Balade culturelle.

Avoir des visiteurs, c’est vraiment formidable, car ça oblige à s’extraire un peu du bricolage pour leur proposer des activités plus ciblées localement, sous peine de ne plus les revoir. Du coup, on découvre des lieux que l’on ne s’est jamais donné la peine d’aller voir. Merci donc à Nanou et Serge grâce à qui, le 13 mai, nous avons enfin découvert le charmant village médiéval de Castelló, avant de les emmener découvrir Sant Quirze, où nous n’étions pas revenus depuis quelques années.

Castelló, c’est la plaine de l’Ampurdán. Et à côté coule une rivière, la Muga. Elle doit pouvoir devenir vraiment énorme , en cas de fortes précipitations, car le Pont Vell (le pont vieux) possède pas moins de 7 arches, alors qu’en temps ordinaire la seule arche centrale suffit très largement à enjamber le petit cours d’eau. D’ailleurs les archives locales mentionnent divers remaniements apportés à cet ouvrage au fil du temps, pour réparer les dégâts causés par les inondations successives.

Regardez ce petit cours d’eau innocent capable de se muer pour quelques heures en fleuve redoutable.

Nous allons maintenant visiter le vieux village, dont la pièce maîtresse est sans nul doute l’église Santa Maria, deuxième de la province par sa taille après celle de Gérone. Sa construction a débuté au XIIIe siècle, sur l’emplacement de l’ancienne église romane.

Le tympan de son porche est vraiment admirable, malgré les dégradations subies au fil du temps.

De chaque côté, les statues des apôtres. Enfin, c’est ce que j’ai lu, ne croyez pas que je sois capable de les reconnaître.

A l’intérieur, c’est la hauteur qui impressionne. Et l’architecture aussi, bien sûr.

Filtrant à travers les vitraux, un rayon de soleil vient éclairer singulièrement ce que j’imagine être une statue de Saint Pierre, à cause de la clé qu’il a l’habitude de trimballer.

Impressionnants, ces fonts baptismaux taillés dans un seul bloc de roche !!!! J’ai lu qu’ils avaient été récupérés de l’ancienne église romane, ils ont donc largement plus d’un millier d’années sans doute.

Pfiou ! Tout ça est bien fatigant, les amis.

L’église est gothique, mais le clocher roman de l’édifice précédent a été conservé, et il est magnifique avec ses colonnes blanches.

Une petite place sympathique, en se promenant dans la vieille ville.

Après ça, en route pour Espolla où nous cherchons en vain le restau que l’on nous avait indiqué, pour finir par en adopter un autre, pas mal quand même.

On n’est plus très loin du monastère de Sant Quirze, désormais bien restauré. Sur la gauche, c’est la façade de l’église, avec son campanile cassé.

Vu dans l’autre sens, avec une tour défensive et les enceintes.

Tout près, la petite chapelle romane Santa Maria, comme sa grande sœur de Castelló. Superbe voûte !

De retour à la maison, et à l’esclavage domestique. Ils sont résignés…

Pendant ce temps, je peux aller traîner dehors et étudier les meilleurs angles pour capter la nature environnante.

Et réussir finalement à surprendre le chanteur que j’entendais depuis un moment sans réussir à le localiser.

Dernier matin, je me glisse dehors doucement pour surprendre le lever du soleil sur la mer, petit instant magique suspendu entre la nuit et le jour.

La borne 593 (22 juillet 2015).

De retour du Brésil, peu de temps pour souffler avant de repartir un peu plus à l’Est pour notre séjour rituel à Portbou. Après notre début juillet en hiver austral, nous retrouvons l’été, mais les grosses chaleurs ont eu lieu pendant que nous étions au loin et la canicule n’est plus de mise en cette deuxième quinzaine du mois. Le millésime 2015 est émaillé de nombreux problèmes techniques à la maison de la vigne, entre problèmes de pompe et problèmes électriques. Nous trouvons tout de même le temps de faire une petite rando-frontière le 22 juillet, malgré un temps assez incertain, en route donc pour la borne 593 !

molinas

Pour l’accès à notre point de départ, après avoir reconnu le terrain la veille et constaté que la piste du haut était en très mauvais état, nous décidons de prendre celle du bas qui passe par le village abandonné de Molinas, berceau d’une partie de la famille. Mais la piste de Molinas est bien ravinée par endroits, elle aussi.

église Sant Miquel de Colera

Après le hameau, notre itinéraire s’élève jusqu’à la vieille chapelle romane de Sant Miquel de Colera, récemment restaurée. Il n’y a pas âme qui vive, ici, nous nous sentons bien loin de l’animation de la côte.

le porche d'entrée

Le soleil fait bien ressortir les différences de couleur des pierres du porche d’entrée.

le drapeau catalan

Au bout du terre-plein de l’église, le drapeau de la Catalogne flotte dans un vent léger, pas de tramontane aujourd’hui.

Colera

Nous dominons le village côtier de Colera, bien visible d’ici.

coll de les Artigues

Après la halte à Sant Miquel (et le casse-croûte !), nous reprenons des pistes par endroits bien défoncées pour finir par rejoindre notre point de départ au « coll de les Artigues ». Pas de problème pour le stationnement là-haut, nous sommes absolument seuls.

signalisation

Pour bien lire la signalisation, il faut ramasser le morceau de panneau qui traîne par terre et le tenir au bon endroit ; le résultat me rappelle notre moulin de l’enfer visité précédemment, mais à l’autre bout des Pyrénées (https://coxigrue.wordpress.com/2014/02/13/le-moulin-de-lenfer/). On dit bien que les extrêmes se rejoignent parfois…

départ du sentier

Voilà le début du chemin, allons-y.

vallée du torrent de Jordana

Nous remontons à flanc la vallée du torrent de Jordana, complètement sauvage.

le sentier

Nous suivons un sentier bien tracé dans la garrigue, quoiqu’un peu rétréci par la végétation en certains endroits, on en verra plus tard les effets…

le ciel menaçant

Vers le Sud, du côté de Figueras, que nous apercevons au-delà de l’autre versant de la vallée, le temps est à la pluie, et peut-êttre même à l’orage, espérons que cela ne viendra pas jusqu’à nous !

le chardon bleu

Un beau chardon bleu sur notre passage.

Font Jordana

Nous arrivons maintenant au bout de cette vallée, et en descendant un petit peu nous découvrons la Font Jordana, source captée.

Sant Quirze

Puis le tracé s’élève doucement, et nous pouvons maintenant découvrir sur notre gauche, dans le fond de la vallée suivante, le très ancien monastère de Sant Quirze de Colera.

coll del Torn

Et voici enfin le coll del Torn, où nous devons trouver la borne 593, si tout va bien. Je ne la vois pas…

croix 593

En fait, il s’agit d’une croix gravée dans un rocher, mais elle est bien là, quoiqu’un peu envahie par les ronces.

ma jambe

Je profite de la halte pour examiner mes jambes et constater que le short n’était sans doute pas la meilleure option pour le parcours choisi. Et le retour reste encore à faire !

la cabane de font Jordana

Sur le chemin du retour, une légère variante nous permet de découvrir une espèce d’orrhy, la cabane de Font Jordana, un peu au-dessus de la source. Nous ne l’avions pas vue à l’aller. Nous découvrons qu’un petit enclos et un banc carrelés sont aménagés devant l’entrée. La pluie nous a maintenant rattrapés…

entrée de la cabane

Cependant, vu la taille de l’entrée, nous n’envisageons pas de nous en servir d’abri sous cette petite pluie.

après la pluie

D’ailleurs, ça ne dure pas, et le ciel commence vite à se dégager, le gros de l’averse était sur la plaine autour de Figueres.

l'anse de Garbet

Depuis la piste du haut que nous empruntons pour le retour, nous pouvons admirer au passage la belle anse de Garbet sous le soleil du soir ; au loin, le cap Creus s’étire vers l’Est, où il est le point extrême de l’Espagne continentale, protégeant les maisons blanches du village de Port de la Selva.