Balade improvisée.

Autour du thème récurrent du repas en cidrerie, nous voici maintenant le samedi 30 mars (2019, bien évidemment, je respecte la chronologie, moi).
Au programme, pour bien commencer, une jolie balade, à savoir la visite, sur les flancs du Jaizkibel, de la « vallée des couleurs », déjà présentée précédemment dans ce blog (https://coxigrue.wordpress.com/2016/09/15/les-couleurs-du-val/).
Départ matinal, bonne météo, pas de virus à l’horizon, tout s’annonce formidablement bien. Dernier rond-point à Fontarrabie, on s’engage sur la petite route du Jaizkibel.
« Dis donc, qu’est-ce qu’il y avait marqué sur le panneau ? »
« Bah, où ça un panneau, j’ai pas vu ! »
Hé bien, je vais vous le dire, moi, ce qu’il y avait sur le panneau. La route, notre route, la chouette petite route qui parcourt le massif du Jaizkibel côté Océan, allait être coupée tout le reste de la journée pour un rallye automobile. Finie la balade des couleurs ! Bravo les organisateurs !
Nous voilà donc tous les sept en train de réfléchir à un plan B comme Balade Bis, pas trop loin, pas trop à l’aventure. Comme Daniel et moi sommes les seuls à habiter la région, et gravement responsables de l’organisation défaillante, c’est vers nous que se tournent les regards. On se souvient alors d’avoir visité le secteur des anciennes mines près d’Irun, celles qui ont autrefois alimenté l’ancienne forge où nous devons aller manger et boire du cidre ce soir. En route pour la cidrerie, donc.
Mais quoi ! Arrivés au niveau de l’établissement, voilà que ça recommence : impossible de nouveau de poursuivre notre route plus loin ! Que se passe-t-il ? C’est à peine croyable, il y a ici aussi un rallye organisé, et défense de continuer.
Après concertation, on se décide donc à poser les voitures sur place et à faire une petite balade en circuit à partir de là, et espérons qu’on ne trouvera pas une course pédestre sur notre chemin !

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Le départ se fait en longeant par le haut la série des fours d’Irugurutzeta autrefois utilisés pour calciner le minerai de carbonate de fer, afin de le transformer en oxyde et d’augmenter ainsi sa teneur métallique.

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Nous empruntons alors un chemin très raide, sur le tracé d’un chemin de fer sur lequel descendaient les wagonnets de minerai.

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Sur le bord du chemin, des euphorbes attirent le regard, avec leur couleur si particulière.

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Pendant que je photographie, mes compagnons ont fini la grimpette et m’attendent en haut, et c’est sacrément raide !

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Après cette première partie où les wagonnets étaient manifestement actionnés par des câbles, le chemin devient presque plat. Toute cette zone est désormais un parc naturel et a été entièrement reboisée.

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Un bois mort un peu rigolo, sur le bord du chemin. C’est un garçon, apparemment !

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Le débourrage printanier touche certaines espèces avant les autres, ce qui donne cet aspect si particulier aux forêts.

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Après une nouvelle grimpette, nous rejoignons un nouveau chemin presque à plat, qui nous offre quelques beaux aperçus sur le paysage environnant, et jusqu’à l’Océan.

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Il est temps de casser la croûte !

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Les impressionnantes falaises des Peñas de Haya (Aiako Harria en basque) ne sont pas bien loin de nous.

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On reprend notre itinéraire, qui passe maintenant dans des zones d’habitation et de pâturages.

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Et de cerisiers, aussi : on connaît la célèbre confiture de cerises noires qui accompagne agréablement le fromage de brebis, dans la région.

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Puis on retraverse une zone boisée pour terminer notre boucle. Il y a là sur le talus des fleurs jaunes que je ne saurai pas vous nommer malheureusement, des composées en tous cas.

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Puis on passe devant une entrée de galerie condamnée. Ici les rails n’ont pas été enlevés.

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Petite halte en face des fours, que nous longeons cette fois par en bas.

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Ils sont de formes et de matériaux divers, mais tous possédaient les mêmes fonctions et caractéristiques : un vaste foyer de calcination, une alimentation par le sommet et des bouches inférieures pour le déchargement.

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Pour le potager, c’est de l’autre côté du ruisseau !

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Aaaah ! C’était le bon temps, quand on pouvait encore se faire des câlins, sans masque ni distance de sécurité…

Arditurri.

Revenons maintenant au Pays Basque. Au Pays Basque sud, comme on dit quand on est un vrai nationaliste pour qui le Pays Basque espagnol n’a pas le droit d’exister, même juste dans le langage. Ce n’est pas mon cas.
Pour rejoindre Arditurri et ses mines désormais abandonnées, il faut prendre des petites routes tortueuses dans les vallées, un peu vers l’intérieur, et on finit par arriver du côté sud des Peñas de Haya, alias les Trois Couronnes en français, et qui ont aussi un nom basque bien sûr mais que je n’ai pas retenu pour le moment.

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L’accès se fait depuis le parking par un petit tunnel dont la voûte a été doublée, sans doute pour éviter les chutes de morceaux sur les passants, ça le fait ressembler à un chemin de Saint Jacques, avec la perspective.

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A la sortie du tunnel, le soleil !

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Une belle barrière en bois comme j’en rêve…

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Nous sommes là au pied des Peñas de Haya (Aiako Harria, en basque, j’ai retrouvé !), dont on ne reconnaît pas exactement la forme dans ce sens. Ce sont les roches les plus anciennes du Pays Basque.

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On s’avance dans un espace qui était occupé par l’industrie minière, qui a cessé ses activités en 1984. Ici cela semble être une entrée de galerie restaurée.

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Là on découvre un wagonnet de transport du minerai.

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Sur la gauche, un espace muséal consacré au site. Il y a de quoi faire, car ces mines étaient déjà exploitées par les romains, pour le plomb, l’argent, le fer, le cuivre. 44 galeries retrouvées, dont la plupart avaient été détruites par les exploitations ultérieures, plus un aqueduc souterrain de 400m de longueur, encore actif aujourd’hui !

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L’un des sentiers proposés à la visite remonte le cours du ruisseau.

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On aperçoit même des petites cascades plus loin.

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Une retenue permet d’alimenter un canal artificiel.

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On passe près de l’entrée d’une galerie.

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Le chemin traverse le ruisseau à gué.

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Il passe près d’un ancien four.

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L’eau est limpide…

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…et la forêt dissimule désormais sous son manteau végétal les blessures infligées par les siècles d’exploitation.

 

Autrefois les mines (13 août 2018)

Maintenant que de nouveaux projets d’exploitation minière se précisent dans la haute vallée du Salat (mines de Salau), il est temps de s’intéresser aux anciens sites abandonnés, nombreux dans nos montagnes, et c’est avec cette idée que nous partons ce 13 août accompagnés de Jean-Marie vers la haute vallée du Lez, un peu à l’ouest de celle d’Estours. Nous rejoignons d’abord le village de Seintein, puis nous poursuivons encore vers le sud jusqu’à Eylie, et même plus exactement le Bocard d’Eylie, où on se gare près des anciens bâtiments miniers abandonnés.

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L’idée est de suivre en remontant le fond de la vallée, jusqu’au cirque de La Plagne. Allons-y !

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Toute exploitation ayant cessé depuis les environs de 1960, les bâtiments se dégradent tranquillement depuis cette époque.

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Un artiste piloté (ou peut-être seulement autorisé ?) par la mairie de Seintein est venu déposer sur un de ces murs lépreux une image naïve de sa montagne rêvée, exempte d’installations minières et de dépôts polluants.

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Au départ du chemin, nous voici avertis ! Les sols sont impactés, sans que l’on aille jusqu’à nous dire par quoi.

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Cette enfilade de bâtiments est l’ancienne laverie de minerai. Facile, on utilise l’eau des ruisseaux ! Puis les eaux usées s’en vont toutes seules vers l’aval…

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Une ancienne carte postale nous montre la même chose une centaine d’années plus tôt.

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Nous commençons à avancer sur le chemin. Le long de la crête à notre droite, une conduite descend (et parfois remonte) d’un bout à l’autre, sans que l’on sache quelle est (ou a été) son utilité.

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Sur le bord du chemin, des fleurs ordinaires, comme cette belle scabieuse.

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Et sur les flancs de la vallée, des poteaux peu ordinaires, moches et désormais, pour la plupart, inutiles.

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On franchit le ruisseau !

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Il y a des œillets, qui sentent bon, mmmmm….

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Des dépôts miniers, au bas du ruisseau d’Urets, sur l’autre rive.

 

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Le chemin continue vers le cirque que l’on aperçoit maintenant plus loin.

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Une belle carline bien piquante attire mon attention : mon amie Itxaro aimerait en avoir une pour la porte de sa maison. Pousse-toi, l’abeille !

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Sur l’autre versant, une grande saignée toute droite essaye de se donner un air naturel, mais je n’y crois pas beaucoup.

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Le porteur de carline examine la situation…

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…ou peut-être seulement la scène familiale de l’autre côté du ruisseau ?
Quelles teneurs en métaux lourds dans la viande de ces animaux ?….
Mais trêve de mauvais esprit, il est temps de redescendre au Bocard ! Le ciel devient menaçant !

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Pas de photo de la descente, le ciel menaçant étant passé à exécution et nous ayant copieusement arrosé. L’appareil était donc à l’abri. Merci Jean-Marie pour cette image finale, on a l’air vraiment malins sous nos protections de fortune.

 

Les mines d’Irugurutzeta.

Le mois de janvier, c’est le plein hiver, en tous cas en Europe. Il fait volontiers frisquet, même au Pays Basque, et les jours sont encore très courts. Lors des belles journées, qui ne se succèdent pas forcément à un rythme effréné, il faut en profiter pour aller découvrir les curiosités environnantes, et il n’en manque pas. Le 28 janvier dernier (2018, donc !), notre choix se porte sur la zone des anciennes mines d’Irugurutzeta (eh oui, ça se passe encore une fois au Pays Basque !) juste à côté d’Irun. Suivez-moi !

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La cidrerie Ola, que nous avons déjà visitée plein de fois pour de toutes autres raisons, aura été notre premier indice dans la découverte des mines d’Irun, puisqu’il s’agit d’une ancienne forge. C’est d’ailleurs tout près d’elle que nous allons nous garer aujourd’hui avant d’attaquer notre circuit. Et c’est presque tout de suite que nous trouvons ces anciens baraquements transformés en habitations, peut-être destinés à loger du personnel lié au site minier, récemment réhabilité.

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Comme souvent au Pays Basque, les ruisseaux ne manquent pas.

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Il y a même une passerelle pour aller de l’autre côté, là où l’herbe est plus verte.

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Le long de ce ruisseau est alignée une rangée de fours de formes et de matières différentes. Témoignages les plus visibles de l’exploitation, ils servaient à la calcination du minerai de fer.

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Nous décidons de commencer le circuit en empruntant une rampe très raide correspondant au trajet de la voie de chemin de fer, déposée depuis. Arrivé en haut de la rampe, le chemin redevient presque plat, ouf !

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Le secteur a bénéficié d’un reboisement assez récent.

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Une échappée entre les arbres nous permet d’apercevoir la grande cascade d’Aitzondo.

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Notre itinéraire a rejoint un chemin plus large et moins accidenté, que nous commençons par suivre vers la gauche pour finir par arriver à l’entrée d’une galerie condamnée par une grille, de laquelle sort un flot continu, et où des militants de la cause basque sont venus armés de pots de peinture pour exprimer leurs revendications auprès d’un public choisi.

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Nous faisons demi-tour après cette étrange découverte et reprenons le chemin dans l’autre sens, qui nous procure quelques échappées vers l’Océan tout proche.

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En se retournant, on voit un autre chemin en contrebas.

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Et maintenant, c’est l’ermitage San Marcial que l’on aperçoit là-haut.

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Nous arrivons à une petite cascade qui traverse carrément notre chemin !

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Puis nous sortons de la partie montagneuse et sauvage autrefois dédiée à l’exploitation minière pour entamer la descente dans une zone agricole, et même résidentielle : Irun n’est pas loin. C’est l’heure du goûter, et les moutons ne sont pas en tas, mais plutôt en vrac, ce qui n’est pas si fréquent, car l’animal est grégaire.

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On admire le regard vif et profond … 🙂

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Pour finir, on achève le circuit en rejoignant les fours avec leurs grandes bouches béantes.

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Il y en a une fameuse rangée ! Le soleil les éclaire, maintenant, c’est mieux pour les photos.

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Près des anciens baraquements, il y a un petit potager où quelqu’un qui savait le faire a planté des choux (vous savez, il y a une chanson…) Il n’est malheureusement pas impossible que leur teneur en métaux lourds explose toutes les normes, dans cet endroit où les mines étaient déjà exploitées à l’époque romaine.