Vacances d’hiver (II)

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Retour au bord du torrent, où l’eau dévale joyeusement, et où règne une luminosité inconnue jusque là en raison de la présence des buis, désormais réduits par les pyrales à des squelettes moussus.

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Les rayons du soleil arrivent même à se frayer un chemin jusqu’à l’eau, par endroits !

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Les premières anémones hépatiques éclairent les sous-bois humides de leurs corolles blanches, ou même parfois bleues.

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De nouveaux visiteurs sont maintenant arrivés, pour le plus grand plaisir des petits toulousains qui adorent jouer aux cartes avec Caroline.

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Contents, les garçons !

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Les premiers contacts de Julie avec la neige n’ayant pas été exactement idylliques, on est aussi bien à se promener dans la vallée, hein ?

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En plus, il fait plutôt beau, ce qui ne gâte rien.

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Les perce-neige forment de véritables tapis, par endroits.

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Papy en profite pour finaliser la récupération des anciens poteaux de la ligne à haute tension désormais enterrée (merci Joël).

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Observons au passage qu’ici aussi, même loin du Pays Basque réputé pour son climat humide, les fougères prospèrent sur les troncs des arbres dans ce fond de vallée…

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…car ici, et pour longtemps encore je l’espère, coule une rivière.

Auprès de la Nive.

Retour du côté de la plaine d’Ansot, un peu plus en amont, toujours le long de la Nive maritime, non loin du pont de l’autoroute, une petite balade juste en quelques images…

Il peut faire beau au Pays Basque !

Ansot de chevreuil.

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Nous voici début février 2019. Quelques belles journées, pas de grosses précipitations sur le Pays Basque intérieur, bonne occasion pour aller se promener à Bayonne à la plaine d’Ansot, ce qui n’est pas toujours faisable, surtout en hiver.
Je vous y ai déjà emmené par le passé, c’était ici : https://coxigrue.wordpress.com/2017/05/29/un-petit-saut-plaine-dansot/
je ne reviens donc pas sur le système des barthes qui se remplissent et se vident ici au rythme des marées. Contentons-nous de nous promener et d’observer, et même de tenter de photographier les bestioles aperçues… hum, pas toujours facile !

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Nous arrivons visiblement à marée basse ! Il n’y a plus qu’un petit filet d’eau dans le ruisseau.

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Cet objet bizarre disposé là est un piège à ragondin. Cette espèce importée et invasive a tendance à faire disparaître les espèces locales, on cherche donc ici à l’éliminer pour favoriser ces dernières.

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Les platanes sont nombreux, particulièrement le long de la Nive. Celui-ci a une drôle de tête avec ses petits yeux et son nez creux tubulaire !

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Nous voilà à la « maison des Barthes », grande bâtisse rénovée au rez-de-chaussée de laquelle se trouvent les espaces dédiés au public.

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Pas facile de saisir les oiseaux, ils s’enfuient ou se cachent dans les branchages dès que l’on s’approche un peu trop d’eux. Les corbeaux (ou corneilles?) quoique méfiants, sont plus visibles que les autres à cause de leur taille.

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Sur l’autre rive, un ponton privé.

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Un reflet presque parfait…

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La marée basse découvre des dépôts limoneux.

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Voilà maintenant un adepte de l’Aviron Bayonnais qui passe dans un léger bruissement d’eau.

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Au-delà de la limite de la zone protégée, on retrouve les champs cultivés ; du maïs, ici.

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Quelques fanes qui traînent …

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La ligne à haute tension n’est pas beaucoup plus loin.49341647258_3a25c6036d_z

Gare au pêcheur imprudent !

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Comme le soir approche, en revenant vers la maison des Barthes, on découvre des habitants nouveaux.

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La marée s’est inversée pendant notre promenade ! Il est temps de rejoindre la sortie pour ne pas se faire enfermer !

Balade automnale.

Un temps clair et calme, une belle lumière froide, c’est le long de la Nive que je vous emmène maintenant avec nous cet après-midi de novembre.

La Nive draine les eaux du Pays Basque depuis au-delà de Saint-Jean-Pied-de-Port, et se jette dans l’Adour  à Bayonne, à quelques kilomètres à peine de son embouchure. Son ancien chemin de halage, sur la rive gauche, interdit aux voitures à l’exception des riverains, permet de belles balades assez tranquilles, et ce jusqu’à Ustaritz. Nous sommes ici dans la zone dite de la Nive maritime, ce qui signifie que les marées océaniques s’y font nettement remarquer, avec d’importantes différences du niveau de l’eau se produisant en quelques heures seulement.

Justement, ce soir-là, on dirait bien que c’est marée haute. Comme il n’y a pas de vent, la surface de l’eau forme un miroir presque parfait.

Les riverains, aux premières loges lors des inondations, profitent en contrepartie de la voie navigable le reste du temps. Des pontons flottants, plus ou moins entretenus, permettent l’accès aux engins de navigation.

La rive droite, en face, est bien moins urbanisée que celle-ci. Nous admirons au passage cette belle bâtisse isolée.

Le passage du bateau d’un adepte de l’aviron génère une série d’ondes qui troublent un moment les reflets.

Puis tout rentre dans le calme avec la belle symétrie retrouvée.

Du côté de l’Adour.

De retour du bout du monde le 19 mars (2017 !), il nous fallut, malgré l’arrivée du printemps, un peu de temps pour nous remettre à vivre le jour et dormir la nuit ; en effet, les néo-zélandais font ces choses-là exactement à l’inverse de nous, et nos organismes rechignaient un peu à un nouveau renversement. Quoi qu’il en soit, le 23, le beau temps et l’air frais du printemps nous boutent hors de nos pénates pour une première petite balade de saison sur la commune d’Urt, une boucle de quelques kilomètres parcourant successivement des chemins de campagne et les bords de l’Adour. En route !

Départ au port d’Urt, près de l’auberge de la Galupe, qui n’est plus désormais (et depuis longtemps) le restaurant étoilé que nous avions connu, mais un restaurant-café-épicerie-librairie que nous n’avons pas encore testé. L’ancien port possède maintenant un embarcadère moderne, et nous apercevons sur l’autre rive le château classé de Roll-Montpellier, édifié au XVIIIe siècle pour une riche famille de négociants bayonnais.

Nous commençons par tourner le dos à la rivière et traverser la route départementale, pour suivre un chemin de terre qui longe ici un ancien champ de maïs où l’herbe recommence à pousser abondamment.

Les fleurs de saison sont déjà là ! Ces clochettes, que je ne connaissais pas, s’avèrent après enquête être très probablement des fleurs de consoude tubéreuse.

Et celle-ci est une scille, sans que je puisse préciser vraiment la variété exacte.

Il faut sortir un peu du chemin pour accéder à un étang sur le côté droit, et y surprendre un héron en train de guetter la grenouille ou le goujon qui pourra lui servir de repas.

Au bout du chemin, c’est l’Ardanavy, un affluent de l’Adour. J’imagine que la borne indique la distance jusqu’au confluent.

Un chemin longe la rivière, nous le prenons vers la droite et voyons soudain passer un train sur le pont à quelques dizaines de mètres.

En nous retournant, nous constatons qu’une jolie passerelle permet de franchir la rivière, mais ce sera pour une autre fois, en ce qui nous concerne.

La rivière tourne vers la gauche, et nous vers la droite, après avoir admiré les beaux reflets dans l’eau tranquille.

C’est la pleine floraison des pissenlits.

Sur la gauche du chemin s’alignent en une belle enfilade de vieux platanes têtards.

Dans le bosquet un peu plus loin à droite, un banc nous invite au repos. Pour ceux qui n’arriveraient pas à lire, la pancarte invite : « ici, marcheur, tu peux faire une petite pause », avec tout de même, en bas, en plus petit : « laisse propre, merci ! »

Le colza est en fleurs!

Nous rejoignons l’Adour et son chemin de halage, au niveau d’une petite île appelée le Sablot.

Derrière nous, dans ces zones inondables appelées par ici des « barthes », les peupliers poussent bien, les pieds dans l’eau.

Sur l’autre berge, nous retrouvons le château de la première image. Alors que nous marchons sur le chemin de halage rive gauche, dans le département des Pyrénées Atlantiques, celui-ci se trouve dans le département des Landes, car c’est l’Adour qui sert de limite entre les deux départements à cet endroit.

Au bord du chemin, témoignage de temps révolus, un ancien cabestan utilisé autrefois par les pêcheurs pour enrouler la corde qui permettait de ramener l’extrémité du filet barrant une partie de la rivière.

Le soleil descend vite et la lumière change, donnant à l’eau un aspect un peu métallique.

Nous arrivons au bout du chemin, achevant la boucle.

Un peu plus loin, c’est le pont de la D12 qui nous permettrait de franchir l’Adour si nous souhaitions rentrer par l’autre côté. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

Un petit saut plaine d’Ansot.

La plaine d’Ansot, c’est un espace naturel protégé aménagé dans les barthes de la Nive à l’entrée de Bayonne. L’entrée de la Nive, bien sûr, pas celle des gens, qui n’empruntent plus beaucoup les rivières pour se déplacer. Mais c’est quoi,  les barthes ? Il y en a le long de la Nive, de l’Adour, de la Nivelle à Saint-Jean-de-Luz ; ce sont, en Gascogne et au Pays Basque, les zones inondables qui longent les cours d’eau. Connectées à la rivière, elles sont soumises aux variations des niveaux d’eau qui dépendent à la fois de la pluviométrie et éventuellement, comme c’est le cas ici, du battement des marées, car la plaine d’Ansot se trouve dans la partie maritime de la Nive.
Autant dire que ce n’est pas toujours facile d’aller se promener là-bas, car le site reste parfois fermé durant de longues périodes en raison des pluies sur le Pays Basque intérieur, qui font monter le niveau de l’eau et rendent le lieu impraticable sauf peut-être en barque. Mais le 25 octobre, il n’y avait pas de problème, et voici quelques photos de notre petite promenade.

Pour y accéder, il y a un grand parking au lieu dit La Floride sur la rive gauche, et une passerelle (le pont Blanc) construite en utilisant les piles d’un ancien pont ferroviaire autrefois démoli et vendu à la ferraille.

Limité par la Nive d’un côté et par l’autoroute de l’autre, le lieu couvre une centaine d’hectares.

Même lorsque ce n’est pas inondé, l’eau est partout, drainée par fossés et ruisseaux.

De nombreux sentiers parcourent le sous-bois.

Les ruisseaux se remplissent ou se vident au rythme des pluies et des marées.

C’est l’automne, la saison préférée des champignons, qui envahissent les souches mortes en rangs serrés !

Le long du chemin d’Ansot poussent des cardères sauvages qui me paraissent encore bien vertes pour la saison.

Évidemment, le site ne ferme pas très tard, et il faut presser le pas pour rejoindre la sortie et ne pas se faire enfermer ! Nous reviendrons, c’est sûr…

La frontière vers Arnéguy.

Nous voici donc de retour au Pays Basque, et ce 16 février, le temps s’annonce favorable pour une expédition vers la frontière. Notre choix se porte sur la vallée d’Arnéguy, au Sud de Saint-Jean-Pied-de-Port, à un endroit où la frontière dessine une sorte d’oreille pointue dressée vers le Nord, s’en allant rejoindre la Nive d’Arnéguy qui fait ensuite office de frontière en direction du Sud (et un peu vers l’Ouest) sur plusieurs kilomètres. L’itinéraire suivi consiste à prendre la route de Roncevaux depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Premier arrêt, à l’endroit où la frontière rejoint la rivière, et où les espagnols ont bâti tout un ensemble de ces fameuses « ventas » où les français adorent venir acheter leurs alcools, chorizos et autres spécialités ibériques, et déguster quelques verres de sangria pour accompagner une mauvaise paella.

la Nive d'Arnéguy

Nous voici arrivés à l’endroit où la frontière rejoint la rivière dont elle va suivre le tracé, ici je me trouve en Espagne et je regarde vers la France, vers le Nord.

la borne 196

Il suffit de passer le pont, et de longer la Nive de quelques mètres vers l’aval, pour tomber sur la borne 196. D’autres chercheurs de bornes racontent qu’elle avait été ensevelie par les terrassements du parking situé derrière les arbres, et retrouvée grâce à la ténacité de certains d’entre eux.

les ventas espagnoles

Toujours depuis le pont, la Nive qui sert ici de frontière, et les vilains bâtiments côté espagnol, alors que la route (la seule qui permette d’y accéder) est côté français !

paysage basque

Après avoir profité des lieux pour casser la croûte, nous revenons sur nos pas et prenons une petite route qui monte sur le versant Ouest de la vallée. Le paysage est typique de l’hiver au Pays Basque, arbres dépouillés et prairies presque fluorescentes.

la borne 195

Nous garons la voiture tout près de la borne 195, le long d’une petite route qui permet d’accéder à une ferme située par conséquent en Espagne. On voit qu’il a neigé assez bas, ces derniers jours.

chercheur de borne

Il faut monter un peu au-dessus de la ferme pour chercher la borne 194.

la borne 194

Nous la trouvons renversée, sans doute par un engin agricole. Du coup, pas sûr qu »elle donne l’emplacement exact de la frontière…

le paysage depuis la borne 194

Le paysage alentour, sublime…

la bogue

Et non, ce n’est pas une dépouille de hérisson, juste une bogue vidée de ses châtaignes.

en recherche de la 193

Pour chercher la borne 193, il faut d’abord reprendre la voiture et aller se garer plus haut, toujours sur le flanc Ouest de la vallée. Nous traversons d’abord une prairie en pente…

narcisses

…au bout de laquelle nous trouvons une belle touffe de narcisses sauvages, mais la borne 193 n’est pas là : nous l’apercevons le long d’un chemin, au-dessous de notre pré.

la grange

Après l’avoir rejointe et dûment photographiée (mais je ne vais pas vous infliger les images de toutes les bornes), nous continuons notre chemin vers le haut à la recherche de la borne192.

le soleil et la barrière

Nous rejoignons le chemin qui dessert la grange de la photo précédente. Belle lumière…

depuis la borne 192

C’est le long de celui-ci que nous trouvons la borne 192, depuis laquelle on peut ici apercevoir la voiture garée plus bas.

la baignoire

Décidant de poursuivre sur le chemin jusqu’à la route, nous passons à côté d’une baignoire avec eau chaude et froide, en tous cas il y a encore les robinets.

le chemin

Mais nous poursuivons sans prendre de bain.

Goyenetchéa

Au bout, c’est notre route, et de l’autre côté c’est la ferme Goyenetchéa (on est bien en Pays Basque…) Pour sortir du chemin, il faut escalader la barrière, au péril de ma vie en ce qui me concerne ; d’habitude, il y a moyen d’ouvrir et refermer les barrières, heureusement !

un arum

Pour aller trouver la borne 191, maintenant, il faut encore reprendre la voiture et monter sur un chemin au-dessus. En le longeant, j’admire au passage un pied d’arum avec déjà une fleur, en février !

passage canadien

Nous trouvons sans difficulté la borne 191, juste après laquelle un passage « canadien » (bien que ce soit entre France et Espagne) empêche les mélanges de bêtes de nationalités différentes.

le chemin de la frontière

La borne 190 n’est maintenant plus très loin, c’est ce chemin qui va nous y conduire.

nettoyage

Mais pour y parvenir, il a fallu sortir des zones civilisées, et il faut jouer du sécateur pour la dégager et la toiletter.

ombre et soleil

Au-delà, le chemin devient inextricable, et il n’est plus temps de tenter de rejoindre la borne 189 ce soir. Il faudra revenir équipés pour le débroussaillage ! Comme nous redescendons à la voiture, l’ombre est en train de gagner du terrain sur la prairie de tout à l’heure, mais avec 7 bornes identifiées, la cueillette du jour a été fructueuse.