Retrouvailles.

Nous y voilà ! Le 13 décembre, localement de bon matin (mais nettement moins ici, avec nos trois heures d’avance), nous voilà arrivés à l’aéroport de Guarulhos par les bons soins d’Iberia. Nous passons donc directement de la toute fin de l’automne au presque début de l’été, une première pour nous qui avions précédemment expérimenté le parcours inverse avec le voyage à Buenos Aires en juin 2016. Hé bien, croyez-moi ou non, il est beaucoup plus agréable de passer d’un temps pluvieux et froid à chaud et ensoleillé que le contraire.
Une fois les formalités accomplies et les bagages récupérés, cap sur la nouvelle adresse de nos brésiliens à nous, toujours dans le quartier de Vila Madalena, et pas bien loin de la précédente.

Fantastique, il y a plein de place, on va même avoir notre chambre à nous ! Le canapé royal d’Isaac trône déjà au milieu du nouveau salon, et dans la pièce dont on voit la porte au fond à droite, il y a non pas les toilettes comme certains ont pu tout de suite l’imaginer, mais un empilement de caisses à vider qui va jusqu’au plafond. Il faut dire que le déménagement n’est fait que depuis quelques jours à peine.

Comme on ne change pas de quartier, la vue depuis le balcon reste dans le même genre que précédemment, c’est juste l’angle de vue qui change légèrement.

Theo s’est bien vite habitué aux nouveaux lieux, et apprécie d’avoir plus d’espace.

Papy, qui a prestement troqué ses vêtements d’hiver contre un t-shirt et un short, doit tout aussi rapidement s’adapter au dernier best-seller, les aventures du Gruffalo et de la grande méchante souris, alias the big bad mouse.

Avant de quitter la ville pour la plage, il faut forcément faire quelques courses. Mettons nos lunettes noires pour éviter d’être reconnus 🙂

Balades automnales (suite)

On avait bien aimé la balade au bord de la Nive, fin novembre. Alors, on l’a continuée début décembre, en profitant d’une série de belles journées (mais si, ça peut arriver, même au Pays Basque !)

Nous allons continuer à suivre le tracé de l’ancien chemin de halage de la Nive, sur sa rive gauche, en remontant le cours de la rivière. Ici c’est le tapis vert qui a été déroulé !

Comme nous approchons du club équestre, la présence animale s’intensifie dans les champs alentour.

Sur notre gauche, quand on peut voir la rivière, les reflets dans l’eau sont encore une fois splendides.

Dans cette zone inondable, il n’y a pas beaucoup de bâtiments. Cette bâtisse, appelée « la Nasse », avec sans doute une pointe d’humour, a dû avoir à en souffrir. Sa ruine est bien avancée.

Voici le niveau de la crue du 16 juin 1836.

Nous allons sans rien haler sur l’ancien chemin de halage 🙂

Ce qui est pénible, c’est qu’entre nous et la rivière il y a cette haie quasiment continue de je ne sais plus quelle peste végétale venue d’ailleurs qui nous prive de la vue sur l’eau.

Ce superbe platane porte un panneau…

…que voici. Il nous rappelle que le projet de TGV fait à peu près l’unanimité contre lui, au Pays Basque.

Pas de pêche en décembre, mais les emplacements permettent une vue dégagée sur la rivière, comme ici en face de cet arbre bien coloré, un érable peut-être ?

Enfin, le mieux, pour la vue sur la rivière, c’est un pont. Et justement, me voilà sur la passerelle de Villefranque, d’où je peux profiter des reflets dans l’eau bien calme, et donc vous enfaire profiter aussi.

D’ailleurs, la voilà, la passerelle de Villefranque. Question couleur, ce n’est peut-être pas ce que j’aurais choisi, mais le basque affectionne la couleur rouge, il suffit de regarder les maisons pour s’en convaincre.

De l’autre côté de la passerelle, le reflet n’est peut-être pas aussi parfait, il y a sur l’eau quelques petites rides.

La route continue toujours sur la même rive gauche, longeant champs et prairies. On peut continuer comme ça jusqu’à Ustaritz, mais ce sera pour un autre épisode, plus tard. Maintenant, il faut songer à nos préparatifs de voyage, car nous n’allons plus tarder à changer de continent et d’hémisphère : rendez-vous au Brésil, pour nos prochaines aventures !

Les ors du Jurançon.

Nous voici une nouvelle fois en Béarn fin novembre, à cette époque où les vignes de Jurançon prennent momentanément la couleur du nectar qu’elles génèrent. Aussi, c’est naturellement dans le vignoble que je vous emmène une nouvelle fois le 26 novembre 2017.

Comme il est essentiellement planté sur les versants sud des coteaux, c’est la chaîne des Pyrénées, déjà enneigée, qui nous barre l’horizon lorsque nous descendons le long d’une parcelle.

Le ciel est nuageux, mais le soleil parvient à se faufiler dans un trou.

C’est bien sur le versant sud que l’on voit le vignoble, côté soleil !

L’entretien des rangées est impeccable, sans doute hélas grâce aux effets d’une chimie redoutable.

La balade nous amène à passer près d’un enclos où paissent des ânes.

Sont-ils de race catalane ? Pas tout à fait sans doute, mais ils en ont à peu près le pelage. En tout cas le courant passe avec le catalan de la troupe !

Le soleil se couche maintenant, il est temps de rentrer au Pays Basque pour faire comme lui.

C’est Iparla où ça se passe.

Chers lecteurs, j’espère que vous appréciez à sa juste valeur (deux balles, ou peut-être devrais-je dire deux bornes) l’excellent jeu de mots contenu dans ce titre, pour ma part j’en suis plutôt satisfaite, ce qui est bien le principal.

Nous voici le 22 novembre, toujours en 2017, et par cette belle journée il est temps de nous rendre enfin sur les pentes d’Iparla pour y visiter quelques-unes des bornes qui manquent à notre collection.

Lorsque nous arrivons, le soleil ne touche pas encore le bas de la vallée, nous sommes partis tôt pour profiter de toute la journée, elles sont courtes en novembre.

La première borne, que nous connaissons déjà, porte le numéro 86 et se trouve près de ce gîte. A notre dernière visite, l’éolienne était en petits morceaux autour de son mât, elle a été remplacée depuis : l’énergie renouvelable se renouvelle !

La deuxième borne de la journée nous est déjà connue, elle aussi, et se trouve au bord du chemin que nous voyons ici, c’est la 87. A partir de là, le chemin commence à grimper sérieusement, et nous offre une vue plongeante sur cette bergerie un peu atypique : elle a deux parties bien séparées, chacune avec sa propre entrée.
Là non plus, le soleil n’est pas encore arrivé, ce qui n’est pas plus mal car la montée suffit à réchauffer le randonneur matutinal.

Déjà, les vautours, nombreux dans le secteur, ont commencé leur séance quotidienne de vol à voile.

Voilà que le soleil commence à raser la pente, faisant ressortir l’or des feuillages d’automne.

Il baigne maintenant les chachis et la barrière à moutons, ou peut-être à chevaux.

En me retournant, je revois la bergerie Larantonaldeko Borda (dont je vous avais dans un premier temps épargné le petit nom) devenue bien plus petite.

Après avoir franchi le col de Lacho, la vue se dégage sur notre gauche vers la vallée de la Nive près de Bidarray.

Nous passons près d’une stèle ornée d’une croix basque, nous en verrons plusieurs autres ce jour, sans savoir pour aucune à quoi elles font référence. Le sommet pyramidal qui dépasse derrière est celui de l’Irubelakaskoa.

Nous bifurquons vers la droite pour aller rejoindre la croix numéro 88. Un enclos de pierres sèches, puis un groupe de bordes en ruine jalonneront notre chemin.

Un mur bien droit et encore en bon état épouse la pente, plutôt raide.

La croix frontière numéro 88 est là, gravée sur un rocher. Comme elle n’est visiblement pas visitée tous les matins, il faut lui faire un brin de toilette avant les photos de collection.

Côté espagnol, le soleil fait ressortir les feuillages d’automne des quelques arbres qui ont réussi à pousser dans les pentes.

Les chevaux qui vivent là-haut jouissent d’une totale liberté.

Après avoir trouvé la borne 89 (couchée), ainsi que la croix correspondante, nous nous dirigeons vers un groupe de bordes en ruine et y trouvons un petit creux abrité pour casser la croûte. Pendant que je photographie nos ombres, on me fait d’amusantes facéties.

Après le casse-croûte et quelques recherches, nous y trouvons une borne sans numéro couchée, ainsi qu’un crâne de brebis du meilleur effet, une fois posé sur la borne.

Il est maintenant temps de redescendre, la borne ou croix suivante sera pour une prochaine visite. Encore une borde en ruine sur notre chemin, un arbre y a poussé entre les murs !

Nous passons près d’un point d’eau où les bêtes peuvent venir se désaltérer. Dans le fond, c’est le massif du Baigura.

Dans le lointain, les sommets de plus de 2000m sont déjà enneigés, le premier d’entre eux étant le pic d’Orhy, le plus à droite, vu de plus près dans un article récent.

Et voilà, c’est le bout du chemin ; le soleil éclaire encore les peñas de Itsusi en face de nous. Nous reviendrons forcément un de ces jours pour aller visiter la borne 90 ainsi que les plus anciennes croix qui se trouvent au sommet du pic d’Iparla. Espérons que nous aurons une aussi belle journée !

40 écus pour 40 ans.

Notre première visite à Estours, c’était le 11 novembre 1977, et c’était le début d’une longue histoire. Le 11 novembre 2017, cela faisait donc exactement 40 ans, et en 40 ans, beaucoup de choses ont changé, bien sûr.

La grange, que l’on voit ici début 1978, au moment crucial de la première phase des travaux, à savoir l’évacuation du foin de l’étage, est maintenant devenue une vraie maison ou presque, et elle a accueilli beaucoup de monde au fil de toutes ces années ; des visiteurs venus de très près ou de très loin, depuis le dernier bébé d’Estours né dans la maison voisine jusqu’au « kiwi » de l’autre bout du monde, en passant par le Japon, la Tunisie, l’Espagne, le Portugal, la Suisse, l’Angleterre, Madagascar, le Mali, et bien d’autres pays encore.
Cette première fois, Jérôme était déjà de la partie, puisqu’il est né le 14 décembre suivant, et sa présence ne pouvait pas passer inaperçue. C’était alors le début de notre famille, et logiquement c’est avec la sienne qu’il est venu célébrer ces 40 ans d’histoire commune entre nous et la vallée d’Estours.
Et pour commencer la suite de notre histoire ariégeoise, fortement liée à la nature environnante, l’idée lui est venue d’apporter sa contribution en  plantant un arbre remarquable.

Il avait donc amené avec lui un ginkgo biloba, arbre originaire de Chine, dont le nom d’ « arbre aux quarante écus » proviendrait d’un achat de plants remontant à 1788 ! (merci Wikipédia).

Le trou de plantation est maintenant creusé, le tout jeune arbre est sur le point de trouver sa place définitive. Il appartient tout de même à la plus ancienne famille d’arbres connue, puisqu’elle serait apparue il y a plus de 270 millions d’années.

Pendant que se déroule ce moment historique, Gabriel, jeune inconscient, se régale de descentes en tyrolienne.

Jérémy a aussi envie de participer !

Le voici à l’arrivée, bien content du voyage.

L’arbuste prend place pendant que les petits continuent à s’amuser.

Le voilà installé pour, on l’espère, les quelques milliers d’années à venir.  En effet, chose étonnante, le ginkgo est un être vivant potentiellement immortel ; il n’a pas de prédateurs naturels, ni de parasites ou maladies.
Longue vie à toi, le ginkgo de la vallée. On compte sur toi pour illuminer de tes ors les automnes ariégeois.

Balade automnale.

Un temps clair et calme, une belle lumière froide, c’est le long de la Nive que je vous emmène maintenant avec nous cet après-midi de novembre.

La Nive draine les eaux du Pays Basque depuis au-delà de Saint-Jean-Pied-de-Port, et se jette dans l’Adour  à Bayonne, à quelques kilomètres à peine de son embouchure. Son ancien chemin de halage, sur la rive gauche, interdit aux voitures à l’exception des riverains, permet de belles balades assez tranquilles, et ce jusqu’à Ustaritz. Nous sommes ici dans la zone dite de la Nive maritime, ce qui signifie que les marées océaniques s’y font nettement remarquer, avec d’importantes différences du niveau de l’eau se produisant en quelques heures seulement.

Justement, ce soir-là, on dirait bien que c’est marée haute. Comme il n’y a pas de vent, la surface de l’eau forme un miroir presque parfait.

Les riverains, aux premières loges lors des inondations, profitent en contrepartie de la voie navigable le reste du temps. Des pontons flottants, plus ou moins entretenus, permettent l’accès aux engins de navigation.

La rive droite, en face, est bien moins urbanisée que celle-ci. Nous admirons au passage cette belle bâtisse isolée.

Le passage du bateau d’un adepte de l’aviron génère une série d’ondes qui troublent un moment les reflets.

Puis tout rentre dans le calme avec la belle symétrie retrouvée.

Du côté de Naurouze.

C’était le 29 octobre 2017. Notre première expérience du cassoulet de l’hostellerie Étienne à Labastide d’Anjou fut réellement mémorable, que Jean-Michel et Chamina en soient encore remerciés. En effet, c’est un véritable sommet de la chose que l’on déguste dans ce village qui, malgré son nom exotique, est bien situé dans l’Aude, à quelques kilomètres à peine de la capitale mondiale (et autoproclamée) du cassoulet, Castelnaudary.
Après une telle expérience, une petite promenade digestive est forcément la bienvenue, alors rapprochons-nous du canal du Midi, le long duquel il est toujours agréable de marcher un peu.

Nous avons de ce côté-là aussi beaucoup de chance, car nous voici sur la zone du seuil de Naurouze, où se fait naturellement le partage des eaux entre l’Océan et la Méditerranée. Et comme le canal relie les deux, c’est donc là que se trouve son morceau le plus haut, et logiquement son alimentation en eau, par une rivière artificielle créée par Riquet en 1665 qui amène l’eau depuis la Montagne Noire. Ici, nous sommes devant les vestiges du bassin de Naurouze, un immense réservoir octogonal de 400m de long et 300m de large, comblé depuis.

C’est tout un réseau complexe de canaux et de rigoles qui s’étend alentour, et le bâtiment que nous voyons ici est ou était aussi lié à la gestion de l’eau.

Des portes à flots permettent de réguler et de diriger l’eau en fonction des besoins du canal.

Ce dernier est bien sûr tout près de là, et nous arrivons rapidement à l’écluse dite « de l’Océan », car elle est la première qui permet d’amorcer la descente vers l’Ouest.

Il n’y a malheureusement pas de bateau, mais on voit bien la forme elliptique du bassin qui sert d’ascenseur.

Mes compagnons de promenade sont déjà sur le pont !

De là, la vue est belle sur le canal, encore tout bordé de ses célèbres platanes, hélas menacés de mort par une terrible maladie.

Nous revenons ensuite le long des limites de l’ancien bassin, encore marquées par une rigole qui permet d’en appréhender la forme.

Pour rejoindre le parking, nous empruntons l’allée de platanes qui traverse l’ancien bassin. Plantée en 1809, elle est composée de 62 arbres de près de 45m de hauteur, dont le plus gros a une circonférence de plus de 4m. Souhaitons encore longue vie à ces plus que bicentenaires !

Samatan, puis Lombez.

A la fin du mois d’octobre, ou au début du mois de novembre, selon le cas, le passage rituel au cimetière nous amène chaque année jusque dans le Gers. Ce fut encore le cas cette année 2017, et comme nous devions nous rendre ensuite à Toulouse, il nous restait un peu de temps pour faire la route buissonnière. Sans trop s’écarter de notre itinéraire, notre choix se porta sur les deux bourgs jumeaux de Samatan et Lombez, et je laisse aux esprits mal placés la responsabilité des jeux de mots stupides qu’ils ne manqueront pas de faire à ce sujet.

Samatan semble plutôt minimaliste sur la valorisation de son patrimoine, nous avons cependant trouvé un petit quartier avec des maisons à colombages bien restaurées.

Je doute que la porte soit d’origine, mais je l’ai trouvée jolie quand même.

Les deux façades voisines font un bel ensemble.

Quant à la maison d’angle, les fenêtres fleuries ajoutent à son charme.

Tout cela dans le quartier de l’ancienne halle, désormais reconvertie dans des usages plus culturels.
On pourra remarquer déjà la présence des briques dans les constructions, et faire le rapprochement avec la proximité de la ville rose, Toulouse.

Il suffit de 2 km pour rejoindre Lombez, qui s’enorgueillit d’un passé bien plus glorieux, dont témoigne le clocher octogonal que nous voyons ici s’élever au-dessus du toit de la halle.

Commençons par admirer cette grande façade à colombages faisant face à la halle.

Avec sa porte, celle-ci vraiment très ancienne, gardée par ce chat que les plus perspicaces auront déjà remarqué sur l’image précédente.

Approchons-nous maintenant de l’église qui porte le clocher aperçu précédemment. Une église, disais-je ? Mais non, c’est une cathédrale, car Lombez fut 500 ans durant le siège d’un évêché rural.

L’édifice, dédié à la Vierge (cathédrale Sainte-Marie), est lui aussi bâti de briques roses. Le porche d’entrée, par son austérité, témoigne de la période sombre de la guerre de Cent ans qui sévissait au moment de la construction.

L’intérieur du bâtiment, de style gothique, est formé de deux nefs parallèles dont nous voyons ici la plus grande.

On voit ici les sommets des piliers qui séparent les deux nefs, d’où partent les nervures soutenant les voûtes.

Bien que je n’aie pas la prétention de faire ici l’inventaire des richesses de cette cathédrale, je vous présente tout de même pour terminer ces fonts baptismaux du XIIe siècle, en plomb, ornés de deux frises bien différentes. Celle du bas, que l’on voit le mieux ici, représente des personnages qui portent des offrandes, tandis que celle du haut représente des scènes de chasse. Cet objet est plus ancien que la cathédrale, et provient de l’ancienne église romane : bientôt un millier d’années, en voilà un bail !… Qui peut dire ce qui restera de notre civilisation dans mille ans ?  Un désert nucléaire ? Un smartphone dans une vitrine de musée ?

Dans le massif de l’Eltzarruze.

A la seule vue du titre, tout lecteur un peu perspicace aura deviné que nous allons rester encore une fois au Pays Basque. Il ne s’agit pas de prétendre que le sommet de l’Eltzarruze soit universellement connu. C’est juste que la consonance particulière me semble bien caractéristique de la langue basque.

Nous voici donc de nouveau en vadrouille le 19 octobre, et bien plus près de chez nous cette fois : Saint Esteben, tout le monde voit où c’est ? Non ? Allez, on va dire Sud-Est de Bayonne, un peu plus loin qu’Hasparren. Et le massif de l’Eltzarruze, c’est à côté.
Après avoir traversé le village, on continue sur la D14 jusqu’à un garage situé sur le côté droit, derrière lequel on peut se garer.

On est là au pied du massif karstique de l’Eltzarruze, sur lequel on s’élève rapidement, découvrant la vue d’ensemble sur la campagne environnante et le village de Saint Esteben, qui comme on peut le voir n’est pas exactement une métropole.

Ces sols très pauvres sont abandonnés à la lande et les couleurs contrastent avec les verts des prairies alentour.

C’est la saison des crocus, ici aussi !

Il fait beau, et le parcours prend des aspects assez variés, comme ici ce beau chemin forestier.

Voilà un châtaignier qui est là depuis un bon moment. Inutile de le pousser, tu n’es pas Obélix, il ne tombera pas !

Nous cheminons sur le vert.

Un troupeau de prisonniers semble souhaiter notre complicité pour s’évader un peu, mais leur espoir restera vain.

Nous retrouvons maintenant une vue dégagée sur le paysage environnant, où nous reconnaissons le sommet du Baigura avec ses antennes caractéristiques. Elles ne sont pas faciles à voir sur la photo.

Arrivés à ce point, comme dirait Raffarin, « notre route est droite mais la pente est forte », et de mon point de vue ça tue les genoux sérieusement.

Il n’est donc pas inutile de faire des pauses pour profiter du paysage et faire quelques photos.

La descente une fois effectuée, notre chemin redevient presque horizontal, nous allons maintenant pour le retour longer la base du massif de l’Eltzarruze.

Une grande croix en béton le long de notre sentier !

Sur la base, un petit autel avec une statue de la Vierge, et quelques offrandes.

Il y a même à côté l’exposé de la méthode pour être protégé de tout cataclysme.

Et le chemin continue…

Trois de ces moutons semblent bien m’avoir repérée, les malins.

En avançant, on continue à profiter du paysage. Le vert étant ma couleur préférée, me voilà comblée !

On passe près d’une vieille bergerie.

Pour finir, nous ne pouvons éviter un morceau de route, le long de laquelle nous trouvons cette belle maison basque, dont le linteau de fenêtre porte la date de 1842. Nous terminons la boucle et retrouvons la voiture moins de 3h après l’avoir quittée, mais avec la sensation d’avoir visité un monde bien différent.

Les bornes de la Soule.

Hé non, bande d’ignares (pas tous, sûrement, mais quelques-uns quand même) ! Il ne s’agit pas d’une chronique sur l’alcoolisme féminin, mais seulement d’une (relativement) nouvelle balade sur la frontière franco-espagnole, en pays de Soule, cette dernière étant l’une des trois provinces du Pays Basque français.
D’accord, la nouveauté est très relative, s’agissant du 14 octobre 2017, il y a à ce jour plus d’une année. En tous cas cela me permet de stimuler ma mémoire, ce qui paraît-il est excellent pour retarder les effets de la maladie d’Alzheimer qui nous guette tous.
Ce 14 octobre 2017, donc, qui comme chacun se souviendra était un samedi, nous voici profitant du beau temps annoncé par les gazettes pour nous rendre, à grand renfort de diesel non surtaxé, jusqu’au col frontière appelé « port » de Larrau, (c’est ainsi que l’on désigne assez souvent les cols pyrénéens, bien que fort peu de bateaux y aient jamais été vus.)

Depuis le bourg de Larrau, situé à l’altitude de 627m, la route d’Espagne va nous amener au port à 1573m, ce qui fait une sacrée grimpette. On s’élève assez rapidement dès le début, en traversant une zone de forêt qui à cette époque commence à prendre les couleurs de l’automne…

…et même à en générer les petits à-côtés, comme ici cet élégant coprin surpris sur le bas-côté, hélas non comestible .

Nous voilà arrivés aux confins de la Navarre ! On se débarrasse de sa tenue de chauffeur pour adopter celle de randonneur.

Je repère tout de suite notre première borne, qui est juste à côté du parking, un peu plus haut. Mais ce n’est pas ce côté Ouest que nous allons explorer aujourd’hui, car la borne précédente 236 est censée se trouver au sommet du pic d’Orhy, qui n’est pas exactement à côté, et en plus il semble (cf Robert aux bornes des Pyrénées) qu’elle soit portée disparue ! Voilà qui est peu motivant, alors que le côté Est est bien plus prometteur.

Pourtant, c’est bien vers l’Ouest que la plupart des visiteurs se dirigent, car c’est pour l’ascension du pic d’Orhy qu’ils sont venus ; c’est un grand classique et un merveilleux promontoire. Je n’étais pas bien vieille la première fois que j’y suis montée, et ce fut ma première expérience au-dessus d’une mer de nuages. Je retrouve maintenant encore le souvenir de mon émerveillement. Mais je ne me souviens pas si le mur de palombières que l’on découvre ici s’y trouvait déjà, mémoire sélective sans doute.

Côté français, nous sommes juste au-dessus des derniers lacets de la route.

Quittant le col du côté opposé à l’Orhy, nous commençons par y répertorier la borne 237bis, avant de croiser une petite troupe de chevaux débonnaires.

En nous retournant, nous apercevons de l’autre côté du col la traversée fantastique d’un troupeau de moutons, que je ne sais pourquoi j’aime imaginer sur le fil d’une étroite vire rocheuse alors qu’il n’en est peut-être rien.

Tandis que nous suivons la ligne de crête, la pente s’accentue sur notre droite, c’est-à-dire côté espagnol. Les déplacements du bétail y ont creusé d’innombrables sentes qui ressemblent à des traces de scarification.

Au sommet de l’Achourterrigagna (délicieux nom qui nous rappelle au passage que nous sommes bien en Pays Basque) , nous trouvons comme prévu la borne 238. La clôture qui passe juste à côté semble bien suivre à peu de chose près la ligne frontière.

Deux petites fleurs à la fois très semblables et très différentes s’épanouissent encore malgré la saison avancée.

Sur notre côté gauche, une piste balafre de part en part le flanc de la montagne.

Nous voici maintenant au port de Betzula, où quelques chasseurs surveillent on ne saura pas quoi (le chasseur est volontiers randonophobe, apparemment).

C’est l’heure du casse-croûte, que nous prenons en nous abritant du vent derrière une palombière vide, lui conférant pour quelques instants un usage plus pacifique ; puis nous reprenons notre cheminement le long de la crête, où nous parvenons maintenant à la borne 240, qui subit ici un petit toilettage avant d’être photographiée de plus près.

Nous suivons le tracé de la HRP (haute randonnée pyrénéenne), qui bénéficie d’un balisage entretenu. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ce cairn un peu particulier…

…ainsi que cette carline ayant échappé à la perspicacité des ramasseurs locaux. Ces fleurs sont très prisées au Pays Basque, on les met sur les portes des maisons, dont elles éloignent les sorcières.

De là, en nous retournant, nous avons une belle vue d’ensemble sur le pic d’Orhy.

Nous atteignons enfin la borne 241, la dernière pour cette journée.

Le chemin du retour est le même que celui de l’aller, mais nous avons aperçu les chasseurs qui coupaient à travers la montagne pour rejoindre directement la piste. Je vais donc suivre le même itinéraire qu’eux tandis que Daniel ira jusqu’au col récupérer la voiture, ce qui permettra d’épargner un petit peu mes genoux bien usagés.

C’est donc à proximité de ce très moderne abreuvoir en béton que je vais attendre l’arrivée de mon chauffeur préféré, avant de reprendre en sa compagnie la route du retour.