Biarritz sans l’Océan.

Moins connus que le célébrissime front de mer avec ses plages et ses bâtiments emblématiques, la commune de Biarritz recèle en son sein pas moins de trois lacs naturels : le lac Marion, où je vous ai déjà emmenés, le lac privé de Brindos où je ne suis pas sûre de vous emmener un jour, car le château de Brindos, propriété de Serge Blanco, et son restaurant gastronomique, n’est pas un lieu que je fréquente régulièrement, et enfin celui que nous allons visiter aujourd’hui, à savoir le lac Mouriscot. Remarque, on ne peut pas dire que je fréquente ce dernier régulièrement non plus, car depuis toutes ces années c’est en avril 2017 que se fait ma première visite ! Allons-y.

Nous abordons le site par le Nord-Est, où une belle moquette verte agrémentée d’akènes de pissenlit nous accueille, avec le soleil.

Pour s’approcher du lac, on passe sous le couvert des arbres, où quelques arums sauvages (arum maculatum, pour les botanistes) profitent de la situation à l’ombre pour s’épanouir. Une plante facétieuse, qui, d’après wikipédia, « diffuse des odeurs d’excréments pour attirer de petites mouches qui assurent la pollinisation ». Amusant, non ?

Nous atteignons ensuite le lac lui-même, et prenons un chemin qui suit la rive côté Nord, on va essayer de faire le tour.

Notre chemin traverse une zone humide où prospèrent ce que nous appelons faussement des arums, mais qui sont en fait des zantedeschias, c’est pourtant facile à retenir ! 😉

On longe la rive Nord pendant un bon moment. Il fait beau.

Puis, comme nous atteignons la zone marécageuse en bout de lac, la température chute brusquement, la brume cache le soleil et envahit tout : c’est le phénomène typiquement basque de l’arrivée du brouillarta, qui nous rappelle que nous sommes vraiment très près de l’Océan.

Nous poursuivons tout de même sous le couvert des arbres, et on traverse le petit ruisseau de la Moulie, déversoir du lac. Notons que ce petit ruisseau est en fait un fleuve, puisqu’il rejoint directement l’Océan 1500m plus loin !

L’endroit, pourtant sauvage, prend un petit côté jardin japonais lorsqu’on se retourne vers l’aval où le cours d’eau passe à travers des bambous.

Poursuivant notre chemin, nous rejoignons une petite route goudronnée qui nous ramènera sans problème, quoique de façon moins agréable, jusqu’à notre point de départ. Dans les bas-côtés, de jolies clochettes blanches que je ne reconnais pas. Renseignements pris, il s’agit d’ail triquêtre, une jolie fleur de printemps avec une curieuse tige triangulaire.

Pour finir, le vilain brouillarta se déchire un peu côté Océan pour laisser filtrer un rayon de soleil bienvenu, qui donne un joli coup de projecteur sur la berge Sud du lac que borde notre petite route.

Du côté de l’Adour.

De retour du bout du monde le 19 mars (2017 !), il nous fallut, malgré l’arrivée du printemps, un peu de temps pour nous remettre à vivre le jour et dormir la nuit ; en effet, les néo-zélandais font ces choses-là exactement à l’inverse de nous, et nos organismes rechignaient un peu à un nouveau renversement. Quoi qu’il en soit, le 23, le beau temps et l’air frais du printemps nous boutent hors de nos pénates pour une première petite balade de saison sur la commune d’Urt, une boucle de quelques kilomètres parcourant successivement des chemins de campagne et les bords de l’Adour. En route !

Départ au port d’Urt, près de l’auberge de la Galupe, qui n’est plus désormais (et depuis longtemps) le restaurant étoilé que nous avions connu, mais un restaurant-café-épicerie-librairie que nous n’avons pas encore testé. L’ancien port possède maintenant un embarcadère moderne, et nous apercevons sur l’autre rive le château classé de Roll-Montpellier, édifié au XVIIIe siècle pour une riche famille de négociants bayonnais.

Nous commençons par tourner le dos à la rivière et traverser la route départementale, pour suivre un chemin de terre qui longe ici un ancien champ de maïs où l’herbe recommence à pousser abondamment.

Les fleurs de saison sont déjà là ! Ces clochettes, que je ne connaissais pas, s’avèrent après enquête être très probablement des fleurs de consoude tubéreuse.

Et celle-ci est une scille, sans que je puisse préciser vraiment la variété exacte.

Il faut sortir un peu du chemin pour accéder à un étang sur le côté droit, et y surprendre un héron en train de guetter la grenouille ou le goujon qui pourra lui servir de repas.

Au bout du chemin, c’est l’Ardanavy, un affluent de l’Adour. J’imagine que la borne indique la distance jusqu’au confluent.

Un chemin longe la rivière, nous le prenons vers la droite et voyons soudain passer un train sur le pont à quelques dizaines de mètres.

En nous retournant, nous constatons qu’une jolie passerelle permet de franchir la rivière, mais ce sera pour une autre fois, en ce qui nous concerne.

La rivière tourne vers la gauche, et nous vers la droite, après avoir admiré les beaux reflets dans l’eau tranquille.

C’est la pleine floraison des pissenlits.

Sur la gauche du chemin s’alignent en une belle enfilade de vieux platanes têtards.

Dans le bosquet un peu plus loin à droite, un banc nous invite au repos. Pour ceux qui n’arriveraient pas à lire, la pancarte invite : « ici, marcheur, tu peux faire une petite pause », avec tout de même, en bas, en plus petit : « laisse propre, merci ! »

Le colza est en fleurs!

Nous rejoignons l’Adour et son chemin de halage, au niveau d’une petite île appelée le Sablot.

Derrière nous, dans ces zones inondables appelées par ici des « barthes », les peupliers poussent bien, les pieds dans l’eau.

Sur l’autre berge, nous retrouvons le château de la première image. Alors que nous marchons sur le chemin de halage rive gauche, dans le département des Pyrénées Atlantiques, celui-ci se trouve dans le département des Landes, car c’est l’Adour qui sert de limite entre les deux départements à cet endroit.

Au bord du chemin, témoignage de temps révolus, un ancien cabestan utilisé autrefois par les pêcheurs pour enrouler la corde qui permettait de ramener l’extrémité du filet barrant une partie de la rivière.

Le soleil descend vite et la lumière change, donnant à l’eau un aspect un peu métallique.

Nous arrivons au bout du chemin, achevant la boucle.

Un peu plus loin, c’est le pont de la D12 qui nous permettrait de franchir l’Adour si nous souhaitions rentrer par l’autre côté. Mais ce ne sera pas pour cette fois.

Au fil de l’Adour.

Restons dans le Sud-Ouest authentique, toujours fin octobre, pour une bien agréable promenade automnale le long de notre fleuve à nous, l’Adour. Nous sommes le 28 octobre et il fait beau, très beau même. Après un bon repas dans la toute nouvelle maison de l’ami Serge, nous nous arrêtons à Port-de-Lanne pour aller marcher sur le chemin qui part du port et profiter encore de cette belle journée.

Actuellement, au niveau du village, la route de Bayonne (et venant de Pau) oblique légèrement vers la gauche, alors que l’on peut encore emprunter l’ancien tracé tout droit. Ce dernier, après quelques centaines de mètres, s’achève en pente douce au bord de la rivière, à l’endroit où se trouvait autrefois un bac qui permettait de traverser le cours d’eau et de continuer sa route vers Bayonne de l’autre côté. Maintenant, bien sûr, la route franchit un pont un peu plus bas et la cérémonie du bac a depuis longtemps disparu. Du coup, le quartier au bord de l’eau est très calme et invite à la promenade.

Le nom rappelle le passé de voie de communication du fleuve, les gabarres étant les bateaux fluviaux servant au transport de marchandises.

Ici, l’Adour est un cours d’eau paisible, où l’on voit encore nettement l’effet de la marée.

Prêts pour l’embarquement ?

Bah, finalement, restons sur la terre ferme… et suivons notre chemin.

Sur les bas-côtés, les orties sont de bons témoins des activités humaines et animales.

Dans des zones aussi humides, les peupliers poussent vraiment bien.

Une reine-des-prés prend la lumière au bord du chemin.

Les ombres sont longues, déjà.

Après avoir traversé les peupleraies, le chemin se rapproche de nouveau du bord de l’eau.

C’est si calme que le reflet est presque parfait.

Qui va souffler ???

A l’endroit ou à l’envers ?

Une canne qui pêche toute seule ; trois arbres têtards lui tiennent compagnie.

Et nous voici revenus au port, avec son embarcadère, baigné par les derniers rayons du soleil.

En remontant vers le parking, on peut voir gravée, sur l’une des pierres du mur, la hauteur d’une crue historique, sans pouvoir en préciser exactement l’année puisque le dernier chiffre de la date a disparu.

Saint-Valentin ou Sainte-Barbe ?

Hé bien, les deux, figurez-vous. C’était le 14 février, donc la Saint Valentin, tous les amoureux du monde doivent savoir ça ; et on a profité de l’éclaircie du soir pour aller se promener à la pointe Sainte-Barbe à Saint-Jean-de-Luz, ce qui nous fait encore un saint de plus (pour le prix de deux).

En tous cas, c’était très beau, comme d’habitude, quelques images pour le prouver…

ciel menaçant

Vers le grand large…

vers Socoa

Vers Socoa (de l’autre côté de la baie).

le fanal

Notons au passage que ce bâtiment abrite juste un fanal, et non une chapelle, pas de saint supplémentaire de ce côté-ci par conséquent.

la falaise

Côté falaises…

Saint-Jean-de-Luz

…et côté ville.

la digue de Sainte-Barbe

En bas, les vagues balaient la digue sans discontinuer.

le cimetière marin de Ciboure

Côté montagne, mais en bord de mer, c’est le cimetière marin de Ciboure qui offre à ses pensionnaires une éternité mouvante.