Pique-nique à Rat Island.

Nous voici arrivés au 16 mars, et comme les meilleures choses ont une fin, c’est notre dernier jour à la maison bleue. Mais avant de partir, Stephen nous a préparé une dernière surprise : en se débrouillant bien, et malgré la capacité limitée du bateau, on doit pouvoir aller tous pique-niquer sur la petite île derrière notre péninsule (son nom, c’est Rat Island, ou plutôt Motukakarikitahi Island, d’après les Maoris). Il faudra pour cela faire deux transports, dont l’un peut être raccourci en faisant faire au deuxième groupe un bout de chemin à pied pour rejoindre une plage plus proche.

Les conditions sont idéales pour notre petite expédition.

Pour le premier voyage, Anya et moi prendrons en charge Emile et Theo ; celui-ci est déjà harnaché avec son gilet de sauvetage !

C’est parti !
Non ce n’était pas le radeau de la Méduse ce bateau la la la …. (tout le monde connaît « les copains d’abord », j’espère).
Emile prend ça très au sérieux.

Nous voilà sur notre île déserte ! L’eau y est d’une clarté incomparable…

Les mouettes n’apprécient pas notre intrusion, elles se tiennent à l’écart. On aperçoit là-bas le « little passage » que nous venons d’emprunter, entre notre péninsule et l’île Whanganui toute proche.

Notre plage est jolie, mais très limitée, pas question de partir explorer l’îlot, qui est très escarpé, et où la végétation arrive au ras de l’eau.

Stephen est tout de suite reparti pour chercher le reste de la bande, il y a à peu près 500m entre l’îlot et « notre » presqu’île.

Pendant ce temps, Emile, qui ne marche pas encore, s’amuse avec ce qu’il trouve, ou ce qu’on lui prête.

Les voilà qui arrivent !

Le soleil est au plus haut, il tape fort ! Les mamans confectionnent un abri pour leurs petits.

C’est rustique, mais ils sont à l’ombre ! La Nouvelle-Zélande, c’est le pays du trou dans la couche d’ozone, et le soleil y est particulièrement dangereux, surtout pour les petits.

Et voilà, nous sommes de retour à la maison bleue, où il faut faire un peu de ménage et de rangement avant de quitter les lieux. Nous en garderons, c’est sûr, un souvenir inoubliable. Merci, Stephen !

 

La route du Nord-Ouest.

Le 15 mars s’avérant définitivement une très belle journée, nous allons profiter de l’après-midi pour découvrir plus amplement la péninsule de Coromandel, en prenant vers le Nord la route qui longe la côte à l’ouest et nous amènera à l’extrémité jusqu’au cap Colville. Et pour les paysages, nous ne serons pas déçus !

Comme c’était le cas jusqu’à Coromandel, la route suit le littoral de très près le plus souvent, offrant une vue presque continue sur ses étendues de sable, à marée basse.

Nous profitons au passage d’une scène champêtre classique : voyant arriver la bergère, les moutons se dirigent en bloc vers la barrière de sortie.

Comme nous continuons vers le Nord, le sable fait place à des pierres bien moins tentantes. Au loin, de l’autre côté du golfe d’Hauraki, c’est l’autre partie de l’île du Nord que l’on aperçoit.

La route est généralement bordée par des pohutukawas (encore un nom maori, bien sûr), des arbres superbes aux formes étonnantes, connus pour leur floraison rouge à l’époque de Noël.

Entre la route et la côte, il n’y a pas beaucoup de place mais cela semble suffisant pour eux.

La route grimpe dans les pentes herbeuses comme nous approchons de Port Jackson, la dernière anse avant le cap Colville, à l’extrémité nord de la péninsule.

Depuis le sommet de la côte nous découvrons l’anse fermée par le cap, la vue est exceptionnelle !

Il y a  là un petit camping, mais c’est un peu le bout du monde, et l’endroit n’est pas surpeuplé. Étonnement de trouver ancré au large de la plage un magnifique trois-mâts.

Il s’agit du « spirit of New Zealand », un navire-école appartenant à une association qui se charge d’initier des jeunes à la pratique de la voile.

En se retournant, c’est encore un pohutukawa solitaire qui est ancré dans sa prairie.

Deux touristes, contents de leur expédition vers le Grand Nord.

Il n’y a pas foule sur la plage de Port Jackson.

Seulement un huîtrier qui prouve qu’il mérite bien son nom.

Et deux goélands, parent et enfant, dont le jeune (plumage brun) harcèle l’adulte pour tenter d’obtenir de lui quelque nourriture.

Vers la droite, c’est le cap Colville, le plus au Nord de la péninsule.

Il se fait tard et il est temps de reprendre la route en sens inverse pour rentrer à une heure encore raisonnable. Petit arrêt pour tirer le portrait d’un pukeko.

Puis celui d’un mouton évadé de sa prairie.

Et enfin, côté terre, une dernière image de ce périple qui pourrait avoir été prise dans les Alpes ou le Massif Central, ou même les Pyrénées, spécialement dédicacée à Gérard qui bien sûr aura immédiatement remarqué le rucher du premier plan.

La partie de pêche.

Le lendemain, 15 mars, la marée et la météo sont favorables pour une nouvelle partie de pêche, et il y a une place pour moi dans le bateau, youpi !

Nous nous éloignons de la maison bleue en longeant la péninsule de Ruffin, que l’on pourrait aussi bien appeler la colline des rince-bouteilles, au vu de la série de pins colonnaires qui se dressent le long de la crête.

Avant d’arriver au bout de la péninsule, nous dépassons un petit embarcadère privé bâti au pied de la falaise.

Entre l’extrémité de la péninsule Ruffin et l’île de Whanganui, il y a un petit passage appelé, d’après ma carte, little passage, ce qui n’est sûrement pas son nom Maori. C’est par là que nous allons passer, justement.

Et c’est un peu plus loin que nous jetons l’ancre pour tenter d’attraper quelques poissons pas trop malins, et surtout assez grands pour être admis par la réglementation.

Ça marche ! Anya et Stephen en ont même pris deux au même moment ! Beaucoup sont trop petits et doivent être rejetés, mais il en restera malgré tout suffisamment pour ravitailler toute la troupe.

Little passage again pour le retour, en repassant tout près de l’île Whanganui où l’on a aperçu des brebis en train de pacager. Une bonne formule pour s’épargner la pose de clôtures !

Au pays des géants.

Revenons maintenant en Nouvelle-Zélande pour les derniers épisodes de notre séjour au pays des kiwis, en mars 2017. Et puisque ces derniers sont bien trop timides pour se montrer à de vulgaires touristes, allons rendre visite à quelques survivants d’une population autochtone très ancienne, les kauris, selon leur nom Maori, ou Agathis australis, selon leur nom botanique : des conifères parmi  les plus vieux du monde, et capables de devenir parmi les plus gros et les plus âgés.
Victimes des incendies et d’une intense exploitation, les forêts de kauris ont été quasiment réduites à néant en moins d’un siècle après le début de la colonisation. Quelques lambeaux en subsistent encore, uniquement dans la partie nord de l’île du Nord, qui est leur aire naturelle de répartition (au nord de la latitude de 38°S). Et comme la péninsule de Coromandel en contient un morceau, allons donc rendre visite à quelques spécimens remarquables, et désormais très protégés.

Les derniers kauris sont maintenant attaqués par une maladie qui les conduit à la mort. Pour éviter la transmission, qui se fait notamment par les chaussures des randonneurs, l’accès au sentier commence par une désinfection des semelles, et les passages à proximité des kauris se font sur des passerelles empêchant le contact avec les racines.

Le parcours dans la forêt est très agréable, agrémenté de bien jolis ruisseaux.

« Silver fern », les fougères argentées sont nombreuses.

Pour bien voir le dessous blanchâtre, il faut retourner la feuille.

Une feuille toute neuve nous rappelle que c’est vraiment une fougère, malgré le tronc de plusieurs mètres de haut. A moins qu’il ne s’agisse de la famille d’un escargot ?

C’est un chouette sentier très nature qui conduit vers la zone des « gros ».

On aperçoit déjà quelques individus assez imposants.

L’accès aux arbres les plus volumineux se fait par une passerelle protectrice.

On se sent bien petits …

L’écorce d’un kauri se détache en écailles avec le temps, protégeant ainsi l’arbre contre l’invasion des plantes grimpantes.

Les arbres aiment être câlinés… peut-être. Mais pour en faire le tour, il va falloir trouver plus de monde !

Un plus gros ruisseau, une plus grande passerelle.

Ici, deux arbres ayant poussé tout proches se sont rejoints et soudés en grossissant avec le temps. Ils sont (il est ?) connus sous le nom de « siamese kauri ».

Ces grands arbres qui dominent la forêt n’ont pas une forme générale qui rappelle l’un quelconque de nos conifères. Ils ont aussi des feuilles, d’ailleurs, et non pas des aiguilles.

Autre végétal autochtone, ce « nikau palm » en train de fleurir, le long du sentier.

Le voyez-vous sur sa branche ? Ce petit oiseau fugitif est un « fantail », ainsi nommé pour sa capacité à étaler sa longue queue comme un éventail un peu à tout propos, mais pas pour moi à ce moment, tant pis !

Dans une forêt de kauris, il y a aussi beaucoup d’autres arbres, généralement plus petits.

Un dernier arrêt pour aller admire la cascade de « Waiau falls », en pleine forêt, mais pas trop loin de la route.

Coromandel balades.

12 et 13 mars 2017 : nous poursuivons nos pérégrinations autour de la maison bleue de Coromandel.

Retour sur la route côtière en direction de Thames pour commencer ; après le long épisode pluvieux, les lumières sont exceptionnelles.

La route tournicote autour de Manaia Harbour.

On a échappé de peu à la coupure totale !

Les zoziaux mangeurs d’huîtres sont toujours dans le même coin.

Au loin, Castle Rock (525m) domine la région de son profil de géant endormi.

Deuxième passage autour de Manaia Harbour, avec vue sur les zones de mangrove cette fois.

Derrière notre presqu’île, Motukakarikitahi Island et d’autres îlots…

…et la vigie perchée en haut de son panneau près de chez nous.

Initié par un potier local à la créativité débordante, puis transformé en attraction touristique, un petit train offre une balade reposante et originale à travers la forêt.

Il permet d’admirer la profusion de fougères arborescentes, dont beaucoup sont les fameuses « silver ferns » au dessous des feuilles argenté, emblématiques de la Nouvelle Zélande,

et aussi certaines espèces endémiques d’arbres ou de palmiers.

Au sommet de la colline, un belvédère est aménagé, d’où l’on a une belle vue panoramique sur les environs.

Posée sur la rambarde, l’une des cigales dont le crissement strident nous empoisonne les nuits profite elle aussi du spectacle.

Puis nous redescendons par le même chemin, ou presque. Le long des voies, de nombreuses poteries disposées là avec bonheur par l’artiste potier ou par ses disciples.

Simples briques cuites ou plaques sculptées, le travail de la terre est ici omniprésent.

Papy récupère Theo à la sortie du petit train

pendant que Maman et Mamie s’en vont dans la boutique admirer quelques œuvres du Maître et d’autres potiers du cru.

Mais la journée n’est pas finie ! Ce soir, la marée est favorable pour une partie de pêche !

Et le poisson est bien là, incroyable et splendide !

Coromandel.

Quitter l’île du Sud ne signifie pas un embarquement immédiat vers le vieux continent ; il nous reste encore quelques jours à consacrer à la découverte de l’île du Nord, ou au moins à l’une de ses parties. Au niveau d’Auckland, où l’imbrication est extrême entre terres et mers, nous allons passer les jours qui nous restent dans la maison familiale de la péninsule de Coromandel, quelques dizaines de km plus à l’est, mais à quelques heures de route tout de même, car il faut pour s’y rendre contourner le Firth of Thames, qui est la partie sud du golfe de Hauraki.

Premier arrêt à Thames, justement, qui en l’occurrence n’est pas une rivière mais une petite ville.

Un peu en retrait des retrouvailles familiales, je m’amuse avec le chaton de la maison…

…je visite le jardin…

… où les papillons monarques m’occupent un bon moment.

Nous reprenons ensuite  la route qui longe la côte ouest de la péninsule, en direction du Nord.

Le ciel se fait parfois menaçant, les nuages paraissant d’autant plus sombres qu’ils se partagent avec quelques trouées de soleil.

La route longe de près le rivage, permettant l’observation de nombreux oiseaux marins, comme ces huîtriers, en bande nombreuse et plus ou moins organisée.

Et nous voilà arrivés à la maison bleue !

En se retournant, voilà ce que l’on voit : la baie commence juste de l’autre côté de la route.

Molly, la chienne du maître des lieux, surveille attentivement la balle que quelqu’un finira bien par consentir à lui lancer.

Ce n’est pas du beau temps, pour ce début de séjour !

Dedans, les prisonniers de la pluie.

Dehors, des évadés qui ne s’en iront pas bien loin.

D’ailleurs les voici de nouveau aux abris à l’intérieur, avec uncle Harry.

Quant à moi, je brave les intempéries pour me rendre jusqu’aux boîtes aux lettres du quartier

et continuer un peu le long de la grève, découverte par la marée descendante.

Indifférents à la pluie, les oiseaux marins vaquent à leurs occupations,

et un rayon de soleil fugitif illumine pendant un moment une partie du paysage, un pur bonheur de photographe.