Du côté de l’Adour.

De retour du bout du monde le 19 mars (2017 !), il nous fallut, malgré l’arrivée du printemps, un peu de temps pour nous remettre à vivre le jour et dormir la nuit ; en effet, les néo-zélandais font ces choses-là exactement à l’inverse de nous, et nos organismes rechignaient un peu à un nouveau renversement. Quoi qu’il en soit, le 23, le beau temps et l’air frais du printemps nous boutent hors de nos pénates pour une première petite balade de saison sur la commune d’Urt, une boucle de quelques kilomètres parcourant successivement des chemins de campagne et les bords de l’Adour. En route !

Départ au port d’Urt, près de l’auberge de la Galupe, qui n’est plus désormais (et depuis longtemps) le restaurant étoilé que nous avions connu, mais un restaurant-café-épicerie-librairie que nous n’avons pas encore testé. L’ancien port possède maintenant un embarcadère moderne, et nous apercevons sur l’autre rive le château classé de Roll-Montpellier, édifié au XVIIIe siècle pour une riche famille de négociants bayonnais.

Nous commençons par tourner le dos à la rivière et traverser la route départementale, pour suivre un chemin de terre qui longe ici un ancien champ de maïs où l’herbe recommence à pousser abondamment.

Les fleurs de saison sont déjà là ! Ces clochettes, que je ne connaissais pas, s’avèrent après enquête être très probablement des fleurs de consoude tubéreuse.

Et celle-ci est une scille, sans que je puisse préciser vraiment la variété exacte.

Il faut sortir un peu du chemin pour accéder à un étang sur le côté droit, et y surprendre un héron en train de guetter la grenouille ou le goujon qui pourra lui servir de repas.

Au bout du chemin, c’est l’Ardanavy, un affluent de l’Adour. J’imagine que la borne indique la distance jusqu’au confluent.

Un chemin longe la rivière, nous le prenons vers la droite et voyons soudain passer un train sur le pont à quelques dizaines de mètres.

En nous retournant, nous constatons qu’une jolie passerelle permet de franchir la rivière, mais ce sera pour une autre fois, en ce qui nous concerne.

La rivière tourne vers la gauche, et nous vers la droite, après avoir admiré les beaux reflets dans l’eau tranquille.

C’est la pleine floraison des pissenlits.

Sur la gauche du chemin s’alignent en une belle enfilade de vieux platanes têtards.

Dans le bosquet un peu plus loin à droite, un banc nous invite au repos. Pour ceux qui n’arriveraient pas à lire, la pancarte invite : « ici, marcheur, tu peux faire une petite pause », avec tout de même, en bas, en plus petit : « laisse propre, merci ! »

Le colza est en fleurs!

Nous rejoignons l’Adour et son chemin de halage, au niveau d’une petite île appelée le Sablot.

Derrière nous, dans ces zones inondables appelées par ici des « barthes », les peupliers poussent bien, les pieds dans l’eau.

Sur l’autre berge, nous retrouvons le château de la première image. Alors que nous marchons sur le chemin de halage rive gauche, dans le département des Pyrénées Atlantiques, celui-ci se trouve dans le département des Landes, car c’est l’Adour qui sert de limite entre les deux départements à cet endroit.

Au bord du chemin, témoignage de temps révolus, un ancien cabestan utilisé autrefois par les pêcheurs pour enrouler la corde qui permettait de ramener l’extrémité du filet barrant une partie de la rivière.

Le soleil descend vite et la lumière change, donnant à l’eau un aspect un peu métallique.

Nous arrivons au bout du chemin, achevant la boucle.

Un peu plus loin, c’est le pont de la D12 qui nous permettrait de franchir l’Adour si nous souhaitions rentrer par l’autre côté. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

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Un petit saut plaine d’Ansot.

La plaine d’Ansot, c’est un espace naturel protégé aménagé dans les barthes de la Nive à l’entrée de Bayonne. L’entrée de la Nive, bien sûr, pas celle des gens, qui n’empruntent plus beaucoup les rivières pour se déplacer. Mais c’est quoi,  les barthes ? Il y en a le long de la Nive, de l’Adour, de la Nivelle à Saint-Jean-de-Luz ; ce sont, en Gascogne et au Pays Basque, les zones inondables qui longent les cours d’eau. Connectées à la rivière, elles sont soumises aux variations des niveaux d’eau qui dépendent à la fois de la pluviométrie et éventuellement, comme c’est le cas ici, du battement des marées, car la plaine d’Ansot se trouve dans la partie maritime de la Nive.
Autant dire que ce n’est pas toujours facile d’aller se promener là-bas, car le site reste parfois fermé durant de longues périodes en raison des pluies sur le Pays Basque intérieur, qui font monter le niveau de l’eau et rendent le lieu impraticable sauf peut-être en barque. Mais le 25 octobre, il n’y avait pas de problème, et voici quelques photos de notre petite promenade.

Pour y accéder, il y a un grand parking au lieu dit La Floride sur la rive gauche, et une passerelle (le pont Blanc) construite en utilisant les piles d’un ancien pont ferroviaire autrefois démoli et vendu à la ferraille.

Limité par la Nive d’un côté et par l’autoroute de l’autre, le lieu couvre une centaine d’hectares.

Même lorsque ce n’est pas inondé, l’eau est partout, drainée par fossés et ruisseaux.

De nombreux sentiers parcourent le sous-bois.

Les ruisseaux se remplissent ou se vident au rythme des pluies et des marées.

C’est l’automne, la saison préférée des champignons, qui envahissent les souches mortes en rangs serrés !

Le long du chemin d’Ansot poussent des cardères sauvages qui me paraissent encore bien vertes pour la saison.

Évidemment, le site ne ferme pas très tard, et il faut presser le pas pour rejoindre la sortie et ne pas se faire enfermer ! Nous reviendrons, c’est sûr…

La frontière vers Arnéguy.

Nous voici donc de retour au Pays Basque, et ce 16 février, le temps s’annonce favorable pour une expédition vers la frontière. Notre choix se porte sur la vallée d’Arnéguy, au Sud de Saint-Jean-Pied-de-Port, à un endroit où la frontière dessine une sorte d’oreille pointue dressée vers le Nord, s’en allant rejoindre la Nive d’Arnéguy qui fait ensuite office de frontière en direction du Sud (et un peu vers l’Ouest) sur plusieurs kilomètres. L’itinéraire suivi consiste à prendre la route de Roncevaux depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Premier arrêt, à l’endroit où la frontière rejoint la rivière, et où les espagnols ont bâti tout un ensemble de ces fameuses « ventas » où les français adorent venir acheter leurs alcools, chorizos et autres spécialités ibériques, et déguster quelques verres de sangria pour accompagner une mauvaise paella.

la Nive d'Arnéguy

Nous voici arrivés à l’endroit où la frontière rejoint la rivière dont elle va suivre le tracé, ici je me trouve en Espagne et je regarde vers la France, vers le Nord.

la borne 196

Il suffit de passer le pont, et de longer la Nive de quelques mètres vers l’aval, pour tomber sur la borne 196. D’autres chercheurs de bornes racontent qu’elle avait été ensevelie par les terrassements du parking situé derrière les arbres, et retrouvée grâce à la ténacité de certains d’entre eux.

les ventas espagnoles

Toujours depuis le pont, la Nive qui sert ici de frontière, et les vilains bâtiments côté espagnol, alors que la route (la seule qui permette d’y accéder) est côté français !

paysage basque

Après avoir profité des lieux pour casser la croûte, nous revenons sur nos pas et prenons une petite route qui monte sur le versant Ouest de la vallée. Le paysage est typique de l’hiver au Pays Basque, arbres dépouillés et prairies presque fluorescentes.

la borne 195

Nous garons la voiture tout près de la borne 195, le long d’une petite route qui permet d’accéder à une ferme située par conséquent en Espagne. On voit qu’il a neigé assez bas, ces derniers jours.

chercheur de borne

Il faut monter un peu au-dessus de la ferme pour chercher la borne 194.

la borne 194

Nous la trouvons renversée, sans doute par un engin agricole. Du coup, pas sûr qu »elle donne l’emplacement exact de la frontière…

le paysage depuis la borne 194

Le paysage alentour, sublime…

la bogue

Et non, ce n’est pas une dépouille de hérisson, juste une bogue vidée de ses châtaignes.

en recherche de la 193

Pour chercher la borne 193, il faut d’abord reprendre la voiture et aller se garer plus haut, toujours sur le flanc Ouest de la vallée. Nous traversons d’abord une prairie en pente…

narcisses

…au bout de laquelle nous trouvons une belle touffe de narcisses sauvages, mais la borne 193 n’est pas là : nous l’apercevons le long d’un chemin, au-dessous de notre pré.

la grange

Après l’avoir rejointe et dûment photographiée (mais je ne vais pas vous infliger les images de toutes les bornes), nous continuons notre chemin vers le haut à la recherche de la borne192.

le soleil et la barrière

Nous rejoignons le chemin qui dessert la grange de la photo précédente. Belle lumière…

depuis la borne 192

C’est le long de celui-ci que nous trouvons la borne 192, depuis laquelle on peut ici apercevoir la voiture garée plus bas.

la baignoire

Décidant de poursuivre sur le chemin jusqu’à la route, nous passons à côté d’une baignoire avec eau chaude et froide, en tous cas il y a encore les robinets.

le chemin

Mais nous poursuivons sans prendre de bain.

Goyenetchéa

Au bout, c’est notre route, et de l’autre côté c’est la ferme Goyenetchéa (on est bien en Pays Basque…) Pour sortir du chemin, il faut escalader la barrière, au péril de ma vie en ce qui me concerne ; d’habitude, il y a moyen d’ouvrir et refermer les barrières, heureusement !

un arum

Pour aller trouver la borne 191, maintenant, il faut encore reprendre la voiture et monter sur un chemin au-dessus. En le longeant, j’admire au passage un pied d’arum avec déjà une fleur, en février !

passage canadien

Nous trouvons sans difficulté la borne 191, juste après laquelle un passage « canadien » (bien que ce soit entre France et Espagne) empêche les mélanges de bêtes de nationalités différentes.

le chemin de la frontière

La borne 190 n’est maintenant plus très loin, c’est ce chemin qui va nous y conduire.

nettoyage

Mais pour y parvenir, il a fallu sortir des zones civilisées, et il faut jouer du sécateur pour la dégager et la toiletter.

ombre et soleil

Au-delà, le chemin devient inextricable, et il n’est plus temps de tenter de rejoindre la borne 189 ce soir. Il faudra revenir équipés pour le débroussaillage ! Comme nous redescendons à la voiture, l’ombre est en train de gagner du terrain sur la prairie de tout à l’heure, mais avec 7 bornes identifiées, la cueillette du jour a été fructueuse.

La frontière sans bornes.

Encore une belle journée incitant à la promenade en cette fin novembre, profitons-en pour aller marcher un peu le long de cette frontière liquide que forme la Bidassoa entre Hendaye et Irun, entre l’Espagne et la France, dans sa partie située à l’ouest de la borne 1 où commence la frontière terrestre des Pyrénées. Nous nous stationnons côté espagnol, un peu plus bas que la très célèbre île des Faisans où fut négocié le Traité des Pyrénées en 1659. Il est alors possible de longer la rivière vers l’aval, en cet endroit où le lit s’élargit de nouveau autour de trois îles, dont l’une encore reste cultivée à l’heure actuelle.

le long de la Bidassoa

Nous commençons notre promenade, et en regardant devant nous vers l’aval du fleuve, nous apercevons une partie d’Irun, et dans le lointain les premiers contreforts du Jaizkibel avec le sanctuaire de Guadalupe.

une barque

Le long de notre parcours, nous verrons de nombreuses barques à fond plat, dont certaines servent encore aux jardiniers pour rejoindre leur lopin sur l’île iru kanale en face de nous.

triplette de mouettes

J’ignore à quoi peut ou pouvait servir ce portique, mais les oiseaux semblent bien l’apprécier. Ils sont nombreux à trouver refuge dans cette zone tranquille entre terre et mer.

la barque verte

Une autre barque, il y a le choix, et les reflets dans l’eau sont très photogéniques.

vers l'amont

En regardant vers l’amont, on aperçoit la rive française et ses falaises.

les 3 canards

Trois canards qui fendent l’eau, ils ont l’air pressés, il faut dire qu’un peu plus loin il y a une distribution de pain…

le premier canal

Une passerelle nous permet de franchir un premier canal, qui longe l’usine Pasquier (hé oui, des brioches bien françaises fabriquées en Espagne, c’est l’Europe…)

la mouette sur l'eau

Une mouette rieuse, elle a déjà son plumage d’hiver, avec la tête blanche.

bagarre

La distribution de pain génère quelques prises de bec !

le chenal et les barques

Encore des barques…

faubourgs d'Irun

Derrière nous, ce sont les faubourgs de la ville, l’habitat y est dense.

le moineau

Les restes d’un bâtiment ancien ont été préservés, un moineau observe la situation depuis le haut d’un vieux mur de pierres.

la sculpture

Une sculpture métallique a été placée là, en face de l’île qui est encore cultivée ; je crois me souvenir que la forme est supposée rappeler celle des outils agricoles spécifiques utilisés ici.

le cygne noir

Un très beau cygne noir.

les resquilleurs

Derrière nous, un stade bien clos avec des spectateurs resquilleurs sur leurs perchoirs improvisés.

le pont international

Nous arrivons maintenant au pont routier international, dont le nom (et le dessin de la coquille) indique qu’il est sur le chemin de Saint-Jacques.

le canal dumboa

Le canal Dumboa, nous sommes dans une zone humide urbanisée, ne l’oublions pas.

le cygne blanc

Ici c’est un cygne blanc, dans la lumière du soir.

le canal Pasquier

Il fait déjà presque nuit lorsque nous franchissons de nouveau la passerelle du canal « Pasquier » pour aller retrouver la voiture un peu plus haut. Il est temps de rentrer.