Bellegarde et Panissars.

Pas formidable, la météo en Roussillon, ce mois de janvier. Après l’exceptionnelle journée du dimanche, le ciel changeant du surlendemain nous incite à choisir quelques bornes carrément accessibles en voiture. Commençons par le Fort de Bellegarde, poste de surveillance stratégique juché sur une éminence rocheuse entre les cols du Perthus et de Panissars, construit en son temps par l’inévitable Vauban sur l’emplacement d’un édifice plus ancien. J’ai lu que l’on pouvait y voir l’une des anciennes bornes frontière du secteur ! Mais en janvier, sera-t-il ouvert à la visite ?

accès à Bellegarde

Sur le parking au Sud-Ouest du fort, une seule voiture, la nôtre ! Allons tout de même jeter un œil.

les remparts

Une deuxième enceinte à l’intérieur de la première, on reconnaît bien la marque « Vauban » !

la porte dans les remparts

Une porte permet d’accéder à la forteresse elle-même. Il a dû y avoir un pont-levis, à cet endroit.

la porte de France

Et voici ce qui semble être l’entrée principale, au bout d’un pont franchissant un immense fossé défensif. Celui-ci est accessible en voiture, et il y en a une stationnée là en bas, y a-t-il espoir de trouver quelqu’un ici ?

la porte d'entrée

La porte d’entrée est ouverte, et on s’avance un peu à l’intérieur, mais sans voir personne. Un coup de téléphone au numéro indiqué sur la porte (l’office du tourisme) nous apprend que le bâtiment est actuellement fermé au public, et nous dissuade de tenter une exploration, pour ne pas risquer de nous faire enfermer ! Nous battons en retraite…

Mais il y a un autre endroit, à quelques centaines de mètres à peine à l’Ouest, où nous allons pouvoir trouver la frontière et quelques bornes, c’est le col de Panissars.

site de Panissars

C’est là que par le passé, se faisait le passage d’un côté à l’autre des Pyrénées, et le site archéologique est là pour en témoigner. Ici se superposent les ruines médiévales du prieuré Sainte Marie de Panissars, bâti vers l’an 1000, et les traces bien plus anciennes de l’existence du trophée de Pompée, bâtiment construit par lui à sa propre gloire, pour célébrer ses victoires en Hispanie, et qui enjambait le passage raccordant la via Domitia à la via Augusta.

les voies romaines

C’était il y a plus de 2000 ans !

la pyramide 567

C’est exactement sur ce site que l’on peut voir la pyramide frontière 567, et il semble même que ce soit à la suite du traité des Pyrénées, ayant défini les limites entre France et Espagne, que le prieuré, se trouvant coupé en deux par la frontière, ait été amené à quitter les lieux, pour être reconstruit un peu plus loin.

plaque commémorative

Et comme on n’arrête pas l’Histoire, une plaque bien plus récente commémore ici les souffrances des Républicains espagnols contraints de fuir leur pays en 1939 : « à la mémoire des hommes et des femmes qui, au temps du fascisme, firent de ces passages des chemins vers la liberté ».

le mur du cimetière

Puis nous reprenons la voiture pour revenir un peu en arrière, à l’endroit précis du col de Panissars, où se trouve un ancien cimetière militaire.

le cimetière militaire

Il ne reste pas grand chose à l’intérieur, quelques croix ont été remises le long du mur d’enceinte.

la borne 569

Derrière le cimetière, il y a la borne 569, toute neuve, en granit. C’est justement l’ancienne que j’espérais voir au fort de Bellegarde, où elle est conservée. Mais…il nous en manque une, entre celle-ci et celle du site archéologique, numérotée 567 !

l'ancienne redoute

On se dirige vers l’ancienne redoute, construite en 1678. Vue imprenable sur les voies de communication qui passent par le col voisin du Perthus. Nous sommes ici tout près de cet important et très fréquenté lieu de passage, mais il n’y a pas âme qui vive par cet après-midi de janvier.

la borne 568

Youpi, elle est là ! C’est encore une pyramide, la 568 qui nous manquait.

la borne et la redoute

La voici photographiée avec la redoute, les deux ne sont guère éloignées, mais la borne n’est pas si évidente à voir !

la végétation

Nous partons maintenant dans l’autre sens, côté Est, à la recherche de la borne 570. Mais nous ne sommes pas partis dans la bonne direction, et je ne la trouverai pas aujourd’hui. Ici, la végétation porte les stigmates du grand incendie de 2012, venu lécher les remparts du fort de Bellegarde.

la redoute de Panissars

Mais la plupart des chênes-liège ont survécu, protégés du brasier par leur épaisse écorce isolante.

le reposoir de Madame

Sur le chemin du retour, nous découvrons au bord de la route cette petite construction, le panneau planté à côté nous explique qu’il s’agit du « reposoir de Madame », construit en 1752 pour servir de reposoir à l’épouse du marquis de Castellane, gouverneur du fort de Bellegarde, lors de ses visites au château. Charmant…

Publicités

Une réflexion sur “Bellegarde et Panissars.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s