La Bastide Clairence, village basque.

Promenade familiale au Pays basque, le 12 novembre, avec Stéphanie et Philippe venus se faire thalassothérapier par ici. Malgré le temps maussade de novembre, nous optons pour le petit village de La Bastide Clairence où il pluviote un petit peu, nous y voilà.

On essaie de repérer les principales curiosités sur ce joli plan paysagé. A noter, le nom en basque est Bastida, remarquablement simple et facile à retenir, ce n’est pas si fréquent !

On s’est garé dans la rue principale, qui traverse le village dans sa longueur. Les bastides, dont il existe plusieurs centaines dans tout le Sud-Ouest de la France, furent des villes nouvelles créées de toutes pièces entre 1250 et 1350 à peu près. Ici, la charte de fondation date de juillet 1312, ses 700 ans ont été célébrés il y a peu.

Toutes les portes racontent un peu d’histoire, et celle-ci semble avoir un rapport avec le pélerinage de Compostelle, si l’on considère la coquille représentée sur l’enseigne qui la surmonte. Mes faibles connaissances en basque me permettent aussi de vous informer qu’il s’agit ici de l’entrée de la Maison Blanche (bordaxuri).

Beaucoup de maisons sont à encorbellements (l’étage avance par rapport au rez de chaussée) ce qui tend à prouver qu’elles ne datent pas d’hier. Avec en plus l’avancée du toit, et une orientation favorable, cela doit pouvoir suffire à protéger le banc des petites intempéries.

Au centre de la Bastide, il y a forcément une place (une seule exception  répertoriée), et celle-ci ne fait donc pas exception. Les maisons y comportent une partie couverte.

A un angle de rues, le salon de thé d’une amatrice de plantes.

Il y en a une belle collection tout le long du trottoir.

Une autre porte un peu plus loin. Celle-ci aussi doit raconter une histoire, mais je ne la connais pas.

Nous voilà à l’entrée du cimetière juif que nous avons vu signalé sur le plan.

Certaines pierres tombales sont très abîmées, et les inscriptions souvent illisibles.

Il ne se trouve pas bien loin de l’église, qui a la particularité d’être entourée de galeries couvertes abritant les tombes de nombreuses familles du village. En ce début novembre, l’ensemble est évidemment abondamment fleuri.

Un coup d’œil à l’intérieur : l’église, bâtie semble-t-il un peu vite aux débuts de la Bastide, a dû être presque entièrement reconstruite au XVIIIe siècle, car elle menaçait ruine. Nous voyons ici le retable.

Et pour terminer, les trois étages de tribunes de bois qui entourent la nef. Réservées aux hommes, elles étaient destinées à augmenter la capacité d’accueil des églises lors de l’augmentation de la population au XVIIIe siècle.

Recoleta

Enfin une belle journée le mercredi (c’était le 29 juin, donc), nous allons en profiter pour aller dans le quartier de Recoleta (du nom des moines Récollets qui s’y installèrent au début du XVIIIe siècle) où se trouve un cimetière qui fait partie des visites recommandées à Buenos Aires. En plus, la chose est tout à fait possible avec poussette, alors en route !

au resto

Premier arrêt au resto, on voit l’air réjoui du bonhomme, comme d’habitude, car il y a toujours moyen de se faire des copains, au resto.

porche du cimetière

Puis cap sur le quartier de Recoleta, on va commencer par le cimetière, dont voici le porche d’entrée, monumental.

statues à Recoleta

En fait, tout est monumental, ici, ou presque. Une bonne partie du gratin de la société argentine a choisi Recoleta comme dernière demeure, et il y a pléthore de mausolées, statues, chapelles familiales.

une allée à Recoleta

Presque impossible de trouver une simple pierre tombale le long de ces allées.

statue d'angle

Ici c’est le mausolée de Rufina Cambaceres, fille de l’écrivain Eugenio Cambaceres, morte tragiquement le jour de ses 19 ans (voir https://es.wikipedia.org/wiki/Rufina_Cambaceres , pour ceux qui lisent l’espagnol).

le chat du cimetière

Un habitant bien vivant, qui profite des rayons du soleil.

tombeau Duarte

Le tombeau de la famille Duarte n’est pas parmi les plus démesurés, mais il est certainement le plus visité : il abrite les restes de la très célèbre et très aimée Eva Perón, ou encore Evita, première Dame d’Argentine, décédée le 26 juillet 1952.

l'ange et le pigeon

Autres habitants vivants du cimetière, les oiseaux, et plus particulièrement les pigeons. Celui-ci est perché au bout de l’aile de l’ange, quel culot !

l'ombre du voisin

Jusqu’à sa dernière demeure, on peut avoir un voisin qui vous fait de l’ombre, ce n’est pas de chance !

Basilique Nuestra Señora del Pilar à Buenos Aires.

Juste à côté du cimetière, la basilique Nuestra Señora del Pilar, construite au moment de l’installation des Récollets. Achevée en 1732, c’est l’une des plus anciennes églises de la ville.

intérieur de la Basilique Nuestra Señora del Pilar.

Voilà l’intérieur.

gomero de Recoleta

En ressortant, nous voyons un peu plus loin sur la place un arbre gigantesque, lui aussi mentionné dans les guides. Il s’agit d’un « gomero », ou ficus elastica, un arbre originaire d’Inde et planté ici à la fin du XVIIIe siècle.

Atlas

Des étais ont été nécessaires pour soutenir ses immenses branches, dont certaines dépassent les 30m de long. Celui-ci est le plus original, c’est “El Atlas de Recoleta”, la statue métallique d’un homme supportant l’une des branches géantes. Cette œuvre, réalisée et offerte par le jeune artiste uruguayen  Joaquín Arbiza Brianza, est essentiellement réalisée avec des pièces de récupération d’automobiles des années 1940 à 50.

les promeneurs et l'arbre

Et voici deux gentils promeneurs qui ont bien voulu poser près de l’arbre pour en donner l’échelle.

Mais il nous reste encore une chose importante à voir dans le quartier, avant de rentrer « chez nous ».

promenade collective

On rigole un peu en croisant au passage un promeneur de chiens avec sa nombreuse escorte.

Floralis

Et la voilà pour finir, Floralis genérica, sculpture métallique de 23m de hauteur, située Place des Nations Unies, un cadeau fait à la ville par l’architecte argentin Eduardo Catalano. Cette fleur d’acier est équipée d’un mécanisme qui lui permet (quand il fonctionne, ce qui n’est pas toujours le cas semble-t-il) de se fermer le soir et de se rouvrir le matin, mais nous n’avons pas pu le voir en action car il nous fallait rentrer. Une prochaine fois peut-être ?

Saint-Valentin ou Sainte-Barbe ?

Hé bien, les deux, figurez-vous. C’était le 14 février, donc la Saint Valentin, tous les amoureux du monde doivent savoir ça ; et on a profité de l’éclaircie du soir pour aller se promener à la pointe Sainte-Barbe à Saint-Jean-de-Luz, ce qui nous fait encore un saint de plus (pour le prix de deux).

En tous cas, c’était très beau, comme d’habitude, quelques images pour le prouver…

ciel menaçant

Vers le grand large…

vers Socoa

Vers Socoa (de l’autre côté de la baie).

le fanal

Notons au passage que ce bâtiment abrite juste un fanal, et non une chapelle, pas de saint supplémentaire de ce côté-ci par conséquent.

la falaise

Côté falaises…

Saint-Jean-de-Luz

…et côté ville.

la digue de Sainte-Barbe

En bas, les vagues balaient la digue sans discontinuer.

le cimetière marin de Ciboure

Côté montagne, mais en bord de mer, c’est le cimetière marin de Ciboure qui offre à ses pensionnaires une éternité mouvante.

Bellegarde et Panissars.

Pas formidable, la météo en Roussillon, ce mois de janvier. Après l’exceptionnelle journée du dimanche, le ciel changeant du surlendemain nous incite à choisir quelques bornes carrément accessibles en voiture. Commençons par le Fort de Bellegarde, poste de surveillance stratégique juché sur une éminence rocheuse entre les cols du Perthus et de Panissars, construit en son temps par l’inévitable Vauban sur l’emplacement d’un édifice plus ancien. J’ai lu que l’on pouvait y voir l’une des anciennes bornes frontière du secteur ! Mais en janvier, sera-t-il ouvert à la visite ?

accès à Bellegarde

Sur le parking au Sud-Ouest du fort, une seule voiture, la nôtre ! Allons tout de même jeter un œil.

les remparts

Une deuxième enceinte à l’intérieur de la première, on reconnaît bien la marque « Vauban » !

la porte dans les remparts

Une porte permet d’accéder à la forteresse elle-même. Il a dû y avoir un pont-levis, à cet endroit.

la porte de France

Et voici ce qui semble être l’entrée principale, au bout d’un pont franchissant un immense fossé défensif. Celui-ci est accessible en voiture, et il y en a une stationnée là en bas, y a-t-il espoir de trouver quelqu’un ici ?

la porte d'entrée

La porte d’entrée est ouverte, et on s’avance un peu à l’intérieur, mais sans voir personne. Un coup de téléphone au numéro indiqué sur la porte (l’office du tourisme) nous apprend que le bâtiment est actuellement fermé au public, et nous dissuade de tenter une exploration, pour ne pas risquer de nous faire enfermer ! Nous battons en retraite…

Mais il y a un autre endroit, à quelques centaines de mètres à peine à l’Ouest, où nous allons pouvoir trouver la frontière et quelques bornes, c’est le col de Panissars.

site de Panissars

C’est là que par le passé, se faisait le passage d’un côté à l’autre des Pyrénées, et le site archéologique est là pour en témoigner. Ici se superposent les ruines médiévales du prieuré Sainte Marie de Panissars, bâti vers l’an 1000, et les traces bien plus anciennes de l’existence du trophée de Pompée, bâtiment construit par lui à sa propre gloire, pour célébrer ses victoires en Hispanie, et qui enjambait le passage raccordant la via Domitia à la via Augusta.

les voies romaines

C’était il y a plus de 2000 ans !

la pyramide 567

C’est exactement sur ce site que l’on peut voir la pyramide frontière 567, et il semble même que ce soit à la suite du traité des Pyrénées, ayant défini les limites entre France et Espagne, que le prieuré, se trouvant coupé en deux par la frontière, ait été amené à quitter les lieux, pour être reconstruit un peu plus loin.

plaque commémorative

Et comme on n’arrête pas l’Histoire, une plaque bien plus récente commémore ici les souffrances des Républicains espagnols contraints de fuir leur pays en 1939 : « à la mémoire des hommes et des femmes qui, au temps du fascisme, firent de ces passages des chemins vers la liberté ».

le mur du cimetière

Puis nous reprenons la voiture pour revenir un peu en arrière, à l’endroit précis du col de Panissars, où se trouve un ancien cimetière militaire.

le cimetière militaire

Il ne reste pas grand chose à l’intérieur, quelques croix ont été remises le long du mur d’enceinte.

la borne 569

Derrière le cimetière, il y a la borne 569, toute neuve, en granit. C’est justement l’ancienne que j’espérais voir au fort de Bellegarde, où elle est conservée. Mais…il nous en manque une, entre celle-ci et celle du site archéologique, numérotée 567 !

l'ancienne redoute

On se dirige vers l’ancienne redoute, construite en 1678. Vue imprenable sur les voies de communication qui passent par le col voisin du Perthus. Nous sommes ici tout près de cet important et très fréquenté lieu de passage, mais il n’y a pas âme qui vive par cet après-midi de janvier.

la borne 568

Youpi, elle est là ! C’est encore une pyramide, la 568 qui nous manquait.

la borne et la redoute

La voici photographiée avec la redoute, les deux ne sont guère éloignées, mais la borne n’est pas si évidente à voir !

la végétation

Nous partons maintenant dans l’autre sens, côté Est, à la recherche de la borne 570. Mais nous ne sommes pas partis dans la bonne direction, et je ne la trouverai pas aujourd’hui. Ici, la végétation porte les stigmates du grand incendie de 2012, venu lécher les remparts du fort de Bellegarde.

la redoute de Panissars

Mais la plupart des chênes-liège ont survécu, protégés du brasier par leur épaisse écorce isolante.

le reposoir de Madame

Sur le chemin du retour, nous découvrons au bord de la route cette petite construction, le panneau planté à côté nous explique qu’il s’agit du « reposoir de Madame », construit en 1752 pour servir de reposoir à l’épouse du marquis de Castellane, gouverneur du fort de Bellegarde, lors de ses visites au château. Charmant…

L’archipel des Lavezzi.

Retour à Bonifacio le lendemain, pas très tôt pour quelque raison que j’ai oubliée, et c’est bien dommage car la balade du jour méritait un peu plus de durée. Après avoir potassé les guides, nous arrivons donc au port en début d’après-midi, sans grand espoir de succès vu la saison, mais après tout ce sont les vacances scolaires, on ne sait jamais. Et voilà que oui, youpi ! Il y a encore un départ pour les îles Lavezzi, pas de temps à perdre ! On se dépêche de se garer et de prendre nos billets (le parking est lié aux bateaux de promenade) et vite au port pour l’embarquement.

la bitte

Nous voici déjà à bord, les marins détachent le bateau de sa bitte, et vogue la galère ! (Cette expression n’est pas très adaptée, mais dans le contexte ça m’a paru mieux qu’ « en voiture Simone ! »)

le port et le bastion

Au-dessus de nous, c’est le Bastion de l’Étendard que nous avons visité la veille.

le yacht

Notre rafiot passe à côté d’un yacht impressionnant amarré là.

la grotte Napoléon

Pour rejoindre la mer, il faut d’abord suivre l’étroit goulet naturel qui offre une protection exceptionnelle au petit port de Bonifacio. Avant d’en sortir, nous passons devant la grotte Saint-Antoine, dite aussi grotte Napoléon (sans doute plus récemment) en raison de la forme de l’entrée qui rappelle celle du bicorne de l’empereur.

le gouvernail

Nous voilà maintenant sortis du goulet, dont on voit ici l’entrée, entre le phare de la Madonetta (en rouge) et le rocher adossé à la pointe de la falaise appelé Gouvernail de la Corse.

Bonifacio

Le bateau tourne un peu vers la gauche (vers bâbord, devrais-je dire), et passe au-dessous de la vieille ville de Bonifacio en équilibre en haut de ses falaises. On y voit nettement la balafre de l’escalier du roi d’Aragon que nous avons visité la veille.

Bonifacio au loin

On s’éloigne rapidement, en longeant les falaises du capo Pertusato.

monument à la Sémillante

Nous arrivons maintenant à l’île Lavezzo, qui donne son nom à l’archipel des Lavezzi, à moins que ce ne soit le contraire. Sur un îlot rocheux battu par les vagues, le monument à la mémoire des plus de 700 marins disparus en mer en février 1855 lors du terrible naufrage de « la Sémillante », dont Alphonse Daudet fit un récit dans les « Lettres de mon moulin ».

l'eau turquoise

Mais voilà que nous approchons maintenant doucement de la plage (la Cala di l’Achiarina) sur laquelle nous allons débarquer, en mettant un peu les pieds dans l’eau ! Le fond sableux confère à l’eau une couleur paradisiaque, qui s’allie aux formes douces des blocs de granit pour un paysage de toute beauté.

l'autre bateau

Un frère de notre bateau est déjà mouillé dans la baie, attendant l’heure de prendre sa cargaison de promeneurs pour le voyage de retour.

le cimetière de l'Acharino

Il s’ouvre sur la plage, c’est l’un des deux cimetières de l’île, dit de l’Acharino. Là furent inhumés, il y a 160 ans, les restes des victimes du terrible naufrage.

blocs de granit

Pas d’arbre dans ce cimetière, mais, tout autour, d’énormes blocs de granit sculptés par les intempéries.

la croix sur le rocher

Ici une croix de fer toute simple a été fixée dans une faille de la roche.

le marécage

Un passage entre deux amas de granit nous permet d’accéder, en arrière de la plage, à une zone plate et herbeuse où un petit étang subsiste encore, sans doute à cause des récentes pluies. Avec l’eau, la vie reprend le dessus, et ce sont des dizaines de moustiques voraces qui se jettent sur nous et essayent même de nous piquer à travers les vêtements !

le grand chaos

Magnifiques chaos granitiques, pourtant bien proches du plateau calcaire de Bonifacio.

sous les nuages

On pourrait croire à un vaste chantier, avec tous ces amas de pierres !

capuchon de moine

Il y a même des fleurs ! Des fleurs bizarres, je n’en avais jamais vu, mais j’ai lu qu’elles sont courantes dans toute la Corse, et même sur le pourtour de la Méditerranée. Capuchons de moine, c’est leur nom.

la bergerie

Nous n’avons pas beaucoup de temps devant nous malheureusement. On aimerait aller jusqu’au phare mais nous n’avons aucune carte, impossible de savoir la longueur du sentier qui nous y conduirait. Nous apercevons ici la bergerie, elle fut construite au XIXe siècle par des familles bonifaciennes qui emmenaient leurs troupeaux sur l’île 6 mois par an.

vers la Sardaigne

Une échappée nous permet de voir, vers le Sud, les côtes de la Sardaigne toute proche. Une balise signale sûrement un des nombreux récifs.

le rocher bossu

Un rocher bien bossu, parmi tant d’autre formes singulières.

réunion de blocs

Encore une réunion de personnages surréalistes, trouvée en rejoignant la plage du départ : pas vraiment envie de passer la nuit sur l’île, sans eau ni nourriture et donnés en pâture aux innombrables moustiques. Retour imminent…