Arnéguy, le retour.

Le lendemain, 17 février, le temps étant encore favorable, et l’envie toujours là d’aller chercher quelques nouvelles bornes, nous voilà de retour dans la vallée d’Arnéguy, en train de sillonner de nouveau les petites routes qui escaladent le versant Ouest près de la frontière pour chercher à rejoindre la ou les bornes suivantes, ou plutôt précédentes si je tiens compte de leur numérotation, qui va en décroissant lorsqu’on se rapproche de l’Océan.

la petite route

On gare la voiture encore un peu plus haut que la veille, dans un virage de la route.

l'autre versant

Nous suivons le chemin à l’entrée duquel nous sommes garés, en direction de la frontière. A travers les arbres qui le bordent, on peut voir l’autre versant de la vallée avec ses sommets enneigés.

vers le fond de la vallée

Après quelques passages bien humides, le chemin devient complètement impraticable, il faut faire demi-tour et tenter de rejoindre le sentier frontalier en traversant la prairie au-dessous.

le sentier frontalier

Après avoir réussi à franchir la clôture du pré non sans quelques difficultés, et à l’aide de quelques outils, nous retrouvons le sentier frontalier un peu plus loin que nous l’avions laissé la veille au niveau de la borne 190. Le sécateur n’est pas inutile ici, comme on peut voir, car les ronces affichent une santé insolente.

le pic de Beillurti

Sur l’autre versant, c’est le pic de Beillurti qui domine le secteur, avec ses 1114m.

la borne 189

La borne 189 est bien enfouie sous la végétation, il va y avoir du travail pour la dégager un peu !

le versant vert

Pendant que Daniel opère le débroussaillage, j’en profite pour faire quelques photos, j’ai largement le temps de cadrer, changer d’objectif…

le sommet du pic de Beillurti

Le contraste est grand entre les prairies dans les pentes et les sommets enneigés.

le sentier frontalier 2

Le sentier continue, le long d’une clôture qui semble matérialiser la frontière, mais il est bien envahi, et pas par des hordes de promeneurs : ce jour comme la veille, nous ne croiserons absolument personne.

Mendimotcha

En progressant, nous pouvons maintenant découvrir plus à l’Ouest un sommet un peu plus élevé, je pense qu’il s’agit du Mendimotcha, 1224m. D’après ma carte, la borne frontière 177 se trouve à son sommet, mais ce n’est pas aujourd’hui que nous irons la visiter.

la borne 188 couchée

C’est près d’une source, après avoir franchi une nouvelle clôture, que nous découvrons, couchée, la borne 188.Nous continuons notre chemin, qui doit nous mener aux bornes suivantes. Mais il devient de plus en plus difficile d’y progresser.

ajonc

En plus des ronces, il y a aussi les ajoncs (les chachis) , dont les épines sont également redoutables, on peut le voir ici.

la borne inaccessible

Après quelques recherches, nous apercevons enfin au-dessous de nous la borne 187, qui dépasse à peine de la végétation. Impossible d’envisager de la rejoindre pour aujourd’hui, il est déjà trop tard et il y en a pour un sacré bout de temps pour en dégager l’accès. Une photo pour témoigner qu’on l’a bien vue, et nous repartons vers la voiture, par le même chemin.

le pré

On referme soigneusement la clôture du pré, bien sûr.

la chapelle d'Ibañeta

Puis on rejoint la voiture, mais avant de regagner la côte, on aura la curiosité de pousser jusqu’au col d’Ibañeta (le col de Roncevaux, pour les français) où une chapelle moderne a été construite près de l’emplacement de celle dont la cloche guidait autrefois les pèlerins de Saint Jacques perdus dans le brouillard.

La frontière vers Arnéguy.

Nous voici donc de retour au Pays Basque, et ce 16 février, le temps s’annonce favorable pour une expédition vers la frontière. Notre choix se porte sur la vallée d’Arnéguy, au Sud de Saint-Jean-Pied-de-Port, à un endroit où la frontière dessine une sorte d’oreille pointue dressée vers le Nord, s’en allant rejoindre la Nive d’Arnéguy qui fait ensuite office de frontière en direction du Sud (et un peu vers l’Ouest) sur plusieurs kilomètres. L’itinéraire suivi consiste à prendre la route de Roncevaux depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Premier arrêt, à l’endroit où la frontière rejoint la rivière, et où les espagnols ont bâti tout un ensemble de ces fameuses « ventas » où les français adorent venir acheter leurs alcools, chorizos et autres spécialités ibériques, et déguster quelques verres de sangria pour accompagner une mauvaise paella.

la Nive d'Arnéguy

Nous voici arrivés à l’endroit où la frontière rejoint la rivière dont elle va suivre le tracé, ici je me trouve en Espagne et je regarde vers la France, vers le Nord.

la borne 196

Il suffit de passer le pont, et de longer la Nive de quelques mètres vers l’aval, pour tomber sur la borne 196. D’autres chercheurs de bornes racontent qu’elle avait été ensevelie par les terrassements du parking situé derrière les arbres, et retrouvée grâce à la ténacité de certains d’entre eux.

les ventas espagnoles

Toujours depuis le pont, la Nive qui sert ici de frontière, et les vilains bâtiments côté espagnol, alors que la route (la seule qui permette d’y accéder) est côté français !

paysage basque

Après avoir profité des lieux pour casser la croûte, nous revenons sur nos pas et prenons une petite route qui monte sur le versant Ouest de la vallée. Le paysage est typique de l’hiver au Pays Basque, arbres dépouillés et prairies presque fluorescentes.

la borne 195

Nous garons la voiture tout près de la borne 195, le long d’une petite route qui permet d’accéder à une ferme située par conséquent en Espagne. On voit qu’il a neigé assez bas, ces derniers jours.

chercheur de borne

Il faut monter un peu au-dessus de la ferme pour chercher la borne 194.

la borne 194

Nous la trouvons renversée, sans doute par un engin agricole. Du coup, pas sûr qu »elle donne l’emplacement exact de la frontière…

le paysage depuis la borne 194

Le paysage alentour, sublime…

la bogue

Et non, ce n’est pas une dépouille de hérisson, juste une bogue vidée de ses châtaignes.

en recherche de la 193

Pour chercher la borne 193, il faut d’abord reprendre la voiture et aller se garer plus haut, toujours sur le flanc Ouest de la vallée. Nous traversons d’abord une prairie en pente…

narcisses

…au bout de laquelle nous trouvons une belle touffe de narcisses sauvages, mais la borne 193 n’est pas là : nous l’apercevons le long d’un chemin, au-dessous de notre pré.

la grange

Après l’avoir rejointe et dûment photographiée (mais je ne vais pas vous infliger les images de toutes les bornes), nous continuons notre chemin vers le haut à la recherche de la borne192.

le soleil et la barrière

Nous rejoignons le chemin qui dessert la grange de la photo précédente. Belle lumière…

depuis la borne 192

C’est le long de celui-ci que nous trouvons la borne 192, depuis laquelle on peut ici apercevoir la voiture garée plus bas.

la baignoire

Décidant de poursuivre sur le chemin jusqu’à la route, nous passons à côté d’une baignoire avec eau chaude et froide, en tous cas il y a encore les robinets.

le chemin

Mais nous poursuivons sans prendre de bain.

Goyenetchéa

Au bout, c’est notre route, et de l’autre côté c’est la ferme Goyenetchéa (on est bien en Pays Basque…) Pour sortir du chemin, il faut escalader la barrière, au péril de ma vie en ce qui me concerne ; d’habitude, il y a moyen d’ouvrir et refermer les barrières, heureusement !

un arum

Pour aller trouver la borne 191, maintenant, il faut encore reprendre la voiture et monter sur un chemin au-dessus. En le longeant, j’admire au passage un pied d’arum avec déjà une fleur, en février !

passage canadien

Nous trouvons sans difficulté la borne 191, juste après laquelle un passage « canadien » (bien que ce soit entre France et Espagne) empêche les mélanges de bêtes de nationalités différentes.

le chemin de la frontière

La borne 190 n’est maintenant plus très loin, c’est ce chemin qui va nous y conduire.

nettoyage

Mais pour y parvenir, il a fallu sortir des zones civilisées, et il faut jouer du sécateur pour la dégager et la toiletter.

ombre et soleil

Au-delà, le chemin devient inextricable, et il n’est plus temps de tenter de rejoindre la borne 189 ce soir. Il faudra revenir équipés pour le débroussaillage ! Comme nous redescendons à la voiture, l’ombre est en train de gagner du terrain sur la prairie de tout à l’heure, mais avec 7 bornes identifiées, la cueillette du jour a été fructueuse.

La frontière dans les nuages.

Voilà bien un temps auquel on ne s’attend pas, lorsqu’on se promène à l’extrémité orientale des Pyrénées. Et pourtant, il faut bien le reconnaître, la météo n’y est pas toujours fabuleuse, et ce séjour de janvier nous l’a bien prouvé, avec son lot de nuages et même de pluies, « entrées maritimes » disent-ils à la météo.

Le jeudi, pour notre dernière balade-frontière, nous décidons de rester au plus près de la côte, et d’emprunter, pour réduire les distances à parcourir à pied, la piste qui amène en haut de la vallée de Portbou.

le départ au col

Nous y voilà ! Sur cette photo, pas impossible que la frontière traverse la voiture ! Nous allons nous diriger côté opposé au Querroig, car c’est dans cette direction que se trouvent les bornes ou croix que nous n’avons pas encore visitées.

vue vers Portbou

Côté Portbou, les nuages sont bien là, beuuuh…

vue vers Banyuls

Côté Banyuls, c’est mieux, le village est au soleil, comme nous pouvons le voir par dessous les nuages qui passent autour de nous.

le nuage

Mais nous nous dirigeons droit sur le nuage 😦

dans le nuage

Nous y voilà, et en plus il ne fait pas chaud !

la croix 596

Après la première montée, on a enfin trouvé la croix 596, après quelques recherches, ça n’a pas été évident, car elle n’est pas au bord du chemin et elle ne saute pas vraiment aux yeux.

Banyuls et le soleil

Même si nous sommes toujours dans les nuages, de temps en temps on arrive à voir par dessous et constater que Banyuls reste au soleil !

la borne 595

Après une transversale boisée, suivie d’une montée en pente douce  puis d’une descente plutôt raide, nous parvenons à la borne 595 alors que mon genou droit me procure soudain des sensations plutôt inquiétantes, suite à la dernière descente.

borne et croix 595

Nous découvrons que la borne 595 double une croix gravée sans doute plus ancienne, nous avons déjà rencontré cette configuration une fois au pays basque. Ici, un militant de la cause catalane est venu avec sa peinture écrire « tota cat » sur la borne, pour expliquer aux innombrables passants que la frontière n’avait pas lieu d’exister ; pour le même message, le nationaliste basque aurait plutôt tendance à amener une masse et à réduire la borne en miettes, chacun ses méthodes…

les ajoncs

Nous ne tenterons donc pas d’aller jusqu’à la borne ou croix 594 pour cette fois, genou oblige. Le retour s’effectue par le même chemin et toujours plus ou moins dans ou au ras des nuages. Dans la dernière descente vers la voiture, il y a une abondance d’ajoncs particulièrement fleuris en ce mois de janvier.

ajonc, détail

L’ajonc, une plante qui a du piquant, mais quelle floraison !

la Madeloc

Vers la France, les nuages ont presque disparu et la tour de la Madeloc domine la situation, comme elle le fait depuis le XIIIe siècle.

Vers Portbou au soleil

Vers Portbou, ce n’est que l’extrémité des terres qui reçoit un peu de soleil, les connaisseurs reconnaîtront la petite tache blanche de la maison familiale sur la montagne…

Banyuls au soleil du soir

…alors que côté français, c’est vraiment un air de beau temps, sur la côte. La frontière peut aussi être météorologique !

panorama vallée de Portbou

Comme nous redescendons en voiture par la piste, un arrêt me permet de tester la fonction panorama sur le smartphone -qui-fait-aussi-des-photos (en général pas terribles). A gauche, c’est le Querroig, plus haut sommet local au fond de la vallée, avec ses 670m d’altitude, à droite ça s’arrête vers le col frontière des Balistres, que l’on ne voit pas.

la baie de Portbou

Impossible de terminer sans passer par la maison vérifier que tout y est normal, et se délecter encore une fois du spectacle de la baie dans son écrin de montagne.

Initiation.

Après le départ des brésiliens, le moment était venu de retourner vers la partie orientale des Pyrénées, pour des raisons familiales.

Là-bas, il y a plus de soleil qu’au pays basque, c’est certain, mais lorsqu’il s’accompagne d’une tramontane à presque 100km/h, avec des températures de moins de 5°C, la température « ressentie », comme on dit, est carrément glaciale.

Par chance, dès le dimanche 17 janvier, voilà que le vent se calme et laisse la place à une fenêtre de vrai beau temps comme il peut en faire en Roussillon même en plein hiver. Nous allons en profiter pour aller nous dégourdir les jambes en cherchant quelques bornes du côté du Perthus, car ce qui est chouette c’est que notre frontière pyrénéenne se prolonge jusqu’en Catalogne, ce qui nous permet d’y poursuivre les mêmes objectifs de balade.

Au vu du beau temps, Annie et Pierre décident de se joindre à nous pour leur sortie dominicale, une première !

le Canigou

Le massif du Canigou, qui domine la plaine du Roussillon, est carrément splendide ce matin, avec son capuchon blanc, et la tramontane glaciale de la veille a balayé toute les brumes qui pourraient en perturber le spectacle. En route pour le Perthus, mais pas celui des boutiques à touristes, celui d’une frontière entre deux pays inscrite depuis longtemps dans l’Histoire.

le départ

C’est par là, dit notre guide. Il a choisi délibérément de négliger les bornes les plus faciles à rejoindre (très proches du village), et de se consacrer à celles qui sont un peu plus éloignées, pour profiter de la météo du jour.

pyramide 578

En fait, la pyramide 578, qui n’est pas dans notre itinéraire, est visible depuis un virage de notre chemin, et je peux quand même la photographier à l’aide du gros zoom, héhé !

le Perthus

Notre chemin s’élève rapidement, et nous dominons déjà la partie française habitée du village du Perthus, à l’écart de la zone des commerces. Le seigneur Canigou domine le paysage…

le chemin

Nous suivons une piste bien tracée, qui monte dans un environnement de plus en plus boisé.

chêne-liège

Ce sont essentiellement des chênes-liège, et ils sont encore exploités, malgré l’utilisation de plus en plus répandue des bouchons synthétiques.

tranche de bois

La coupe d’une grosse branche montre bien l’épaisseur de l’écorce de liège. C’est elle qui protège et permet à ces arbres de repousser après les incendies, on se souvient encore par ici de celui de l’été 2012, dont on voit encore très bien les stigmates côté espagnol.

échappée

Derrière nous, encore quelques échappées vers la grande montagne.

pyramide 579bis

Il a quand même fallu quitter la piste et grimper dans la forêt pour trouver notre première « vraie » borne du jour, à savoir la pyramide 579bis. (Les pyramides semblent être une spécialité locale, mais moins connue qu’en Égypte).

pyramide 579bis de profil

La même, vue de profil, dans son environnement boisé.

le pique-nique

Comme nous ne sommes pas partis très tôt, il est déjà temps de sortir le casse-croûte. Ces rochers exposés au Sud et qui abritent du vent sont parfaits pour cela.

la borne 580

Poursuivant notre quête, nous trouvons maintenant la borne 580. Ce n’est pas une pyramide, mais sa partie supérieure en a la forme.

panneau

Elle se trouve tout près du col de la Comtesse, oh pardon, du « coll de la Comtessa », où « vous entrez en France », ou pas, ou si, suivant les convictions nationales et peut-être nationalistes du passant.

la forêt de chênes

Autour de nous, toujours les chênes-liège, entretenus et exploités. Mais pas le dimanche, nous n’avons croisé personne !

la Lune et le chemin

Nous rejoignons maintenant une nouvelle piste, carrossable. La Lune nous montre le chemin…

borne géographique

Borne frontière ? Non ! Celle-ci nous indique que nous sommes au col du pla de l’Arc, c’est une borne géographique, alors.

la borne 581

Mais ce n’est pas beaucoup plus loin que nous trouvons maintenant la borne 581, la dernière de notre programme du jour.

les rouges

Nos camarades les rouges sont satisfaits de leur initiation à la recherche des bornes !

vert

Nous choisissons un itinéraire un peu plus au Sud, côté espagnol, pour notre retour vers la voiture ; curieusement, il nous donnera l’impression de redescendre bien plus que nous n’étions monté.

le fort de Bellegarde

De ce côté, c’est le fort de Bellegarde, gardien historique du passage du Perthus, que nous avons en vis à vis dans la descente. Avec toujours le Canigou en fond d’écran, bien sûr.

Bornes et lumières.

Nouvelle expédition pour aller marcher en équilibre entre la France et l’Espagne le 12 novembre, avec de nouveau un grand beau temps d’automne aux lumières dorées. Nous repartons vers Bidarray et la vallée du Baztan (je ne sais pas si je dois écrire Baztan ou Bastan, car les deux orthographes se rencontrent, donc je fais comme je veux). Mais cette fois, nous prenons la route de la rive droite, à savoir celle qui se trouve à gauche de la rivière (normal, puisque c’est en remontant son cours 🙂 )

peñas de Itsusi

On se stationne avec vue sur les peñas de Itsusi, connues pour leur beauté et leur grande colonie de vautours fauves, ces seigneurs du ciel.

le parking

Nous sommes les seuls sur le parking. Mais que vois-je sur la gauche ?

la chaise

La chaise du gardien ? Elle pourrait presque servir encore…

les châtaigniers

Les châtaigniers alentour n’ont pas encore les couleurs automnales.

à gauche

On prend le chemin de gauche.

le chemin

Il monte doucement, entre des pâturages bien clos.

une bergerie

Nous passons à côté d’une bergerie au toit de tuiles roses, lestées avec des pierres pour prévenir d’un éventuel soulèvement, le vent peut être violent lorsqu’il s’engouffre dans une vallée.

les peñas

Les peñas sont maintenant presque en face de nous.

le fond de la vallée

Nous dominons le fond de la vallée.

la borne enfermée

Et voilà que nous apercevons déjà la borne 86 là-haut dans le pré ! Bizarre, cette frontière qui traverse une clôture.

borne 86

Heureusement, il n’est pas nécessaire de franchir la clôture pour aller la voir de plus près, il y a un passage un peu plus haut. Elle est bien abîmée, cette borne, peut-être prise pour cible par quelque nationaliste basque.

le gîte

Un peu plus loin dans le même champ, il y a une bâtisse en travaux, probablement un gîte en cours d’aménagement.

vue vers l'Espagne

De l’autre côté du chemin, c’est l’Espagne.

borne 87

La borne suivante, c’est la 87, et elle est juste au bord de notre chemin, pas beaucoup plus loin.

l'autre bergerie

De l’autre côté du chemin, dans le pré clôturé, il y a une autre bergerie, elle aussi avec un toit de tuiles lestées de pierres.

la borne et la vallée

Alors que côté borne, c’est la partie espagnole de la vallée que nous voyons.

derniers rayons

Le soleil finit maintenant de disparaître derrière les montagnes.

les peñas

Nous redescendons vers la voiture.

soleil rasant

La lumière des derniers rayons du soleil illumine obliquement le pied de la montagne, dont elle fait ressortir le relief. Il est temps de rentrer.

La borne 71 et les brebis.

Les expéditions le long de la ligne frontière, visant à recenser les bornes numérotées, nous ont désormais amenés au-delà de la centième. Mais il reste encore des trous ! Et la première manquant à l’appel, c’était la 71, tout près de Dancharia, impossible à rejoindre depuis la venta Panta où on nous avait signifié fermement le refus de passage. La 70 n’avait pas été très facile à trouver, avec des passages barrés de ronciers infranchissables et de nombreux détours pour chercher un itinéraire, mais maintenant que le terrain avait été reconnu, l’expédition jusqu’à la 71 s’annonçait assez simple.

Nous voilà donc de retour sur la petite route qui mène à la superbe et très accueillante « ferme aux piments ». La bâtisse est imposante (aménagée pour recevoir mariages et réunions de groupes), nous stationnons un peu plus bas près de l’entrée du pré que nous devons traverser.

la ferme aux piments

Pour aller trouver la borne 71, il faut d’abord passer par la borne 70, que nous connaissons déjà. Nous la retrouvons sans peine en reprenant l’itinéraire plus facile que nous avions suivi à notre retour.

borne 70

Elle n’a pas bougé, près du ruisseau, et même d’un confluent de deux ruisseaux, et flanquée de sa voisine triangulaire de séparation de communes. Nous franchissons l’obstacle et passons près de la venta abandonnée, bâtisse plutôt sinistre dans ce sous-bois sombre et humide. Il faut ensuite escalader un talus, puis un pré, avant de traverser un petit bois pour ressortir dans une prairie où, enfin, de l’autre côté d’un barbelé agressif, se trouve la fameuse borne 71 !

borne 71

Pas seule, comme on peut voir ! Près d’elle , une autre borne communale, à deux faces gravées celle-ci (nous apercevons ici le « S » qui signifie « Sare »), et une ancienne borne frontière avec la ligne gravée sur sa face supérieure. Daniel, toujours intrépide (je devrais peut-être dire « encore »), franchit la barrière pour aller photographier les faces cachées, tandis que je reste sagement en France.

Objectif atteint, il ne nous reste plus qu’à retourner tranquillement jusqu’à la voiture par le même itinéraire, en regardant un peu plus aux alentours cette fois.

les violettes

Comme c’est bien le printemps (nous sommes le 3 avril), un parterre de violettes tapisse le haut du pré, de ce côté-ci.

côté espagnol

Côté espagnol, la première maison n’est pas très loin, et la même moquette verte recouvre les pentes environnantes.

Descente du talus (attention aux genoux…), traversée des deux ruisseaux, remontée vers la route de la ferme.

Tiens donc, il y a du monde qui est arrivé en haut du pré que nous sommes en train de remonter :

observation

On nous observe, dans un premier temps.

fuite

Au bout d’un moment, on finit par nous trouver bien trop près et bien trop moches : tout le monde tourne les talons et s’enfuit !

regroupement

Ayant franchi le sommet de la butte, nous revoyons la petite troupe regroupée un peu plus bas. En regardant bien, on peut s’apercevoir qu’il y a une chèvre au milieu des brebis, elle semble bien intégrée.

devant la ferme

On pose devant la ferme…

photo de famille

…puis pour une dernière photo de famille avant de se quitter. Il y a même le mouton noir, sur celle-ci !

Mais pourquoi cette belle pose plutôt que la fuite qui la précédait ? Espoir de se voir à la une de Brebis Magazine ?

Après avoir ouvert, puis soigneusement refermé derrière nous la barrière pour sortir du pré, la réponse devenait évidente : tout le troupeau tournait de nouveau le dos et s’éloignait rapidement vers une herbe plus verte. Ils avaient juste attendu de voir si nous allions les laisser sortir !

Du col d’Ichtauz à l’Abrakou.

Nouvelle fenêtre météo le 5 mars, après une période d’intempéries, comme cela arrive parfois au Pays Basque. Cette fois, nous avons assez de temps devant nous pour prendre la route jusqu’à Saint Étienne de Baigorry, puis le début de la belle vallée des Aldudes plus au Sud, pour rejoindre par la petite route fort accidentée que nous avons déjà empruntée le col frontière d’Ichtauz sur les hauteurs à l’Ouest, au-dessus du village de Banca.

L’itinéraire jusqu’à Baigorry suit la vallée de la Nive, qui est l’axe principal de circulation de la côte vers Saint-Jean-Pied-de-Port, et où passe également la ligne de chemin de fer qui permet encore de nos jours de rejoindre le Pays Basque intérieur. Et voici ce que nous découvrons en passant :

le pont du chemin de fer

Les intempéries, qui prennent parfois par ici des proportions très importantes, ont fait gonfler la Nive dont la crue n’était visiblement pas bien loin d’emporter le pont du chemin de fer, ci-dessus. Il ne repose plus que sur l’extrémité de sa pile, côté rive gauche. Nous sommes très inquiets sur l’avenir de cette liaison ferroviaire bien souvent menacée de fermeture, et qui a si souvent conduit Raphaël de Bayonne à Garazi lorsqu’il y était interne, mais je découvrirai plus tard que le tronçon Cambo Saint-Jean est en cours de réfection en ce moment et devrait rouvrir d’ici à la fin de l’année (http://www.sncf-reseau.fr/sites/default/files/upload/_Import/pdf/PLAQUETTE_CAMBO_RFF_BD-5.pdf , pour les passionnés du rail).

Presque arrivés au but, nous devons une nouvelle fois abandonner notre véhicule un peu avant le terminus, car la neige des derniers jours bloque la fin de la route. Nous commençons par prendre notre casse-croûte dans la voiture, ce qui présente le double avantage d’être assis confortablement, et d’en éviter le transport dans le sac à dos. Évidemment, le contexte est moins écolo, mais l’environnement extérieur est quand même spectaculaire :

l'Adarza, est de la vallée des Aldudes.

De l’autre côté de la vallée, les sommets de l’Adarza et de toutes les montagnes environnantes sont encore blanchis par la neige des derniers jours. Prenons maintenant la route, jusqu’au col d’abord.

Sur l'asphalte, les lignes de cailloux témoignent de l'abondance des dernières précipitations.

Sur l’asphalte, les alignements de cailloux témoignent de l’abondance des dernières précipitations

...et on ne peut accéder au col sans traverser la neige accumulée certainement par les vents d'Ouest.

…et on ne peut accéder au col sans traverser la neige accumulée par les vents d’Ouest.

On franchit ensuite le col et, négligeant la borne 108 toute proche mais qui figure déjà dans notre collection (mais Daniel s’y rend quand même pour quelque manipulation ou calage du GPS), nous redescendons de l’autre côté en direction de la borne 109, que nous ne connaissons pas encore.

Nous rejoignons une zone boisée où nous trouvons de nouveau la neige, sur laquelle les ombres des arbres se projettent superbement.

Nous rejoignons une zone boisée où nous trouvons de nouveau la neige, sur laquelle les ombres bleues des arbres se projettent superbement.

Pas besoin de beaucoup chercher pour trouver les bornes, par ici, elles sont bien visibles. Lorsque j'arrive à la borne 109, Daniel est déjà en train de la bichonner pour les photos : brossage des mousses et lichens, puis un peu de craie pour souligner la croix et le numéro gravés, au moins côté ombre.

Pas besoin de beaucoup chercher pour trouver les bornes, par ici, elles sont bien visibles. Lorsque j’arrive à la borne 109, Daniel est déjà en train de la bichonner pour les photos : brossage des mousses et lichens, puis un peu de craie pour souligner la croix et le numéro gravés, au moins côté ombre.

et voilà le travail !

et voilà le travail !

La frontière, par ici, suit une crête arrondie où les sous-bois de hêtres sont coupés de clairières herbeuses. Nous n’y rencontrerons pas âme qui vive, à l’exception des oiseaux, assez nombreux par cette belle journée ensoleillée, qui doit leur faire ressentir quelques chatouillements printaniers.

Pourtant, nous suivons un sentier bien balisé, qui ne figure pas sur nos cartes. Peut-être le GR11 espagnol, équivalent ibérique de notre GR10 ?

Pourtant, nous ne sommes pas perdus, nous suivons un sentier bien balisé, et qui ne figure pas sur nos cartes françaises. Peut-être le GR11 espagnol, équivalent ibérique de notre GR10 ?

Voici maintenant la borne 110, dans son décor de fin d'hiver. Avec un ciel bleu digne de la Corse, et pas si fréquent au Pays Basque...

Voici maintenant la borne 110, dans son décor de fin d’hiver. Avec un ciel bleu digne de la Corse, et pas si fréquent au Pays Basque…

Ah ! Voilà maintenant la 111 en train de se faire toiletter.

Ah ! Voilà maintenant la 111 en train de se faire toiletter.

La 111, maintenant, dressée en haut d'une butte, devant quelques jeunes hêtres bien droits qui ressemblent à des gardiens vigilants. La récolte est bonne, aujourd'hui !

La voici, maintenant, dressée sur sa butte, devant quelques jeunes hêtres bien droits qui ressemblent à des gardiens vigilants. La récolte est bonne, aujourd’hui !

Notre chemin se poursuit le long de la crête, avec des hauts et des bas. Sur notre gauche, nous pouvons parfois apercevoir la vallée entre les arbres.

Notre chemin se poursuit le long de la crête, avec des hauts et des bas. Sur notre gauche, nous pouvons parfois apercevoir la vallée entre les arbres.

Nous passons à côté d'un hêtre amoureux.

Nous passons à côté d’un hêtre amoureux.

Certains passages, moins boisés, laissent mieux voir les montagnes environnantes.

Certains passages, moins boisés, laissent mieux voir les montagnes environnantes.

Puis ce sont de nouveau les sous-bois de hêtres (ou ne pas hêtres, là est la question).

Puis ce sont de nouveau les sous-bois de hêtres (ou ne pas hêtres, là est la question).

La borne 112 est au bas d'une descente, à un petit col.

La borne 112 est au bas d’une descente, à un petit col.

Au loin, il y a des montagnes un peu plus hautes et donc plus enneigées, mais je n'ai pas réussi à identifier celle-ci avec certitude. Et toujours ce grand ciel bleu...

Au loin, il y a des montagnes un peu plus hautes et donc plus enneigées, mais je n’ai pas réussi à identifier celle-ci avec certitude. Et toujours ce grand ciel bleu…

Nous sortons maintenant à découvert, presque parvenus au bout de la balade. Ici, le ciel est tout strié de blanc, il doit y avoir un couloir aérien par là.

Nous sortons maintenant à découvert, presque parvenus au bout de la balade. Ici, le ciel est tout strié de blanc, il doit y avoir un couloir aérien par là.

Nous voilà parvenus au sommet de l'Abrakou, à 1003m d'altitude. Et alors, pas de borne, à cet endroit ?

Nous voilà parvenus au sommet de l’Abrakou, à 1003m d’altitude. Et alors, pas de borne, à cet endroit ?

Mais bien sûr que si ! La voici, la borne 113, elle n'est pas au sommet, mais juste un peu plus loin, près de la rupture de pente. Ce sera la dernière de la journée, plantée dans son décor pyrénéen.

Mais bien sûr que si ! La voici, la borne 113, elle n’est pas au sommet, mais juste un peu plus loin, près de la rupture de pente. Ce sera la dernière de la journée, plantée dans son décor panoramique.

Voilà, il ne nous reste plus qu’à revenir sur nos pas pour rejoindre la voiture restée à Ichtauz.

Sur mon passage, une étrange pousse de hêtre en forme d'animal cornu attire mon regard, d'ailleurs il me regarde lui aussi.

Sur mon passage, une étrange pousse de hêtre en forme d’animal cornu attire mon regard, d’ailleurs il me regarde passer lui aussi.

Les jours allongent déjà sérieusement au mois de mars ! Comme nous redescendons notre petite route, ses rayons passent encore au-dessus des crêtes que nous venons de parcourir, et éclairent superbement les inévitables moutons qui jonchent les prairies en pente.

les moutons d'Ichtauz

Chemin de croix.

Avant de finir le mois de février, le 27 exactement, une petite fenêtre météo pour retourner encore une fois vers notre frontière pyrénéenne. Quand la fenêtre est petite, on ne peut pas s’en aller bien loin, et près de chez nous toutes les bornes officielles ont déjà eu notre visite. Mais en vérifiant bien dans les documents des autres chercheurs de bornes, on peut toujours trouver quelque signe qui nous a encore échappé. Nous partons donc aujourd’hui à la recherche de deux croix anciennes, situées respectivement près des bornes 7 et 8, et qui ne figurent pas encore à notre tableau de chasse.

En route pour le col d’Ibardin, où nous allons nous garer au parking le plus haut, histoire de ne pas rajouter de dénivelé inutile.

la côte basque

De là, vue imprenable sur la côte basque et la côte landaise, c’est toujours aussi fascinant.

le sentier qui monte

Allez, en route, ça grimpe un peu au début, et attention aux feuilles de houx, elles ont du piquant.

On a presque l'impression de sentir la peinture fraîche !

On a presque l’impression de sentir la peinture fraîche !

Le rouge et blanc nous dit que nous sommes sur le GR10 transpyrénéen, les autres je ne sais pas.

la forêt

Nous suivons maintenant une piste peu accidentée, au-dessous de laquelle, à notre droite, se trouve une forêt de pins bien alignés.

la descente des fous

Lorsque nous arrivons à la fin de la forêt, nous voyons sur notre droite un balisage VTT qui signale « la descente des fous » dont j’ai pris la photo ci-dessus : une piste qui descend tout droit le long de la forêt, on imagine bien ce que cela peut donner en VTT, bouh ! Passons notre chemin…

vers la frontière

Ce n’est pas beaucoup plus loin que nous quittons le GR10 pour prendre un sentier sur la gauche, en direction de la frontière.

vers la borne 8

Il ne faut pas aller bien loin pour apercevoir déjà la borne 8, sur la droite du mamelon. C’est près d’elle que nous devons chercher notre première croix, et on voit que Daniel est pressé de la découvrir.

La Rhune

La Rhune se trouve maintenant sur notre gauche, et on aperçoit aussi la ligne pointillée des palombières le long de la ligne de crête au soleil, mais ce n’est plus la saison des migrations, et elles resteront inutilisées jusqu’à l’automne prochain.

la première croix

Voici maintenant la borne 8, et gravée dans le rocher sur la droite l’ancienne croix frontière que nous recherchions, déjà soulignée à la craie par mon collaborateur prévoyant : désormais, toute promenade le long de la frontière se fait avec sécateur (pour dégager les ronces et autres buissons intempestifs), brosse métallique (pour dégager la mousse et les lichens qui cachent les parties gravées) et craie pour souligner les lignes en creux.

un rayon de soleil

Il faut encore continuer à descendre un peu pour rejoindre maintenant la borne 7, près de laquelle se trouve la deuxième croix que nous recherchons aujourd’hui, le soleil nous montre le chemin.

borne 7 et la croix

Pas facile de faire rentrer la borne et la croix dans la même photo, ici elles sont un peu plus éloignées, et le terrain ne s’y prête pas trop. Il faut jouer du grand angle, au maximum.

l'enclos

Nous allons passer par le versant espagnol pour le chemin du retour, on y trouve une grande bâtisse démolie transformée en enclos pour le bétail.

la source

Puis on passe près d’une source captée, certainement ferrugineuse, vu la coloration alentour.

le chemin et la flaque

Les pluies des derniers jours ont laissé quelques beaux miroirs sur le chemin.

la Rhune et la Lune

et la Lune apparaît un instant entre les nuages, juste au-dessus de la Rhune, tandis que nous arrivons à la fin de la balade.

Du côté de Méhatché.

Nous voilà maintenant arrivés au 4 décembre, avec un grand beau temps prévu et bien présent, bonne occasion pour nous rendre jusqu’au col de Méhatché autour duquel il nous manque encore quelques bornes, ainsi que quelques croix et stèles anciennes correspondant elles aussi à la frontière.

En grimpant le dernier tronçon de route avant d’arriver au col, nous apercevons soudain une foule de vautours fauves, sans doute regroupés là pour quelque festin autour d’une carcasse de bétail, ils sont à une quinzaine de mètres de la route à peine. On s’arrête, j’arme le gros zoom sur l’appareil, Daniel prend d’abord quelques photos par la fenêtre de la voiture, puis je sors et m’approche doucement pour essayer de les photographier de plus près, mais ils s’éloignent les uns après les autres, se mettant hors de ma vue, ou prennent leur envol.

les vauours fauves

Nous poursuivons notre chemin jusqu’au col de Méhatché où nous garons la voiture ; comme d’habitude, les pottoks y sont nombreux, on nous observe avec curiosité

pottoks au col de Méhatché

On enfile les chaussures de marche, Daniel inaugure celles de sa retraite

les chaussures neuves

De l’autre côté de la route, tout près, nous retrouvons la borne 80 que nous connaissons déjà

la borne 80

Mais ce n’est pas pour elle que nous sommes venus, nous allons commencer par chercher la borne 79, qui se trouve au sommet du pic Iguzki juste à côté du col, il va falloir grimper là-haut

le pic Iguzki

Pas de problème, c’est herbeux et pas trop raide, et la montée n’est pas très longue. En se retournant, on aperçoit la voiture en bas au col, et de l’autre côté l’Artzamendi avec à son sommet la boule du radar de l’aviation civile, comme un gros champignon.

l'Artzamendi

Parvenus au sommet, la borne 79 est bien là

sommet du pic Iguzki

En tournant le dos à l'Artzamendi, on est au-dessus du col des Veaux. On aperçoit un peu plus loin les grands bâtiments de la ferme Esteben borda, qui sert aussi de gîte sur le GR10, et un peu au-dessus le col du Gorospil où on a déjà recensé la borne 76 lors d'une précédente expédition.

En tournant le dos à l’Artzamendi, on est au-dessus du col des Veaux. On aperçoit un peu plus loin les grands bâtiments de la ferme Esteben borda, qui sert aussi de gîte sur le GR10, et au-dessus le col du Gorospil où on a déjà recensé la borne 76 lors d’une précédente expédition.

Après cette première visite, il nous faut maintenant redescendre au col de Méhatché, mais comme il est encore trop tôt pour se rendre à la venta du col des Veaux où nous comptons déjeuner, nous décidons de repartir de l’autre côté, en direction des bornes suivantes, pour essayer de trouver quelques marques anciennes de la frontière que nous n’avions pas encore recensées lors de nos dernières visites.

Sur notre droite, le terrain n'est pas très accidenté, tout au moins jusqu'aux falaises appelées "peñas de Itsusi" dans lesquelles nichent de nombreux vautours fauves.

Sur notre droite, le terrain n’est pas très accidenté, tout au moins jusqu’aux falaises appelées « peñas de Itsusi » dans lesquelles nichent de nombreux vautours fauves.

Un peu plus loin que la borne 81, nous trouvons un rocher avec deux anciennes croix gravées.

Un peu plus loin que la borne 81, nous trouvons un rocher avec deux anciennes croix gravées, que nous n’avions jamais vues.

Nous poursuivons ensuite en direction des bornes suivantes, en suivant le tracé du GR10

L'endroit est magnifique, tapissé d'un beau gazon bien tondu par les pottoks, et avec une vue très dégagée vers l'Est de la chaîne.

L’endroit est magnifique, tapissé d’un beau gazon bien tondu par les pottoks, et avec une vue très dégagée vers l’Est de la chaîne.

Nous dépassons la borne 82 et poursuivons notre chemin.

Nous dépassons la borne 82 et poursuivons notre chemin.

Nous apercevons maintenant devant nous le haut des peñas et le plateau en pente douce qui les prolonge, plus loin c'est le massif du Baigura.

Nous apercevons maintenant devant nous le haut des peñas et le plateau en pente douce qui les prolonge, plus loin c’est le massif du Baigura.

Mais nos recherches d’une stèle ancienne marquée sur sa face supérieure restent infructueuses, quoiqu’il semble finalement et après comparaison de photos sur internet que l’une des pierres que nous avions regardées serait peut-être la bonne, mais ce n’est pas bien convaincant. Nous remontons jusqu’à la voiture, car il va bientôt être l’heure d’aller déjeuner.

Peu de pleurs à cette saison, mais les ajoncs ne semblent jamais en être complètement dépourvus !

Peu de fleurs à cette saison, mais les ajoncs ne semblent jamais en être complètement dépourvus !

Nous reprenons la route pour redescendre au col des Veaux, sur notre droite nous pouvons voir le Mondarrain avec ses rochers caractéristiques

le Mondarrain

Il n’est plus très tôt lorsque nous arrivons à la venta Burkaitz, un peu au-dessous du col des Veaux. Nous avons la surprise d’y trouver tout un groupe de français en train de déguster des palombes dans une joyeuse ambiance, on se contente d’un repas plus modeste pour notre part.

Sur l'appui de fenêtre, le patxaran de l'année prochaine est en train de macérer.

Sur l’appui de fenêtre, le patxaran de l’année prochaine est en train de macérer dans sa bonbonne.

Après cela, il nous reste assez de temps pour visiter nos deux bornes encore manquantes de chaque côté du col.

Nous bifurquons d'abord bers la gauche pour aller en direction d'Esteben borda.

Nous bifurquons d’abord bers la gauche pour aller en direction d’Esteben borda.

C'est à peu près depuis la borne 77 que cette photo a été prise, le frontière passe ici entre les deux clôtures, et c'est le pic Iguzki que nous revoyons ici, celui que nous avons gravi ce matin.

C’est à peu près depuis la borne 77 que cette photo a été prise, la frontière passe ici entre les deux clôtures, et c’est le pic Iguzki que nous revoyons ici, celui que nous avons gravi ce matin.

Nous retournons ensuite jusqu’au col des Veaux, depuis lequel il faut prendre une piste pour retrouver les dernières marques de la frontière :

Tout d'abord ce menhir, à la forme originale, et qui fait partie des marques frontières répertoriées.

Tout d’abord ce menhir, à la forme originale, et qui fait partie des marques frontières répertoriées.

Quant à la borne 78, elle se trouve un peu plus loin, et elle aussi est accessible par une sorte de couloir frontière entre deux clôtures…

...d'où il nous faudra d'abord laisser sortir une troupe de pottoks poussée par un berger et son chien...

…d’où il nous faudra d’abord laisser sortir une troupe de pottoks poussée par un berger et son chien…

...avant que ceux-ci n'aillent se regrouper un peu plus bas autour du menhir, avant d'être obligés de reprendre la piste pour rejoindre la ferme un peu plus loin.

…avant que ceux-ci n’aillent se regrouper un peu plus bas autour du menhir, pour être ensuite obligés de reprendre la piste pour rejoindre la ferme un peu plus loin.

Au final, une journée bien remplie malgré les courtes durées de jour à cette saison. Magnifique montagne basque, quand le beau temps est au rendez-vous !

De 62 à 66.

Non, non, je ne me lance pas dans la numérologie ; il s’agit juste des numéros des bornes frontières que nous avons ajoutées à notre récolte le 1er novembre dernier (houlala, que de retard !)

Celles-ci se trouvent toutes entre Sare et Dancharia, à un endroit où le tracé de la frontière  est presque rectiligne d’Ouest en Est, après avoir remonté carrément vers le Nord depuis le col des Trois Bornes. Dans ce secteur, la ligne de séparation quitte les crêtes pour venir contourner le village de Zugarramurdi (et ses célèbres sorcières), qui se trouve de ce fait en Espagne, alors qu’il est pourtant sur le versant Nord de la chaîne.

Ce samedi, après avoir trouvé une ancienne petite borne bien cachée près d’une clôture à la venta où nous avons déjeuné, voici, un peu plus loin, notre première vraie borne numérotée de l’après-midi, c’est la 62 que nous apercevons ici au pied d’un gros chêne.

la borne 62

Nous retrouvons encore dans l’herbe de nombreux crocus d’automne

crocus d'automne

Les vaches de la ferme voisine nous regardent passer d’un air intéressé

les vaches

tandis qu’un peu plus loin, c’est au tour des brebis de nous dévisager

les brebis

Puis nous passons près d’une ancienne borne

il y a la lettre S gravée sur sa face française, ce qui signifie "Sare", le nom de la commune.

il y a la lettre S gravée sur sa face française, ce qui signifie « Sare », le nom de la commune.

Après la borne 63, nous voilà sur le lieu des trois croix de Sare, citées dans le procès-verbal d’abornement de 1858.

Il n'en reste plus qu'une de nos jours, et il faut bien regarder pour apercevoir la croix gravée sur son socle de pierre (non visible sur la photo).

Il n’en reste plus qu’une de nos jours, et il faut bien regarder pour apercevoir la croix gravée au sol sur son socle de pierre (non visible sur la photo).

On admire au passage la taille plutôt stricte des platanes voisins

platane taillé

Lorsqu’on arrive à la borne 65, il faut un peu la dégager des ronces

borne 65

Puis on rencontre de nouveau une stèle frontière ancienne dans la descente vers une venta abandonnée

ancienne venta

et il faut encore traverser un champ en descendant jusqu’au bord du ruisseau pour trouver la borne 66, la dernière de cette expédition

borne 66

Sur le chemin du retour, nous admirons encore les paysages de la campagne basque autour de nous

campagne basque

et les grandes oreilles de nos amis les ânes en train de se câliner

les ânes