Que faire en février au Pays Basque ?

Hé bien, ces derniers temps, on peut se caler dans un fauteuil et lire le journal en écoutant tomber la pluie et souffler le vent. Mais quand il arrive que s’ouvre une fenêtre météo (ce n’est parfois qu’une lucarne !) on peut, tel une chenille processionnaire, mais pas forcément en procession, sortir de son cocon et aller voir ce qui se passe aux alentours.
Revenons maintenant en février 2018, pour se souvenir que l’on pouvait alors :

aller à pied jusqu’à la Chambre d’Amour un peu avant le coucher du soleil, et vérifier qu’à cette saison il ne se couche pas sur l’Océan, mais tout près du phare.

En revenant, toujours à pied, photographier pour la première fois l’église Sainte-Marie, dont j’ai le plaisir de vous apprendre qu’elle a été construite en 1932.

Retourner se promener sur le chemin de halage de la Nive,

où les rameurs de l’Aviron Bayonnais font leur entraînement,

avec éventuellement d’autres promeneurs venus du Béarn.

Ou même encore s’en aller du côté du col d’Ibardin à la rencontre des petits chevaux du paléolithique qui se promènent encore dans la montagne basque, les pottoks.

Il paraît qu’il y aurait aussi des dinosaures théropodes, mais ils sont très timides et nous n’en avions pas vu. Mais des traces de pattes ont été vues en Espagne, même pas bien loin.

Avec un peu de chance, depuis le même endroit, on peut voir la côte basque et jusqu’à celle des Landes

et même peut-être la Rhune poudrée de neige entre les gros nuages.

C’est Iparla où ça se passe.

Chers lecteurs, j’espère que vous appréciez à sa juste valeur (deux balles, ou peut-être devrais-je dire deux bornes) l’excellent jeu de mots contenu dans ce titre, pour ma part j’en suis plutôt satisfaite, ce qui est bien le principal.

Nous voici le 22 novembre, toujours en 2017, et par cette belle journée il est temps de nous rendre enfin sur les pentes d’Iparla pour y visiter quelques-unes des bornes qui manquent à notre collection.

Lorsque nous arrivons, le soleil ne touche pas encore le bas de la vallée, nous sommes partis tôt pour profiter de toute la journée, elles sont courtes en novembre.

La première borne, que nous connaissons déjà, porte le numéro 86 et se trouve près de ce gîte. A notre dernière visite, l’éolienne était en petits morceaux autour de son mât, elle a été remplacée depuis : l’énergie renouvelable se renouvelle !

La deuxième borne de la journée nous est déjà connue, elle aussi, et se trouve au bord du chemin que nous voyons ici, c’est la 87. A partir de là, le chemin commence à grimper sérieusement, et nous offre une vue plongeante sur cette bergerie un peu atypique : elle a deux parties bien séparées, chacune avec sa propre entrée.
Là non plus, le soleil n’est pas encore arrivé, ce qui n’est pas plus mal car la montée suffit à réchauffer le randonneur matutinal.

Déjà, les vautours, nombreux dans le secteur, ont commencé leur séance quotidienne de vol à voile.

Voilà que le soleil commence à raser la pente, faisant ressortir l’or des feuillages d’automne.

Il baigne maintenant les chachis et la barrière à moutons, ou peut-être à chevaux.

En me retournant, je revois la bergerie Larantonaldeko Borda (dont je vous avais dans un premier temps épargné le petit nom) devenue bien plus petite.

Après avoir franchi le col de Lacho, la vue se dégage sur notre gauche vers la vallée de la Nive près de Bidarray.

Nous passons près d’une stèle ornée d’une croix basque, nous en verrons plusieurs autres ce jour, sans savoir pour aucune à quoi elles font référence. Le sommet pyramidal qui dépasse derrière est celui de l’Irubelakaskoa.

Nous bifurquons vers la droite pour aller rejoindre la croix numéro 88. Un enclos de pierres sèches, puis un groupe de bordes en ruine jalonneront notre chemin.

Un mur bien droit et encore en bon état épouse la pente, plutôt raide.

La croix frontière numéro 88 est là, gravée sur un rocher. Comme elle n’est visiblement pas visitée tous les matins, il faut lui faire un brin de toilette avant les photos de collection.

Côté espagnol, le soleil fait ressortir les feuillages d’automne des quelques arbres qui ont réussi à pousser dans les pentes.

Les chevaux qui vivent là-haut jouissent d’une totale liberté.

Après avoir trouvé la borne 89 (couchée), ainsi que la croix correspondante, nous nous dirigeons vers un groupe de bordes en ruine et y trouvons un petit creux abrité pour casser la croûte. Pendant que je photographie nos ombres, on me fait d’amusantes facéties.

Après le casse-croûte et quelques recherches, nous y trouvons une borne sans numéro couchée, ainsi qu’un crâne de brebis du meilleur effet, une fois posé sur la borne.

Il est maintenant temps de redescendre, la borne ou croix suivante sera pour une prochaine visite. Encore une borde en ruine sur notre chemin, un arbre y a poussé entre les murs !

Nous passons près d’un point d’eau où les bêtes peuvent venir se désaltérer. Dans le fond, c’est le massif du Baigura.

Dans le lointain, les sommets de plus de 2000m sont déjà enneigés, le premier d’entre eux étant le pic d’Orhy, le plus à droite, vu de plus près dans un article récent.

Et voilà, c’est le bout du chemin ; le soleil éclaire encore les peñas de Itsusi en face de nous. Nous reviendrons forcément un de ces jours pour aller visiter la borne 90 ainsi que les plus anciennes croix qui se trouvent au sommet du pic d’Iparla. Espérons que nous aurons une aussi belle journée !

Les bornes de la Soule.

Hé non, bande d’ignares (pas tous, sûrement, mais quelques-uns quand même) ! Il ne s’agit pas d’une chronique sur l’alcoolisme féminin, mais seulement d’une (relativement) nouvelle balade sur la frontière franco-espagnole, en pays de Soule, cette dernière étant l’une des trois provinces du Pays Basque français.
D’accord, la nouveauté est très relative, s’agissant du 14 octobre 2017, il y a à ce jour plus d’une année. En tous cas cela me permet de stimuler ma mémoire, ce qui paraît-il est excellent pour retarder les effets de la maladie d’Alzheimer qui nous guette tous.
Ce 14 octobre 2017, donc, qui comme chacun se souviendra était un samedi, nous voici profitant du beau temps annoncé par les gazettes pour nous rendre, à grand renfort de diesel non surtaxé, jusqu’au col frontière appelé « port » de Larrau, (c’est ainsi que l’on désigne assez souvent les cols pyrénéens, bien que fort peu de bateaux y aient jamais été vus.)

Depuis le bourg de Larrau, situé à l’altitude de 627m, la route d’Espagne va nous amener au port à 1573m, ce qui fait une sacrée grimpette. On s’élève assez rapidement dès le début, en traversant une zone de forêt qui à cette époque commence à prendre les couleurs de l’automne…

…et même à en générer les petits à-côtés, comme ici cet élégant coprin surpris sur le bas-côté, hélas non comestible .

Nous voilà arrivés aux confins de la Navarre ! On se débarrasse de sa tenue de chauffeur pour adopter celle de randonneur.

Je repère tout de suite notre première borne, qui est juste à côté du parking, un peu plus haut. Mais ce n’est pas ce côté Ouest que nous allons explorer aujourd’hui, car la borne précédente 236 est censée se trouver au sommet du pic d’Orhy, qui n’est pas exactement à côté, et en plus il semble (cf Robert aux bornes des Pyrénées) qu’elle soit portée disparue ! Voilà qui est peu motivant, alors que le côté Est est bien plus prometteur.

Pourtant, c’est bien vers l’Ouest que la plupart des visiteurs se dirigent, car c’est pour l’ascension du pic d’Orhy qu’ils sont venus ; c’est un grand classique et un merveilleux promontoire. Je n’étais pas bien vieille la première fois que j’y suis montée, et ce fut ma première expérience au-dessus d’une mer de nuages. Je retrouve maintenant encore le souvenir de mon émerveillement. Mais je ne me souviens pas si le mur de palombières que l’on découvre ici s’y trouvait déjà, mémoire sélective sans doute.

Côté français, nous sommes juste au-dessus des derniers lacets de la route.

Quittant le col du côté opposé à l’Orhy, nous commençons par y répertorier la borne 237bis, avant de croiser une petite troupe de chevaux débonnaires.

En nous retournant, nous apercevons de l’autre côté du col la traversée fantastique d’un troupeau de moutons, que je ne sais pourquoi j’aime imaginer sur le fil d’une étroite vire rocheuse alors qu’il n’en est peut-être rien.

Tandis que nous suivons la ligne de crête, la pente s’accentue sur notre droite, c’est-à-dire côté espagnol. Les déplacements du bétail y ont creusé d’innombrables sentes qui ressemblent à des traces de scarification.

Au sommet de l’Achourterrigagna (délicieux nom qui nous rappelle au passage que nous sommes bien en Pays Basque) , nous trouvons comme prévu la borne 238. La clôture qui passe juste à côté semble bien suivre à peu de chose près la ligne frontière.

Deux petites fleurs à la fois très semblables et très différentes s’épanouissent encore malgré la saison avancée.

Sur notre côté gauche, une piste balafre de part en part le flanc de la montagne.

Nous voici maintenant au port de Betzula, où quelques chasseurs surveillent on ne saura pas quoi (le chasseur est volontiers randonophobe, apparemment).

C’est l’heure du casse-croûte, que nous prenons en nous abritant du vent derrière une palombière vide, lui conférant pour quelques instants un usage plus pacifique ; puis nous reprenons notre cheminement le long de la crête, où nous parvenons maintenant à la borne 240, qui subit ici un petit toilettage avant d’être photographiée de plus près.

Nous suivons le tracé de la HRP (haute randonnée pyrénéenne), qui bénéficie d’un balisage entretenu. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer ce cairn un peu particulier…

…ainsi que cette carline ayant échappé à la perspicacité des ramasseurs locaux. Ces fleurs sont très prisées au Pays Basque, on les met sur les portes des maisons, dont elles éloignent les sorcières.

De là, en nous retournant, nous avons une belle vue d’ensemble sur le pic d’Orhy.

Nous atteignons enfin la borne 241, la dernière pour cette journée.

Le chemin du retour est le même que celui de l’aller, mais nous avons aperçu les chasseurs qui coupaient à travers la montagne pour rejoindre directement la piste. Je vais donc suivre le même itinéraire qu’eux tandis que Daniel ira jusqu’au col récupérer la voiture, ce qui permettra d’épargner un petit peu mes genoux bien usagés.

C’est donc à proximité de ce très moderne abreuvoir en béton que je vais attendre l’arrivée de mon chauffeur préféré, avant de reprendre en sa compagnie la route du retour.

 

L’ascension du Puig del Claper (236m)

Nouvelle RTT spéciale filles le jeudi après-midi ! Je leur propose de faire à pied le tour de la maison en passant par les antennes là-haut, et elles acceptent avec enthousiasme.

Regardez comme elles ont l’air contentes !

La balade est agréable, il faut bien le dire. Il faut commencer par descendre par la route presque jusqu’au grand virage que nous appelons toujours « des ordures » en souvenir des temps anciens. Puis quitter celle-ci au démarrage du sentier, pas très visible, qui serpente dans la garrigue jusqu’au sommet du Puig del Claper, où se trouvent les abominables antennes qui défigurent le site depuis de nombreuses années. L’itinéraire offre quelques vues saisissantes sur les falaises en contrebas, comme ici sur celles de la pointe Claper qui ferme la baie de Portbou.

On chemine souvent sur le haut des falaises, non loin de la rupture de pente, ce qui permet également de profiter de la vue vers le Sud de la côte, le cap Creus et le village de Port de la Selva que nous apercevons ici, poussière blanche au pied de la montagne.

Sur cette frange de terre à la limite de la mer, la végétation prend une allure bien particulière, nettement distincte de celle qui entoure la maison quelques dizaines de mètres plus loin. Les figuiers de Barbarie, venus du lointain Mexique, s’y taillent la part du lion.

On dit que les figues sont comestibles, mais je n’ai jamais osé y goûter à cause des innombrables petits harpons tout fins qui hérissent toute la plante et pénètrent dans la peau où ils se cassent et torturent leur victime pendant des jours et des jours.

Nous arrivons maintenant au sommet, où poussent les vilaines antennes, tandis qu’un vilain nuage passe dans le ciel, pour compléter ma vilaine photo.

On découvre alors l’autre côté du Puig, avec le village tout proche de Colera, où se situe une autre branche de la famille de Daniel et Maïthé, côté grand-père maternel cette fois (Cadaqués, c’était côté grand-mère !) ; plus loin, c’est le village de Llansá.

Nous suivons maintenant, le long de la crête, la piste d’accès aux vilaines antennes. A la verticale de la maison, on peut surveiller les mecs en train de travailler, ou même de boire des bières…

Nous redescendons maintenant par la vieille route, bien moins fréquentée par les véhicules à moteur depuis le percement du tunnel, ce qui rend la promenade nettement plus agréable qu’aux temps anciens. Vue d’en haut, l’immensité de la gare reste toujours surprenante !

Dernière vue sur la maison depuis le virage des voyeurs, d’où l’on peut observer à loisir les éventuels adeptes du bronzage intégral sur le toit en terrasse. Mais à l’époque des drones, tout cela a perdu un peu de son charme…

Arcouzan-core une fois.

C’est le 13 août 2017 qui fut choisi pour cette balade ultra-classique désormais, mais toujours appréciée, avec sa longue montée en pente douce le long du ruisseau d’Estours jusqu’à la cabane d’Artigue, en face de la belle cascade d’Arcouzan.

Voici une partie des marcheurs, les pêcheurs devant nous rejoindre en cours de route. En marche !

Une fois n’est pas coutume, la photographe photographiée, sur le sentier ombragé.

Le parcours se fait généralement à l’ombre, mais le soleil perce çà et là et vient parfois mettre un coup de projecteur sur une plante qui se trouve ainsi mise en valeur. Ici c’est l’ombelle d’une berce en fleur, exceptionnellement sans insecte.

Dans le torrent que nous remontons, il y a quelques jolis jacuzzi.

Peu de risque de souffrir de la chaleur sur le chemin. On est constamment à couvert.

Ici, une passerelle moderne en a remplacé une ancienne bien plus rustique, et qui a fini par être emportée par le torrent.

C’est de là que l’on a une jolie vue sur le sommet du mont Valier, 2000 m plus haut.

Petite pause pour prendre la pose…

Un bouquet de hêtre déraciné barre le chemin !

Un promeneur a pensé à faire profiter les autres de son expérience, merci !

Nous sortons enfin de la forêt sur le replat de l’Artigue, et pouvons admirer sur notre droite la cascade d’Arcouzan.

Les braises sont déjà prêtes à l’emploi, et on peut commencer les grillades, mmmmm !

Un bloc erratique sert de siège et de table.

De petits papillons bleus (des argus ? ) viennent lécher la transpiration ou le parfum de Danièle.

Notre emplacement de pique-nique est tout près de la cabane forestière de l’Artigue.

Les vaches en estive sont juste à côté, on les surveille du coin de l’œil.

Mimi restera seule à aller se faire doucher par la cascade ! Bravo !

Petit arrêt en redescendant pour profiter d’un bel éclairage sur l’autre cascade de la balade, celle du Bibet, dont la situation est bien moins spectaculaire que celle d’Arcouzan.

Mai 2017…

Cette fois encore, nos allées et venues se poursuivent le long des Pyrénées. Images printanières…

A Estours, les œillets de poète commencent à fleurir.

Les lupins s’épanouissent. On les avait vus en boutons, précédemment.

De près, ce sont des fleurs bleues avec des oreilles blanches.

Ceux qui l’apprécient peuvent désormais déguster le nectar de ciboulette …

Les feuillages des arbres ont pris leur couleur si particulière, douce et éclatante à la fois.

A Portbou, les fleurs d’agave ont au moins triplé de hauteur.

Le figuier, une bouture ramenée du Pays Basque il y a déjà de nombreuses années, tente ses premières figues.

C’est le moment où le petit coussin de cactus devant la maison se couvre de somptueuses et éphémères étoiles rouges.

    

Les méchants figuiers de Barbarie épanouissent leurs fleurs jaunes très appréciées des abeilles.

Et un pauvre papillon en plein vagabondage s’est fait emprisonner dans le salon.

 

Trois bornes à Esnazu.

26 mars 2017, ça y est, on est pratiquement remis du grand décalage. C’est dimanche, jour de changement d’heure de surcroît, nouvel ajustement à la marge en ce qui nous concerne. Cela ne nous met pas en avance pour la journée, mais si nous partons droit au Sud vers la vallée des Aldudes, il nous reste assez de temps pour essayer de trouver les trois bornes qui nous manquent au-dessus du quartier d’Esnazu.

Pas de problème pour trouver la borne 135, on sort le kit de nettoyage rangé au fond du sac et on lui fait une petite toilette avant de la photographier pour la rajouter à la collection.

Et voilà le travail !

Après ça, on se met en quête de la borne 136. On aurait tendance à la chercher vers la crête.

Pour le moment, seules les prairies sont touchées par l’arrivée du printemps, les arbres gardent encore leur nudité hivernale.

Voilà la 136 ! Pas du tout sur la crête, mais le GPS a permis de la débusquer dans la pente.

La voilà après toilettage, le but étant de bien lire le numéro. Je crois que c’est réussi.

Après cette deuxième mise en boîte, nous continuons encore en direction de la route principale (celle qui franchit la frontière pour traverser le Pays Quint) pour aller voir une borne supplémentaire, une petite sans numéro qui se trouve plantée au milieu de la prairie que nous voyons sur la gauche. Mais les personnages centraux de mon image, ce sont bien sûr les deux arbres siamois rencontrés là-haut, moins impressionnants que les « siamese kauri » de Coromandel, évidemment, mais intéressants tout de même pour moi.

En avançant un peu pour éviter les arbres, on découvre vers le Sud la silhouette massive du mont Adi (1457m), encore enneigé à ce jour.

Sur le chemin du retour, une de ces rencontres que Daniel déteste 🙂

De nouveau les pâtures bien vertes et bien pentues.

Quelques fleurs de saison aussi, comme cette hellébore verte…

…ou ces primevères bien fleuries. C’est le printemps, voyons !

Une fois revenus à la voiture, on la déplace un peu plus loin pour aller visiter la borne 134.

Il y a là une palombière plutôt squelettique, mais dont l’échelle semble encore en état.

La borne était au-dessus du chemin ! On est d’abord passé sans la voir… mais le GPS rappelle vite à l’ordre.

Comme souvent depuis la ligne frontière, la vue est superbe sur les environs.

Une petite anémone sylvie, toute en délicatesse.

Nos objectifs atteints, nous pouvons prendre le chemin du retour. La lumière est bien belle sur le hameau d’Esnazu, « quartier » des Aldudes.

Et il y a encore du soleil lorsque nous atteignons Saint-Étienne-de-Baïgorry, l’occasion est bonne pour aller voir de plus près le vieux pont dit « romain », qui date en fait du XVIIe siècle, dont l’arche élégante franchit la Nive des Aldudes.

Mais… que vois-je en revenant vers la voiture ?

Le charcutier a disposé là, bien à l’air et bien à l’abri des intempéries, sa collection de jambons pour les mois à venir. Allons, il reste encore un peu d’artisanat dans nos contrées reculées.

Wakatipu.

Vous l’aurez peut-être deviné, nous sommes toujours en Nouvelle-Zélande ce 2 mars 2017, et Wakatipu est le nom, d’origine maorie, d’un immense lac de la chaîne des Alpes du Sud au bord duquel se trouve la petite ville de Queenstown où nous avons passé la nuit.
Je ne saurais pas dire pourquoi, les mots maoris me semblent toujours bien plus en harmonie que les autres avec ce qu’ils désignent.
Difficile choix pour cette petite journée ici, car les activités possibles sont innombrables. Après mûre réflexion, nous parcourrons d’abord la route du bord du lac jusqu’à son extrémité supérieure à Glenorchy.

Lacs et montagnes, une association toute en contrastes dont la réussite n’est plus à démontrer, et nous en trouvons ici un nouvel exemple.

En regardant vers le haut du lac, c’est-à-dire vers le Nord, on peut voir deux îlots (pig island et pigeon island, l’ile au cochon et l’île au pigeon) et aussi les hautes montagnes enneigées en arrière-plan, dont j’ai pu identifier celle qui semble la plus haute à droite comme étant le mont Earnslaw, de 2830m d’altitude, dont le nom maori est Pikirakatahi (et je confirme ma remarque précédente).

Même perspective, en zoomant sur Pikirakatahi et son glacier.

Nous voici arrivés à Glenorchy ! C’est ici que la Dart River se jette dans le lac, qu’elle alimente en eau. Du coup, la zone accumule sables et graviers descendus des montagnes, et l’endroit est idéal pour notre pique-nique.

Un ponton de bois, sans doute destiné à accueillir les bateaux de promenade, s’avance dans le lac non loin de nous.

On s’installe sur le sable pour pique-niquer, sous le regard intéressé d’une petite troupe de « black-billed gulls » ou mouettes de Buller, encore une espèce endémique de Nouvelle-Zélande, et qui possède le triste privilège d’être l’espèce de mouettes la plus menacée du monde.

Étrange regard, avec ces yeux blancs cerclés de noir.

Theo adore les oiseaux. Il les nourrit, leur parle, les gronde si nécessaire, car il faut bien reconnaître qu’ils ne sont pas toujours parfaitement sages.

Glenorchy, c’est juste quelques maisons entre le lac et les montagnes. Un endroit tranquille, certainement.
Mais il est maintenant temps de revenir à Queenstown pour la deuxième partie de notre programme.

En effet, il y a, tout près de la petite ville, un téléphérique qui permet d’accéder à une plate-forme dominant le lac de plus de 400m ! Nous y voilà.

Il y a assez de place pour nous 5 dans une cabine.

Depuis là-haut, la vue sur la ville et le lac est époustouflante : en face de nous…

… puis vers la droite…

… puis un peu plus à gauche avec en arrière-plan la chaîne des Remarkables et son point culminant le Double Cone, et des parapentistes en plein survol…

… et enfin complètement à gauche le plateau de Queenstown Hill qui domine la route qui mène à Arthurs Point, un quartier de Queenstown.

Tandis que nous redescendons tranquillement dans notre télécabine, je ne résiste pas à photographier l’abominable construction métallique ouverte à son extrémité depuis laquelle les zinzins fortunés payent pour se jeter dans le vide accrochés à un élastique, en espérant fermement qu’il ait été mesuré suffisamment court pour éviter le crash.
Allons, ne pensons plus à ces horreurs, il est temps de prendre la route pour rentrer à Dunedin.

 

Et si on s’envoyait en l’air ?

Depuis un petit moment, Fanny regardait avec un visible intérêt passer dans le ciel les hélicoptères emmenant en vadrouille les amateurs de vue de dessus, quand une idée me vint soudain (mais oui, ça arrive, parfois !) Puisque nous ne lui avions toujours pas fourni son cadeau d’anniversaire, pourquoi ne pas lui offrir un petit tour dans le ciel de Milford Sound, qui compléterait les plaisirs de la balade en bateau…

Dépêchons-nous de nous rendre à l’aérodrome pour voir si ce sera encore possible. Nous sommes les seuls clients, et un vol emmène trois personnes, mais une rapide réflexion sur des anniversaires passés ou à venir nous permet de nous décider rapidement : nous irons à trois, tandis qu’Isaac et petit Theo resteront sagement sur le plancher des vaches, les pauvres !

Nous passons donc rapidement à l’exécution de ce supplément au programme. Une première, pour nous ! 🙂

Le décollage est bien sûr instantané. On commence par se diriger vers le fjord…

… et passer tout près de la grande cascade, dont les gouttelettes font apparaître des arcs-en-ciel.

A l’avant, le passager de droite ne serait-il pas légèrement crispé ? Nous passons très près des parois rocheuses…

… et il y a pas mal de nuages qui se baladent, sans que cela semble gêner notre pilote.

Mais nous, on n’est pas du coin, et donc rudement contents lorsque l’appareil sort du coton et que l’on retrouve une visibilité,ouf !

Nous voici à l’étage des glaciers, très présents à des altitudes relativement basses, si l’on compare à l’Europe.

Et de nouveau dans les nuages !

Survol d’une longue crevasse…

…et vue par la fenêtre sur les parois verticales.

Une vue partielle sur le front du glacier, complètement fracturé : la présence d’une paroi verticale l’empêche d’aller plus loin.

Deuxième partie du programme : on se pose tranquillement sur la partie horizontale d’un glacier…

…et on s’en va marcher sur la neige et poser pour la postérité 🙂

Le grand sommet le plus proche de nous est le mont Tutoko, 2723m.

Nous reprenons notre périple aérien et découvrons maintenant quelques lacs.

Puis nous revenons vers des parois impressionnantes…

…qui bordent des vallées très profondes,

avant de revenir à notre point de départ, tout près de la piste d’atterrissage dans l’axe du « Mitre Peak ».

Waouh ! Une expérience extraordinaire et… inoubliable ! Merci Fanny …

Milford Sound, entre soleil et nuages.

Au bout de la route, nous finissons par arriver à Milford Sound, tout au fond du fjord (appelé ici « Sound »). Et c’est beau, très beau même.

Extraordinaire, et il ne pleut même pas ! Cette montagne en face de nous que l’on voit sur toutes les photos d’ici, c’est « Mitre Peak », la plus haute des montagnes qui bordent le fjord (presque 1700m !) Bien enduits de répulsif pour tenir les « sandflies » à distance, nous nous dirigeons vers le départ des croisières.

Nous voilà enregistrés, il nous reste un peu de temps pour aller jusqu’au bout de la petite jetée qui protège l’embarcadère. Nous voyagerons sur le bateau blanc.

C’est le départ !

Très vite, à notre droite, (ou plutôt à tribord, devrais-je dire), la magnifique cascade « Lady Bowen » qui dévale de 160m de haut.

Et une autre de l’autre côté !

Nous retrouvons des otaries à fourrure sur les rochers au bord du fjord.

La proximité du bateau ne les dérange nullement.

Avec le soleil, l’eau prend une couleur étonnante. Et la végétation arrive à s’accrocher à des parois presque verticales.

Voilà qui tombe à pic, au sens propre dans ce cas.

Le fjord suit les méandres de l’ancienne vallée glaciaire.

Comme nous atteignons presque l’embouchure sur la mer de Tasman, une troupe de compagnons aquatiques se met à escorter notre bateau.

Nous voici près d’un nouveau spot à otaries.

Ici aussi, c’est l’heure de la sieste.

Lorsque le bateau reprend sa route, les dauphins reprennent leur escorte, jouant dans le sillage et autour du navire. Ils nous accompagneront presque jusqu’à la fin de la croisière, pour notre plus grand plaisir.

Les chutes de Stirling tombent directement dans les eaux du fjord, et le bateau s’en approche au plus près, douche garantie sur les ponts extérieurs.

On dit que lorsqu’il pleut se produisent des avalanches d’arbres ! Vu la configuration des lieux, cela semble possible.

Nous approchons maintenant de notre point de retour, encore un dernier saut comme pour dire : « au revoir, je me suis bien amusé ! »

Le bateau bleu, parti un peu avant nous, arrive presque en même temps, lui aussi accompagné par les dauphins, décidément très sociables. Il ne nous reste plus qu’à débarquer sur la terre ferme et à terminer notre visite. Mais… en avons-nous bien terminé ?