Parenthèse hivernale.

Premier départ vers l’Ariège le 10 janvier, en 2019, on n’est pas en retard ! Les conditions sont normales pour la saison, hivernales, tout simplement.

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Le départ de la route annonce qu’il va faire bien frais, on s’y attendait.

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Un petit manteau neigeux bien mince recouvre le paysage. Il suffit à donner une bonne ambiance de saison.

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Le froid est bien là, mais les manœuvres ne nécessitent ni pelle à neige pour déblayer le parking,  ni chaînes pour la voiture.

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On est les premiers à fouler la neige fraîche, sur l’escalier !

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Mais ce n’est pas le cas partout. C’est un moment où les promeneurs laissent des traces partout où ils sont passés. Je pense qu’ici il devait s’agir d’un blaireau !

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Les plus présents, bien qu’ils ne laissent que peu de traces au sol, ce sont bien sûr les oiseaux, toujours ravis qu’on leur amène des graines de tournesol.

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Les plus petites, et aussi les plus assidues à la mangeoire, ce sont les mésanges nonnettes, avec leur bonnet noir.

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Pas d’intempéries depuis notre arrivée, en quelques jours le Mirabat a perdu presque toute sa neige.

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Et les mésanges bleues tentent vainement de monopoliser l’accès à la mangeoire.

Le Tuc de Peyre Mensongère (7 août 2018)

Ce 7 août est un grand jour : première ascension d’une montagne (modeste, 1741m seulement, mais une vraie montagne tout de même…) pour Caroline.

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Une longue piste qui escalade en lacets successifs le versant de la vallée d’Ustou nous a amenés jusqu’à notre point de départ à 1542m d’altitude, et nous voilà prêts à démarrer.

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C’est Julie qui marche devant ! On a décidé de rejoindre d’abord le col de la Serre du Cot un peu plus loin, mais guère plus haut (1546m) qui marque la limite avec la vallée du Salat.

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Le panneau dit tout ou presque.

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Sur notre gauche, la longue crête herbeuse qui rejoint le pic de la Tèse, nettement plus haut (2254m).

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Nous voilà au col ! Vers l’ouest, c’est le mont Valier et son chaînon qui attirent les regards. Les névés sont encore nombreux en ce début de mois d’août, et on voit bien au-dessous du sommet le triangle blanc du glacier d’Arcouzan, le plus oriental des Pyrénées et l’un des plus petits du monde. Plus proche de nous sur la droite, le pic de Fonta qui nous sépare de la vallée d’Estours. Sa crête descend jusqu’au col de Pause où nous étions il y a quelques jours.

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Houla ! En voilà un troupeau qui descend vers nous ! Si elles veulent la place au col, on ne va pas se battre avec elles, on cédera la place. Justement, c’est à l’endroit d’où elles viennent que l’on veut aller. On attend qu’elles aient fini de passer.

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Une mère et son petit se dirigent vers nous, alors que la plupart des autres rejoignent le point d’eau.

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La surveillante observe la situation ; ce sont des vaches gasconnes, une race locale. De belles bêtes !

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Ça y est, le passage est libre ! On peut se mettre en route. Pour Julie c’est l’option « chaise à porteur » maintenant.

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On suit le flanc ouest du Tuc, avec à peu près la même vue sur la chaîne du Valier, le pic de Fonta et le col de Pause ; les lacets de la route sont mieux visibles maintenant.

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On arrive au sommet ! On passe tout près de ce que je suppose être une station météo, dotée de panneaux solaires. Mais peut-être s’agit-il de tout autre chose…

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La vie au sommet : un cirse laineux, magnifique…

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…une araignée en train de ficeler son rôti…

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…un beau chardon en étoile sur le point de s’épanouir…

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…et les vainqueurs du jour pour le premier sommet de Caroline et de Julie. Bravo les filles !

Les bornes de la Soule.

Hé non, bande d’ignares (pas tous, sûrement, mais quelques-uns quand même) ! Il ne s’agit pas d’une chronique sur l’alcoolisme féminin, mais seulement d’une (relativement) nouvelle balade sur la frontière franco-espagnole, en pays de Soule, cette dernière étant l’une des trois provinces du Pays Basque français.
D’accord, la nouveauté est très relative, s’agissant du 14 octobre 2017, il y a à ce jour plus d’une année. En tous cas cela me permet de stimuler ma mémoire, ce qui paraît-il est excellent pour retarder les effets de la maladie d’Alzheimer qui nous guette tous.
Ce 14 octobre 2017, donc, qui comme chacun se souviendra était un samedi, nous voici profitant du beau temps annoncé par les gazettes pour nous rendre, à grand renfort de diesel non surtaxé, jusqu’au col frontière appelé « port » de Larrau, (c’est ainsi que l’on désigne assez souvent les cols pyrénéens, bien que fort peu de bateaux y aient jamais été vus.)

Depuis le bourg de Larrau, situé à l’altitude de 627m, la route d’Espagne va nous amener au port à 1573m, ce qui fait une sacrée grimpette. On s’élève assez rapidement dès le début, en traversant une zone de forêt qui à cette époque commence à prendre les couleurs de l’automne…

…et même à en générer les petits à-côtés, comme ici cet élégant coprin surpris sur le bas-côté, hélas non comestible .

Nous voilà arrivés aux confins de la Navarre ! On se débarrasse de sa tenue de chauffeur pour adopter celle de randonneur.

Je repère tout de suite notre première borne, qui est juste à côté du parking, un peu plus haut. Mais ce n’est pas ce côté Ouest que nous allons explorer aujourd’hui, car la borne précédente 236 est censée se trouver au sommet du pic d’Orhy, qui n’est pas exactement à côté, et en plus il semble (cf Robert aux bornes des Pyrénées) qu’elle soit portée disparue ! Voilà qui est peu motivant, alors que le côté Est est bien plus prometteur.

Pourtant, c’est bien vers l’Ouest que la plupart des visiteurs se dirigent, car c’est pour l’ascension du pic d’Orhy qu’ils sont venus ; c’est un grand classique et un merveilleux promontoire. Je n’étais pas bien vieille la première fois que j’y suis montée, et ce fut ma première expérience au-dessus d’une mer de nuages. Je retrouve maintenant encore le souvenir de mon émerveillement. Mais je ne me souviens pas si le mur de palombières que l’on découvre ici s’y trouvait déjà, mémoire sélective sans doute.

Côté français, nous sommes juste au-dessus des derniers lacets de la route.

Quittant le col du côté opposé à l’Orhy, nous commençons par y répertorier la borne 237bis, avant de croiser une petite troupe de chevaux débonnaires.

En nous retournant, nous apercevons de l’autre côté du col la traversée fantastique d’un troupeau de moutons, que je ne sais pourquoi j’aime imaginer sur le fil d’une étroite vire rocheuse alors qu’il n’en est peut-être rien.

Tandis que nous suivons la ligne de crête, la pente s’accentue sur notre droite, c’est-à-dire côté espagnol. Les déplacements du bétail y ont creusé d’innombrables sentes qui ressemblent à des traces de scarification.

Au sommet de l’Achourterrigagna (délicieux nom qui nous rappelle au passage que nous sommes bien en Pays Basque) , nous trouvons comme prévu la borne 238. La clôture qui passe juste à côté semble bien suivre à peu de chose près la ligne frontière.

Deux petites fleurs à la fois très semblables et très différentes s’épanouissent encore malgré la saison avancée.

Sur notre côté gauche, une piste balafre de part en part le flanc de la montagne.

Nous voici maintenant au port de Betzula, où quelques chasseurs surveillent on ne saura pas quoi (le chasseur est volontiers randonophobe, apparemment).

C’est l’heure du casse-croûte, que nous prenons en nous abritant du vent derrière une palombière vide, lui conférant pour quelques instants un usage plus pacifique ; puis nous reprenons notre cheminement le long de la crête, où nous parvenons maintenant à la borne 240, qui subit ici un petit toilettage avant d’être photographiée de plus près.

Nous suivons le tracé de la HRP (haute randonnée pyrénéenne), qui bénéficie d’un balisage entretenu. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ce cairn un peu particulier…

…ainsi que cette carline ayant échappé à la perspicacité des ramasseurs locaux. Ces fleurs sont très prisées au Pays Basque, on les met sur les portes des maisons, dont elles éloignent les sorcières.

De là, en nous retournant, nous avons une belle vue d’ensemble sur le pic d’Orhy.

Nous atteignons enfin la borne 241, la dernière pour cette journée.

Le chemin du retour est le même que celui de l’aller, mais nous avons aperçu les chasseurs qui coupaient à travers la montagne pour rejoindre directement la piste. Je vais donc suivre le même itinéraire qu’eux tandis que Daniel ira jusqu’au col récupérer la voiture, ce qui permettra d’épargner un petit peu mes genoux bien usagés.

C’est donc à proximité de ce très moderne abreuvoir en béton que je vais attendre l’arrivée de mon chauffeur préféré, avant de reprendre en sa compagnie la route du retour.

 

Arcouzan-core une fois.

C’est le 13 août 2017 qui fut choisi pour cette balade ultra-classique désormais, mais toujours appréciée, avec sa longue montée en pente douce le long du ruisseau d’Estours jusqu’à la cabane d’Artigue, en face de la belle cascade d’Arcouzan.

Voici une partie des marcheurs, les pêcheurs devant nous rejoindre en cours de route. En marche !

Une fois n’est pas coutume, la photographe photographiée, sur le sentier ombragé.

Le parcours se fait généralement à l’ombre, mais le soleil perce çà et là et vient parfois mettre un coup de projecteur sur une plante qui se trouve ainsi mise en valeur. Ici c’est l’ombelle d’une berce en fleur, exceptionnellement sans insecte.

Dans le torrent que nous remontons, il y a quelques jolis jacuzzi.

Peu de risque de souffrir de la chaleur sur le chemin. On est constamment à couvert.

Ici, une passerelle moderne en a remplacé une ancienne bien plus rustique, et qui a fini par être emportée par le torrent.

C’est de là que l’on a une jolie vue sur le sommet du mont Valier, 2000 m plus haut.

Petite pause pour prendre la pose…

Un bouquet de hêtre déraciné barre le chemin !

Un promeneur a pensé à faire profiter les autres de son expérience, merci !

Nous sortons enfin de la forêt sur le replat de l’Artigue, et pouvons admirer sur notre droite la cascade d’Arcouzan.

Les braises sont déjà prêtes à l’emploi, et on peut commencer les grillades, mmmmm !

Un bloc erratique sert de siège et de table.

De petits papillons bleus (des argus ? ) viennent lécher la transpiration ou le parfum de Danièle.

Notre emplacement de pique-nique est tout près de la cabane forestière de l’Artigue.

Les vaches en estive sont juste à côté, on les surveille du coin de l’œil.

Mimi restera seule à aller se faire doucher par la cascade ! Bravo !

Petit arrêt en redescendant pour profiter d’un bel éclairage sur l’autre cascade de la balade, celle du Bibet, dont la situation est bien moins spectaculaire que celle d’Arcouzan.

Te Anau et la route de Milford Sound.

De nouveau une petite carte pour montrer le trajet dont il va être question ici :

Pour aller de Dunedin à Milford Sound, il faut traverser (en largeur) toute l’île du Sud, puisque la première est sur la côte est alors que le second est du côté ouest sur la mer de Tasman. Il n’est pas bien difficile, sur la carte, de deviner le chemin que nous avons suivi. Départ le 28 février, et première étape le soir à Te Anau.

Te Anau, c’est une petite ville au bord du gigantesque lac qui porte son nom, nous voilà donc, après avoir pris nos quartiers à l’hôtel voisin, en train d’aller faire une promenade lacustre et familiale.

On découvre au passage un bouquet de « mountain beech », une espèce autochtone de hêtre. Tawhai Rauriki, c’est son nom maori…

Autre local de l’étape, le « paradise duck » ou tadorne de Paradis, une espèce où la femelle a la particularité, contrairement à un usage bien répandu chez les oiseaux, d’être plus voyante que le mâle, comme nous la voyons ici, avec la tête et le cou entièrement blancs.

Le lendemain matin, au petit déjeuner…

Dehors, la brume semble annoncer le beau temps, avec un pâle soleil que l’on aperçoit en train de commencer à percer.

Chez les canards, c’est l’heure de la toilette.

Et en route vers Milford Sound ! Le temps semble plutôt favorable, mais que trouverons-nous là-bas ???

Premier arrêt près de l’embarcadère de Te Anau Downs, après une trentaine de kilomètres. Nous sommes toujours au bord du même lac !

La végétation est dense au bord du lac !

Continuant la route, nous entrons dans la zone du parc national de Fiordland, et atteignons la superbe vallée glaciaire d’Eglinton, avec son fond complètement plat, entourée de montagnes.

Tout le monde s’arrête pour admirer le panorama, et faire quelques selfies.

Encore quelques kilomètres et ce sont les « mirror lakes » (lacs miroirs).

L’eau y a tout de même quelques petites rides…

Après la vallée, la route commence à monter et pénètre dans les montagnes. Il y a plus de nuages, que le soleil arrive encore à traverser par endroits.

On commence à s’inquiéter au sujet du temps à l’arrivée : éviterons-nous la pluie ?

Encore une belle vallée sur la droite de notre route ; au fond, la neige est encore bien présente, ce qui est surprenant vu les altitudes (tout est au-dessous de 2500 m par ici).

Nous voilà près de l’entrée du tunnel de Homer, on est vraiment en montagne ! J’aimais imaginer la présence d’un lac derrière le mur des cascades, mais je ne crois pas que ce soit le cas 😦

Dernier arrêt avant la destination, « the chasm » (le gouffre), où un petit chemin dans la forêt nous amène jusqu’à la rivière Cleddau.

J’adore les fougères arborescentes, peut-être pour leur don de symétrie naturelle.

Nous arrivons à la rivière. Vers l’amont, on remarque déjà les formes particulières des rochers.

Et au-dessous de la passerelle où nous nous trouvons, l’eau disparaît entre des fissures aux formes compliquées, nées du travail des fragments de roches particulièrement dures, portés et propulsés par la force de l’eau descendant des montagnes environnantes.

Autre souvenir de ce bel endroit, c’est là que nous avons fait connaissance avec les « sandflies », un genre de mini moustique tout petit mais extrêmement méchant, heureusement repoussé par les produits vendus pour cet usage. Animal natif ou pas ? Mais oui, bien sûr ! Piopiotahi, c’est son nom maori, mignon, n’est-ce-pas ?

Bien enduits de « repellent spray », nous pouvons maintenant achever notre route et rejoindre Milford Sound : ce sera notre prochaine étape !

 

 

 

Artigue 2016

Une des balades incontournables de l’été, au moins une fois en principe, c’est la montée jusqu’à la cabane d’Artigue, avec saucisse ou côtelettes à faire griller, et à l’été 2016 ce fut pour nous le 25 août.

Pour cela, il suffit de remonter la vallée d’Estours en direction du Valier à partir de la centrale d’Arros (ou même du hameau d’Estours si on a le courage), en suivant le tracé du GR10 qui longe le torrent en sous-bois, ce qui en fait une promenade très agréable même par une journée très chaude comme cela peut arriver en été.

C’est peu avant d’arriver au pied de la cascade de Bibet, au niveau de la passerelle trop moderne qui ne plaît pas à Gérard, que l’on découvre notre sommet tutélaire du mont Valier, et son petit glacier d’Arcouzan qui résiste encore à la fonte généralisée constatée sur tous ses semblables, et notamment ceux des Pyrénées. Comme on peut constater, c’est vraiment du beau temps aujourd’hui !

Chaque année qui passe permet de constater des changements le long du torrent, comme cet arbre tombé en travers du lit, cette fois.

Les rayons du soleil à travers les arbres mettent en valeur les bouillonnements de la rivière. Un spectacle mouvant et toujours fascinant.

Au bout de presque 2 heures de marche, nous sortons du couvert et découvrons sur notre droite la belle cascade d’Arcouzan au fond de son écrin de roche. Le débit n’y est pas très fort en cette fin d’été.

En grimpant encore un peu sur la gauche, nous découvrons aussi avec intérêt que l’on vient (en nous voyant arriver) de mettre la saucisse à griller, le feu ayant été préparé efficacement par les trois éclaireurs, partis en avant-garde tandis que j’attendais l’arrivée tardive des toulousains.

Ici, comme cela arrive parfois en altitude, les papillons azurés ne sont pas farouches, et ils aiment bien se poser sur nous pour se délecter de quelques gouttes de sueur ou autre délice sécrété par la peau du randonneur.

Petite séquence digestion…

Nous sommes tout près de la cabane d’Artigue et de la vallée du même nom (à cet endroit). Nous y avons souvent vu des chevaux, mais ce jour-là ils ne sont pas présents.

De l’autre côté du ruisseau, la cascade est bien belle, et si certains se laissent tenter par un bain rafraîchissant, le choix des autres se porte sur elle.

Au moment de reprendre mon bâton, je suis obligée d’en chasser toute une équipe de papillons en train de suçoter la poignée.

Nous voilà presque arrivés !

Et me voilà au pied du mur ! A cette saison, ça mouille un peu mais il est tout de même possible de s’approcher avec l’appareil photo sans trop le tremper. On ressent tout de même bien le souffle froid de la chute d’eau.

Photo souvenir…

…et la vue de l’autre côté, en se retournant vers Artigue, et le bois de Japtoï.

Il ne nous reste plus qu’à rejoindre le GR10 pour redescendre le long du ruisseau, où les derniers rayons de soleil éclairent encore quelques berces, avant qu’il ne disparaisse derrière les hautes parois.

 

En route vers la vallée des couleurs.

Le lendemain, dimanche 10 avril, les pluies et les gros nuages se sont éloignés comme prévu, et le soleil est au rendez-vous pour la balade décalée, malheureusement sans Chami et Jean-Mi, contraints de regagner Toulouse avec un horaire bloqué.

Daniel a reconnu les lieux précédemment, notre but est « el valle de los colores » (la vallée des couleurs) dans le chaînon du Jaizkibel entre San Sebastian et la frontière française, une zone où l’érosion des couches superficielles par un petit ruisseau a révélé des couleurs étonnantes dans la roche sous-jacente.

Parmi plusieurs itinéraires possibles, notre guide a choisi celui qui présente le plus fort dénivelé, mais aussi la plus faible distance à parcourir. On se gare donc à un point assez élevé de la petite route qui serpente à flanc de montagne entre Pasajes et Fontarrabie.

départ

Dès le départ, vue plongeante sur l’Océan, c’est par là en bas, le long de la côte, que se situe l’objectif principal du jour.

début de la descente

On suit de vagues sentiers, il n’y a pas de balisage continu sur l’itinéraire que nous suivons, et le GPS n’est pas de trop. Sur l’horizon, les côtes du Pays Basque espagnol sont visibles très loin aujourd’hui.

balisage officiel

Nous croisons le sentier qui relie Pasajes (Pasaia) à Fontarrabie (Hondarribia) en plus de 20km de rando : trop long pour moi ! Mais il semble désormais fort bien balisé.

l'entrée d'un pré

Nous poursuivons notre descente sur des chemins de traverse. Très peu d’habitations dans toute cette zone à flanc de montagne exposée à toutes les tempêtes océaniques, mais il y a tout de même une maison habitée, protégée derrière une verrue rocheuse. C’est par ici que l’on y accède.

A travers les pins

Nous traversons maintenant une zone boisée, à travers les pins nous pouvons apercevoir la silhouette colorée d’un cargo qui attend son heure pour rentrer dans le port de Pasajes.

Première structure érodée.

Nous ne sommes maintenant plus très loin de la côte, et découvrons dans la paroi à gauche du chemin les premiers « taffoni » (érosion en forme de creux aux formes plus ou moins compliquées), avec leurs étranges structures en nids d’abeilles, résultats de caprices particuliers de la nature, liés aux spécificités du climat. Nous les avons déjà rencontré dans les porphyres de Corse !

Asphodèle

C’est le début de la saison des asphodèles…

Sale tête ...

Verrez-vous comme moi une tête aux yeux enfoncés dans de grandes orbites sombres ? Elle me toisait le long du chemin !

le belvédère

Nous voici maintenant tout près de l’Océan. Mais il n’y a pas d’accès facile…

la côte vers l'Est

…comme on peut bien le voir sur cette image de la côte prise en direction de l’Est, c’est-à-dire de la France.

trichomanès

A un détour du chemin, Daniel m’appelle et m’aide à descendre au fond d’un creux très humide aux parois ruisselantes : il a trouvé un peuplement de ces fameuses et très rares trichomanès remarquables, une fougère qui ne vit que dans des conditions de luminosité, d’humidité et de température très spéciales.

les trous jaunes dans le rocher gris

Le chemin continue, cette fois c’est un rocher à intérieur jaune, d’après la couleur des alvéoles creusées dedans.

la concha

Ici c’est la « concha », d’après certaines cartes très détaillées. Sa forme assez régulière peut en effet rappeler celle d’un coquillage, l’intérieur en est presque blanc.

le pique-nique

Ce n’est pas beaucoup plus loin que nous nous arrêtons pour un pique-nique panoramique sur un rocher en pente dont les alvéoles peuvent offrir des sièges assez confortables, en choisissant bien.

vers l'Ouest

L’Océan a une couleur splendide, aujourd’hui ! Et notre cargo attend encore pour pouvoir entrer à Pasajes.

la morille

Nouvelles sculptures naturelles non loin de là, l’aspect rappelle un peu celui d’une morille… (mmmmm !)

de la terre au ciel

Une belle traînée d’avion dans le ciel pour un petit effet de perspective amusant.

Jean-Marie photographe

Pour qui aime les photos, l’endroit est vraiment propice.

l'oeil et le bec

Ici j’ai cru voir une espèce de tête d’oiseau, avec un œil et un bec.

le bloc coloré

Là les fissures de la roche pourraient faire croire à un bloc de béton encastré. Étonnante palette de couleurs !

la descente

Nous marchons depuis un moment presque parallèlement à la côte, en montant et descendant suivant les caprices du relief.

Les couleurs sont en vue.

Et voilà que nous apercevons enfin le but de notre expédition : les couches colorées révélées par l’entaille creusée par le ruisseau Gaztarrotz, formant ce que l’on appelle « la vallée des couleurs ». Jean-Marie, attendu le soir par son fils à Bordeaux, nous quitte à regret ; quant à nous, il nous reste assez de temps pour aller musarder un peu dans cet endroit exceptionnel, je vous inviterai donc à nous y suivre dès le prochain post…