Arnéguy, encore une fois.

Profondément frustrés par cette histoire de borne impossible à atteindre, il était clair que nous allions refaire une expédition le plus tôt possible, avec l’équipement nécessaire pour nous frayer un chemin jusqu’à elle. Ce fut donc le surlendemain, 19 février, qu’une nouvelle fenêtre météo nous permit de reprendre la route d’Arnéguy, bien décidés à atteindre cette fois l’inaccessible borne 187. Même itinéraire, même parking et même début de parcours que l’avant-veille ; mais le temps n’est pas aussi beau.

l'arbre nu

Du coup, il ne manque pas grand chose pour que cette photo soit juste en noir et blanc : les nuages, bien serrés, ne laissent pas voir beaucoup de ciel bleu.

le mendimotcha

Comme nous progressons de nouveau le long du sentier bordé de ronces, la vue vers le Mendimotcha et l’Adarza est bien différente avec ce ciel gris, et on se demande ce que cela nous réserve.

les grues

Des cris très caractéristiques nous font soudain lever la tête : les grues sont de retour ! Elles sont plusieurs centaines à passer au-dessus de nous, en direction du Nord !

nettoyage borne 187

Après un long travail pour rouvrir un chemin au milieu des ronces, nous voilà enfin à la borne 187 ! Un peu de toilettage avant les photos pour l’album.

les pentes du Mataria

Puis nous poursuivons notre chemin en direction de la borne 186, toujours en suivant à peu près la clôture à flanc de montagne. En regardant attentivement, on peut déjà l’apercevoir, un peu au-dessus des piquets.

une fleur bleue

Une fragile fleur bleue attire mon objectif, je me demande s’il s’agit d’une variété de scille.

la borne 186

Nous y voilà, à la 186, elle est un peu plus haut que la ligne de barbelés, et regardez bien, les nuages commencent à se morceler, par là-haut.

les vertes prairies

Un petit rayon de soleil commence même à éclairer les beaux pâturages verts de l’autre côté de la vallée.

près de la borne 185

Nous voici maintenant près de la borne 185, carrément encerclée de fils barbelés. Et derrière les montagnes à l’ouest, on voit que c’est maintenant le bleu qui gagne du terrain…

vers le sud

tandis que vers le sud, les rayons du soleil se glissent au-dessous des nuages encore bien présents.

borne 184

Lorsque nous arrivons à la borne 184, il n’est plus temps de continuer jusqu’aux suivantes, car il faut penser au retour.

le chemin dans la pente

Mon guide m’attend patiemment, les sentes mal tracées dans la pente ne sont pas très faciles pour mes genoux.

le chemin dans les ronces

Puis nous retrouvons le chemin entre les haies de ronces, et c’est le retour jusqu’à la voiture.

Mais soyons un peu curieux, en regardant attentivement la carte, on peut penser que notre petite route, qui continue vers le haut, va peut-être nous permettre de changer d’itinéraire pour revenir à la vallée d’Arnéguy.

Akorraineko lepoa

Et en effet, c’est une route goudronnée qui nous amène jusqu’au col Akorraineko lepoa. Le ciel s’est maintenant complètement dégagé et la vue y est magnifique.

Mataria

Derrière nous, le sommet arrondi du Mataria, tout doré par les derniers rayons du soleil, déjà bien bas.

Saint-Jean-Pied-de-Port

En direction du Nord-Est, Saint-Jean-Pied-de-Port au pied de l’Arradoy.

le Monhoa

Vers le Nord, c’est le Monhoa qui domine une jolie petite vallée.

Nous prenons sur la droite la route qui va nous permettre d’y descendre.

prairie verte

Même si le soleil ne touche plus ici, le velours vert des prairies y est d’une intensité étonnante : c’est la vallée d’Onçorone, une sorte de paradis pour brebis méritante.

Le détour valait vraiment la peine !

Première neige.

Revenons maintenant sagement à la suite chronologique des événements, c’est-à-dire au mois de décembre (le 9, exactement), avec de nouvelles investigations le long de notre frontière pyrénéenne.

Le temps paraissant favorable, après un petit casse-croûte maison vite expédié,nous remontons la vallée de la Nive jusqu’à Bidarray, et là nous bifurquons vers la droite pour remonter la vallée du Bastan et essayer de trouver la borne 85 (je crois…), mais la route a été emportée par les intempéries et nous nous trouvons dans l’obligation de faire demi-tour sans arriver à notre but.

Retour jusqu’à Bidarray, puis nous reprenons la vallée de la Nive vers le haut : nous allons tenter de revenir au col d’Elhorrieta, déjà visité le 29 octobre dernier, mais cette fois par la route, pour aller chercher la marque frontière numéro 103, qui ne se trouve pas bien loin.

Petit problème : les pluies que nous avons eues les jours précédents sont tombées ici sous forme de neige, et les sommets sont blancs jusqu’à moins de 800m d’altitude, la route sera-t-elle praticable ? Essayons, on verra bien…

Hé bien oui, on a pu y arriver ! Certes, il n'aurait pas fallu que ce soit beaucoup plus haut (831m) pour être bloqués par la neige, comme on peut voir, mais sur la route, la neige avait fondu et l'accès était possible, chouette !

Hé bien oui, on a pu y arriver, même en Laguna ! Certes, il n’aurait pas fallu que ce soit beaucoup plus haut (831m) pour être bloqués par la neige, comme on peut voir, mais sur la route, cela avait fondu et l’accès était possible, chouette ! Vite, sortons le GPS pour savoir où se trouve la croix 103…

revoilà la borne 102 déjà vue en octobre, mais ce n'est pas le même décor !

Revoilà la borne 102 déjà vue en octobre, mais ce n’est pas le même décor !

Le revoici à l'époque, plantée dans le gazon.

La revoici à l’époque, plantée dans le gazon.

Le paysage environnant, remis au goût du jour.

Le paysage environnant, remis au goût du jour. Pas mal, avec un peu de peinture blanche !

Ce qui est moins bien, c’est que pour trouver la croix numéro 103, annoncée gravée sur une paroi rocheuse, il va falloir grimper tout droit dans la neige fraîche, au lieu de suivre tranquillement la route comme je l’avais imaginé. Nous n’avons, évidemment, aucun équipement pour marcher dans la neige.

La voilà ! Heureusement, elle n'était pas trop loin, mais il faut sortir du chemin pour aller la voir, et c'est sérieusement pentu, une horreur avec la neige ! Quelle idée d'aller placer cette croix dans un endroit pareil, en plus elle est à peine visible, heureusement que le prof ne se promène jamais sans son bâton de craie !

La voilà ! Heureusement, elle n’était pas trop loin, mais il faut sortir du chemin pour aller la voir, et c’est sérieusement pentu, comme on peut le voir, une horreur avec la neige ! Quelle idée d’aller placer cette croix dans un endroit pareil, en plus elle est à peine visible, heureusement que le prof ne se promène jamais sans son bâton de craie !

Me voilà en train de redescendre très très prudemment dans la neige, agrippée à mon bâton pour tenter d'éviter une glissade fatale pour mon pauvre genou.

Me voilà en train de redescendre très très prudemment dans la neige, agrippée à mon bâton pour tenter d’éviter une glissade fatale pour mon pauvre genou.

Après cette première visite, il nous reste encore du temps pour prospecter un peu dans le secteur. En regardant attentivement la carte, on s’aperçoit qu’il doit être possible de rejoindre la frontière un peu plus loin par la route, sans redescendre dans la vallée. Je coiffe donc ma plus belle casquette de copilote et j’astique les verres de mes lunettes, et en route pour le col d’Ichtauz (Ichtauzko lepoa pour les autochtones).

Quelques centaines de mètres à parcourir à pied sur la route enneigée, c'est moins périlleux que l'accès à la croix 103 !

Nous y voilà presque, mais impossible d’y parvenir en voiture cette fois. Quelques centaines de mètres à parcourir à pied sur la route enneigée, c’est moins périlleux que l’accès à la croix 103, et on peut profiter du paysage ! C’est l’Adarza, de l’autre côté de la vallée, avec ses 1250m, qui se donne des airs de haute montagne avec sa parure blanche.

Encore un lacet et nous serons au col.

Encore un lacet et nous serons au col.

La neige des derniers jours est encore collée sur les arbres dénudés, soulignant de blanc les branches noirâtres.

La neige des derniers jours est encore collée sur les arbres dénudés, soulignant de blanc les branches noirâtres.

Ma parole ! Nous ne sommes pas seuls ! Un groupe formé de 4 pottoks et un mulet (ou une mule, je n'ai pas bien regardé...) nous regarde approcher avec curiosité.

Ma parole ! Nous ne sommes pas seuls ! Un groupe formé de 4 pottoks et un mulet (ou une mule, je n’ai pas bien regardé…) nous regarde approcher avec curiosité.

Nous voilà au col ! Pas trace de borne ici, le GPS indique qu'elle se trouve un peu plus loin.

Nous voilà au col ! Pas trace de borne ici, le GPS indique qu’elle se trouve un peu plus loin.

Et la voici en effet, un peu plus loin au début de la pente vers l'Espagne. Elle porte le numéro 108, il nous en restera donc 4 autres à découvrir entre celle-ci et la croix 103.

Et la voici en effet, un peu plus loin au début de la pente vers l’Espagne. Elle porte le numéro 108, il nous en restera donc 4 autres à découvrir entre celle-ci et la croix 103.

Au moins pour la borne 107, la recherche ne sera pas bien difficile, car en levant la tête vers Antchola nous l'apercevons d'ici dans la pente, se détachant sur la neige. Mais pas question de monter jusque là aujourd'hui dans la neige, ce sera pour une prochaine visite !

Au moins pour la borne 107, la recherche ne sera pas bien difficile, car en levant la tête vers Antchola nous l’apercevons d’ici dans la pente, se détachant sur la neige. Mais pas question de monter jusque là aujourd’hui dans ces conditions, ce sera pour une prochaine visite !