La frontière dans les Albères.

De la Méditerranée à l’Océan, puis de l’Océan à la Méditerranée, le 11 décembre nous sommes de retour à Argelès, non plus pour cause de signature mais pour cause de déménagement cette fois. Alors, autant en profiter pour faire une expédition à la frontière et ajouter quelques bornes à notre collection des pays de l’Est.

Un superbe horizon Canigou pour commencer cette journée, qui s’annonce sous de bons auspices. Les premières neiges ont revêtu de blanc les sommets du massif, et c’est ainsi que je le préfère.

Nous avons pris la route du Perthus, puis tourné à gauche en direction du col de l’Ullat. Depuis la route, on bénéficie de quelques superbes échappées sur la plaine du Roussillon, où l’on peut constater l’importance grandissante de l’urbanisation.

Quelques centaines de mètres après le col de l’Ullat, nous quittons la route pour prendre une piste sur la gauche, dont nous espérons qu’elle pourra nous amener au-delà du pic Neulos, qu’elle contourne par le flanc nord, mais… nous voilà prévenus !

Après des débuts faciles, nous voici confrontés à l’incertitude de la viabilité annoncée sur le panneau. Pour effectuer les sondages de terrain nécessaires, il faut se chausser en conséquence, avant même le début de la balade.

On est passé ! Nous voilà donc parvenus au pied du pic Neulos, côté Sud-Est, on se stationne au pied d’un réservoir d’eau, au lieu dit « pla de la Tanyareda ».

A notre droite, le puig Neulós, 1256m, point culminant du massif de l’Albère, et son inévitable pylône émetteur TDF de 67 m de haut. Je laisse à mes lecteurs curieux le petit exercice de calcul mental qui leur donnera l’altitude au sommet de ce joli pylône.

Pas besoin d’aller bien loin pour trouver notre première croix frontière, gravée sur un rocher et portant le numéro 583.

Ici, la frontière suit la crête, ce qui est la configuration que je préfère du point de vue de la balade. Après avoir admiré la vue aérienne sur le Roussillon vers le Nord, nous profitons donc de la même situation côté Sud avec, au-dessous de nous, la mer de nuages qui recouvre la plaine de l’Ampurdán.

Nous suivons ici le GR10 transpyrénéen, comme l’indique la marque rouge et blanche. Nous passons près du refuge de la Tanyarède, sur lequel le soleil du matin projette les ombres des arbres environnants.

En direction de la mer, les derniers contreforts pyrénéens s’offrent à notre regard en plans successifs émergeant des nuages, du grand spectacle !

Nous trouvons la croix 584 au « coll del faig », c’est-à-dire au col du hêtre, où se trouve également cet énorme spécimen. J’ignore si c’est lui qui a donné son nom, mais il semble désormais en mauvais état, sans doute trop fragilisé par l’âge pour résister encore à la violence de la tramontane.

Plus loin sur la crête, ce sont je pense des aubépines qui nous indiquent très clairement par leur coiffure la direction du vent dominant.

Encore deux croix frontière et nous arrivons au « coll de l’Estaca », notre dernière croix (gravée 586) de la journée s’en trouve d’ailleurs très près. La clôture qui grimpe tout droit depuis le col en direction du puig de Pradets marque très probablement elle aussi la limite entre les deux pays.

La piste sur laquelle nous sommes garés arrive elle aussi au coll de l’Estaca, nous choisissons donc l’option piste, qui n’a pas l’air beaucoup plus longue, pour l’itinéraire de retour. Ce sera donc nettement plus boisé, et attention car certains arbres nous ont à l’œil !

On s’écarte un peu de la piste pour casser la croûte, car le parcours en forêt nous fait découvrir que les chasseurs ont investi le territoire, la viabilité de la piste étant bien suffisante pour leurs gros 4×4.

Un arbre au féminin ?

Au bord du chemin, une source captée et signalée, mais quel scandale ! Deux fautes en trois mots sur ce panneau ! On ressent bien l’énervement du correcteur !

Les hêtres sont l’essence dominante ici, et comme ils ont déjà perdu leurs feuilles le soleil peut pénétrer dans le sous-bois, c’est beau.

Quelques vaches paissent tranquillement dans une petite clairière. Ce sont des massanaises, une race locale dont il ne reste que quelques dizaines de spécimen. Prévenus qu’elles avaient une tendance avérée à s’attaquer aux promeneurs, nous passons notre chemin sans faire les malins.

Dernière curiosité le long de notre parcours, nous découvrons ici un de ces puits à glace où l’on stockait autrefois la neige pendant l’hiver pour l’utiliser ensuite pendant la période chaude. Une glacière géante pour pouvoir mettre un glaçon dans son pastis du soir, déjà au XVIIe siècle !

Nous n’avons plus beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la voiture et retourner à Argelès pour passer à la maison notre avant-dernière nuit… c’est la fin d’une longue et heureuse époque.

 

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La croix de les Eres.

19 octobre, encore une belle journée dans les pays de l’Orient pyrénéen!

Nous commençons par un passage à la maison de Portbou, où les divers travaux d’amélioration nécessitent quelques prises de mesures.

Surprise en arrivant !

Nous sommes bien le 19 octobre, et voilà que le poirier en bas du chemin est en fleurs ! Le malheureux ! La douceur et les pluies de l’automne lui ont fait croire que le printemps était là ! Hé bien, on peut déjà être sûr qu’il ne donnera pas de fruits en 2017, celui-ci.

Petite séquence observation et contemplation pour moi pendant la prise des mesures nécessaires par le responsable bricolage.

Et maintenant, en route pour aller marcher un peu sur le fil de la frontière, à la recherche d’une nouvelle croix – enfin, nouvelle pour nous – la 590 au Nord-Ouest du col de Banyuls.

La signalétique habituelle nous propose un choix de balades parmi lesquelles je n’ai encore jamais vu une borne ou une croix frontière, à l’exception peut-être du col des trois bornes au Pays Basque. Mais qu’à cela ne tienne, par ici la frontière suit plus ou moins la crête, et c’est vers la gauche que nous nous dirigerons, tout d’abord vers le petit refuge tout proche (0,1K, dit le panneau) où nous allons profiter des bancs maçonnés pour prendre notre casse-croûte avant d’attaquer la balade proprement dite.

Il y a même un portemanteau pour accrocher sa veste pendant le repas ! Quel confort !

L’endroit est propre et bien entretenu, il y a même de l’eau (à utiliser avec parcimonie, bien entendu). Je ne sais pas s’il est très fréquenté, c’est la deuxième fois que nous y venons et nous n’y avons vu personne, mais nous avons apprécié l’endroit.

Après s’être restaurés, nous attaquons la première montée, plutôt raide. En nous retournant, nous voyons le col de Banyuls en bas, et même au bord de la route la borne frontière 591, si l’on regarde bien.

En regardant vers l’Est, la crête de l’Albère qui continue jusqu’à la mer est dominée par le Querroig, derrière lequel se trouvent les villages de Cerbère et Portbou.

Nous suivons un sentier bien marqué, qui suit à peu près la crête.

Vers l’Est, c’est Banyuls. Nous longeons des plantations de cèdres.

Vers l’ouest, ce sont les vallonnements de l’Albère, et les sommets de Cerdagne au-delà.

Plus près de nous, vers le nord, c’est le massif du Sallfort (980m) dont j’ignore si nous voyons ici le sommet, ou seulement des contreforts.

Lorsque nous atteignons le Pla de les Eres, c’est le balcon de La Madeloc avec sa tour qui nous barre la vue vers l’est

alors que vers le sud nous apercevons au loin la belle courbe de la baie de Roses. Le chemin continue encore un peu, quand soudain…

la voilà ! Elle est bien peinte et bien visible, mais la rangée d’arbres qui borde ici le chemin nous en sépare.

Il faut donc revenir un peu en arrière pour la voir bien dégagée sur son rocher.

Dans l’ACTE FINAL de l’accord de limites entre l’Espagne et la France par les Pyrénées, signé à Bayonne le 11 juillet 1868 se trouve l’article suivant :

590. Serrat de Castel-Serradillou et Pla de las Erès, où la croix est verticale, regardant l’Ouest, et à 15 mètres à l’Orient du sentier.

Bientôt 150 ans depuis la signature à Bayonne, et la croix est toujours là, fidèle au poste.

Il nous en reste encore beaucoup à découvrir !

 

Balade en pays de l’Est : la borne 594.

9 octobre, nous revoilà côté catalan des Pyrénées. Les conditions sont favorables pour tenter une nouvelle expédition « borne », cette fois vers la croix frontière 594, à savoir la première qui manque à notre collection en partant à rebours depuis la fameuse (et ultime) borne 602 découverte dans sa grotte au mois de juillet dernier à l’aide de notre frêle esquif.

Cette borne 594 est celle qui semble la plus difficile à atteindre pour moi et mes genoux à handicap dans ces parages, vu la distance qui la sépare de la zone carrossable la plus proche. Annie nous fait le plaisir de se joindre à nous…

On a même fait un bout de piste en voiture pour raccourcir le plus possible le trajet à marcher. Préparatifs…

Autour de nous, côté français, le vignoble de Banyuls est dominé par la tour de la Madeloc.

De vignes en garrigues, la vue s’étend jusqu’à la mer.

La végétation offre un beau nuancier de verts, des lavandes papillon aux bruyères en passant par les cistes et autres plantes plus ou moins agressives pour les mollets du randonneur.

Sur le versant espagnol, les formes du relief sont encore plus douces, mais la mer n’est pas encore visible, elle se trouve plus sur la gauche.

Notre chemin monte maintenant rudement, et en nous retournant nous apercevons en contrebas le col de Banyuls, et même notre voiture un peu plus près de nous.

On a préféré le chemin le moins escarpé, qui passe à flanc côté français en évitant les crêtes. Il est aussi plus long, et pas toujours très déroncé (un néologisme que tout le monde comprendra je l’espère).

On m’attend en devisant gentiment.

Nous avons maintenant de nouveau rejoint les crêtes et découvrons au-dessous de nous vers le Sud les restes de l’abbaye bénédictine de Sant Quirze de Colera, construite entre les IXe et XIIe siècles.

Côté français, le village de Banyuls est maintenant bien visible, et la Grande Bleue mérite bien son nom.

Après le passage au coll del Torn et la croix frontière 593 que nous connaissions déjà, nous poursuivons vers le Puig d’en Jordà, puis le coll del Teixó. Nous restons encore impressionnés par la précision de l’altitude communiquée sur le panneau !…

La croix 594 ne peut plus être bien loin, elle n’est même pas à 1 cm sur la carte, mais elle se cache bien…

A quelques mètres du sentier, gravée sur un rocher plutôt insignifiant et enfoui dans les buissons de genêts, il a fallu la souligner à la craie pour la rendre bien visible sur les photos. Notre but atteint, nous pouvons pique-niquer sereinement avant d’entamer le chemin du retour.

Pas si large que ça, le sentier, dans le secteur !

Les chardons sont bien secs à cette saison, mais ils gardent bien leur piquant !

Notre chemin de retour suit davantage les crêtes, c’est beau.

Par ici, tous les chemins mènent au coll del Torn !

Une belle lumière sur le côté français…

Au-delà du balcon de la Madeloc, c’est la côte du côté d’Argelès.

Lorsque nous rejoignons la voiture, la lumière s’est faite plus dorée et donne des couleurs plus chaudes au paysage environnant. Mission accomplie, la croix 594 a été débusquée, au prix d’une superbe balade ; mais il nous en reste encore bien d’autres à découvrir !

 

La Cova Foradada.

20 juillet 2016 : voici venu le jour idéal pour tenter une expédition vers l’ultime borne frontière, la croix 602 dans la Cova Foradada au-delà du cap Falcó que nous voyons depuis la maison, en direction de Cerbère. Le frêle esquif se comporte bien, le vent et la houle seront faibles d’après les prévisions, avec du beau temps, les conditions sont donc réunies.

Réveil de bonne heure, le village est encore endormi lorsque nous arrivons le long de la plage.

le frêle esquif près de la barque

On dépose notre embarcation près de l’ajuntament, puis Daniel s’en va garer la voiture avant de me rejoindre à pied, et c’est parti !

on approche

Le capitaine ayant eu la géniale idée d’acheter une deuxième rame, me voilà obligée de pagayer aussi, au lieu de me laisser balader en faisant des photos. Je ne prends donc l’appareil qu’à l’approche du but de l’expédition, ce qui arrive plus vite que nous ne le pensions a priori. La Cova Foradada s’ouvre déjà devant nous, c’est ce grand orifice noir au bas de la falaise. Continuons notre approche !

la cova foradada

Les conditions sont favorables, ça ne bouge vraiment pas beaucoup, et comme nous nous rapprochons nous commençons à apercevoir le jour de l’autre côté de la grotte, qui traverse le promontoire rocheux : une ouverture en France, une ouverture en Espagne.

entrée de la cova foradada

Nous voilà tout près de l’entrée. L’accostage n’a pas l’air des plus aisés, il faut trouver un endroit praticable. On se décide pour le côté gauche, où on pourra peut-être hisser le bateau sur les rochers.

les blocs à l'entrée

Nous y sommes ! Mais punaise, c’est loin d’être une autoroute, réussirai-je à franchir ces énormes blocs qui barrent l’accès ?

dans la cova foradada

Hourrah ! J’ai réussi ! Me voilà à l’intérieur de la grotte, où se trouve bel et bien la dernière croix frontière attendue, une belle plaque de granit gravé scellée dans la paroi.

la plaque gravée

ancienne croix peinte

A côté, sur la même paroi, on voit encore les traces de l’ancienne croix peinte en rouge sur fond blanc.

côté France

L’ouverture côté France !

récupération

L’endroit n’étant pas particulièrement accueillant, pas besoin d’y passer des heures, nous rejoignons donc notre frêle esquif qui nous attend sagement sur son rocher, après avoir franchi les gros blocs en sens inverse.

remise à l'eau

On le remet à l’eau…

le rameur

…et on arrive à remonter dedans sans chavirer ni tomber à l’eau, ce qui n’est pas si évident en pratique. En route pour le retour !

sortie de la grotte

L’endroit est vraiment superbe, mais peut très vite devenir dangereux pour un frêle esquif en caoutchouc gonflé. Les conditions météo doivent vraiment être optimales pour venir là. Nous reprenons les pagaies.

le capCerbère

Derrière nous, nous laissons la pointe du Cap Cerbère, avec son phare solaire bien visible.

entrée dans la baie de Portbou

Nous arrivons maintenant à l’entrée de la baie de Portbou. En face de nous, on peut voir la maison, seule dans sa montagne, dominant les digues du port.

le bateau des plongeurs

Tout le secteur au pied des falaises est favorable pour la plongée, et en voici qui s’apprêtent à en profiter.

l'entrée de la Cova del Bou Marí.

En longeant le bas des falaises, nous découvrons l’entrée d’une autre grotte, je pense, d’après la carte, qu’il s’agit de la Cova del Bou Marí, la grotte du bœuf marin, littéralement. Il faudra que je songe à me renseigner sur l’origine de ce nom.

transparence

La transparence et la couleur de l’eau sont magnifiques.

le pin qui penche

Au-dessus de nous, en haut de la falaise, un pin (on le voit très bien depuis la maison) résiste, on se demande comment, à l’appel du vide. Pour combien de temps encore ?

Quant à nous, contents de notre exploration, nous rallions tranquillement la plage pour une baignade rafraîchissante.

 

L’Albère sans Einstein.

…mais toujours avec le même guide confirmé, surtout depuis qu’il utilise un GPS !

Ayant quitté la Provence le 8 mai, nous voici le 10 mai de retour dans le Roussillon et en route pour une petite expédition sur la frontière où nous cherchons cette fois la croix 582. Elle se trouve à un col appelé « coll Fourcat », et pour la rejoindre nous allons partir du hameau de Saint Martin d’Albère.

panneau d'entrée

Nous y voilà! Saint Martin est l’un des quelques hameaux de la commune de L’Albère, qui comptait, en 2013, 82 habitants. Aucun de ces hameaux ne s’appelle L’Albère, c’est le nom du massif montagneux sur lequel se trouve la commune. A Saint Martin, il n’y a pas grand chose : à première vue, juste une vieille église romane fortement privée, avec clôtures et panneaux, et une grosse ferme à côté. C’est là notre point de départ : nous devons emprunter le chemin qui longe la ferme et monter vers le col à travers la forêt.

les vaches de St Martin

Près de la ferme, un beau troupeau de vaches est occupé à tondre le gazon.

vue vers Céret

Au loin, la vue porte vers Céret et les villages de la vallée du Tech.

le chemin

Nous commençons par suivre une piste, en faisant bien attention au chien comme il est indiqué. En fait il devait être occupé à autre chose.

le ruisseau

Après quelques dizaines de mètres, un ruisseau traverse notre chemin sur un passage bétonné, et retombe en cascade vers son lit naturel.

rameaux d'épicéa

Les nouvelles pousses des conifères sont d’un joli vert tendre.

aire de repos

Nous montons maintenant par un sentier à travers la forêt. Nous passons à côté de deux terrasses aménagées, avec table et bancs de pierre.

inscription

Une pierre gravée nous indique qu’il s’agit là d’une aire de repos : « asseyez-vous, c’est que ça fatigue, la montagne » ! dit-elle à peu près.

coeur et flèche

Même Cupidon est un jour passé par là !

montée dans la forêt

Nous montons, entre les arbres, en suivant les balises rouges et blanches.

coll Fourcat

Nous voici au coll Fourcat. La croix frontière ne doit pas être bien loin, voyons un peu sur le GPS de quel côté elle se trouve.

la croix 582

Et voilà, on l’a vite trouvée. Pourtant, ces croix gravées sont bien moins faciles à voir que les bornes !

fleurs blanches

Dans l’herbe, des fleurs blanches que je ne connais pas.

barrière - frontière

Pour franchir la frontière et continuer vers l’Espagne, il faudrait sauter la barrière, ce que nous ne ferons pas.

les genêts en fleurs

Nous redescendons vers Saint Martin par le même chemin, en admirant au passage les genêts en fleurs…

ancolie

et de nombreuses ancolies ; ces somptueuses fleurs sauvages, que l’on rencontre au printemps tout le long des Pyrénées, sont parmi mes préférées.

Arnéguy, encore une fois.

Profondément frustrés par cette histoire de borne impossible à atteindre, il était clair que nous allions refaire une expédition le plus tôt possible, avec l’équipement nécessaire pour nous frayer un chemin jusqu’à elle. Ce fut donc le surlendemain, 19 février, qu’une nouvelle fenêtre météo nous permit de reprendre la route d’Arnéguy, bien décidés à atteindre cette fois l’inaccessible borne 187. Même itinéraire, même parking et même début de parcours que l’avant-veille ; mais le temps n’est pas aussi beau.

l'arbre nu

Du coup, il ne manque pas grand chose pour que cette photo soit juste en noir et blanc : les nuages, bien serrés, ne laissent pas voir beaucoup de ciel bleu.

le mendimotcha

Comme nous progressons de nouveau le long du sentier bordé de ronces, la vue vers le Mendimotcha et l’Adarza est bien différente avec ce ciel gris, et on se demande ce que cela nous réserve.

les grues

Des cris très caractéristiques nous font soudain lever la tête : les grues sont de retour ! Elles sont plusieurs centaines à passer au-dessus de nous, en direction du Nord !

nettoyage borne 187

Après un long travail pour rouvrir un chemin au milieu des ronces, nous voilà enfin à la borne 187 ! Un peu de toilettage avant les photos pour l’album.

les pentes du Mataria

Puis nous poursuivons notre chemin en direction de la borne 186, toujours en suivant à peu près la clôture à flanc de montagne. En regardant attentivement, on peut déjà l’apercevoir, un peu au-dessus des piquets.

une fleur bleue

Une fragile fleur bleue attire mon objectif, je me demande s’il s’agit d’une variété de scille.

la borne 186

Nous y voilà, à la 186, elle est un peu plus haut que la ligne de barbelés, et regardez bien, les nuages commencent à se morceler, par là-haut.

les vertes prairies

Un petit rayon de soleil commence même à éclairer les beaux pâturages verts de l’autre côté de la vallée.

près de la borne 185

Nous voici maintenant près de la borne 185, carrément encerclée de fils barbelés. Et derrière les montagnes à l’ouest, on voit que c’est maintenant le bleu qui gagne du terrain…

vers le sud

tandis que vers le sud, les rayons du soleil se glissent au-dessous des nuages encore bien présents.

borne 184

Lorsque nous arrivons à la borne 184, il n’est plus temps de continuer jusqu’aux suivantes, car il faut penser au retour.

le chemin dans la pente

Mon guide m’attend patiemment, les sentes mal tracées dans la pente ne sont pas très faciles pour mes genoux.

le chemin dans les ronces

Puis nous retrouvons le chemin entre les haies de ronces, et c’est le retour jusqu’à la voiture.

Mais soyons un peu curieux, en regardant attentivement la carte, on peut penser que notre petite route, qui continue vers le haut, va peut-être nous permettre de changer d’itinéraire pour revenir à la vallée d’Arnéguy.

Akorraineko lepoa

Et en effet, c’est une route goudronnée qui nous amène jusqu’au col Akorraineko lepoa. Le ciel s’est maintenant complètement dégagé et la vue y est magnifique.

Mataria

Derrière nous, le sommet arrondi du Mataria, tout doré par les derniers rayons du soleil, déjà bien bas.

Saint-Jean-Pied-de-Port

En direction du Nord-Est, Saint-Jean-Pied-de-Port au pied de l’Arradoy.

le Monhoa

Vers le Nord, c’est le Monhoa qui domine une jolie petite vallée.

Nous prenons sur la droite la route qui va nous permettre d’y descendre.

prairie verte

Même si le soleil ne touche plus ici, le velours vert des prairies y est d’une intensité étonnante : c’est la vallée d’Onçorone, une sorte de paradis pour brebis méritante.

Le détour valait vraiment la peine !

Arnéguy, le retour.

Le lendemain, 17 février, le temps étant encore favorable, et l’envie toujours là d’aller chercher quelques nouvelles bornes, nous voilà de retour dans la vallée d’Arnéguy, en train de sillonner de nouveau les petites routes qui escaladent le versant Ouest près de la frontière pour chercher à rejoindre la ou les bornes suivantes, ou plutôt précédentes si je tiens compte de leur numérotation, qui va en décroissant lorsqu’on se rapproche de l’Océan.

la petite route

On gare la voiture encore un peu plus haut que la veille, dans un virage de la route.

l'autre versant

Nous suivons le chemin à l’entrée duquel nous sommes garés, en direction de la frontière. A travers les arbres qui le bordent, on peut voir l’autre versant de la vallée avec ses sommets enneigés.

vers le fond de la vallée

Après quelques passages bien humides, le chemin devient complètement impraticable, il faut faire demi-tour et tenter de rejoindre le sentier frontalier en traversant la prairie au-dessous.

le sentier frontalier

Après avoir réussi à franchir la clôture du pré non sans quelques difficultés, et à l’aide de quelques outils, nous retrouvons le sentier frontalier un peu plus loin que nous l’avions laissé la veille au niveau de la borne 190. Le sécateur n’est pas inutile ici, comme on peut voir, car les ronces affichent une santé insolente.

le pic de Beillurti

Sur l’autre versant, c’est le pic de Beillurti qui domine le secteur, avec ses 1114m.

la borne 189

La borne 189 est bien enfouie sous la végétation, il va y avoir du travail pour la dégager un peu !

le versant vert

Pendant que Daniel opère le débroussaillage, j’en profite pour faire quelques photos, j’ai largement le temps de cadrer, changer d’objectif…

le sommet du pic de Beillurti

Le contraste est grand entre les prairies dans les pentes et les sommets enneigés.

le sentier frontalier 2

Le sentier continue, le long d’une clôture qui semble matérialiser la frontière, mais il est bien envahi, et pas par des hordes de promeneurs : ce jour comme la veille, nous ne croiserons absolument personne.

Mendimotcha

En progressant, nous pouvons maintenant découvrir plus à l’Ouest un sommet un peu plus élevé, je pense qu’il s’agit du Mendimotcha, 1224m. D’après ma carte, la borne frontière 177 se trouve à son sommet, mais ce n’est pas aujourd’hui que nous irons la visiter.

la borne 188 couchée

C’est près d’une source, après avoir franchi une nouvelle clôture, que nous découvrons, couchée, la borne 188.Nous continuons notre chemin, qui doit nous mener aux bornes suivantes. Mais il devient de plus en plus difficile d’y progresser.

ajonc

En plus des ronces, il y a aussi les ajoncs (les chachis) , dont les épines sont également redoutables, on peut le voir ici.

la borne inaccessible

Après quelques recherches, nous apercevons enfin au-dessous de nous la borne 187, qui dépasse à peine de la végétation. Impossible d’envisager de la rejoindre pour aujourd’hui, il est déjà trop tard et il y en a pour un sacré bout de temps pour en dégager l’accès. Une photo pour témoigner qu’on l’a bien vue, et nous repartons vers la voiture, par le même chemin.

le pré

On referme soigneusement la clôture du pré, bien sûr.

la chapelle d'Ibañeta

Puis on rejoint la voiture, mais avant de regagner la côte, on aura la curiosité de pousser jusqu’au col d’Ibañeta (le col de Roncevaux, pour les français) où une chapelle moderne a été construite près de l’emplacement de celle dont la cloche guidait autrefois les pèlerins de Saint Jacques perdus dans le brouillard.