. La Cova Foradada s’ouvre déjà devant nous, c’est ce grand orifice noir au bas de la falaise. Continuons notre approche !

la cova foradada

Les conditions sont favorables, ça ne bouge vraiment pas beaucoup, et comme nous nous rapprochons nous commençons à apercevoir le jour de l’autre côté de la grotte, qui traverse le promontoire rocheux : une ouverture en France, une ouverture en Espagne.

entrée de la cova foradada

Nous voilà tout près de l’entrée. L’accostage n’a pas l’air des plus aisés, il faut trouver un endroit praticable. On se décide pour le côté gauche, où on pourra peut-être hisser le bateau sur les rochers.

les blocs à l'entrée

Nous y sommes ! Mais punaise, c’est loin d’être une autoroute, réussirai-je à franchir ces énormes blocs qui barrent l’accès ?

dans la cova foradada

Hourrah ! J’ai réussi ! Me voilà à l’intérieur de la grotte, où se trouve bel et bien la dernière croix frontière attendue, une belle plaque de granit gravé scellée dans la paroi.

la plaque gravée

ancienne croix peinte

A côté, sur la même paroi, on voit encore les traces de l’ancienne croix peinte en rouge sur fond blanc.

côté France

L’ouverture côté France !

récupération

L’endroit n’étant pas particulièrement accueillant, pas besoin d’y passer des heures, nous rejoignons donc notre frêle esquif qui nous attend sagement sur son rocher, après avoir franchi les gros blocs en sens inverse.

remise à l'eau

On le remet à l’eau…

le rameur

…et on arrive à remonter dedans sans chavirer ni tomber à l’eau, ce qui n’est pas si évident en pratique. En route pour le retour !

sortie de la grotte

L’endroit est vraiment superbe, mais peut très vite devenir dangereux pour un frêle esquif en caoutchouc gonflé. Les conditions météo doivent vraiment être optimales pour venir là. Nous reprenons les pagaies.

le capCerbère

Derrière nous, nous laissons la pointe du Cap Cerbère, avec son phare solaire bien visible.

entrée dans la baie de Portbou

Nous arrivons maintenant à l’entrée de la baie de Portbou. En face de nous, on peut voir la maison, seule dans sa montagne, dominant les digues du port.

le bateau des plongeurs

Tout le secteur au pied des falaises est favorable pour la plongée, et en voici qui s’apprêtent à en profiter.

l'entrée de la Cova del Bou Marí.

En longeant le bas des falaises, nous découvrons l’entrée d’une autre grotte, je pense, d’après la carte, qu’il s’agit de la Cova del Bou Marí, la grotte du bœuf marin, littéralement. Il faudra que je songe à me renseigner sur l’origine de ce nom.

transparence

La transparence et la couleur de l’eau sont magnifiques.

le pin qui penche

Au-dessus de nous, en haut de la falaise, un pin (on le voit très bien depuis la maison) résiste, on se demande comment, à l’appel du vide. Pour combien de temps encore ?

Quant à nous, contents de notre exploration, nous rallions tranquillement la plage pour une baignade rafraîchissante.