Kaikoura

Si l’on regarde la carte de l’île du Sud néo zélandaise, Kaikoura, sur la côte Est, est vraiment très loin de Dunedin, 535 km d’après Google, qui ne doit pas être loin du compte. Et pourquoi donc parcourir autant de kilomètres, en roulant à gauche de surcroît, ce qui ne nous facilite pas tellement les choses, à nous autres français si bien habitués à tenir notre droite ? Mais pour voir des baleines, bien sûr ! Car du côté de la presqu’île de Kaikoura, il y a des baleines tout au long de l’année, et nous avons réservé nos places sur un bateau pour aller les admirer.

La route est bien longue et assez monotone jusqu’à Christchurch. Sur la fin du parcours, nous pouvons voir les dégâts occasionnés par le dernier tremblement de terre sur la voie de chemin de fer toute proche, et ce n’est qu’en fin de journée que nous arrivons à Kaikoura.

Après avoir pris possession de notre logement, c’est au soir tombant que nous rejoignons la péninsule pour découvrir le site et aller manger un morceau…

…presque au bout de la route, pas loin d’une cabane de pêcheur.

Notre rendez-vous est en fin de matinée le lendemain, mais le temps n’est pas au beau ce matin, et une perturbation est annoncée. Inquiets, nous nous rendons à l’agence de bateaux ; nous retrouvons notre logeuse derrière le comptoir, et les nouvelles ne sont pas bonnes : elle nous annonce que la sortie sera très probablement annulée à cause du mauvais temps annoncé. Il ne nous reste plus qu’à aller nous promener dans les parages, sans trop nous éloigner de la voiture à cause de la menace de pluie. Cap vers l’extrémité de la presqu’île, où il y a un grand parking.

Au-delà du parking s’étend une grande zone rocheuse presque plate, qui sert de reposoir aux diverses bestioles qui habitent le coin, à commencer par les otaries à fourrure que nous avons déjà rencontrées plusieurs fois. Du coup, ce n’est pas trop difficile d’en approcher quelques-unes pour leur tirer le portrait.

Quelques oiseaux aussi bien sûr, plus difficiles à approcher, comme cette mouette scopuline (mouette à bec rouge, en anglais)…

…ou cette paire improbable formée d’un cormoran et d’un héron.

Mais il est temps de retourner à l’agence pour connaître le verdict définitif. Déjà, la pluie s’est mise à tomber, et c’est sans grand espoir que nous pénétrons dans le bâtiment, pour apprendre que la sortie est effectivement supprimée. On nous propose des places pour le lendemain, mais notre retour est déjà organisé et nous déclinons tristement.

La pluie, qui tombe sérieusement, a dû provoquer des éboulements sur la route côtière car nous devons prendre une déviation par des petites routes intérieures, ce qui rallonge encore sérieusement notre trajet, qui heureusement s’arrête pour ce soir pas très loin de Christchurch.

Un rendez-vous manqué, cette fois.

Bêêêêêêê…!

 

Otago peninsula.

Péninsule d’Otago, devrais-je écrire, mais tout le monde aura compris facilement et ça fait plus couleur locale.

La péninsule d’Otago est cette langue de terre aux formes torturées qui forme la barrière sud d’Otago Harbour, l’espèce de fjord d’origine volcanique au fond duquel se trouve Dunedin. Plusieurs espèces spécifiques y ont trouvé un terrain favorable pour s’installer, en particulier l’albatros royal et le très timide manchot à œil jaune, une espèce strictement locale, fragile et très menacée.

Le lendemain 27 février, nous voilà donc sur les magnifiques et sinueuses petites routes de la péninsule d’Otago, avec pour premier objectif le Royal Albatros Centre, tout au bout de la langue de terre, près de l’ancien fort Taiaroa.

Temps splendide, panorama de même…

Par ici, les opossums, charmantes bestioles originaires d’Australie, autrefois importées par les colons, menacent la survie des espèces natives. N’ayant aucun prédateur, ils pullulent dans tout le pays et des mesures sont prises pour tenter de limiter leur population.

Au bout de la route, une vue complète de Cape Saunders, une presqu’île dans la péninsule ; on nous dit qu’otaries et lions de mer aiment se prélasser sur la belle plage en bas, mais nous n’avons pas le temps de nous y rendre. Il est temps de faire demi-tour pour retrouver la route littorale et rejoindre le domaine des albatros.

Après une rapide présentation de ces merveilleuses machines volantes, notre guide nous conduit jusqu’au poste d’observation aménagé un peu plus haut. De là, nous dominons l’entrée d’Otago Harbour, et nous pouvons apercevoir une réunion de jeunes de l’année en train de faire leurs exercices préalables à l’envol.

Au-dessous de nous, nous pouvons observer les bateaux qui entrent ou sortent d’Otago Harbour. Ici c’est la sortie d’un gazier.

Les oiseaux adultes, profitant de la brise, passent très près de nous. Pas faciles à photographier, malgré tout…

Lorsque nous retrouvons la voiture, il y a une mouette de Buller (black-billed gull) tranquillement posée sur l’une des voitures garées. Elle s’est même occupée de la décoration…

Quelques mètres plus loin dans les hautes herbes, une aigrette à face blanche cherche (et trouve !) sa nourriture.

Nous reprenons la voiture pour rejoindre la réserve de Penguin Place, toujours sur notre péninsule d’Otago. C’est là que l’on espère apercevoir quelques yellow-eyed penguins (ou manchots à œil jaune).

On commence par y admirer quelques belles fleurs d’agapanthes, pas spécialement néo-zélandaises, mais qui semblent bien se plaire ici.

Sur place, quelques oiseaux recueillis pour diverses raisons peuvent être observés de près. Celui-ci est un jeune, il n’a pas encore la bande de plumes jaunes au niveau de l’œil.

Après avoir parcouru des tranchées couvertes pour approcher les animaux sans les perturber, nous pouvons observer quelques individus près d’une petite mare. Celui-ci est en pleine mue, il est tout entouré de ses vieilles plumes tombées et semble très occupé à se débarrasser de son ancien costume.

Après avoir parcouru les tranchées en sens inverse, nous remontons le long d’un chemin dans la zone boisée qui domine la plage des pingouins, ou plus exactement des manchots, Pipikaretu beach. Nous nous trouvons alors au-dessus de la grève, qui se termine à l’autre extrémité par une pointe rocheuse couverte d’oiseaux marins.

Ceux-ci sont également nombreux au bord de l’eau.

Au-dessous de nous, nous observons une otarie à fourrure (fur seal) qui s’apprête à sortir du bain pour aller rejoindre ses collègues sur la terre ferme.

Une bonne sieste au soleil, c’est bien agréable !

Comme nous terminons notre visite, un énorme paquebot passe par là, comme pour rappeler qu’ici aussi l’emprise de l’homme est bien présente. Pour nous, il est temps de rentrer à Dunedin retrouver le reste de la troupe familiale.