Herbier méditerranéen.

Les travaux avancent bien en ce beau mois d’avril, même sur le toit grâce à la modération de la tramontane. Lorsque les tâches d’intendance me laissent quelque répit, je peux me consacrer à la surveillance du village…

…que l’on n’est pas habitué à voir entouré d’autant de verdure.

De la verdure, il y en a autour de la maison aussi. Comme les conditions favorables ne durent pas bien longtemps par ici, toutes les plantes se dépêchent de fleurir avant de se ratatiner autour des réserves secrètes qui leur permettront de laisser passer la longue sécheresse de l’été et d’attendre les précipitations hivernales pour sortir de leur léthargie. C’est donc la meilleure époque pour réaliser un début d’inventaire floristique local. Voici ce que j’ai pu identifier :

Les lavandes papillon.

Les liserons de Provence.

Les griffes de sorcières, une des rares espèces introduites à s’être adaptée au climat.

Les cistes, avec leurs fleurs toutes chiffonnées.

L’urosperme de Daléchamps, quel drôle de nom !!!!!

La laitue vivace.

Les chardons laiteux.

Même les pins développent ce que je croyais être des fleurs mâles et qui sont en fait les cônes mâles. Car les pins sont des gymnospermes (!), et non pas des angiospermes (!!!!) et donc les pins n’ont pas de fleurs, qu’on se le dise ! Ce sont tout de même ces cônes mâles qui produisent le pollen dont la seule évocation suffit à faire rougir les yeux et couler le nez des vrais allergiques.

C’est le jour du départ, nous sommes le 22 avril, et les travaux prévus ont été terminés avec succès, ouf. Nous prenons cette fois la route du Sud pour aller rentrer en France par le col du Perthus, car nous devons passer par Le Boulou. Après Llançà, au bord de la route, se dresse un château qui, depuis quelques années, a fait l’objet de restaurations, on décide de s’y arrêter pour la première fois. Nous n’y verrons pas grand chose car il n’est pas ouvert à la visite, du moins à cette époque.

Mais on peut au moins y compléter notre petit herbier local en découvrant ce magnifique pied de pavots.

C’est la première fois que je rencontre cette fleur mythique dans cette région à l’état sauvage. Il s’agit là d’un authentique pied de pavot somnifère, la variété même avec laquelle on peut produire l’opium ! Les châtelains de Quermançó cultivaient-ils le pavot ? Ma flore affirme qu’il a été cultivé dès les temps anciens pour la fabrication de l’opium…

Quoi qu’il en soit, le promontoire rocheux sur lequel se dresse le château offre une vue saisissante sur la partie orientale de la chaîne des Pyrénées, et singulièrement sur le célèbre massif du Canigou, encore enneigé à cette saison. Profitons-en un peu, puis poursuivons notre chemin de retour.

2 réflexions sur “Herbier méditerranéen.

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