Le mont Urgull.

Il a un nom comme les plus grands de ce monde, mais il culmine modestement à 123m d’altitude : le mont Urgull est, avec le mont Igueldo, l’une des deux collines qui flanquent les extrémités de la baie de la Concha à San Sebastian au Pays Basque espagnol.

Nous sommes le 19 février, et il ne nous reste plus que quelques jours avant le grand départ pour le bout du monde. Nous parcourons ce jour modestement les quelques dizaines de km qui nous séparent de notre voisine espagnole pour une petite exploration à la fois urbaine, historique et naturelle.

Après avoir garé la voiture sur la promenade en bord de mer, des escaliers nous permettent d’accéder à l’une des entrées de cette zone naturelle aménagée, qui abrite de nombreux vestiges historiques témoignant d’un passé mouvementé. La pente est rude, comme dirait l’autre…

Nous arrivons à une vieille porte de forteresse.

Elle donne accès à toute une série de fortifications et constructions militaires diverses.

Depuis le bout de l’esplanade, on profite d’un belle vue sur la plage de Zurriola et ses vagues.

On domine aussi la vieille ville et l’église San Vicente.

Une stèle à la mémoire d’un militaire britannique, un colonel apparemment.

Une série de tombes plus ou moins imposantes et plus ou moins affaissées. Encore des militaires, évidemment.

« El cementero de los ingleses », avec un monument impressionnant en train de tomber en ruines. Sacrés anglais, ils sont vraiment partout !

Les premiers arbres commencent à fleurir discrètement à cette saison.

L’essentiel de la végétation, ce sont des pins.

On découvre maintenant la vue sur l’île de Santa Clara et le mont Igueldo de l’autre côté de la baie.

Et voilà la Concha ; elle doit son nom à sa forme de coquille.

Sale temps sur la cité !

Au sommet, nouvelle forteresse avec d’immenses bâtiments, le château de la Mota. Attention, il ne faudrait pas que le coup parte soudain !

L’immense statue du Christ de 12m de haut est dressée sur l’une des chapelles du château. Elle domine toute la ville !

Pour finir, nous redescendons du côté du vieux port et traversons la vieille ville pour rejoindre la voiture sur le paseo. On s’arrête un instant devant l’étonnante façade baroque de la basilique Santa María del Coro, avant de terminer notre balade.

 

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Vacances d’hiver.

Nous avançons comme tout le monde en âge, et en ce qui nous concerne dans les années de retraite ; malgré tout nous voici encore concernés par les congés scolaires ! Ceux de l’Académie de Toulouse maintenant, et ce n’est pas le meilleur plan pour profiter de l’éventuelle neige ariégeoise, mais il faut bien faire avec, puisqu’on ne peut pas délocaliser Estours.

Pour ces congés 2017, qui commençaient le samedi 4 février, nous avions donc un droit de garde des enfants d’une semaine à partir de cette date, avant que toute la famille toulousaine s’en aille vers les Alpes comme elle en a maintenant l’habitude. Il était donc prévu que les petits s’en aillent avec Papy dévaler les pentes enneigées de Guzet, mais c’était sans compter sur une malencontreuse glissade au pied des falaises de Zumaia, avec pour conséquence un pauvre Papy avec une côte cassée, et pour lequel il n’était plus question d’aller faire le malin avec les jeunes sur les pistes.

Sans solution de rechange pour les petits, nous voici donc tout de même partis pour l’Ariège avec quelques jours d’avance sur les vacanciers, histoire de rendre les lieux confortablement habitables pour nos hôtes.

Nous y voilà !

Pas de neige à notre arrivée, si ce n’est le reste de l’avalanche au bas du toit de la Mairie, que les employés municipaux n’ont pas jugé utile de déblayer.

Il faut donc franchir ou contourner l’obstacle pour se rendre jusqu’aux quartiers Sud.

On peut aussi emprunter la rocade Est, bien dégagée.

Le ruisseau de Fonta, comme d’habitude à cette saison, coule abondamment en jolies petites cascades.

Les perce-neige sont au rendez-vous des premières fleurs de l’année.

Le Chat, gardien du village, profite d’un rayon de soleil fugitif pour réchauffer son épaisse fourrure. On notera qu’il s’est installé sur la plancha, peu utile à cette saison, mais que nous ne l’avons pas fait cuire.

Il fait un temps bien de saison…

… et les oiseaux s’approchent, attirés par la mangeoire et ses graines de tournesol : les mésanges charbonnières

les petites mésanges nonnettes

des mésanges noires, pas souvent vues par ici

…et un superbe bouvreuil gourmand, et pas trop farouche !

Première montée à Guzet le lundi, les petits ont leur cours ! Après avoir envisagé de s’occuper à la lecture du Canard, Papy-handicapé se laisse tenter pour se joindre aux racketteurs (oh pardon, aux raquetteurs !), à savoir Nanou, Serge et la blogueuse de service. Il ne fait pas bien beau, mais la neige ne manque pas, et ça fait du bien de s’aérer un peu.

Le mercredi, la perturbation neigeuse atteint notre fond de vallée, et ça peut être amusant quand on se couvre bien.

Jeux de société de rigueur !

Le temps change vraiment vite en montagne ! Regardez ce beau ciel bleu à Guzet le lendemain !

Et regardez qui dépoussière sa planche de surf et le matériel qui va avec !

On récupère Jérémy aux pioupious, qui n’a pas l’air de trouver ça fantastique…

On lui donnera quand même son flocon, et à Gabriel son étoile.

Vacances d’hiver, en effet, mais on voit déjà les signes qui annoncent le printemps…

Zumaia la belle.

On n’avait pas eu assez de temps pour voir tout ce qu’on voulait à Zumaia lors de notre première visite à la découverte des flyschs, nous voilà donc repartis, le 25 janvier, à la découverte du village lui-même et de son environnement immédiat.

Zumaia, rappelons-nous, c’est une petite station balnéaire de la côte basque espagnole, connue pour ses formations rocheuses particulières (une sorte de feuilleté de roche) érodés par l’Océan, que l’on appelle flysch.

L’agglomération est bâtie autour de la ria de l’Urola, elle se compose d’un quartier ancien et de beaucoup d’immeubles neufs, et de pas assez de parkings vu l’affluence en saison, mais là au mois de janvier pas de problème. La ville s’est aussi dotée de l’inévitable port de plaisance, pris sur la réserve ornithologique qu’elle a dû s’engager à protéger.

Quelques somptueuses demeures anciennes le long du lit canalisé de l’Urola, celle-ci s’appelle la villa Luz.

Nous prenons l’itinéraire piétonnier qui mène à la plage d’Itzurun. Devant nous, un couple avec chacun son chien : le petit blanc avec monsieur, le grand noir avec madame.

Une succession d’escaliers et de terrasses permettent d’accéder à la plage. A marée basse, un bel espace sableux est dégagé, entouré des fameuses falaises de flysch ici aussi.

La maison là-haut semble bien près du vide !

Le mille-feuille rocheux vu d’en bas.

Des repères y ont été placés pour indiquer les couches correspondant à des moments géologiques particuliers. Je pense que c’est ce qu’inspectent les personnes que nous voyons ici.

En se retournant, on peut voir l’accès aménagé à la plage.

Par endroits, les couches ont tendance à s’éroder en formant plus ou moins des escaliers.

Côté mer, une belle plage à surfer, avec son mille-feuille de vagues.

En remontant vers le côté gauche, on découvre la chapelle San Telmo qui domine la situation depuis le bord de la falaise.

De là-haut, la vue sur les flyschs est différente.

La maison que l’on voyait depuis la plage est maintenant au-dessous de nous. Elle n’est pas tout à fait au bord du vide.

En s’avançant vers l’extrémité de la pointe, on découvre le pied de la falaise suivante et les effets de l’érosion en cours : des blocs en équilibre le long d’un banc rocheux.

Un improbable escalier descend vers le bouillon.

Un autre chemin nous ramène vers le village et nous permet d’en découvrir une vue différente, où la vieille église San Pedro, du haut de son rocher, domine les bâtiments environnants.

…et après Noël.

Quelques jours en famille, le plaisir de se retrouver, ou de se découvrir et d’apprendre à se connaître pour les plus petits…

Tout le monde adore la panthère rose 🙂

Une petite main posée sur son bras, Mamy se régale.

Theo et Daddy, séquence tablette.

Père et fils, la génération d’avant.

Il fait beau, petite sortie… forcément à proximité de la Rhune.

On monte jusqu’aux cromlechs au-dessus des ventas d’Ibardin.

Les pins sur la crête, de plus en plus abîmés par les vents.

Il y a tant de branches cassées que des promeneurs en ont fait une cabane.

Les deux « grands » y trouvent tout de suite un terrain de jeux.

Les parents ne sont pas bien loin.

Superbe vue sur Saint Jean de Luz côté nord.

Theo a son moyen de transport personnel.

Arrêt à la venta après cette mini balade. Bonne occasion pour faire un peu le pitre…

Les artistes ne perdent pas de temps.

Même Theo teste les coloriages.

Le soir tombe vite à cette saison, on peut aller admirer le phare bien éclairé, ce n’est pas bien loin.

Les couchers de soleil sont souvent somptueux les soirs d’hiver, et le phare y tient bien son rôle.

Mais le plus beau, c’est le soir du lâcher des « lanternes célestes » à Biarritz, dans le cadre de la manifestation « Biarritz en lumière ».  Pas facile à photographier, mais superbe à voir. Merci Fanny et Isaac pour cette photo, et quelques autres un peu plus haut.

 

C’était Noël.

Un petit sapin bien touffu, une belle guirlande lumineuse, il n’en faut pas plus pour attirer immanquablement le Père Noël le 24 décembre au soir, et c’est ce qui se produisit encore une fois.

Quant aux différents acteurs de cette fête familiale, un petit album-photos souvenir en dira plus que tous les commentaires…

 

Errance gersoise.

Bien que née dans le Gers et y ayant passé toute ma jeunesse, je connais très peu les monuments et les curiosités du département, les balades dominicales de mon enfance nous ayant amenés la plupart du temps vers des endroits de cueillettes sauvages ou vers les Pyrénées qui fascinaient tant mon père. Aussi, le 14 décembre, après avoir déjeuné dans un restaurant de Gimont avec notre ancien voisin du Tapis Vert, nous avons profité du beau temps de l’après-midi pour découvrir un peu le village, puis faire un arrêt un peu plus loin à l’Isle-Jourdain.

Pour commencer par ce que j’ai toujours connu à Gimont, voici la halle, traversée par la rue principale et ancienne route de Toulouse à Auch, ce qui n’est pas une configuration très fréquente à ma connaissance. Elle date du XIVe siècle, et depuis cette époque elle a dû en voir passer, des clients et des marchandises .

Les dates gravées sur ce pilier doivent correspondre à des dates clés du bâtiment, et je suppose donc que 1331 (haha ! Une année palindrome !) doit être celle de sa construction.

Un peu plus loin, c’est l’ancienne halle aux blés qui abrite maintenant la Poste. Le bâtiment est bien plus récent mais il a un certain cachet.

Enfin il faut bien sûr aller voir l’église Notre-Dame, de famille toulousaine avec ses briques et son clocher octogonal.

Une belle nef spacieuse de style gothique méridional.

Et la vue vers le haut n’est pas mal non plus…

Repartant vers Toulouse, nous nous arrêtons à l’Isle-Jourdain, où bien que son nom l’indique il n’y a ni île ni Jourdain, le cours d’eau local étant simplement la Save.

L’idée, c’est de visiter la maison Claude Augé, qui possède paraît-il de remarquables vitraux Art Nouveau. Mais la maison est fermée, ce n’est pas aujourd’hui que nous la visiterons.

Nous remarquons en passant la collégiale Saint-Martin, bâtisse imposante datant de juste avant la Révolution, construite sur l’emplacement de plusieurs églises plus anciennes, dont elle conserve encore le clocher-tour du XIVe.

C’est vraiment tout à fait différent de l’église de Gimont !

La toiture sert de base aérienne à une escadrille de pigeons qui soudain prennent leur envol…

…puis reviennent se poser tous ensemble.

Quant à nous, il est temps de repartir nous poser à Toulouse ce soir encore.

La frontière dans les Albères.

De la Méditerranée à l’Océan, puis de l’Océan à la Méditerranée, le 11 décembre nous sommes de retour à Argelès, non plus pour cause de signature mais pour cause de déménagement cette fois. Alors, autant en profiter pour faire une expédition à la frontière et ajouter quelques bornes à notre collection des pays de l’Est.

Un superbe horizon Canigou pour commencer cette journée, qui s’annonce sous de bons auspices. Les premières neiges ont revêtu de blanc les sommets du massif, et c’est ainsi que je le préfère.

Nous avons pris la route du Perthus, puis tourné à gauche en direction du col de l’Ullat. Depuis la route, on bénéficie de quelques superbes échappées sur la plaine du Roussillon, où l’on peut constater l’importance grandissante de l’urbanisation.

Quelques centaines de mètres après le col de l’Ullat, nous quittons la route pour prendre une piste sur la gauche, dont nous espérons qu’elle pourra nous amener au-delà du pic Neulos, qu’elle contourne par le flanc nord, mais… nous voilà prévenus !

Après des débuts faciles, nous voici confrontés à l’incertitude de la viabilité annoncée sur le panneau. Pour effectuer les sondages de terrain nécessaires, il faut se chausser en conséquence, avant même le début de la balade.

On est passé ! Nous voilà donc parvenus au pied du pic Neulos, côté Sud-Est, on se stationne au pied d’un réservoir d’eau, au lieu dit « pla de la Tanyareda ».

A notre droite, le puig Neulós, 1256m, point culminant du massif de l’Albère, et son inévitable pylône émetteur TDF de 67 m de haut. Je laisse à mes lecteurs curieux le petit exercice de calcul mental qui leur donnera l’altitude au sommet de ce joli pylône.

Pas besoin d’aller bien loin pour trouver notre première croix frontière, gravée sur un rocher et portant le numéro 583.

Ici, la frontière suit la crête, ce qui est la configuration que je préfère du point de vue de la balade. Après avoir admiré la vue aérienne sur le Roussillon vers le Nord, nous profitons donc de la même situation côté Sud avec, au-dessous de nous, la mer de nuages qui recouvre la plaine de l’Ampurdán.

Nous suivons ici le GR10 transpyrénéen, comme l’indique la marque rouge et blanche. Nous passons près du refuge de la Tanyarède, sur lequel le soleil du matin projette les ombres des arbres environnants.

En direction de la mer, les derniers contreforts pyrénéens s’offrent à notre regard en plans successifs émergeant des nuages, du grand spectacle !

Nous trouvons la croix 584 au « coll del faig », c’est-à-dire au col du hêtre, où se trouve également cet énorme spécimen. J’ignore si c’est lui qui a donné son nom, mais il semble désormais en mauvais état, sans doute trop fragilisé par l’âge pour résister encore à la violence de la tramontane.

Plus loin sur la crête, ce sont je pense des aubépines qui nous indiquent très clairement par leur coiffure la direction du vent dominant.

Encore deux croix frontière et nous arrivons au « coll de l’Estaca », notre dernière croix (gravée 586) de la journée s’en trouve d’ailleurs très près. La clôture qui grimpe tout droit depuis le col en direction du puig de Pradets marque très probablement elle aussi la limite entre les deux pays.

La piste sur laquelle nous sommes garés arrive elle aussi au coll de l’Estaca, nous choisissons donc l’option piste, qui n’a pas l’air beaucoup plus longue, pour l’itinéraire de retour. Ce sera donc nettement plus boisé, et attention car certains arbres nous ont à l’œil !

On s’écarte un peu de la piste pour casser la croûte, car le parcours en forêt nous fait découvrir que les chasseurs ont investi le territoire, la viabilité de la piste étant bien suffisante pour leurs gros 4×4.

Un arbre au féminin ?

Au bord du chemin, une source captée et signalée, mais quel scandale ! Deux fautes en trois mots sur ce panneau ! On ressent bien l’énervement du correcteur !

Les hêtres sont l’essence dominante ici, et comme ils ont déjà perdu leurs feuilles le soleil peut pénétrer dans le sous-bois, c’est beau.

Quelques vaches paissent tranquillement dans une petite clairière. Ce sont des massanaises, une race locale dont il ne reste que quelques dizaines de spécimen. Prévenus qu’elles avaient une tendance avérée à s’attaquer aux promeneurs, nous passons notre chemin sans faire les malins.

Dernière curiosité le long de notre parcours, nous découvrons ici un de ces puits à glace où l’on stockait autrefois la neige pendant l’hiver pour l’utiliser ensuite pendant la période chaude. Une glacière géante pour pouvoir mettre un glaçon dans son pastis du soir, déjà au XVIIe siècle !

Nous n’avons plus beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la voiture et retourner à Argelès pour passer à la maison notre avant-dernière nuit… c’est la fin d’une longue et heureuse époque.