Bornes oubliées.

Revenons maintenant au 21 juillet 2017, une belle journée de liberté pour aller compléter un peu la collection de bornes côté oriental. Pour commencer, la borne – pyramide 579 ayant été oubliée lors des derniers recensements , retournons au célèbre village frontière du Perthus pour aller voir un peu à quoi elle ressemble.

On se gare sur la petite route qui part vers l’Albère, peu après le viaduc de l’autoroute qui passe au-dessus. La frontière passe sur le côté gauche, c’est donc par là que nous allons grimper.

En s’élevant vers notre but, on peut maintenant voir le viaduc autoroutier et le défilé de véhicules.

Nous avons visiblement atteint la ligne frontière, mais nous ne sommes pas encore à notre borne du jour.

Pour la trouver, il faut grimper un peu au milieu des chênes-liège, pas trop longtemps puisqu’on peut encore apercevoir l’autoroute sur la droite.

En redescendant par le chemin, on fait face au massif du Canigou qui émerge d’une écharpe de nuages, au-delà des vallonnements de l’Albère.

Le décor est très méditerranéen !

Nous reprenons la voiture et grimpons maintenant de l’autre côté du Perthus jusqu’au fort de Bellegarde,dont la masse imposante domine le col et le village. Voici l’entrée et l’ancien pont-levis.

Les douves sous le pont, on n’a pas vu de crocodiles…

Un escalier interdit, dommage.

L’escalier officiel nous permet, après avoir acquitté nos droits d’entrée, d’accéder à l’immense place d’armes. En face de nous, l’inévitable chapelle.

Le long de l’un des murs, nous découvrons la raison principale de notre visite, l’ancienne borne 569, remplacée désormais sur son emplacement par une version plus moderne.

Une vieille porte…

Le grand puits, avec ses 63,50m de profondeur, est l’une des principales curiosités du fort. Le tunnel de la ligne à grande vitesse passant désormais  juste au-dessous, il a été vidé et complètement exploré à cette occasion.

Pas de bâtiment militaire sans poudrière ! Et la dernière guerre mondiale n’a bien sûr pas épargné cet endroit.

Le tour des bâtiments passe maintenant par l’échauguette.

Nous apercevons ici les casernements Sud, en ruine, que nous ne visiterons pas.

Nous passons ensuite devant la stèle au général Dugommier, mort dans la bataille de Figueres et dont les cendres reposèrent au fort pendant quelques temps.

On aperçoit l’autoroute en contrebas de ce lieu réellement stratégique.

Côté Nord, toujours le long de l’autoroute, on peut voir la pyramide de Ricardo Bofill, une oeuvre d’art assez monumentale.

Terminons la visite avec une plus modeste sculpture sur la place d’armes, qui apporte un peu de douceur dans cet austère ensemble militaire.

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Balade à Perpignan.

Arriver à Portbou, c’est toujours entamer une nouvelle séquence bricolage. Aussi, dès le lundi 17 juillet, 2017, (hé oui, le retard s’accumule encore…) il s’avère INDISPENSABLE de faire une première expédition jusqu’aux grandes surfaces de bricolage situées au nord de Perpignan. Je saisis l’occasion pour me faire déposer en ville et commencer une première visite de la cité, complètement au hasard puisque je n’y connais rien, ce qui facilite les choses au niveau des choix.

Les bignones , qui sont en pleine floraison, attirent mon regard. Les berges de la Basse, la petite rivière qui traverse la ville avant de rejoindre la Têt, sont très fleuries !

Franchissant le cours d’eau pour me diriger vers le centre ville, je remarque vite ce bâtiment Art Nouveau, et m’en approche. C’est le vieux cinéma Castillet, achevé en 1911, et qui abrite encore aujourd’hui une salle de cinéma, en plus de l’agence de la Caisse d’Épargne.

Beaux décors !

Un peu plus loin, c’est le Castillet lui-même, ancienne porte de la ville, qui fut aussi une prison.

La porte Notre-Dame ou petit Castillet, qui fut construite un siècle environ après le premier bâtiment, lorsque celui-ci eût été transformé en prison.

Un peu plus loin, en pénétrant dans la ville, sur la place de la Loge, une belle Vénus du sculpteur Aristide Maillol.

Autour, des maisons très méditerranéennes, avec leurs couleurs chaudes.

L’Hôtel de Ville, ancienne maison consulaire, dont l’édifice primitif remonte au début du XIVe siècle.

Le patio de l’Hôtel de Ville, avec la statue de la Méditerranée de Maillol.

Vue sous un autre angle… elle est belle de toutes les façons !

Autrefois fixée à l’extérieur de la Loge de Mer, la Caravelle est maintenant dans l’Hôtel de Ville.

Une cour intérieure somptueusement dallée.

Au musée Hyacinthe Rigaud, le retable de la Trinité, oeuvre gothique peinte en 1489.

Partout dans les rues, des dallages de marbre rose.

La Basse, désormais canalisée, permet maintenant la promenade sur l’eau dans un cadre de verdure.

Une dernière image de cet étonnant Castillet avant de retrouver mon chauffeur et de repartir plus au sud vers notre nid d’aigle au-dessus de la mer.

 

Les jardins de l’abbaye de Combelongue.

Nous sommes le 3 juin 2017, jour de notre voyage retour de la côte méditerranéenne vers l’Ariège. C’est la période de la manifestation « rendez-vous aux jardins », et j’ai repéré sur Internet (avant de partir) que sur notre trajet se trouve le village de Rimont, et que sur la commune de Rimont se trouve la très ancienne abbaye de Combelongue, fondée au XIIe siècle pour des chanoines prémontrés, qui l’ont ensuite occupée 7 siècles durant. Cette abbaye se trouve entourée d’un jardin, et ce jardin est justement ouvert aux visiteurs pour la circonstance, voilà donc une bonne occasion pour aller voir à quoi ressemblent à la fois le monument et son jardin.

Nous voilà arrivés ! Le temps est gris, mais il ne pleut pas, heureusement. A Combelongue, ce n’est pas la foule, et nous serons d’ailleurs les seuls à visiter à ce moment-là, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Du coup, le maître des lieux est très disponible et nous accueille avec beaucoup de gentillesse, il nous explique ses difficultés avec la pyrale du buis et la constante surveillance qu’il est obligé d’exercer pour la conservation de ces arbustes, très présents dans le jardin comme nous pouvons déjà le voir sur la photo ci-dessus. Je vous invite donc à nous suivre dans notre visite des lieux.

Sans doute plus pour la déco que pour l’utilité, les instruments du jardinier traditionnel sont disposés à des endroits stratégiques.

Près de l’entrée, nous commençons par le jardin médiéval, avec ses plantes médicinales et ici, au centre d’un buisson bien taillé, la coupe d’eau qui symbolise la fontaine du paradis.

On y trouve aussi des phlomis de Russel, dont je n’ai pas vu trace d’une possible utilisation médicinale, mais bien jolis en tous cas.

Les bâtiments occupant presque le centre du jardin, notre visite se poursuit en contournant l’ancienne église de l’abbaye, une rare (pour la région) construction de briques, romane de style mudéjar, c’est-à-dire d’influence arabe.

C’est là que nous découvrons le jardin Renaissance, jardin du savoir et de la pensée, carré au centre duquel une sphère armillaire représente le système solaire.

Une vue, en perspective, de la façade sud des bâtiments.

En vis-à-vis, la nef de verdure, un ensemble de marronniers et tilleuls centenaires habillés de manchons de lierre, j’ai trouvé ça très chic et retenu le concept.

En passant, nous découvrons en enfilade la perspective de la cour intérieure s’ouvrant sur un arbre situé de l’autre côté de la route sur les terres du domaine, et dont la présence isolée à cet endroit ne doit rien au hasard.

Nous sommes maintenant devant l’ancien logis abbatial.

Là aussi, un point d’eau et des accessoires de jardinage.

Puis la terrasse des buis, dans le prolongement ouest des bâtiments.

A l’angle sud-ouest du jardin, le verger, agencé en forme de croix et qui servait de cimetière à l’époque médiévale, s’ouvre sur la campagne environnante. Il est limité par un petit ruisseau.

Les « arums », en réalité des Zantedeschias (!) se plaisent dans les endroits humides… Une fleur très utilisée dans la décoration des églises. Pas sûr cependant que leur présence ici remonte à l’époque des chanoines.

De jolis champignons un peu translucides poussent sur un vieux tronc.

En sortant du verger, la perspective des buis taillés en direction de la façade ouest de l’abbaye est très réussie.

Notre visite s’achève en bouclant le tour de la propriété. Une chaise a été placée là pour assouvir un éventuel besoin de solitude ou de méditation, pour lequel ces lieux semblent très favorables.

Il est alors temps pour nous de prendre congé pour rejoindre notre retraite estoursienne, avec ses jardins escarpés et sauvages, tellement différents de ceux que nous venons de parcourir.

Mai 2017…

Cette fois encore, nos allées et venues se poursuivent le long des Pyrénées. Images printanières…

A Estours, les œillets de poète commencent à fleurir.

Les lupins s’épanouissent. On les avait vus en boutons, précédemment.

De près, ce sont des fleurs bleues avec des oreilles blanches.

Ceux qui l’apprécient peuvent désormais déguster le nectar de ciboulette …

Les feuillages des arbres ont pris leur couleur si particulière, douce et éclatante à la fois.

A Portbou, les fleurs d’agave ont au moins triplé de hauteur.

Le figuier, une bouture ramenée du Pays Basque il y a déjà de nombreuses années, tente ses premières figues.

C’est le moment où le petit coussin de cactus devant la maison se couvre de somptueuses et éphémères étoiles rouges.

    

Les méchants figuiers de Barbarie épanouissent leurs fleurs jaunes très appréciées des abeilles.

Et un pauvre papillon en plein vagabondage s’est fait emprisonner dans le salon.

 

Balade culturelle.

Avoir des visiteurs, c’est vraiment formidable, car ça oblige à s’extraire un peu du bricolage pour leur proposer des activités plus ciblées localement, sous peine de ne plus les revoir. Du coup, on découvre des lieux que l’on ne s’est jamais donné la peine d’aller voir. Merci donc à Nanou et Serge grâce à qui, le 13 mai, nous avons enfin découvert le charmant village médiéval de Castelló, avant de les emmener découvrir Sant Quirze, où nous n’étions pas revenus depuis quelques années.

Castelló, c’est la plaine de l’Ampurdán. Et à côté coule une rivière, la Muga. Elle doit pouvoir devenir vraiment énorme , en cas de fortes précipitations, car le Pont Vell (le pont vieux) possède pas moins de 7 arches, alors qu’en temps ordinaire la seule arche centrale suffit très largement à enjamber le petit cours d’eau. D’ailleurs les archives locales mentionnent divers remaniements apportés à cet ouvrage au fil du temps, pour réparer les dégâts causés par les inondations successives.

Regardez ce petit cours d’eau innocent capable de se muer pour quelques heures en fleuve redoutable.

Nous allons maintenant visiter le vieux village, dont la pièce maîtresse est sans nul doute l’église Santa Maria, deuxième de la province par sa taille après celle de Gérone. Sa construction a débuté au XIIIe siècle, sur l’emplacement de l’ancienne église romane.

Le tympan de son porche est vraiment admirable, malgré les dégradations subies au fil du temps.

De chaque côté, les statues des apôtres. Enfin, c’est ce que j’ai lu, ne croyez pas que je sois capable de les reconnaître.

A l’intérieur, c’est la hauteur qui impressionne. Et l’architecture aussi, bien sûr.

Filtrant à travers les vitraux, un rayon de soleil vient éclairer singulièrement ce que j’imagine être une statue de Saint Pierre, à cause de la clé qu’il a l’habitude de trimballer.

Impressionnants, ces fonts baptismaux taillés dans un seul bloc de roche !!!! J’ai lu qu’ils avaient été récupérés de l’ancienne église romane, ils ont donc largement plus d’un millier d’années sans doute.

Pfiou ! Tout ça est bien fatigant, les amis.

L’église est gothique, mais le clocher roman de l’édifice précédent a été conservé, et il est magnifique avec ses colonnes blanches.

Une petite place sympathique, en se promenant dans la vieille ville.

Après ça, en route pour Espolla où nous cherchons en vain le restau que l’on nous avait indiqué, pour finir par en adopter un autre, pas mal quand même.

On n’est plus très loin du monastère de Sant Quirze, désormais bien restauré. Sur la gauche, c’est la façade de l’église, avec son campanile cassé.

Vu dans l’autre sens, avec une tour défensive et les enceintes.

Tout près, la petite chapelle romane Santa Maria, comme sa grande sœur de Castelló. Superbe voûte !

De retour à la maison, et à l’esclavage domestique. Ils sont résignés…

Pendant ce temps, je peux aller traîner dehors et étudier les meilleurs angles pour capter la nature environnante.

Et réussir finalement à surprendre le chanteur que j’entendais depuis un moment sans réussir à le localiser.

Dernier matin, je me glisse dehors doucement pour surprendre le lever du soleil sur la mer, petit instant magique suspendu entre la nuit et le jour.

Retour vers l’Ampurdán.

Nous sommes maintenant au mois de mai, toujours 2017, et il est temps de repartir en direction de l’Est, car les travaux à la maison de Portbou ne sont pas encore achevés.
Bien sûr, le déplacement ne se fait que rarement sans un arrêt en Ariège, surtout à la belle saison, et celui-ci ne manque pas à la tradition.
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En fait de belle saison, le temps est plutôt à la pluie, comme on peut le constater, mais on peut quand même profiter de la floraison des iris tout près de la porte-fenêtre.
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Et même surveiller la poussée des lupins, pas faciles à préserver de la voracité des limaces et des campagnols, qui aiment bien leurs racines.
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Nous voici donc le soir même à Portbou. Pas de pluie ici ;  le petit monde de la garrigue a encore son allure printanière, avec les genêts fleuris maintenant.
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Surprise rare, au bout de la terrasse, une asperge géante est en train de commencer sa croissance : l’un des gros agaves va cette année fleurir, avant de mourir de sa belle mort. Un événement rare, qui nécessite plusieurs dizaines d’années de patience avant de se produire. On m’avait dit 100 ans, mais c’était un peu exagéré.
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Surprise le lendemain matin : les vents marins ont amené leur cortège de brumes, ce qui donne un spectacle assez inhabituel ; même le pigeon de service va voir ce qui se passe vers la mer.
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La première « plagette  » est déjà toute floue. Mais…
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…cela ne dure pas bien longtemps. Déjà, l’après-midi, le décor a repris son aspect usuel.
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On en profite pour rendre une petite visite amicale aux ancêtres de Daniel qui reposent ici au cimetière, et leur présenter nos invités du jour. Le mauvais chemin que nous voyons ci-dessus, creusé dans le rocher, était celui qu’empruntaient à une époque pas si lointaine les convois funéraires des « mécréants », dont le carré, disjoint par un mur continu de celui des bons chrétiens, n’était accessible que par une petite porte donnant sur la montagne, que rejoignait ce chemin.
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Nous rejoignons ensuite un autre endroit bien peu fréquenté, en suivant la mauvaise route qui serpente au fond de la vallée : c’est là que se trouve le barrage construit il y a quelques dizaines d’années et qui sert de réservoir d’eau pour le village. Ici, c’est son côté « lac de montagne », on s’y croirait, non ?
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Il y a le côté biodiversité, aussi…
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Et les visiteurs :
« Pas moyen d’être tranquilles, décidément ! »
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Quant au barrage lui-même, c’est un bel ouvrage en béton. Efficace, visiblement.
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Il ne nous reste qu’à repartir vers de nouvelles aventures. Salut, les piafs !

Merveilleuse côte vermeille.

Après ces sympathiques agapes familiales, il nous restait encore un bout de chemin à faire pour rejoindre une nouvelle fois la Méditerranée, où une séquence bricolage préalable à la pose de nouvelles fenêtres était prévue.

Le temps est radieux et invite à la contemplation.

La situation s’y prête, il suffit d’installer sa chaise longue à l’ombre du pin et de se fondre dans le décor.
C’est la saison des fleurs, aussi, on peut donc attraper l’appareil photo pour enrichir l’herbier méditerranéen.

C’est le moment de l’année où les « griffes de sorcières » fleurissent le plus, mais je triche, car elles ne font pas partie de la flore locale native, même si elles se sont particulièrement bien adaptées au climat.

Mais pas question de passer son temps à buller en regardant les petites fleurs ou le paysage! Il y a des courses à faire, on est mardi et Leroy-Merlin est ouvert ! Bérenger et moi allons donc profiter du déplacement à Perpignan pour faire les touristes le long de la côte, en se faisant covoiturer par le bricolo.

Premier stop à Port-Vendres.

L’oiseau qui surveille avec nous les pêcheurs en train de trier leurs poissons nous regarde d’un mauvais œil, me semble-t-il. Passons notre chemin.

L’arrêt suivant, c’est Collioure, où nous aurons un peu plus de temps pendant que Daniel ira s’éclater dans les magasins de bricolage d’Argelès ou de Perpignan. Là, c’est la partie Sud du village, dominée par le fort Saint-Elme et un moulin restauré que je n’avais jamais remarqué. L’église que l’on aperçoit est celle de l’ancien couvent des dominicains, qui abrite désormais une cave coopérative vinicole.

Mais c’est par ici que nous allons nous diriger, en commençant par longer le pied du château royal, dont on voit sur la gauche les hautes murailles.

La vue la plus connue de Collioure, c’est celle de l’église Notre-Dame des Anges, la voilà.

La tour du château domine la scène.

On rentre pour jeter un coup d’œil dans l’église, qui possède plusieurs retables, dont celui-ci, du maître-autel, vraiment imposant !

On est surveillés !

Tout au bout, il y a encore une digue qui permet de rejoindre ce qui était autrefois une île, avec la petite chapelle Saint-Vincent, ancien ermitage.

Et après, il n’y a plus que la mer, qui nous gratifie aujourd’hui d’un bleu turquoise magnifique, et dont les nombreux moutons nous prouvent que la tramontane s’est bien levée, maintenant.
Il nous reste tout juste le temps d’aller boire une petite bière avant que notre chauffeur ne passe nous récupérer…