Arnéguy, le retour.

Le lendemain, 17 février, le temps étant encore favorable, et l’envie toujours là d’aller chercher quelques nouvelles bornes, nous voilà de retour dans la vallée d’Arnéguy, en train de sillonner de nouveau les petites routes qui escaladent le versant Ouest près de la frontière pour chercher à rejoindre la ou les bornes suivantes, ou plutôt précédentes si je tiens compte de leur numérotation, qui va en décroissant lorsqu’on se rapproche de l’Océan.

la petite route

On gare la voiture encore un peu plus haut que la veille, dans un virage de la route.

l'autre versant

Nous suivons le chemin à l’entrée duquel nous sommes garés, en direction de la frontière. A travers les arbres qui le bordent, on peut voir l’autre versant de la vallée avec ses sommets enneigés.

vers le fond de la vallée

Après quelques passages bien humides, le chemin devient complètement impraticable, il faut faire demi-tour et tenter de rejoindre le sentier frontalier en traversant la prairie au-dessous.

le sentier frontalier

Après avoir réussi à franchir la clôture du pré non sans quelques difficultés, et à l’aide de quelques outils, nous retrouvons le sentier frontalier un peu plus loin que nous l’avions laissé la veille au niveau de la borne 190. Le sécateur n’est pas inutile ici, comme on peut voir, car les ronces affichent une santé insolente.

le pic de Beillurti

Sur l’autre versant, c’est le pic de Beillurti qui domine le secteur, avec ses 1114m.

la borne 189

La borne 189 est bien enfouie sous la végétation, il va y avoir du travail pour la dégager un peu !

le versant vert

Pendant que Daniel opère le débroussaillage, j’en profite pour faire quelques photos, j’ai largement le temps de cadrer, changer d’objectif…

le sommet du pic de Beillurti

Le contraste est grand entre les prairies dans les pentes et les sommets enneigés.

le sentier frontalier 2

Le sentier continue, le long d’une clôture qui semble matérialiser la frontière, mais il est bien envahi, et pas par des hordes de promeneurs : ce jour comme la veille, nous ne croiserons absolument personne.

Mendimotcha

En progressant, nous pouvons maintenant découvrir plus à l’Ouest un sommet un peu plus élevé, je pense qu’il s’agit du Mendimotcha, 1224m. D’après ma carte, la borne frontière 177 se trouve à son sommet, mais ce n’est pas aujourd’hui que nous irons la visiter.

la borne 188 couchée

C’est près d’une source, après avoir franchi une nouvelle clôture, que nous découvrons, couchée, la borne 188.Nous continuons notre chemin, qui doit nous mener aux bornes suivantes. Mais il devient de plus en plus difficile d’y progresser.

ajonc

En plus des ronces, il y a aussi les ajoncs (les chachis) , dont les épines sont également redoutables, on peut le voir ici.

la borne inaccessible

Après quelques recherches, nous apercevons enfin au-dessous de nous la borne 187, qui dépasse à peine de la végétation. Impossible d’envisager de la rejoindre pour aujourd’hui, il est déjà trop tard et il y en a pour un sacré bout de temps pour en dégager l’accès. Une photo pour témoigner qu’on l’a bien vue, et nous repartons vers la voiture, par le même chemin.

le pré

On referme soigneusement la clôture du pré, bien sûr.

la chapelle d'Ibañeta

Puis on rejoint la voiture, mais avant de regagner la côte, on aura la curiosité de pousser jusqu’au col d’Ibañeta (le col de Roncevaux, pour les français) où une chapelle moderne a été construite près de l’emplacement de celle dont la cloche guidait autrefois les pèlerins de Saint Jacques perdus dans le brouillard.

La frontière vers Arnéguy.

Nous voici donc de retour au Pays Basque, et ce 16 février, le temps s’annonce favorable pour une expédition vers la frontière. Notre choix se porte sur la vallée d’Arnéguy, au Sud de Saint-Jean-Pied-de-Port, à un endroit où la frontière dessine une sorte d’oreille pointue dressée vers le Nord, s’en allant rejoindre la Nive d’Arnéguy qui fait ensuite office de frontière en direction du Sud (et un peu vers l’Ouest) sur plusieurs kilomètres. L’itinéraire suivi consiste à prendre la route de Roncevaux depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Premier arrêt, à l’endroit où la frontière rejoint la rivière, et où les espagnols ont bâti tout un ensemble de ces fameuses « ventas » où les français adorent venir acheter leurs alcools, chorizos et autres spécialités ibériques, et déguster quelques verres de sangria pour accompagner une mauvaise paella.

la Nive d'Arnéguy

Nous voici arrivés à l’endroit où la frontière rejoint la rivière dont elle va suivre le tracé, ici je me trouve en Espagne et je regarde vers la France, vers le Nord.

la borne 196

Il suffit de passer le pont, et de longer la Nive de quelques mètres vers l’aval, pour tomber sur la borne 196. D’autres chercheurs de bornes racontent qu’elle avait été ensevelie par les terrassements du parking situé derrière les arbres, et retrouvée grâce à la ténacité de certains d’entre eux.

les ventas espagnoles

Toujours depuis le pont, la Nive qui sert ici de frontière, et les vilains bâtiments côté espagnol, alors que la route (la seule qui permette d’y accéder) est côté français !

paysage basque

Après avoir profité des lieux pour casser la croûte, nous revenons sur nos pas et prenons une petite route qui monte sur le versant Ouest de la vallée. Le paysage est typique de l’hiver au Pays Basque, arbres dépouillés et prairies presque fluorescentes.

la borne 195

Nous garons la voiture tout près de la borne 195, le long d’une petite route qui permet d’accéder à une ferme située par conséquent en Espagne. On voit qu’il a neigé assez bas, ces derniers jours.

chercheur de borne

Il faut monter un peu au-dessus de la ferme pour chercher la borne 194.

la borne 194

Nous la trouvons renversée, sans doute par un engin agricole. Du coup, pas sûr qu »elle donne l’emplacement exact de la frontière…

le paysage depuis la borne 194

Le paysage alentour, sublime…

la bogue

Et non, ce n’est pas une dépouille de hérisson, juste une bogue vidée de ses châtaignes.

en recherche de la 193

Pour chercher la borne 193, il faut d’abord reprendre la voiture et aller se garer plus haut, toujours sur le flanc Ouest de la vallée. Nous traversons d’abord une prairie en pente…

narcisses

…au bout de laquelle nous trouvons une belle touffe de narcisses sauvages, mais la borne 193 n’est pas là : nous l’apercevons le long d’un chemin, au-dessous de notre pré.

la grange

Après l’avoir rejointe et dûment photographiée (mais je ne vais pas vous infliger les images de toutes les bornes), nous continuons notre chemin vers le haut à la recherche de la borne192.

le soleil et la barrière

Nous rejoignons le chemin qui dessert la grange de la photo précédente. Belle lumière…

depuis la borne 192

C’est le long de celui-ci que nous trouvons la borne 192, depuis laquelle on peut ici apercevoir la voiture garée plus bas.

la baignoire

Décidant de poursuivre sur le chemin jusqu’à la route, nous passons à côté d’une baignoire avec eau chaude et froide, en tous cas il y a encore les robinets.

le chemin

Mais nous poursuivons sans prendre de bain.

Goyenetchéa

Au bout, c’est notre route, et de l’autre côté c’est la ferme Goyenetchéa (on est bien en Pays Basque…) Pour sortir du chemin, il faut escalader la barrière, au péril de ma vie en ce qui me concerne ; d’habitude, il y a moyen d’ouvrir et refermer les barrières, heureusement !

un arum

Pour aller trouver la borne 191, maintenant, il faut encore reprendre la voiture et monter sur un chemin au-dessus. En le longeant, j’admire au passage un pied d’arum avec déjà une fleur, en février !

passage canadien

Nous trouvons sans difficulté la borne 191, juste après laquelle un passage « canadien » (bien que ce soit entre France et Espagne) empêche les mélanges de bêtes de nationalités différentes.

le chemin de la frontière

La borne 190 n’est maintenant plus très loin, c’est ce chemin qui va nous y conduire.

nettoyage

Mais pour y parvenir, il a fallu sortir des zones civilisées, et il faut jouer du sécateur pour la dégager et la toiletter.

ombre et soleil

Au-delà, le chemin devient inextricable, et il n’est plus temps de tenter de rejoindre la borne 189 ce soir. Il faudra revenir équipés pour le débroussaillage ! Comme nous redescendons à la voiture, l’ombre est en train de gagner du terrain sur la prairie de tout à l’heure, mais avec 7 bornes identifiées, la cueillette du jour a été fructueuse.