Balade en pays de l’Est : la borne 594.

9 octobre, nous revoilà côté catalan des Pyrénées. Les conditions sont favorables pour tenter une nouvelle expédition « borne », cette fois vers la croix frontière 594, à savoir la première qui manque à notre collection en partant à rebours depuis la fameuse (et ultime) borne 602 découverte dans sa grotte au mois de juillet dernier à l’aide de notre frêle esquif.

Cette borne 594 est celle qui semble la plus difficile à atteindre pour moi et mes genoux à handicap dans ces parages, vu la distance qui la sépare de la zone carrossable la plus proche. Annie nous fait le plaisir de se joindre à nous…

On a même fait un bout de piste en voiture pour raccourcir le plus possible le trajet à marcher. Préparatifs…

Autour de nous, côté français, le vignoble de Banyuls est dominé par la tour de la Madeloc.

De vignes en garrigues, la vue s’étend jusqu’à la mer.

La végétation offre un beau nuancier de verts, des lavandes papillon aux bruyères en passant par les cistes et autres plantes plus ou moins agressives pour les mollets du randonneur.

Sur le versant espagnol, les formes du relief sont encore plus douces, mais la mer n’est pas encore visible, elle se trouve plus sur la gauche.

Notre chemin monte maintenant rudement, et en nous retournant nous apercevons en contrebas le col de Banyuls, et même notre voiture un peu plus près de nous.

On a préféré le chemin le moins escarpé, qui passe à flanc côté français en évitant les crêtes. Il est aussi plus long, et pas toujours très déroncé (un néologisme que tout le monde comprendra je l’espère).

On m’attend en devisant gentiment.

Nous avons maintenant de nouveau rejoint les crêtes et découvrons au-dessous de nous vers le Sud les restes de l’abbaye bénédictine de Sant Quirze de Colera, construite entre les IXe et XIIe siècles.

Côté français, le village de Banyuls est maintenant bien visible, et la Grande Bleue mérite bien son nom.

Après le passage au coll del Torn et la croix frontière 593 que nous connaissions déjà, nous poursuivons vers le Puig d’en Jordà, puis le coll del Teixó. Nous restons encore impressionnés par la précision de l’altitude communiquée sur le panneau !…

La croix 594 ne peut plus être bien loin, elle n’est même pas à 1 cm sur la carte, mais elle se cache bien…

A quelques mètres du sentier, gravée sur un rocher plutôt insignifiant et enfoui dans les buissons de genêts, il a fallu la souligner à la craie pour la rendre bien visible sur les photos. Notre but atteint, nous pouvons pique-niquer sereinement avant d’entamer le chemin du retour.

Pas si large que ça, le sentier, dans le secteur !

Les chardons sont bien secs à cette saison, mais ils gardent bien leur piquant !

Notre chemin de retour suit davantage les crêtes, c’est beau.

Par ici, tous les chemins mènent au coll del Torn !

Une belle lumière sur le côté français…

Au-delà du balcon de la Madeloc, c’est la côte du côté d’Argelès.

Lorsque nous rejoignons la voiture, la lumière s’est faite plus dorée et donne des couleurs plus chaudes au paysage environnant. Mission accomplie, la croix 594 a été débusquée, au prix d’une superbe balade ; mais il nous en reste encore bien d’autres à découvrir !

 

La borne 593 (22 juillet 2015).

De retour du Brésil, peu de temps pour souffler avant de repartir un peu plus à l’Est pour notre séjour rituel à Portbou. Après notre début juillet en hiver austral, nous retrouvons l’été, mais les grosses chaleurs ont eu lieu pendant que nous étions au loin et la canicule n’est plus de mise en cette deuxième quinzaine du mois. Le millésime 2015 est émaillé de nombreux problèmes techniques à la maison de la vigne, entre problèmes de pompe et problèmes électriques. Nous trouvons tout de même le temps de faire une petite rando-frontière le 22 juillet, malgré un temps assez incertain, en route donc pour la borne 593 !

molinas

Pour l’accès à notre point de départ, après avoir reconnu le terrain la veille et constaté que la piste du haut était en très mauvais état, nous décidons de prendre celle du bas qui passe par le village abandonné de Molinas, berceau d’une partie de la famille. Mais la piste de Molinas est bien ravinée par endroits, elle aussi.

église Sant Miquel de Colera

Après le hameau, notre itinéraire s’élève jusqu’à la vieille chapelle romane de Sant Miquel de Colera, récemment restaurée. Il n’y a pas âme qui vive, ici, nous nous sentons bien loin de l’animation de la côte.

le porche d'entrée

Le soleil fait bien ressortir les différences de couleur des pierres du porche d’entrée.

le drapeau catalan

Au bout du terre-plein de l’église, le drapeau de la Catalogne flotte dans un vent léger, pas de tramontane aujourd’hui.

Colera

Nous dominons le village côtier de Colera, bien visible d’ici.

coll de les Artigues

Après la halte à Sant Miquel (et le casse-croûte !), nous reprenons des pistes par endroits bien défoncées pour finir par rejoindre notre point de départ au « coll de les Artigues ». Pas de problème pour le stationnement là-haut, nous sommes absolument seuls.

signalisation

Pour bien lire la signalisation, il faut ramasser le morceau de panneau qui traîne par terre et le tenir au bon endroit ; le résultat me rappelle notre moulin de l’enfer visité précédemment, mais à l’autre bout des Pyrénées (https://coxigrue.wordpress.com/2014/02/13/le-moulin-de-lenfer/). On dit bien que les extrêmes se rejoignent parfois…

départ du sentier

Voilà le début du chemin, allons-y.

vallée du torrent de Jordana

Nous remontons à flanc la vallée du torrent de Jordana, complètement sauvage.

le sentier

Nous suivons un sentier bien tracé dans la garrigue, quoiqu’un peu rétréci par la végétation en certains endroits, on en verra plus tard les effets…

le ciel menaçant

Vers le Sud, du côté de Figueras, que nous apercevons au-delà de l’autre versant de la vallée, le temps est à la pluie, et peut-êttre même à l’orage, espérons que cela ne viendra pas jusqu’à nous !

le chardon bleu

Un beau chardon bleu sur notre passage.

Font Jordana

Nous arrivons maintenant au bout de cette vallée, et en descendant un petit peu nous découvrons la Font Jordana, source captée.

Sant Quirze

Puis le tracé s’élève doucement, et nous pouvons maintenant découvrir sur notre gauche, dans le fond de la vallée suivante, le très ancien monastère de Sant Quirze de Colera.

coll del Torn

Et voici enfin le coll del Torn, où nous devons trouver la borne 593, si tout va bien. Je ne la vois pas…

croix 593

En fait, il s’agit d’une croix gravée dans un rocher, mais elle est bien là, quoiqu’un peu envahie par les ronces.

ma jambe

Je profite de la halte pour examiner mes jambes et constater que le short n’était sans doute pas la meilleure option pour le parcours choisi. Et le retour reste encore à faire !

la cabane de font Jordana

Sur le chemin du retour, une légère variante nous permet de découvrir une espèce d’orrhy, la cabane de Font Jordana, un peu au-dessus de la source. Nous ne l’avions pas vue à l’aller. Nous découvrons qu’un petit enclos et un banc carrelés sont aménagés devant l’entrée. La pluie nous a maintenant rattrapés…

entrée de la cabane

Cependant, vu la taille de l’entrée, nous n’envisageons pas de nous en servir d’abri sous cette petite pluie.

après la pluie

D’ailleurs, ça ne dure pas, et le ciel commence vite à se dégager, le gros de l’averse était sur la plaine autour de Figueres.

l'anse de Garbet

Depuis la piste du haut que nous empruntons pour le retour, nous pouvons admirer au passage la belle anse de Garbet sous le soleil du soir ; au loin, le cap Creus s’étire vers l’Est, où il est le point extrême de l’Espagne continentale, protégeant les maisons blanches du village de Port de la Selva.