Retour vers l’Ampurdán.

Nous sommes maintenant au mois de mai, toujours 2017, et il est temps de repartir en direction de l’Est, car les travaux à la maison de Portbou ne sont pas encore achevés.
Bien sûr, le déplacement ne se fait que rarement sans un arrêt en Ariège, surtout à la belle saison, et celui-ci ne manque pas à la tradition.
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En fait de belle saison, le temps est plutôt à la pluie, comme on peut le constater, mais on peut quand même profiter de la floraison des iris tout près de la porte-fenêtre.
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Et même surveiller la poussée des lupins, pas faciles à préserver de la voracité des limaces et des campagnols, qui aiment bien leurs racines.
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Nous voici donc le soir même à Portbou. Pas de pluie ici ;  le petit monde de la garrigue a encore son allure printanière, avec les genêts fleuris maintenant.
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Surprise rare, au bout de la terrasse, une asperge géante est en train de commencer sa croissance : l’un des gros agaves va cette année fleurir, avant de mourir de sa belle mort. Un événement rare, qui nécessite plusieurs dizaines d’années de patience avant de se produire. On m’avait dit 100 ans, mais c’était un peu exagéré.
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Surprise le lendemain matin : les vents marins ont amené leur cortège de brumes, ce qui donne un spectacle assez inhabituel ; même le pigeon de service va voir ce qui se passe vers la mer.
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La première « plagette  » est déjà toute floue. Mais…
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…cela ne dure pas bien longtemps. Déjà, l’après-midi, le décor a repris son aspect usuel.
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On en profite pour rendre une petite visite amicale aux ancêtres de Daniel qui reposent ici au cimetière, et leur présenter nos invités du jour. Le mauvais chemin que nous voyons ci-dessus, creusé dans le rocher, était celui qu’empruntaient à une époque pas si lointaine les convois funéraires des « mécréants », dont le carré, disjoint par un mur continu de celui des bons chrétiens, n’était accessible que par une petite porte donnant sur la montagne, que rejoignait ce chemin.
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Nous rejoignons ensuite un autre endroit bien peu fréquenté, en suivant la mauvaise route qui serpente au fond de la vallée : c’est là que se trouve le barrage construit il y a quelques dizaines d’années et qui sert de réservoir d’eau pour le village. Ici, c’est son côté « lac de montagne », on s’y croirait, non ?
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Il y a le côté biodiversité, aussi…
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Et les visiteurs :
« Pas moyen d’être tranquilles, décidément ! »
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Quant au barrage lui-même, c’est un bel ouvrage en béton. Efficace, visiblement.
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Il ne nous reste qu’à repartir vers de nouvelles aventures. Salut, les piafs !

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La frontière dans les Albères.

De la Méditerranée à l’Océan, puis de l’Océan à la Méditerranée, le 11 décembre nous sommes de retour à Argelès, non plus pour cause de signature mais pour cause de déménagement cette fois. Alors, autant en profiter pour faire une expédition à la frontière et ajouter quelques bornes à notre collection des pays de l’Est.

Un superbe horizon Canigou pour commencer cette journée, qui s’annonce sous de bons auspices. Les premières neiges ont revêtu de blanc les sommets du massif, et c’est ainsi que je le préfère.

Nous avons pris la route du Perthus, puis tourné à gauche en direction du col de l’Ullat. Depuis la route, on bénéficie de quelques superbes échappées sur la plaine du Roussillon, où l’on peut constater l’importance grandissante de l’urbanisation.

Quelques centaines de mètres après le col de l’Ullat, nous quittons la route pour prendre une piste sur la gauche, dont nous espérons qu’elle pourra nous amener au-delà du pic Neulos, qu’elle contourne par le flanc nord, mais… nous voilà prévenus !

Après des débuts faciles, nous voici confrontés à l’incertitude de la viabilité annoncée sur le panneau. Pour effectuer les sondages de terrain nécessaires, il faut se chausser en conséquence, avant même le début de la balade.

On est passé ! Nous voilà donc parvenus au pied du pic Neulos, côté Sud-Est, on se stationne au pied d’un réservoir d’eau, au lieu dit « pla de la Tanyareda ».

A notre droite, le puig Neulós, 1256m, point culminant du massif de l’Albère, et son inévitable pylône émetteur TDF de 67 m de haut. Je laisse à mes lecteurs curieux le petit exercice de calcul mental qui leur donnera l’altitude au sommet de ce joli pylône.

Pas besoin d’aller bien loin pour trouver notre première croix frontière, gravée sur un rocher et portant le numéro 583.

Ici, la frontière suit la crête, ce qui est la configuration que je préfère du point de vue de la balade. Après avoir admiré la vue aérienne sur le Roussillon vers le Nord, nous profitons donc de la même situation côté Sud avec, au-dessous de nous, la mer de nuages qui recouvre la plaine de l’Ampurdán.

Nous suivons ici le GR10 transpyrénéen, comme l’indique la marque rouge et blanche. Nous passons près du refuge de la Tanyarède, sur lequel le soleil du matin projette les ombres des arbres environnants.

En direction de la mer, les derniers contreforts pyrénéens s’offrent à notre regard en plans successifs émergeant des nuages, du grand spectacle !

Nous trouvons la croix 584 au « coll del faig », c’est-à-dire au col du hêtre, où se trouve également cet énorme spécimen. J’ignore si c’est lui qui a donné son nom, mais il semble désormais en mauvais état, sans doute trop fragilisé par l’âge pour résister encore à la violence de la tramontane.

Plus loin sur la crête, ce sont je pense des aubépines qui nous indiquent très clairement par leur coiffure la direction du vent dominant.

Encore deux croix frontière et nous arrivons au « coll de l’Estaca », notre dernière croix (gravée 586) de la journée s’en trouve d’ailleurs très près. La clôture qui grimpe tout droit depuis le col en direction du puig de Pradets marque très probablement elle aussi la limite entre les deux pays.

La piste sur laquelle nous sommes garés arrive elle aussi au coll de l’Estaca, nous choisissons donc l’option piste, qui n’a pas l’air beaucoup plus longue, pour l’itinéraire de retour. Ce sera donc nettement plus boisé, et attention car certains arbres nous ont à l’œil !

On s’écarte un peu de la piste pour casser la croûte, car le parcours en forêt nous fait découvrir que les chasseurs ont investi le territoire, la viabilité de la piste étant bien suffisante pour leurs gros 4×4.

Un arbre au féminin ?

Au bord du chemin, une source captée et signalée, mais quel scandale ! Deux fautes en trois mots sur ce panneau ! On ressent bien l’énervement du correcteur !

Les hêtres sont l’essence dominante ici, et comme ils ont déjà perdu leurs feuilles le soleil peut pénétrer dans le sous-bois, c’est beau.

Quelques vaches paissent tranquillement dans une petite clairière. Ce sont des massanaises, une race locale dont il ne reste que quelques dizaines de spécimen. Prévenus qu’elles avaient une tendance avérée à s’attaquer aux promeneurs, nous passons notre chemin sans faire les malins.

Dernière curiosité le long de notre parcours, nous découvrons ici un de ces puits à glace où l’on stockait autrefois la neige pendant l’hiver pour l’utiliser ensuite pendant la période chaude. Une glacière géante pour pouvoir mettre un glaçon dans son pastis du soir, déjà au XVIIe siècle !

Nous n’avons plus beaucoup de chemin à faire pour rejoindre la voiture et retourner à Argelès pour passer à la maison notre avant-dernière nuit… c’est la fin d’une longue et heureuse époque.