De retour à Beco do Batman

Balade presque rituelle désormais dans notre quartier de Vila Madalena, la promenade à pied jusqu’à « Beco do Batman » et ses graffitis sans cesse renouvelés. Nous sommes le 20 juin 2019 !

On commence par passer devant le mini marché bio où Fanny se ravitaille

…puis on rentre dans la ruelle pour aller regarder les nouvelles peintures. Il semble que pas mal de visiteurs soient venus en vélo !

Fanny nous avait prévenus : de nombreux marchands ambulants s’installent désormais sur place pour profiter de la présence des visiteurs et tenter de leur vendre des bricoles. Malheureusement, leur présence gêne la vision de certains graffitis. Bref, c’est la rançon de la gloire !

Seule une partie des décors reste encore accessible pour une vue d’ensemble. Ici je crois reconnaître Spiderman, peut-être ?

On attend patiemment Mamie qui traîne à faire des photos et regarder les étalages, rien de bien nouveau, quoi.

Hum, on dirait qu’on nous regarde…

Une évocation des cultures du monde ?

Ciel, une Batminette qui reluque mes garçons !…

J’ai bien aimé ces deux êtres fusionnels. Chacun d’eux correspond à un battant de la porte…

Et deux promeneurs qui grimpent.

Attention à ne pas se faire manger par le gros poisson, quand même !

Mais qu’est-ce qu’elle regarde donc là-haut ?

Le ciel par-dessus les immeubles, sans doute.

Côté culture.

Nous sommes toujours en juin 2019 à São Paulo, au Brésil. Ce formidable bâtiment, que l’on aperçoit depuis nos fenêtres, c’est l’Institut Tomie Ohtake. Tomie Ohtake est une artiste japonaise et brésilienne, née en 1913 à Kyoto et morte en 2015, âgée de 101 ans, à São Paulo. L’Institut présente toujours des expositions plutôt intéressantes, et il est facile de s’y rendre à pied depuis « chez nous », alors en route pour notre épisode culturel.

Nous voici arrivés à l’entrée !

Le hall est très vaste, il permet d’accéder aux différents espaces intérieurs. L’exposition 2019 est consacrée à l’artiste espagnol Julio González, ami de Picasso et de nombreux autres artistes, ayant vécu à Montparnasse à partir de 1900. Je ne le connaissais pas.

Pas facile évidemment de rendre avec des photos les impressions ressenties dans une exposition. Cette dernière photo représente une « Montserrat effrayée » datée de 1940, dont l’artiste a réalisée de nombreuses versions, en sculpture essentiellement. D’après Wikipédia, « La Montserrat, qui représente une simple paysanne effrayée, hurlante, et se protégeant le visage des bras, est pour González un cri d’horreur face à la barbarie qui croît dans son pays et en Europe. »

Et nous voilà repartis. Incroyable architecture, non ?

La ville et ses envies de fleurs.

São Paulo, immense métropole urbaine, est située sur le tropique du Capricorne, et à quelque 700 m d’altitude. Visiblement, les citadins paulistes gavés de béton y ont, pour certains d’entre eux au moins, des résurgences d’envie de nature. Quelle que soit la période de l’année, on peut donc y voir des fleurs, réelles ou juste rêvées ! Voyons un peu celles que nous avons croisées en ce mois de juin 2019, après notre retour d’Ilhabela.

Un endroit pour se garer en plein délire, pour commencer.

Au bord du trottoir, un « Manacá da Serra » ( Tibouchina mutabilis pour les initiés) en pleine splendeur, à cette saison.

Fleurs blanches et roses sur le même arbre, c’est normal, elles changent de couleur avec le temps.

Nous on habite là !…..

En bas, une fragile orchidée, accrochée à son arbre.

Un bizarre rince-bouteille tout rouge.

Là c’est une porte cochère qui semble avoir envie de rester discrète dans son décor de verdure.

Des fleurs à deux pétales, plus ou moins fardées de rouge.

Tombée du haut d’un palmier, l’enveloppe de la grappe florale.

Une femme qui se promène, un peu arbre et un peu papillon…

Des petites lanternes jaunes et rouges

…et pour finir, voici les plus bizarres, avec leurs étranges capteurs braqués dans toutes les directions !

Le Brésil en couleurs.

Lundi 20 juin, quartier libre pour nous : les parents travaillent, l’enfant est à « l’école ». Nous en profitons pour aller flâner un peu dans les alentours, et pour revenir parcourir les deux rues qui forment le « Beco do Batman », que les artistes locaux (et quelquefois venus de plus loin) utilisent désormais comme une galerie à ciel ouvert : ici le street art s’expose et se renouvelle en permanence. D’ailleurs les quelques images déjà publiées l’an dernier (https://coxigrue.wordpress.com/2015/10/13/en-attendant-theo/) montrent des œuvres différentes de celles-ci.

entrée du Beco

Cette année, un mannequin nous accueille à l’entrée de la première rue, depuis son balcon.

sous le tapis

Sur le mur d’en face, un homme en costume et cravate tente de mettre les détritus sous le tapis, mais ça déborde terriblement de l’autre côté.

la femme aux lunettes

Appelons celle-ci « la femme aux lunettes », j’ignore s’il s’agit de quelqu’un de connu.

apesanteur

Deux personnages en apesanteur, il semble que le courant passe entre eux !

la rue en perspective

La perspective…

regard

Un visage aux yeux vairons, et qui laisse voir son paysage intérieur.

les oiseaux

Une bande d’oiseaux tristes.

jusqu'en haut

Certains viennent peindre avec des échafaudages, visiblement.

garagem

La porte du « garagem » ne se remarque presque pas.

l'homme vert

L’homme-poteau brun aux cheveux verts a ici un jumeau vert aux cheveux roses.

dans l'eau

Mathieu chevauchant son chat, ou son chien, ou son ours… (référence : ya qu’un cheveu sur la tête à Mathieu…)

la porte

Une porte bien gardée par deux nanas avenantes.

la maison carrée

L’univers du graffiti ne s’arrête pas au seul Beco do Batman. Au bas de l’escalier, peut-être un cabinet dentaire ?

en descendant

Un escalier tout vert si on veut le descendre…

en montant

…et entièrement décoré si on doit le monter : des carreaux de céramique posés sur les contre-marches forment l’ensemble, en profitant du jeu de perspective.

Au revoir le Brésil.

Encore quelques images de São Paulo prises lors de nos dernières balades en ville avant de repartir…

graffiti

Près de « chez nous », toujours des graffiti colorés.

centre ville

Le centre ville et ses immeubles, dont certains transformés en gigantesques squats.

la petite église jaune

Coincée entre les gratte-ciel, l’église, plus ancienne, semble toute petite.

La voyante

Pour consulter la voyante, un parapluie sert à s’abriter des regards.

la pinacothèque

Visite à la pinacothèque quelques jours plus tard.

banian

On fait le tour du parc attenant (parque da Luz) tant qu’il ne pleut pas, mais le temps est assez menaçant. Ici, un énorme banyan, originaire d’Asie mais très bien adapté au climat brésilien.

a procura da luz

De nombreuses œuvres d’art sont exposées dans le parc, ici une statue de l’artiste brésilienne Maria Martins.

parque da luz

Là, un immense collier en céramique de Lygia Reinach.

tour de la gare

De l’autre côté de la rue, cette tour que l’on aperçoit à travers les arbres du parc, c’est celle de la gare de la Luz, avec son petit air de famille avec la célèbre « Big Ben » ; il faut dire que l’architecte était britannique !

gare de la Luz

Un petit tour dans la gare, récemment restaurée (elle fut bâtie à la fin du XIXe siècle) où des passerelles métalliques permettent de regarder passer les trains.

fontaine dans la pinacothèque

puis retour à la pinacothèque pour visiter l’intérieur, où nous admirons au passage une fontaine colorée de Niki de Saint Phalle (la fontaine aux quatre nanas).

gare de la luz

Lorsque nos quittons les lieux, le soir commence déjà à tomber et la gare est bien éclairée.

fleurs de manaca da serra

Pour finir, conservons en mémoire l’image de la somptueuse floraison des « manaca da serra », caractéristique de cette saison de l’hiver tropical.

En attendant Theo.

Après ces superbes journées en Espagne, le 25 juin n’était plus bien loin, et il arriva très vite. Mais que devait-il  donc se passer le 25 juin ? Le grand saut, bien sûr. Le grand départ pour l’hémisphère Sud et l’arrivée prévue de Theo le lendemain 26 juin, alors en route pour le Brésil !

au-dessus des nuages

Partis de Fontarrabie et son minuscule aéroport, nous commençons par survoler l’Espagne jusqu’à la capitale, puis après avoir parcouru dans toute leur longueur les deux terminaux de l’aéroport de Madrid-Barajas, nous embarquons à destination de São Paulo, que nous atteindrons une dizaine d’heures plus tard.

Il est encore très tôt, au Brésil, avec les 5 heures de décalage ! Pourtant, Isaac est venu nous attendre à l’aéroport, avant sa journée de travail, le pauvre. La journée va être longue, pour lui aussi…

Pas de signe avant-coureur de l’arrivée de Theo chez Fanny, qui aimerait pourtant bien qu’il montre le bout de son nez, maintenant. Mais il va falloir prendre patience, le bonhomme se trouve bien où il est, visiblement. On va donc s’occuper un peu, en l’attendant.

vue sur la ville

Un coup d’œil par la porte-fenêtre pour commencer, ce n’est plus l’appartement que nous connaissions à Itaim Bibi, nous sommes ici dans le quartier de Vila Madalena, et au cinquième étage seulement, ce qui offre une vue dégagée, mais moins impressionnante que depuis le 25ème précédemment.

la nouvelle voiture

Premières courses avec la « Subaru » flambant neuve (reçue la veille seulement !!!) et choisie en fonction des sécurités enfant. On découvre les dernières inventions technologiques, quelle galère !

départ en promenade

Mais pour accoucher, il faut marcher ! C’est donc à pied que nous partons à la recherche d’un restaurant ouvert, et ce n’est pas si facile car le quartier est bâti sur des collines et les rues sont incroyablement pentues. Dès le départ, on peut profiter des innombrables graffiti colorés qui envahissent et égaient les murs du quartier.

conduite protégée

On ne sait pas si c’est très efficace, mais les brésiliens aiment conduire sous haute protection.

téléphone de l'amour

Si on est en mal d’amour, ce téléphone offre des solutions…

défense de stationner

Un graffiti qui pourrait être bien utile chez nous, vu la tendance du voisinage à se stationner devant notre portail (au Brésil, c’est un E qui remplace notre P de parking, ça doit vouloir dire estacionar ou quelque chose d’approchant).

le marché des bananes

Samedi matin, c’est jour de marché. Le real brésilien vaut actuellement environ le quart d’un euro, ce qui ne fait pas cher pour se nourrir de bananes (ce sont des paquets de 24 environ). En plus, elles sont délicieuses.

le manaca da serra

Le balcon de Fanny manquant de fleurs, on a trouvé ce qu’il faut pour y remédier : on lui achète un « manaca da serra » bien fleuri, qui le sera encore à la fin de notre séjour.

graffiti la fille en robe rouge

Nouvelle balade l’après-midi, vers le micro-quartier appelé « beco do batman », connu pour ses graffiti, qui recouvrent entièrement les murs, et même parfois le sol. On va à pied, cette fois encore.

noeuds électriques

En levant les yeux sur le haut des poteaux électriques, on est chaque fois impressionné par le nœud de branchements, ça me rappelle les fameuses « perruques » en fil de pêche qui énervent tant mon frère.

dans le graffiti

Fanny a presque l’air de faire partie du décor, ici.

graffiti "Miss Van"

Même la graffiti-artiste toulousaine « Miss Van » est passée par là, il y a quelque temps.

le visage de l'arbre

Ici l’artiste a donné un visage à l’arbre, visible dans sa cicatrice.

dominante rouge

Dominante rouge le long de l’escalier.

épines du Christ

Encore une promenade le lendemain ; le long de notre chemin, ces fleurs rouges au bout de tiges terriblement épineuses, je découvrirai ensuite que la plante s’appelle « épines du Christ », à cause de l’histoire de la couronne d’épines, les fleurs figurant les gouttes de sang.

Instituto Tomie Ohtake

Nos pas nous amènent jusqu’à l’ « Instituto Tomie Ohtake » où se tient une exposition Miró, nous découvrons ou redécouvrons de nombreuses œuvres de l’artiste catalan.

Toujours pas de signes avants-coureurs de l’arrivée de Theo, mais Fanny est bien fatiguée, et bien contente de rentrer en voiture avec Isaac.

Parque da Água Branca

Nouvelle sortie le lendemain, mais cette fois nous prenons la voiture pour nous rendre, pas très loin, au Parque da Água Branca, bien moins étendu que celui d’Ibirapuera, mais aussi bien plus proche.

l'ami des oiseaux

Le parc est plein d’oiseaux, pigeons, poules et leurs poussins, canards, tous plus ou moins apprivoisés. Cet homme semble leur être familier, il doit venir là très régulièrement, les oiseaux lui mangent sans crainte dans la main.

le bâtiment jaune

A l’intérieur du parc, un bâtiment ancien abrite un centre scientifique ; on y accède, sur l’un des côtés, par un bel escalier qui semble inspirer la photographe.

cat's eyes et le doudou

A la maison, la minette sent bien elle aussi qu’il va se passer quelque chose. Elle en profite pour investir le beau canapé rouge d’Isaac.

l'oiseau voleur

Mais désormais, elle passe aussi pas mal de temps sur le balcon, où la mangeoire à colibris a repris du service. Les colibris sont sensés aspirer le nectar reconstitué dans le cœur des fleurs en plastique, mais d’autres petits oiseaux-bandits viennent eux aussi boire le nectar directement dans le rebord du bas. Tout cela est bien intéressant, pour un chat.

la lessive

Pendant ce temps, côté buanderie, on voit bien ce qui se prépare…

Coucou, Theo, on est presque prêts, tu vas bientôt pouvoir sortir !  🙂