La Cova Foradada.

20 juillet 2016 : voici venu le jour idéal pour tenter une expédition vers l’ultime borne frontière, la croix 602 dans la Cova Foradada au-delà du cap Falcó que nous voyons depuis la maison, en direction de Cerbère. Le frêle esquif se comporte bien, le vent et la houle seront faibles d’après les prévisions, avec du beau temps, les conditions sont donc réunies.

Réveil de bonne heure, le village est encore endormi lorsque nous arrivons le long de la plage.

le frêle esquif près de la barque

On dépose notre embarcation près de l’ajuntament, puis Daniel s’en va garer la voiture avant de me rejoindre à pied, et c’est parti !

on approche

Le capitaine ayant eu la géniale idée d’acheter une deuxième rame, me voilà obligée de pagayer aussi, au lieu de me laisser balader en faisant des photos. Je ne prends donc l’appareil qu’à l’approche du but de l’expédition, ce qui arrive plus vite que nous ne le pensions a priori. La Cova Foradada s’ouvre déjà devant nous, c’est ce grand orifice noir au bas de la falaise. Continuons notre approche !

la cova foradada

Les conditions sont favorables, ça ne bouge vraiment pas beaucoup, et comme nous nous rapprochons nous commençons à apercevoir le jour de l’autre côté de la grotte, qui traverse le promontoire rocheux : une ouverture en France, une ouverture en Espagne.

entrée de la cova foradada

Nous voilà tout près de l’entrée. L’accostage n’a pas l’air des plus aisés, il faut trouver un endroit praticable. On se décide pour le côté gauche, où on pourra peut-être hisser le bateau sur les rochers.

les blocs à l'entrée

Nous y sommes ! Mais punaise, c’est loin d’être une autoroute, réussirai-je à franchir ces énormes blocs qui barrent l’accès ?

dans la cova foradada

Hourrah ! J’ai réussi ! Me voilà à l’intérieur de la grotte, où se trouve bel et bien la dernière croix frontière attendue, une belle plaque de granit gravé scellée dans la paroi.

la plaque gravée

ancienne croix peinte

A côté, sur la même paroi, on voit encore les traces de l’ancienne croix peinte en rouge sur fond blanc.

côté France

L’ouverture côté France !

récupération

L’endroit n’étant pas particulièrement accueillant, pas besoin d’y passer des heures, nous rejoignons donc notre frêle esquif qui nous attend sagement sur son rocher, après avoir franchi les gros blocs en sens inverse.

remise à l'eau

On le remet à l’eau…

le rameur

…et on arrive à remonter dedans sans chavirer ni tomber à l’eau, ce qui n’est pas si évident en pratique. En route pour le retour !

sortie de la grotte

L’endroit est vraiment superbe, mais peut très vite devenir dangereux pour un frêle esquif en caoutchouc gonflé. Les conditions météo doivent vraiment être optimales pour venir là. Nous reprenons les pagaies.

le capCerbère

Derrière nous, nous laissons la pointe du Cap Cerbère, avec son phare solaire bien visible.

entrée dans la baie de Portbou

Nous arrivons maintenant à l’entrée de la baie de Portbou. En face de nous, on peut voir la maison, seule dans sa montagne, dominant les digues du port.

le bateau des plongeurs

Tout le secteur au pied des falaises est favorable pour la plongée, et en voici qui s’apprêtent à en profiter.

l'entrée de la Cova del Bou Marí.

En longeant le bas des falaises, nous découvrons l’entrée d’une autre grotte, je pense, d’après la carte, qu’il s’agit de la Cova del Bou Marí, la grotte du bœuf marin, littéralement. Il faudra que je songe à me renseigner sur l’origine de ce nom.

transparence

La transparence et la couleur de l’eau sont magnifiques.

le pin qui penche

Au-dessus de nous, en haut de la falaise, un pin (on le voit très bien depuis la maison) résiste, on se demande comment, à l’appel du vide. Pour combien de temps encore ?

Quant à nous, contents de notre exploration, nous rallions tranquillement la plage pour une baignade rafraîchissante.

 

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L’Albère sans Einstein.

…mais toujours avec le même guide confirmé, surtout depuis qu’il utilise un GPS !

Ayant quitté la Provence le 8 mai, nous voici le 10 mai de retour dans le Roussillon et en route pour une petite expédition sur la frontière où nous cherchons cette fois la croix 582. Elle se trouve à un col appelé « coll Fourcat », et pour la rejoindre nous allons partir du hameau de Saint Martin d’Albère.

panneau d'entrée

Nous y voilà! Saint Martin est l’un des quelques hameaux de la commune de L’Albère, qui comptait, en 2013, 82 habitants. Aucun de ces hameaux ne s’appelle L’Albère, c’est le nom du massif montagneux sur lequel se trouve la commune. A Saint Martin, il n’y a pas grand chose : à première vue, juste une vieille église romane fortement privée, avec clôtures et panneaux, et une grosse ferme à côté. C’est là notre point de départ : nous devons emprunter le chemin qui longe la ferme et monter vers le col à travers la forêt.

les vaches de St Martin

Près de la ferme, un beau troupeau de vaches est occupé à tondre le gazon.

vue vers Céret

Au loin, la vue porte vers Céret et les villages de la vallée du Tech.

le chemin

Nous commençons par suivre une piste, en faisant bien attention au chien comme il est indiqué. En fait il devait être occupé à autre chose.

le ruisseau

Après quelques dizaines de mètres, un ruisseau traverse notre chemin sur un passage bétonné, et retombe en cascade vers son lit naturel.

rameaux d'épicéa

Les nouvelles pousses des conifères sont d’un joli vert tendre.

aire de repos

Nous montons maintenant par un sentier à travers la forêt. Nous passons à côté de deux terrasses aménagées, avec table et bancs de pierre.

inscription

Une pierre gravée nous indique qu’il s’agit là d’une aire de repos : « asseyez-vous, c’est que ça fatigue, la montagne » ! dit-elle à peu près.

coeur et flèche

Même Cupidon est un jour passé par là !

montée dans la forêt

Nous montons, entre les arbres, en suivant les balises rouges et blanches.

coll Fourcat

Nous voici au coll Fourcat. La croix frontière ne doit pas être bien loin, voyons un peu sur le GPS de quel côté elle se trouve.

la croix 582

Et voilà, on l’a vite trouvée. Pourtant, ces croix gravées sont bien moins faciles à voir que les bornes !

fleurs blanches

Dans l’herbe, des fleurs blanches que je ne connais pas.

barrière - frontière

Pour franchir la frontière et continuer vers l’Espagne, il faudrait sauter la barrière, ce que nous ne ferons pas.

les genêts en fleurs

Nous redescendons vers Saint Martin par le même chemin, en admirant au passage les genêts en fleurs…

ancolie

et de nombreuses ancolies ; ces somptueuses fleurs sauvages, que l’on rencontre au printemps tout le long des Pyrénées, sont parmi mes préférées.