Le Brésil en couleurs.

Lundi 20 juin, quartier libre pour nous : les parents travaillent, l’enfant est à « l’école ». Nous en profitons pour aller flâner un peu dans les alentours, et pour revenir parcourir les deux rues qui forment le « Beco do Batman », que les artistes locaux (et quelquefois venus de plus loin) utilisent désormais comme une galerie à ciel ouvert : ici le street art s’expose et se renouvelle en permanence. D’ailleurs les quelques images déjà publiées l’an dernier (https://coxigrue.wordpress.com/2015/10/13/en-attendant-theo/) montrent des œuvres différentes de celles-ci.

entrée du Beco

Cette année, un mannequin nous accueille à l’entrée de la première rue, depuis son balcon.

sous le tapis

Sur le mur d’en face, un homme en costume et cravate tente de mettre les détritus sous le tapis, mais ça déborde terriblement de l’autre côté.

la femme aux lunettes

Appelons celle-ci « la femme aux lunettes », j’ignore s’il s’agit de quelqu’un de connu.

apesanteur

Deux personnages en apesanteur, il semble que le courant passe entre eux !

la rue en perspective

La perspective…

regard

Un visage aux yeux vairons, et qui laisse voir son paysage intérieur.

les oiseaux

Une bande d’oiseaux tristes.

jusqu'en haut

Certains viennent peindre avec des échafaudages, visiblement.

garagem

La porte du « garagem » ne se remarque presque pas.

l'homme vert

L’homme-poteau brun aux cheveux verts a ici un jumeau vert aux cheveux roses.

dans l'eau

Mathieu chevauchant son chat, ou son chien, ou son ours… (référence : ya qu’un cheveu sur la tête à Mathieu…)

la porte

Une porte bien gardée par deux nanas avenantes.

la maison carrée

L’univers du graffiti ne s’arrête pas au seul Beco do Batman. Au bas de l’escalier, peut-être un cabinet dentaire ?

en descendant

Un escalier tout vert si on veut le descendre…

en montant

…et entièrement décoré si on doit le monter : des carreaux de céramique posés sur les contre-marches forment l’ensemble, en profitant du jeu de perspective.

En route vers la vallée des couleurs.

Le lendemain, dimanche 10 avril, les pluies et les gros nuages se sont éloignés comme prévu, et le soleil est au rendez-vous pour la balade décalée, malheureusement sans Chami et Jean-Mi, contraints de regagner Toulouse avec un horaire bloqué.

Daniel a reconnu les lieux précédemment, notre but est « el valle de los colores » (la vallée des couleurs) dans le chaînon du Jaizkibel entre San Sebastian et la frontière française, une zone où l’érosion des couches superficielles par un petit ruisseau a révélé des couleurs étonnantes dans la roche sous-jacente.

Parmi plusieurs itinéraires possibles, notre guide a choisi celui qui présente le plus fort dénivelé, mais aussi la plus faible distance à parcourir. On se gare donc à un point assez élevé de la petite route qui serpente à flanc de montagne entre Pasajes et Fontarrabie.

départ

Dès le départ, vue plongeante sur l’Océan, c’est par là en bas, le long de la côte, que se situe l’objectif principal du jour.

début de la descente

On suit de vagues sentiers, il n’y a pas de balisage continu sur l’itinéraire que nous suivons, et le GPS n’est pas de trop. Sur l’horizon, les côtes du Pays Basque espagnol sont visibles très loin aujourd’hui.

balisage officiel

Nous croisons le sentier qui relie Pasajes (Pasaia) à Fontarrabie (Hondarribia) en plus de 20km de rando : trop long pour moi ! Mais il semble désormais fort bien balisé.

l'entrée d'un pré

Nous poursuivons notre descente sur des chemins de traverse. Très peu d’habitations dans toute cette zone à flanc de montagne exposée à toutes les tempêtes océaniques, mais il y a tout de même une maison habitée, protégée derrière une verrue rocheuse. C’est par ici que l’on y accède.

A travers les pins

Nous traversons maintenant une zone boisée, à travers les pins nous pouvons apercevoir la silhouette colorée d’un cargo qui attend son heure pour rentrer dans le port de Pasajes.

Première structure érodée.

Nous ne sommes maintenant plus très loin de la côte, et découvrons dans la paroi à gauche du chemin les premiers « taffoni » (érosion en forme de creux aux formes plus ou moins compliquées), avec leurs étranges structures en nids d’abeilles, résultats de caprices particuliers de la nature, liés aux spécificités du climat. Nous les avons déjà rencontré dans les porphyres de Corse !

Asphodèle

C’est le début de la saison des asphodèles…

Sale tête ...

Verrez-vous comme moi une tête aux yeux enfoncés dans de grandes orbites sombres ? Elle me toisait le long du chemin !

le belvédère

Nous voici maintenant tout près de l’Océan. Mais il n’y a pas d’accès facile…

la côte vers l'Est

…comme on peut bien le voir sur cette image de la côte prise en direction de l’Est, c’est-à-dire de la France.

trichomanès

A un détour du chemin, Daniel m’appelle et m’aide à descendre au fond d’un creux très humide aux parois ruisselantes : il a trouvé un peuplement de ces fameuses et très rares trichomanès remarquables, une fougère qui ne vit que dans des conditions de luminosité, d’humidité et de température très spéciales.

les trous jaunes dans le rocher gris

Le chemin continue, cette fois c’est un rocher à intérieur jaune, d’après la couleur des alvéoles creusées dedans.

la concha

Ici c’est la « concha », d’après certaines cartes très détaillées. Sa forme assez régulière peut en effet rappeler celle d’un coquillage, l’intérieur en est presque blanc.

le pique-nique

Ce n’est pas beaucoup plus loin que nous nous arrêtons pour un pique-nique panoramique sur un rocher en pente dont les alvéoles peuvent offrir des sièges assez confortables, en choisissant bien.

vers l'Ouest

L’Océan a une couleur splendide, aujourd’hui ! Et notre cargo attend encore pour pouvoir entrer à Pasajes.

la morille

Nouvelles sculptures naturelles non loin de là, l’aspect rappelle un peu celui d’une morille… (mmmmm !)

de la terre au ciel

Une belle traînée d’avion dans le ciel pour un petit effet de perspective amusant.

Jean-Marie photographe

Pour qui aime les photos, l’endroit est vraiment propice.

l'oeil et le bec

Ici j’ai cru voir une espèce de tête d’oiseau, avec un œil et un bec.

le bloc coloré

Là les fissures de la roche pourraient faire croire à un bloc de béton encastré. Étonnante palette de couleurs !

la descente

Nous marchons depuis un moment presque parallèlement à la côte, en montant et descendant suivant les caprices du relief.

Les couleurs sont en vue.

Et voilà que nous apercevons enfin le but de notre expédition : les couches colorées révélées par l’entaille creusée par le ruisseau Gaztarrotz, formant ce que l’on appelle « la vallée des couleurs ». Jean-Marie, attendu le soir par son fils à Bordeaux, nous quitte à regret ; quant à nous, il nous reste assez de temps pour aller musarder un peu dans cet endroit exceptionnel, je vous inviterai donc à nous y suivre dès le prochain post…