Le petit point agricole de début juillet.

En passant par l’Ariège, à une période où il faut composer avec les contraintes imposées par les fadas de la pédale – autrement dit le passage du Tour de France dans les Pyrénées – nous consacrons quelques jours, reclus dans notre camp retranché couseranais, aux quelques travaux de jardinage indispensables à cette époque capitale du début de l’été.

Une bonne surprise : malgré la gelée tardive qui a sérieusement affecté les pommiers en 2017, le pommier « reinette d’Angleterre », qui contrairement à ce que l’on pourrait croire, nous a été vendu comme une variété locale, prépare ses premières pommes, une douzaine, déjà bien jolies. L’avenir ne nous permettra pas d’aller plus loin dans notre découverte, car les chevreuils se chargeront dès la fin de l’été de les faire disparaître !

A la serre, les tomates poussent bien, et ce n’est pas encore la saison du mildiou.

Elles ont déjà des fleurs…

…et même des débuts de fruits ! A poils, les bébés tomates, curieux, non ?

Star de l’année : LA poire, sur le nouveau poirier william planté l’année précédente ! Unique, et délicieuse …

Les campanules ne sont pas nulles, et même bien jolies, même si elles ne sont pas cultivées.

En repartant vers l’Est via la route du Tour, nous découvrons un superbe panorama sur le Valier et la vallée d’Estours !

En juin, naturellement (suite).

Restons encore un peu en Ariège, où Dame Nature, en ce mois de juin, est en pleine activité.

Les quelques cerises du jardin d’en haut feront le bonheur des geais… deux jours d’absence et il n’en restait plus une seule !

Les premières ipomées s’offrent en un spectacle éphémère mais souvent renouvelé.

Les hémérocalles, encore.

Après la pluie, les plantes les plus insignifiantes se parent de perles somptueuses.

Ce visiteur ailé porte le prénom de tristan, et il a de bien beaux yeux sur ses ailes.

Une butineuse rescapée, les ruches ayant été décimées pendant l’hiver.

Les délicates étoiles bleues des campanules s’épanouissent le long des chemins.

Le chemin a retrouvé sa nef de verdure, comme on dit à Combelongue. Pas de marronniers ici, frênes et noisetiers forment l’essentiel de l’architecture végétale.

Certaines fleurs sont presque à visage humain, si l’on s’approche vraiment.

Tout comme les abeilles, les papillons se font maintenant rares, alors que notre vallée était jusqu’à maintenant une zone très riche de ce point de vue.

Seulement quelques individus, même pour les espèces autrefois très présentes comme ce tabac d’Espagne…

…ou ce Robert-le-diable.

Toujours aussi belles quoique moins envahies par les insectes butineurs, les ombelles blanches des berces.

Et, comme toujours, au milieu coule une rivière…

Herbier méditerranéen.

Les travaux avancent bien en ce beau mois d’avril, même sur le toit grâce à la modération de la tramontane. Lorsque les tâches d’intendance me laissent quelque répit, je peux me consacrer à la surveillance du village…

…que l’on n’est pas habitué à voir entouré d’autant de verdure.

De la verdure, il y en a autour de la maison aussi. Comme les conditions favorables ne durent pas bien longtemps par ici, toutes les plantes se dépêchent de fleurir avant de se ratatiner autour des réserves secrètes qui leur permettront de laisser passer la longue sécheresse de l’été et d’attendre les précipitations hivernales pour sortir de leur léthargie. C’est donc la meilleure époque pour réaliser un début d’inventaire floristique local. Voici ce que j’ai pu identifier :

Les lavandes papillon.

Les liserons de Provence.

Les griffes de sorcières, une des rares espèces introduites à s’être adaptée au climat.

Les cistes, avec leurs fleurs toutes chiffonnées.

L’urosperme de Daléchamps, quel drôle de nom !!!!!

La laitue vivace.

Les chardons laiteux.

Même les pins développent ce que je croyais être des fleurs mâles et qui sont en fait les cônes mâles. Car les pins sont des gymnospermes (!), et non pas des angiospermes (!!!!) et donc les pins n’ont pas de fleurs, qu’on se le dise ! Ce sont tout de même ces cônes mâles qui produisent le pollen dont la seule évocation suffit à faire rougir les yeux et couler le nez des vrais allergiques.

C’est le jour du départ, nous sommes le 22 avril, et les travaux prévus ont été terminés avec succès, ouf. Nous prenons cette fois la route du Sud pour aller rentrer en France par le col du Perthus, car nous devons passer par Le Boulou. Après Llançà, au bord de la route, se dresse un château qui, depuis quelques années, a fait l’objet de restaurations, on décide de s’y arrêter pour la première fois. Nous n’y verrons pas grand chose car il n’est pas ouvert à la visite, du moins à cette époque.

Mais on peut au moins y compléter notre petit herbier local en découvrant ce magnifique pied de pavots.

C’est la première fois que je rencontre cette fleur mythique dans cette région à l’état sauvage. Il s’agit là d’un authentique pied de pavot somnifère, la variété même avec laquelle on peut produire l’opium ! Les châtelains de Quermançó cultivaient-ils le pavot ? Ma flore affirme qu’il a été cultivé dès les temps anciens pour la fabrication de l’opium…

Quoi qu’il en soit, le promontoire rocheux sur lequel se dresse le château offre une vue saisissante sur la partie orientale de la chaîne des Pyrénées, et singulièrement sur le célèbre massif du Canigou, encore enneigé à cette saison. Profitons-en un peu, puis poursuivons notre chemin de retour.

Trois bornes à Esnazu.

26 mars 2017, ça y est, on est pratiquement remis du grand décalage. C’est dimanche, jour de changement d’heure de surcroît, nouvel ajustement à la marge en ce qui nous concerne. Cela ne nous met pas en avance pour la journée, mais si nous partons droit au Sud vers la vallée des Aldudes, il nous reste assez de temps pour essayer de trouver les trois bornes qui nous manquent au-dessus du quartier d’Esnazu.

Pas de problème pour trouver la borne 135, on sort le kit de nettoyage rangé au fond du sac et on lui fait une petite toilette avant de la photographier pour la rajouter à la collection.

Et voilà le travail !

Après ça, on se met en quête de la borne 136. On aurait tendance à la chercher vers la crête.

Pour le moment, seules les prairies sont touchées par l’arrivée du printemps, les arbres gardent encore leur nudité hivernale.

Voilà la 136 ! Pas du tout sur la crête, mais le GPS a permis de la débusquer dans la pente.

La voilà après toilettage, le but étant de bien lire le numéro. Je crois que c’est réussi.

Après cette deuxième mise en boîte, nous continuons encore en direction de la route principale (celle qui franchit la frontière pour traverser le Pays Quint) pour aller voir une borne supplémentaire, une petite sans numéro qui se trouve plantée au milieu de la prairie que nous voyons sur la gauche. Mais les personnages centraux de mon image, ce sont bien sûr les deux arbres siamois rencontrés là-haut, moins impressionnants que les « siamese kauri » de Coromandel, évidemment, mais intéressants tout de même pour moi.

En avançant un peu pour éviter les arbres, on découvre vers le Sud la silhouette massive du mont Adi (1457m), encore enneigé à ce jour.

Sur le chemin du retour, une de ces rencontres que Daniel déteste 🙂

De nouveau les pâtures bien vertes et bien pentues.

Quelques fleurs de saison aussi, comme cette hellébore verte…

…ou ces primevères bien fleuries. C’est le printemps, voyons !

Une fois revenus à la voiture, on la déplace un peu plus loin pour aller visiter la borne 134.

Il y a là une palombière plutôt squelettique, mais dont l’échelle semble encore en état.

La borne était au-dessus du chemin ! On est d’abord passé sans la voir… mais le GPS rappelle vite à l’ordre.

Comme souvent depuis la ligne frontière, la vue est superbe sur les environs.

Une petite anémone sylvie, toute en délicatesse.

Nos objectifs atteints, nous pouvons prendre le chemin du retour. La lumière est bien belle sur le hameau d’Esnazu, « quartier » des Aldudes.

Et il y a encore du soleil lorsque nous atteignons Saint-Étienne-de-Baïgorry, l’occasion est bonne pour aller voir de plus près le vieux pont dit « romain », qui date en fait du XVIIe siècle, dont l’arche élégante franchit la Nive des Aldudes.

Mais… que vois-je en revenant vers la voiture ?

Le charcutier a disposé là, bien à l’air et bien à l’abri des intempéries, sa collection de jambons pour les mois à venir. Allons, il reste encore un peu d’artisanat dans nos contrées reculées.

De l’hiver brésilien à l’été catalan.

Et voilà, le lendemain 4 juillet c’était déjà pour nous l’heure du départ : aéroport de Guarulhos, puis aéroport de Madrid de longues heures plus tard, et pour (presque) finir aéroport de Fontarrabie où José nous attendait pour nous ramener chez nous.

Abbadia vu du ciel

Le temps n’est pas bien terrible à l’arrivée, mais on peut quand même se repérer, et comme l’avion a préparé son atterrissage en faisant un grand virage au-dessus de l’Océan, cela nous permet de découvrir le domaine d’Abbadia depuis le ciella baie de Txingudi

…puis la baie de Txingudi parsemée de petits bateaux, juste avant l’atterrissage.

Quelques jours à Anglet pour se remettre du voyage, et du décalage horaire (5h à cette période de l’année). Mais l’été est là, par chez nous, et nous ne tardons pas trop à commencer notre migration saisonnière en direction de l’Est.

Apolline

Premier arrêt à Serres-Castet où l’on fête le premier anniversaire d’Apolline ; elle est un peu intimidée, mais elle finit par oser toucher la barbe de Daniel.

les groseilles

Deuxième arrêt à Estours où les tâches agricoles sont nombreuses, après cette longue absence. Et d’abord, le ramassage des groseilles de l’éclipse pour la gelée. Elles sont mûres à point.

les pensées

Le ciel a subvenu aux besoins en eau cette année. Les petites pensées bleues qui repoussent dans les pots d’une année à l’autre sont bien fleuries.

fougères

Les fougères ont beaucoup grandi, elles se plaisent là.

rose trémière

Quant aux roses trémières, c’est vraiment leur grand moment début juillet. Comme d’habitude, celles que j’ai plantées sont minables, et celles qui ont poussé toutes seules sont magnifiques.

le château de Foix

Je m’échappe un soir pour aller assister à une réunion à Foix avec Dany et Gérard. On trouve le stationnement au pied du château (mais on est toujours plus ou moins au pied du château, dans cette ville).

abbatiale Saint-Volusien

Comme nous sommes un peu en avance, on trouve le temps d’aller jeter un œil à l’abbatiale Saint-Volusien toute proche. Il y a un bel orgue !

sculpture

Mais ce que j’ai le plus aimé, ce sont les stalles en bois sculpté, avec des visages très variés et très expressifs. J’ai lu qu’elles provenaient de Saint-Sernin à Toulouse, et qu’elle dataient de 1670.

Portbou

C’est le 16 juillet que nous arrivons finalement à Portbou, où nous allons nous poser pour les deux semaines à venir.

la maison

J’aime bien monter le chemin à pied lorsque nous arrivons.

la pomme de pin

J’inspecte les arbres, ont-ils bien poussé, souffrent-ils de sécheresse ? C’est souvent le cas… mais pas trop cette année !

les agaves

L’état des agaves témoigne de la violence de la tramontane, tellement habituelle ici.

figuier de Barbarie

Les figuiers de Barbarie s’adaptent très bien, eux. Si le vent casse une raquette, elle repousse un peu plus loin !

le port

Au-dessous de nous, au port, il y a toujours un peu d’activité. Et bien peu de places libres.

le Claper

Mais quand on veut surveiller ce qui se passe au large, c’est d’abord le Claper qui arrête le regard. D’ici, on devine à peine le haut des impressionnantes falaises noires qui tombent à la verticale depuis la crête dans la mer.

le bateau

Cette année, grande innovation, et génial cadeau de Jérôme : ce frêle esquif qui va nous permettre de nous évader de la plage, et même, peut-être, de nous rendre à la cova foradada où se trouve la dernière croix frontière des Pyrénées…

le village

Les premiers essais me permettent déjà de faire quelques photos avec un point de vue original, comme celle-ci, prise depuis la baie.

L’Ariège dans le vert.

Toutes les nuances y sont, au mois d’avril. Premières feuilles, premières fleurs, encore menacées par d’éventuelles gelées ou chutes de neige, pas si rares à cette saison. Lorsqu’il fait beau et qu’un vent chaud souffle sur la vallée, on peut parfois repérer les morilles à l’odeur qu’elles répandent ! Elles n’ont pas été bien nombreuses, cette année, malheureusement. Trop doux, puis trop froid, ou la Lune qui ne correspond pas bien, allez savoir…

le poirier en fleurs

Le petit poirier transplanté à l’automne nous fait une belle floraison, c’est encourageant pour la suite. Se plaira-t-il à son nouvel emplacement ? On verra bien.

montagnes

A cette saison, la neige est encore abondante sur les sommets, et le Valier est encore bien blanc.

au bord du ruisseau

Au bord du ruisseau, tous les arbres sont couverts de mousses ou de lichens. En avril, le soleil est déjà assez haut pour que ses rayons arrivent jusque là.

le chemin vert

« Notre » chemin avec sa parure printanière.

étoile pâle

Qui a remarqué qu’après avoir soufflé les aigrettes d’une boule de pissenlit, il nous reste encore une petite étoile dans la main ? Celle-ci vous portera bonheur, j’espère.

L’automne en Couserans.

De retour de Corse à Toulouse le 25 octobre, le 26 nous voilà déjà à Estours pour profiter un peu des couleurs de l’automne, spectacle incomparable dans cette vallée encaissée où la richesse et la variété des coloris s’étale sur tous les versants de la montagne, jusqu’au ciel. Le temps est au beau, nous ne sommes pas déçus dès l’arrivée :

automne ariégeois

Vite un tour au jardin, et dans la serre où nous n’avons pas encore arraché les tomates.

la serre fin octobre

Évidemment, ce n’est plus l’été, mais elles n’ont pas encore gelé et il reste même quelques tomates à ramasser.

fleurs de tomates

Et même… il y en a qui font encore des fleurs, pauvres innocentes.

tomates d'octobre

La récolte n’est pas si ridicule que ça, il y a même encore eu une courgette !

le cerisier de Lardenne

Faisons maintenant le tour des arbres : le cerisier de Lardenne, arrivé en catastrophe au printemps sur le toit de la voiture de Jérôme, semble décidé à passer une nouvelle vie à la montagne. Espérons que les éventuelles cerises ne seront pas véreuses comme elles l’étaient là-bas !

le chêne étranglé

Me rendant ensuite dans notre verger rive droite pour l’inspection des pommiers, je découvre que la corde qui tient l’un des piquets de l’enclos anti-chevaux, attachée à l’un des deux chênes, n’a pas été desserrée depuis plusieurs années et qu’elle est maintenant profondément enfoncée dans le tronc. Il a drôlement grossi, notre chêne ! Pas facile d’extraire la corde enserrée par le bois.

Estours en automne

En poussant jusqu’à la Coume de Mède, je profite du spectacle du hameau à travers les branches déjà un peu dénudées.

feuillages dorés

Sur place, les feuillages sont bien dorés, surtout que le soleil est là pour les éclairer.

pieds d'alouette

De retour à la grange, séance photo-fleurs avec celles qui ornent encore à cette saison le devant de porte, les pieds d’alouettes obtenus avec des graines ramassées à Argelès

rose d'Inde

et les roses d’Inde issues d’un sachet de graines joint en cadeau à une commande, elles ont fleuri tard mais en très jolis pompons jaunes et oranges.

mon jardin

Mon jardin, lui, n’a plus grand-chose à donner à cette saison, en dehors des habituelles herbes aromatiques.

la palette de l'automne

En face, sur l’autre versant, c’est la palette complète des couleurs de l’automne qui éblouit le regard

le Mirabat

tandis que vers le Nord-Est, le Mirabat au soleil occupe son poste immuable de sentinelle de la vallée.